MUSEES DE MONTMARTRE / LA HALLE SAINT PIERRE
ART BRUT - ART SINGULIER - ART POPULAIRE CONTEMPORAIN
Au sein d’une belle architecture de style Baltard, tournée vers les jardins de la Butte Montmartre, la Halle Saint Pierre abrite un musée et une galerie, une librairie, un auditorium, un café. C’est dans ce cadre harmonieux et lumineux que sont présentées les grandes expositions temporaires et les multiples activités artistiques et culturelles dédiées aux formes les plus inattendues de la création.
E X P O S I T I O N S
L’art ne vient pas coucher dans les lits qu’on a faits pour lui ; il se sauve aussitôt qu’on prononce son nom : ce qu’il aime c’est l’incognito. Ses meilleurs moments sont quand il oublie comment il s’appelle. Jean Dubuffet. 1960
En 1995, l’exposition « Art Brut et Compagnie, la face cachée de l’art contemporain », réunissant les cinq collections francophones majeures d’art brut et singulier, a inauguré le projet culturel de la Halle Saint Pierre. Depuis, plus d’une trentaine d’expositions ont poursuivi la recherche et la réflexion sur les formes insolites et hors normes de la création contemporaine.
Expositions thématiques ou collectives
Passeurs de Lumière - 17 Naïfs de Taïwan – Oh la vache - Art Outsider et Folk Art - Aux Frontières de l’Art brut I et II -Civilisations imaginaires - Haïti, ange et démon - Art brut tchèque - Noir sur Blanc - L’œil à l’Etat sauvage – Œil pour œil - Art spirite, médiumnique et visionnaire - Art en Marge - Poupées - Ecriture en Délire - Liaisons africaines –Images de l’inconscient, Art brut brésilien - Dessins pointus - Esprit de la Forêt - Australian Outsiders – Varian Fry et les artistes candidats à l’exil.
Expositions monographiques
Louis Pons - Gilbert Peyre - Jean Rustin - Armand Avril – Fleury- Joseph Crépin- Stani Nitkowski - Lena Vandrey - Michel Nedjar- Ronan-Jim Sevellec - Jephan de Villiers - René Moreu – Le Monde selon HR Giger - Unica Zürn –Yolande Fièvre.
Halle Saint Pierre
2, rue Ronsard - 75018 Paris
Contact
Fred Deux - Cécile Reims
15 septembre 2008 au 8 mars 2009
La Halle Saint Pierre présente une rétrospective des œuvres de Fred Deux et Cécile Reims, deux artistes pour qui l’art a été le fondement de leur route commune. Cette exposition est exceptionnelle à bien des égards. Par son ampleur, tout d'abord : près de 250 dessins, gravures et les quelques rares sculptures de Fred Deux sont présentées. Par son aspect inédit puisqu’elle accueille les oeuvres d’autres artistes qui ont accompagné l’existence du couple (Michaux, Brauner, Ernst, Sima, Matta, Pons, Avril …), les livres, et les objets parmi lesquels des pièces d'art primitif. Par son originalité enfin, dans le choix de mettre en lumière les affinités électives qui, reliant dessin, écriture et collection, permettent de saisir, dans leur totalité, une œuvre et une vie.
Fred DEUX
Né en 1924 dans une famille d’ouvriers de la banlieue parisienne ; Fred Deux travailla très tôt en usine. Les menaces de l’occupant le firent s’intégrer en 1943 à un groupe de résistants, puis à terminer le combat en s’engageant dans le corps des goumiers.
Par un concours de circonstances, il se retrouve employé dans une librairie de Marseille. Il y découvre les livres et, avec passion, tout ce à quoi la lecture lui donne accès. Celles de B. Cendrars, A. Breton, H. Miller lui ouvrent un horizon inespéré. Puis ce fut la révélation de l’art à travers Paul Klee, en premier lieu, puis des surréalistes.
Le mur qui l’emprisonnait était donc franchissable. Les premiers dessins, taches, écrits, naissent. Fred Deux quitte Marseille en 1951, approche André Breton, fréquente le groupe surréaliste. Karl Flinker qui, passant par la librairie, avait remarqué un carton à dessin contenant ces dessins-taches, les expose à la galerie Martin Flinker. Leur vente lui permettra de tenir jusqu’à sa rencontre avec Cécile.
Très vite la maladie les obligea à quitter Paris et à se rapprocher des sanatoria. Commença alors une existence hasardeuse sur laquelle planait l’ombre de la maladie et les difficultés matérielles mais qui, par son isolement, permit à Fred de se consacrer totalement et dans la plus grande liberté intérieure à ce qui était en gestation et qui, petit à petit, vit le jour. Années difficiles mais exaltantes dans le silence d’un hameau de montagne. Les dessins s’accumulèrent. Des livres furent écrits et publiés : en 1958, La Gana sous le pseudonyme de Jean Douassot. Ce roman est le premier d'une longue série d'écrits largement autobiographiques, dont le dernier manuscrit Entrée de secours, constitue le prolongement et la fin de Continuum, publié en 1999.
Cécile et Fred Deux prolongèrent le silence de Lacoux en venant vivre au Crouzat en 1973, un lieu-dit du Berry, puis à la Châtre en 1985. Des expositions se succédèrent, des livres aussi.
A partir de 1962 c'est la série des Otages. Il dessine d'un crayon acéré des formes incertaines appartenant au monde des limbes, prolifération de cellules qui se désagrègent sur un fond d'aquarelle frotté à la cire. Plus tard, il réalise au crayon sur papier Japon nacré des dessins relevant de l'organique et du viscéral, qui préludent au cycle des Spermes Noirs et des Spermes Colorés. Dès 1966, il se met à accompagner presque systématiquement le dessin de notes. Cette coexistence de l'écriture et du dessin trouve, à partir de 1977, sa forme la plus achevée dans les "livres uniques". Au début des années 80, Fred Deux réalise au crayon de grands Autoportraits qui le conduiront, à partir de 1982, à des dessins de grand format peuplés d'êtres fantasmagoriques, figures du double, figures des autres (Processions des existants, les Milç, les Remz, l'Alter ego). Après un retour progressif à l'aquarelle au cours des années 90, la couleur, larges "taches" de peinture ou de laque, s'impose dans les toutes dernières œuvres.
Des galeries (Daniel Cordier, Alphonse Chave, Jeanne Bucher), le Centre national d’art contemporain, l’Ecole nationale des Beaux-Arts de Paris, le Musée Cantini à Marseille, le Musée de l’Hospice Saint Roch à Issoudun, le musée Bochum en Allemagne, ont exposé les œuvres de Fred Deux.
En 2004, le cabinet d’arts graphiques du Centre George Pompidou, lui consacre une exposition Fred Deux, L’Alter Ego. En 2007 la galerie Margaron montre notamment ses dessins les plus récents.
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Cécile Reims, Dangers, Autoportraits, 1983, d'après Fred Deux Editons Pierre Chave |
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Cécile REIMS
Née en 1927, elle vécut sa petite enfance dans une bourgade de Lituanie, dans une famille juive traditionnelle. Arrivée en France en 1933, la guerre et le désastre qu’elle entraîna (l’anéantissement des siens) furent déterminants : il fallait donner un sens à cette vie devenue un privilège. Peu après la Libération, elle s’engagea dans l’armée clandestine juive et gagna – illégalement – la Palestine. Une grave atteinte de tuberculose la contraignit à un retour en France pour s’y soigner. Ce fut aussi un retour à la gravure au burin à laquelle l’avait initiée Joseph Hecht et qu’elle pratiqua avec la même exigence que son maître
En 1951, l’improbable rencontre avec Fred Deux l’a fit bifurquer, l’art devenant, dès lors, le fondement de leur route commune. Avec, cependant pour Cécile, de durables interruptions et des chemins de traverse. Par besoin personnel ou par nécessité. Celle, notamment, d’assumer le quotidien. Le tissage à la main y répondit pendant des années, tout en comblant un désir créatif persistant.
Après les gravures d’interprétations figuratives et les sujets très réalistes du tout début, succède une oeuvre qui reflète une vision du monde anthropomorphique où la condition humaine se confond avec celle animale dans une nature minérale et mélancolique (Les Métamorphoses d’Ovide, Bestiaire de la mort et Cosmogonies).
En 1966, le hasard – ce prestigieux fil conducteur – l’amena à croiser Georges Visat, l’éditeur, entre autres, de Bellmer. Visat était à la recherche d’un buriniste capable de graver des dessins de l’artiste sans trahir sa subtilité et sa sensibilité. Entre 1967 et 1975, elle grava au burin et à la pointe sèche quelques deux cents dessins.
Après quelques hésitations, ce fut l’occasion, inattendue et surprenante, de revenir à la gravure et de se révéler à elle-même, graveur d’interprétation. Après la mort en 1975 de Bellmer, Cécile Reims alternera gravures d’interprétation (Fred Deux – Léonor Fini) et oeuvres personnelles : gravures éditées en livres et recueils.
En 2004, la Bibliothèque Nationale lui consacra une exposition.
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Cécile Reims, Autoportrait, d'après Hans Bellmer. |
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La « Collection » de Cécile et Fred DEUX
Au fil des ans, le plus souvent par voie d’échange, les œuvres d’autres artistes entrèrent dans leur vie. Des objets primitifs venus jusqu’à eux, d’un ailleurs inactuel et d’où émanait une singulière force vitale, une puissance artistique, emplirent les pièces de leur maison. Peu après leur arrivée à la Châtre, Cécile et Fred Deux s’associèrent à l’essor grandissant du Musée de l’Hospice Saint-Roch, par la donation ou le dépôt de gravures, de dessins mais aussi de sculptures de Fred Deux, pièces rares que le musée est le seul à posséder. Elaborées à partir de matériaux détournés, un assemblage insolite leur confère une réalité nouvelle, empreinte de poésie.
En 2001, le couple d’artistes prit la décision de faire vivre œuvres et objets au-delà de leur propre vie et de leur seul regard, en leur faisant faire « le grand voyage » de la Châtre jusqu’au Musée de l’Hospice Saint-Roch à Issoudun.
Masque Lula, Congo. Bois, pigments, toile de jute,
40 x 24 cm. Musée Hospice St-Roch, Issoudun
Commissaire de l’exposition : Martine Lusardy, Directrice de la Halle Saint Pierre
Attachée de presse : Danièle Guyot : 06 71 82 12 53
Dani.guyot@free.fr
Responsable Communication/presse : Olga Caldas
Tél. : 01 42 58 72 89
Parallèlement
La Galerie Alain Margaron
présente Fred Deux
18 septembre – 31 octobre 2008
La Galerie Michèle Broutta
présente les gravures de Cécile Reims
8 octobre - 29 novembre 2008
Catalogue de l’exposition est disponible à la librairie de la Halle Saint Pierre
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Fred Deux – Cécile Reims, la ligne de partage
Textes de Pierre Wat, entretien de Sepp Hiekisch-Picard, 191 pages couleur. Ed. Hazan/Halle Saint Pierre, sept 2008 Prix de vente : 45€
L’édition du catalogue comprend cinquante exemplaires accompagnés d’un dessin de Fred Deux gravé par Cécile Reims, numéroté et signé.
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Coffret FRED DEUX à vif (1963-1964)
Editions André Dimanche
Librairie de la Halle Saint Pierre : 160€
24 CD d’un récit autobiographique inédit par Fred Deux enregistré entre 1963 et 1964
CD 1 :
1 – C’est 1998. Je commence à l’envers…
2 – Je prenais tous les matins le dur…
3 – Le samedi après-midi, je travaillais pas…
4 – Dans la nuit, je pouvais pas dormir, j’avais la trouille… il a terminé son cirque quoi.
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SIGNATURE DEDICACE du catalogue par
FRED DEUX et CECILE REIMS Samedi 20 décembre 2008 à partir de 15heures |
M° : Anvers, Abbesses
Tél. : 33 (0) 1 42 58 72 89
Ouvert tous les jours de 10h à 18h
Fermeture billetterie à 17h30
Expositions temporaires : 7,50€, tarif réduit 6€
En août : ouverture de 12h à 18h, fermé le week – end
Fermetures annuelles : 25 décembre, 1er janvier. 1er mai, 14 juillet et 15 août

Cécile Reims, Le Canapé, d'après.