MUSEES DE MONTMARTRE / LE MUSEE DALI
Publié le par LEPIC ABBESSES
DALI ET LE MUSEE
Au cœur de Montmartre, l’espace Dalí présente l’unique exposition permanente en France intégralement consacrée au maître du surréalisme, et plus particulièrement à ses sculptures et gravures.Vous voyagerez dans un monde fantasmagorique et découvrirez plus de 300 œuvres originales qui ont fait de Salvador Dalí l’un des artistes majeurs du XXème siècle.
La plus grande collection en France de sculptures de Salvador Dalí
Cette superbe collection met en lumière les réalisations tridimensionnelles des images surréalistes les plus célèbres de l’œuvre du maître.
Ces sculptures représentent un aspect significatif de la création artistique de Dalí, elles fournissent une synthèse de son intérêt pour la forme.
Une collection complète de gravures originales et de lithographies signées Dalí
Salvador Dalí a illustré les principaux thèmes de la littérature, de la mythologie, de l’histoire et de la religion.
Il exprime à travers cette œuvre considérable sa propre vision des thèmes poétiques et littéraires universels.
ESPACE DALI - 11, rue Poulbot - 75018 Paris - Tél : +33 (0)1 42 64 40 10 - Email : info@daliparis.com

Nul ne peut mettre en doute l’estime générale accordée à Dalí : demandez à l’homme de la rue de vous indiquer un artiste moderne, et vous pouvez être sûr qu’il citera son nom. Mais tout le monde ne le connaît pas de la même façon : apprécié comme « showman » et comme un des plus grands artistes de ce siècle, Dalí sera loué pour son habilité technique par ceux qui connaissent ses œuvres les plus populaires et apprécient son imagination luxuriante. Tous semblent connaître les montres molles apparaissant dans ses peintures même si, souvent, le titre la Persistence de la mémoire, leur échappe - A. Fiel Dalí Sculpture Collection 2005.
La jeunesse de Dalí : 1904-1915
Salvador Felipe Jacinto Dalí y Doménech naît le 11 mai 1904 à Figueras, au nord de la Catalogne. La région de son enfance aura toujours une place privilégiée dans son œuvre comme dans sa vie. Très tôt, il manifeste une attirance pour l’art figuratif et la peinture révélant déjà sa personnalité originale et inspirée. Il suit des cours particuliers de dessin.
Un être marqué par son enfance
Ses parents avaient perdu leur premier garçon également prénommé Salvador. L'amour surprotecteur dont ils gratifièrent leur deuxième enfant a encouragé le développement d'un tempérament instable et égoïste. Ses parents ne se sont jamais remis de la mort de leur premier fils, c’était un génie confiait la mère à son fils. Le jeune Salvador est d’ailleurs profondément troublé en apercevant son nom sur la sépulture. "Toutes mes excentricités, toutes mes incohérences sont la constante tragique de ma vie […] Je veux prouver que je ne suis pas le frère mort, mais le vivant", écrira-t-il.
Les études : 1921-1927
Alors qu’à Paris le dadaïsme est à son apogée, Dalí est admis à l’Institut San Fernando, l’École des beaux-arts de Madrid. Il y perfectionne sa connaissance de la sculpture, du dessin et de la peinture. Contestant violemment la capacité de ses professeurs, Dalí est expulsé des Beaux-Arts de Madrid. Il en sera exclu en 1922 pour incitation à la rébellion des élèves de l’école. C’est à cette époque qu’il rencontre Lorca et Buñuel, tandis qu’au cours de son premier voyage en 1926 à Paris il fera la connaissance de Picasso.
Le mouvement surréaliste : 1928-1937
À Paris, Dalí fait la connaissance de Breton, Eluard, Magritte et Ernst. Il rejoint officiellement le groupe surréaliste. Durant l’été 1929, le poète Paul Eluard et sa femme Elena (Gala) rendent visite au peintre dans sa maison de Cadaqués. C’est le coup de foudre entre Dalí et cette femme. Elle sera sa « muse surréaliste », l’inspiratrice de sa vie et de son œuvre. Dalí expose à Paris pour la première fois (11 toiles).
1939-1945
Pendant la Seconde Guerre mondiale, Dalí et Gala s’installent aux Etats-Unis. Ils y resteront jusqu'en 1948. Ces années ont été très importantes pour lui. Le musée d’Art moderne de New York a donné à Dalí sa première exposition rétrospective en 1941. En 1942, Dalí publie son autobiographie : la Vie secrète.
Extension de l’œuvre dalinienne : 1961-1970
Dalí est toujours plus prolifique : il écrit et illustre des livres, conçoit décors et costumes pour des opéras, tourne des films, élabore de nouvelles théories, sculpte, dessine, crée des bijoux et des meubles, mélange techniques artistiques, son génie n’a pas de limites dans l’art.
La fin d’un grand artiste : 1974-1989
En 1974, Dalí inaugure le Teatro Museo Dalí à Figueras en Espagne. Cet événement a été suivi de rétrospectives à Paris et à Londres jusqu'à la fin de la décennie. Après la mort de son épouse, Gala, en 1982, la santé de Dalí commence alors à décliner. À la suite de l’incendie de sa maison en 1984, il fut brûlé et, dès lors, son état de santé se détériore. Deux ans après, on lui implante un stimulateur cardiaque. Dans cette partie de sa vie, Dalí s'est retiré d'abord à Pubol et plus tard dans ses appartements près du Teatro Museo. Il meurt le 23 janvier 1989.

Dans la Vie secrète, l’un de ses récits autobiographiques, Salvador Dalí raconte qu’enfant il fit un modelage de la Vénus de Milo car elle figurait sur sa boîte de crayons : ce fut son premier essai de sculpture.
Dès les années 1930, Dalí s’essaye à la troisième dimension. En tant qu’artiste surréaliste tentant de traduire l’inconscient, les rêves, les sentiments, et dans la lignée de Marcel Duchamp avec ses ready-made (Fontaine, 1917), il s’intéresse à l’art de « l’objet », utilisant des matériaux et des matières inattendues.
Il crée des objets à fonctionnement symbolique comme le Buste de femme rétrospectif, en assemblant une marotte de modiste en porcelaine peinte avec différents autres objets de récupération (1933). "L’objet surréaliste n’est pas pratique, il ne sert à rien à part attendrir les hommes, les épuiser, les abêtir. L’objet surréaliste est fait uniquement pour l’honneur, il n’a pas d’autre but que l’honneur de la pensée."
Progressivement, Dalí revient à une technique traditionnelle. Il commence par une pâte molle de cire à laquelle il impose la forme qu’il veut en concrétisant l’irrationalité de son imagination. Puis, il donne la dureté nécessaire à sa création en la coulant en bronze pour qu’elle puisse prendre place dans le monde extérieur. Ces sculptures sont réalisées selon la technique dite à la cire perdue*. Elles représentent un aspect significatif de la création artistique de Dalí et fournissent une synthèse de son intérêt pour la forme. Ces sculptures en bronze sont effectivement du surréalisme dans la troisième dimension.
Conçues par Dalí et réalisées à partir de ses plus célèbres tableaux, les sculptures en bronze, telles que la Persistance de la mémoire, le Profil du temps, la Noblesse du temps, Vénus à la girafe, le Toréador hallucinogène, la Vénus spatiale, Alice au pays des merveilles, l’Éléphant spatial, témoignent avec une vigueur extrême de la force d’expression de ses images iconographiques surréelles.
L’Espace Dalí présente ainsi plusieurs objets et mobilier imaginés par Dalí. Artiste complet, Dalí était aussi un designer de talent, qui créa divers objets et du mobilier dont le fameux Mae West Lips Sofa. Dalí pensait déjà en 1936 que tout portrait pouvait se transformer en mobilier de salon.
Selon Dalí, l’art doit envahir la vie. Il s’intéressa donc au mobilier après sa rencontre avec le célèbre décorateur Jean-Michel Franck. Vers 1934-1935, Dalí réalisa à partir du portrait photographique de l’actrice Mae West un tableau à la gouache ayant pour titre Visage de Mae West pouvant être utilisé comme appartement surréaliste.
La pièce maîtresse en est le Mae West Lips Sofa exposé ici, ainsi que le Salon au vis à vis de Dalí et Gala, né de projets remontant aux années 1935-1937, comme la Lampe aux tiroirs et le Lampadaire aux béquilles (croquis exécutés vers 1936-1937). Plusieurs des ses œuvres sont issues de ses peintures. Dans le tableau Femme à la tête de roses, 1935, Dalí représente un couple féminin entouré de mobilier assez étrange :
— une chaise ayant pour pieds une petite chaussure et un accoudoir représentant le bras d’un être humain.
— une table basse dont le pied est formé par une sorte de long bras se terminant d’un côté par une main et de l’autre par un pied. Posé sur la table, un œuf évoque par son aspect et sa minéralité une symbolique chère à Dalí, celle de la vie antérieure, intra-utérine et de la re-naissance. On retrouve ces éléments dans le décor, le Salon au vis à vis de Dalí et Gala, réalisé en 1990-1992. Celui-ci restitue en trois dimensions des projets du maître remontant aux années 1935-1937, époque où le vocabulaire formel de Dalí ne se cantonne plus à la seule peinture.
Réalisés en bronze, ces objets sont installés de manière à reconstituer un petit salon dans lequel on trouve d’autres créations :
— La Lampe aux tiroirs et le Lampadaire aux béquilles (réalisés d’après des croquis exécutés vers 1936-1937). Sur ces croquis, Dalí a repris séparément l’étude de l’abat-jour correspondant. Le drapé en est très étudié, malgré son apparente simplicité, puisqu’il évoque clairement le geste des mains croisées du torero agitant la muleta devant le taureau avant de lui porter l’estocade.
— Un lampadaire prenant pour forme la position de la Vénus de Milo, qui représente pour Dalí la perfection formelle, un de ses thèmes de prédilection.
Le meuble emblématique de ce salon est le Vis à Vis, ou Confident, appellation justifiée par sa forme et sa destination, qui est de favoriser l’aparté et l’échange : en l’occurrence, l’échange amoureux surréaliste par excellence, celui de Dalí et Gala. Tendu de ce tissu "rose shocking", créé par Elsa Schiaparelli pour le Mae West Lips Sofa, il montre, s’il en est besoin, l’habileté de Dalí, à détourner subtilement toute la connotation péjorative attachée à ce style de mobilier mis à la mode sous le règne de Napoléon III, et qui n’était guère goûté dans les années 1930. Vers 1934-1935, Dalí réalise, à partir du portrait photographique de l’actrice Mae West, un tableau à la gouache ayant pour titre : Visage de Mae West pouvant être utilisé comme appartement surréaliste.
Dans cette composition, Dalí conçoit le visage comme une pièce où chaque partie du visage est un élément pouvant constituer un salon. Exemple : le nez devient une cheminée, les lèvres un canapé, les yeux des tableaux…
En 1936-1937, le "Canapé-Lèvres" sera réalisé grandeur nature : la couleur du tissu étant exactement la même que celle du rouge à lèvres de l’actrice. C’est Jean-Michel Franck qui réalisa, pour Dalí, le premier Mae West Lips Sofa.

Parmi celles-ci, des illustrations sur les thèmes de Don Quichotte, Alice au Pays des merveilles, ou encore Tristan et Iseult.
Salvador Dalí a illustré les plus beaux textes de la littérature, de la mythologie et des religions, rendant hommage à Dante, Rabelais, Cervantès, Lewis Carroll, Malraux et bien d’autres. Dalí réalise ses premières illustrations à Paris pour les publications littéraires des surréalistes. Il illustre en même temps certains de ses propres écrits, comme la Femme visible qui contient les premiers développements de la méthode "paranoïaque-critique" qu’il définit ainsi : "Toute mon ambition consiste à matérialiser, avec la plus impérialiste rage de précision, les images de l’irrationalité concrète de sorte que le monde de l’imagination et de l’irrationalité concrète puisse être objectivement évident et avoir la même consistance, la même faculté persuasive de cognition et de communication que le monde extérieur des phénomènes de la réalité".
En 1934, Dalí illustre la nouvelle édition des Chants de Maldoror. C’est un des temps forts de sa carrière d’illustrateur.
En 1956, l’éditeur Joseph Forêt commande à Dalí des lithographies pour illustrer le roman de Cervantès, Don Quichotte.
Fidèle à ses habitudes, Dalí aborde cette technique de façon expérimentale. Pour son Don Quichotte il tire à bout portant des balles de couleur sur la pierre lithographique et n’hésite pas tremper des escargots dans la couleur pour qu’ils laissent ensuite des traces sur la pierre.
Salvador Dalí exprime à travers ce vaste répertoire d’images, de personnages, d’allégories, sa propre vision surréaliste des thèmes poétiques et littéraires universels.
Dalí se révèle comme un maître incontestable des arts graphiques, renouvelant sans cesse sa technique, son dessin, ses couleurs.

Sur les traces de Toulouse Lautrec (Au Moulin Rouge — 1891), de Renoir (Bal du Moulin de la Galette — 1876), et de Picasso (Les Demoiselles d'Avignon — 1907), les années 1920 virent fleurir les ateliers d'artistes dont le plus célèbre reste Le Bateau-Lavoir (1907), berceau de la révolution cubiste.
Dalí vécut même un temps au 7, rue Becquerel, dans l'appartement que Paul Éluard avait trouvé en 1929 pour Gala.
Le génie catalan ne pouvait donc manquer de voir les moulins, pièces essentielles du mythe montmartrois et de l’œuvre de Cervantès, Don Quichotte - le Chevalier errant, qu’il rêvait d’illustrer.
C’est ainsi qu’en novembre 1956 Dalí entreprit de réaliser la première estampe de la série des Don Quichotte devant la presse, sur la place Jean-Baptiste-Clément.
Pour cette œuvre, le maître utilisa deux cornes de rhinocéros et du pain imbibé d'encre.
Un court métrage fut même tourné pour immortaliser la scène. Il s’agissait " d’illustrer paranoïaquement tout le mystère électrique de la liturgie de cette scène ", ainsi que le caractère moral des spectateurs.
Après la Seconde Guerre mondiale, la veuve de Maurice Utrillo, la flamboyante Lucie Valore, qui s'était autoproclamée impératrice de Montmartre, proposa à Dalí de devenir l'empereur de Montmartre ; celui-ci, fort séduit, accepta, mais l'affaire ne prospéra pas.

Toute sa vie, Salvador Dalí porta un grand intérêt au monde de la mode. Sa rencontre avec Coco Chanel lui donna l’idée de créer des vêtements, comme les costumes de la pièce Bacchanale ou de l’opéra Tristan Fou.
Dans les années 1930, avec la couturière Elsa Schiaparelli, il participa à la création de quelques modèles de chapeaux dont le célèbre Chapeau-Soulier (1936).
Il créa la robe Homard ou encore le Veston aphrodisiaque (1936). En 1950, il imagina avec Christian Dior le Costume de l'année 1945 à tiroirs.
Pour la femme, il créa des bijoux : l’Œil du temps (1949), d’après la Persistance de la mémoire ; les Lèvres de rubis (1950), d’après le Canapé-Lèvres de Mae West.
En 1981, son œuvre l’Apparition du visage de l’Aphrodite de Cnide dans un paysage l’inspira pour la confection des flacons de parfum Salvador Dalí Homme et Femme.
Pour l’art de la table, Dalí dessina en 1962 une surréaliste ménagère en vermeil.
Dalí utilise ces symboles de manière à rendre plus prégnant le message de sa peinture. Le contraste d’une enveloppe dure et d’un intérieur mou est au cœur de sa pensée et de son art.
Ce contraste extérieur/intérieur (dur/mou) s’accorde avec la conception psychologique selon laquelle les individus se fabriquent des défenses (dures), tout autour de la psyché vulnérable (souple). Dalí connaissait très bien l’œuvre de Freud et de ses disciples, même si son iconographie ne dérive absolument pas de la pensée psychanalytique.
ANGES
Ils ont le pouvoir de pénétrer la voûte céleste, de communiquer avec Dieu et d’accomplir ainsi l’union mystique qui préoccupe tant le peintre. Les figures d’anges peintes par Dalí empruntent souvent les traits de Gala, incarnation, pour Dalí, de la pureté et de la noblesse.
BEQUILLES
Elle peut constituer le seul appui d’une figure ou le support nécessaire d’une forme incapable de tenir debout toute seule. Dalí la découvre, enfant, dans le grenier de la maison paternelle. Il s’en empare et ne pourra jamais s’en séparer. Cet objet lui donnait une assurance et une arrogance dont il n’avait jamais encore été capable.
Dans le Dictionnaire abrégé du Surréalisme (1938), Dalí en donne la définition suivante : "Support en bois dérivant de la philosophie cartésienne. Généralement employé pour servir de soutien à la tendresse des structures molles."
ÉLÉPHANTS
Les éléphants daliniens sont habituellement représentés avec les longues pattes du désir invisible, à plusieurs rotules, portant sur leur dos l’obélisque symbole de puissance et de domination. Le poids supporté par les pattes frêles de l’animal évoque l’apesanteur.
ESCARGOTS
L’escargot est lié à un événement marquant de la vie de Dalí : sa rencontre avec Sigmund Freud. Dalí pensait que rien n’arrive simplement par accident, il avait été captivé par la vision d’un escargot sur une bicyclette hors de la maison de Freud. Le lien se fit alors en lui entre une tête humaine et l’escargot, qu’il associa plus particulièrement à la tête de Freud. Comme pour l’œuf, la partie extérieure de la coquille (dure) et le corps (mou) intérieur de l’escargot le fascinèrent et la géométrie de ses courbes l’enchantèrent.
FOURMIS
Symbole de la pourriture et de la décomposition. Dalí rencontra les fourmis la première fois dans son enfance, en observant les restes décomposés de petits animaux dévorés par elles. Il les observait avec fascination et répulsion, et a continué à les utiliser dans son œuvre, comme symbole de décadence et d’éphémère.
MONTRES MOLLES
Dalí a souvent dit, "la matérialisation de la flexibilité du temps et de l’indivisibilité de l’espace… C’est un fluide." La mollesse inattendue de la montre représente aussi l’aspect psychologique par lequel la vitesse du temps, quoique précise dans sa définition scientifique, peut grandement varier dans sa perception humaine. L’idée lui vint après un repas alors qu’il contemplait les restes d’un camembert coulant. Il décida alors de peindre sur le paysage qui lui servait de toile de fond deux montres molles dont l’une pendait lamentablement à la branche d’un olivier.
ŒUF
Symbole chrétien de la résurrection du Christ et l’emblème de la pureté et de la perfection. L’œuf évoque par son aspect et sa minéralité une symbolique chère à Dalí, celle de la vie antérieure, intra-utérine et de la re-naissance.
OURSIN
Son "exosquelette" (la coquille se trouve à l’extérieur), hérissé d’épines, peut vous rendre très désagréable un premier contact avec l’animal. La coquille contient en revanche un corps mou (un des plats préférés de Dalí, qui était connu pour en manger une douzaine à chaque repas). La coquille de l’oursin, débarrassée de ses épines, apparaît dans nombre de ses peintures.
PAIN
Est-ce par peur d’en manquer, Dalí le représente dans ses peintures et se met aussi à confectionner des objets surréalistes avec du pain. Dans ses tableaux, les pains ont le plus souvent, un aspect « dur » et phallique, opposé au « mou » des montres. Dalí a toujours été un grand admirateur du pain. Il tapissera de pains ronds catalans les murs de son musée de Figueras.
PAYSAGES
Espace traditionnel (fondé sur la perspective et la peinture de la Renaissance). Paysage réaliste semé d’objets étranges et irréels situés dans un environnement naturel. L’arrière-plan et la façon d’utiliser les paysages sont une des forces de l’art de Dalí. Ils contribuent à créer l’atmosphère d’irréalité de ses tableaux (paysage de sa Catalogne natale et vaste plaine d’Ampurdan qui environne Figueras).
TIROIRS
Les corps humains qui s’ouvrent par des tiroirs se retrouvent à maintes reprises dans les peintures et les objets de Dalí.
Ils symbolisent la mémoire ainsi que l’inconscient et renvoient à la "pensée à tiroirs", un concept hérité de la lecture de Freud. Ils expriment le mystère des secrets cachés.
La plupart des enfants explore chaque tiroir, cabinet et armoire de leur maison.
VÉNUS DE MILO
Elle fait partie depuis longtemps de la mythologie personnelle du peintre. Elle est la première femme qu’il modèle enfant en argile d’après une reproduction qui ornait la salle à manger familiale. Elle est aussi celle qu’il a découvert sur une boîte de crayons à New York. Il trouve stupide l’expression de son visage qu’il considère néanmoins comme propre à la beauté féminine parfaite mais inadéquate chez une femme élégante dont le regard doit être ou paraître intelligent. Dalí a réalisé plusieurs transformations de la Vénus : la Vénus spatiale, la Vénus à tiroirs …
À Dalí de rajouter : "Toute mon ambition consiste à matérialiser avec la plus impérialiste rage de précision les images de l’irrationalité concrète puissant être objectivement évidents et avoir la même consistance, la même dureté, la même faculté persuasive de cognition et de communication que le monde extérieur des phénomènes de la réalité (La Conquête de l’Irrationel)."
Si "surréaliste" veut dire plus réaliste, super, supra et hyperréaliste, réaliste au maximum, alors Dalí est surréaliste. Il s’imposa en Espagne en 1929 bien avant le mouvement français du même nom. Il creusa, d’ailleurs, sa propre niche en affirmant : "Le surréalisme, c’est moi !"
Le souhait de Dalí était de traduire en volume et matière solide les fétiches et obsessions issus de son inconscient. C’est ainsi qu’il restitua sous forme de sculptures les grands thèmes de son œuvre picturale. La collection ici présentée comprend plus d’une quinzaine de sculptures originales conférant à l’exposition son statut de plus importante collection en France.
Très tôt fasciné par le cinéma, Dalí collabora avec son ami Luis Buñuel à la réalisation du Chien andalou (1929) puis à l’Âge d’or (1930), ouvrant la voie au cinéma surréaliste. Aux Etats Unis, en 1946, il créa les décors du film la Maison du Docteur Edwards, d’Alfred Hitchcock. La même année, il dessina plusieurs maquettes pour un dessin animé de Walt Disney, nommé Destino, qui resta inachevé.
Dalí n'hésita pas à s'immerger dans la culture populaire à travers la publicité. Il créa des couvertures de magazines américains pour the American Weekly, Vogue, Town & Country, des pochettes de disques, et travailla pour les collants Bryans Hosiery, la bouteille Perrier, pour Alka Seltzer, pour Datsun. Il se mit même personnellement en scène dans l’inoubliable spot pour des escargots en chocolat : " Je suis fou du chocolat Lanvin ! "
ESPACE DALÍ
Son cadre théâtral se prète à l'organisation de réceptions privées ou professionnelles. Sculptures et tableaux surréalistes confèrent aux événements une dimension fantasmagorique.
GALERIE MONTMARTRE
Les œuvres des grands maîtres contemporains jalonnent un espace raffiné, baigné de lumière. Idéalement située sur la place du Tertre, la galerie dévoile un splendide panorama sur les plus beaux toits de Paris.
La magie des lieux, notre maîtrise de l’événementiel, la diversité et la qualité de nos prestations feront de votre soirée une réussite. Toutes vos demandes, même les plus « fantasmagoriques », sont réalisables et feront l’objet d’un devis personnalisé !
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Pour tous vos projets ou informations commerciales, merci de joindre le service événementiel : evenementiel@daliparis.com.
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11, rue Poulbot
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Biographie de Salvador Dalí

Nul ne peut mettre en doute l’estime générale accordée à Dalí : demandez à l’homme de la rue de vous indiquer un artiste moderne, et vous pouvez être sûr qu’il citera son nom. Mais tout le monde ne le connaît pas de la même façon : apprécié comme « showman » et comme un des plus grands artistes de ce siècle, Dalí sera loué pour son habilité technique par ceux qui connaissent ses œuvres les plus populaires et apprécient son imagination luxuriante. Tous semblent connaître les montres molles apparaissant dans ses peintures même si, souvent, le titre la Persistence de la mémoire, leur échappe - A. Fiel Dalí Sculpture Collection 2005.
La jeunesse de Dalí : 1904-1915
Salvador Felipe Jacinto Dalí y Doménech naît le 11 mai 1904 à Figueras, au nord de la Catalogne. La région de son enfance aura toujours une place privilégiée dans son œuvre comme dans sa vie. Très tôt, il manifeste une attirance pour l’art figuratif et la peinture révélant déjà sa personnalité originale et inspirée. Il suit des cours particuliers de dessin.
Un être marqué par son enfance
Ses parents avaient perdu leur premier garçon également prénommé Salvador. L'amour surprotecteur dont ils gratifièrent leur deuxième enfant a encouragé le développement d'un tempérament instable et égoïste. Ses parents ne se sont jamais remis de la mort de leur premier fils, c’était un génie confiait la mère à son fils. Le jeune Salvador est d’ailleurs profondément troublé en apercevant son nom sur la sépulture. "Toutes mes excentricités, toutes mes incohérences sont la constante tragique de ma vie […] Je veux prouver que je ne suis pas le frère mort, mais le vivant", écrira-t-il.
Les études : 1921-1927
Alors qu’à Paris le dadaïsme est à son apogée, Dalí est admis à l’Institut San Fernando, l’École des beaux-arts de Madrid. Il y perfectionne sa connaissance de la sculpture, du dessin et de la peinture. Contestant violemment la capacité de ses professeurs, Dalí est expulsé des Beaux-Arts de Madrid. Il en sera exclu en 1922 pour incitation à la rébellion des élèves de l’école. C’est à cette époque qu’il rencontre Lorca et Buñuel, tandis qu’au cours de son premier voyage en 1926 à Paris il fera la connaissance de Picasso.
Le mouvement surréaliste : 1928-1937
À Paris, Dalí fait la connaissance de Breton, Eluard, Magritte et Ernst. Il rejoint officiellement le groupe surréaliste. Durant l’été 1929, le poète Paul Eluard et sa femme Elena (Gala) rendent visite au peintre dans sa maison de Cadaqués. C’est le coup de foudre entre Dalí et cette femme. Elle sera sa « muse surréaliste », l’inspiratrice de sa vie et de son œuvre. Dalí expose à Paris pour la première fois (11 toiles).
1939-1945
Pendant la Seconde Guerre mondiale, Dalí et Gala s’installent aux Etats-Unis. Ils y resteront jusqu'en 1948. Ces années ont été très importantes pour lui. Le musée d’Art moderne de New York a donné à Dalí sa première exposition rétrospective en 1941. En 1942, Dalí publie son autobiographie : la Vie secrète.
Extension de l’œuvre dalinienne : 1961-1970
Dalí est toujours plus prolifique : il écrit et illustre des livres, conçoit décors et costumes pour des opéras, tourne des films, élabore de nouvelles théories, sculpte, dessine, crée des bijoux et des meubles, mélange techniques artistiques, son génie n’a pas de limites dans l’art.
La fin d’un grand artiste : 1974-1989
En 1974, Dalí inaugure le Teatro Museo Dalí à Figueras en Espagne. Cet événement a été suivi de rétrospectives à Paris et à Londres jusqu'à la fin de la décennie. Après la mort de son épouse, Gala, en 1982, la santé de Dalí commence alors à décliner. À la suite de l’incendie de sa maison en 1984, il fut brûlé et, dès lors, son état de santé se détériore. Deux ans après, on lui implante un stimulateur cardiaque. Dans cette partie de sa vie, Dalí s'est retiré d'abord à Pubol et plus tard dans ses appartements près du Teatro Museo. Il meurt le 23 janvier 1989.
Dalí sculpteur

Le souhait de Dalí était de traduire en volume et matière solide les fétiches et obsessions issus de son inconscient. C’est ainsi qu’il restitua sous forme de sculptures les grands thèmes de son œuvre picturale. La collection ici présentée comprend plus d’une quinzaine de sculptures originales conférant à l’exposition son statut de plus importante collection en France.
Dans la Vie secrète, l’un de ses récits autobiographiques, Salvador Dalí raconte qu’enfant il fit un modelage de la Vénus de Milo car elle figurait sur sa boîte de crayons : ce fut son premier essai de sculpture.
Dès les années 1930, Dalí s’essaye à la troisième dimension. En tant qu’artiste surréaliste tentant de traduire l’inconscient, les rêves, les sentiments, et dans la lignée de Marcel Duchamp avec ses ready-made (Fontaine, 1917), il s’intéresse à l’art de « l’objet », utilisant des matériaux et des matières inattendues.
Il crée des objets à fonctionnement symbolique comme le Buste de femme rétrospectif, en assemblant une marotte de modiste en porcelaine peinte avec différents autres objets de récupération (1933). "L’objet surréaliste n’est pas pratique, il ne sert à rien à part attendrir les hommes, les épuiser, les abêtir. L’objet surréaliste est fait uniquement pour l’honneur, il n’a pas d’autre but que l’honneur de la pensée."Progressivement, Dalí revient à une technique traditionnelle. Il commence par une pâte molle de cire à laquelle il impose la forme qu’il veut en concrétisant l’irrationalité de son imagination. Puis, il donne la dureté nécessaire à sa création en la coulant en bronze pour qu’elle puisse prendre place dans le monde extérieur. Ces sculptures sont réalisées selon la technique dite à la cire perdue*. Elles représentent un aspect significatif de la création artistique de Dalí et fournissent une synthèse de son intérêt pour la forme. Ces sculptures en bronze sont effectivement du surréalisme dans la troisième dimension.
Conçues par Dalí et réalisées à partir de ses plus célèbres tableaux, les sculptures en bronze, telles que la Persistance de la mémoire, le Profil du temps, la Noblesse du temps, Vénus à la girafe, le Toréador hallucinogène, la Vénus spatiale, Alice au pays des merveilles, l’Éléphant spatial, témoignent avec une vigueur extrême de la force d’expression de ses images iconographiques surréelles.
*Technique de la fonte à la cire perdue :
Cette technique permet de fabriquer des objets en métal à partir d’un modèle en cire.
La cire est recouverte d’une mixture réfractaire pour former un moule.
Le moule est soumis à une source de chaleur pour faire fondre la cire. Cette opération s’appelle le "décirage".
Lorsque le moule est vide, il est rempli de métal liquide.
Plus tard, le moule bivalve est ouvert pour mettre à jour l’objet brut de fonderie.
Des opérations de finition sont alors exécutées pour apporter le bel aspect à l’objet : ébarbage, réparure, ciselure et patine.
Cette technique permet de fabriquer des objets en métal à partir d’un modèle en cire.
La cire est recouverte d’une mixture réfractaire pour former un moule.
Le moule est soumis à une source de chaleur pour faire fondre la cire. Cette opération s’appelle le "décirage".
Lorsque le moule est vide, il est rempli de métal liquide.
Plus tard, le moule bivalve est ouvert pour mettre à jour l’objet brut de fonderie.
Des opérations de finition sont alors exécutées pour apporter le bel aspect à l’objet : ébarbage, réparure, ciselure et patine.
Dalí designer
Dalí découvre dans le vaste registre des arts appliqués de nouvelles voies à l’expression de « son » idéal surréaliste.
L’Espace Dalí présente ainsi plusieurs objets et mobilier imaginés par Dalí. Artiste complet, Dalí était aussi un designer de talent, qui créa divers objets et du mobilier dont le fameux Mae West Lips Sofa. Dalí pensait déjà en 1936 que tout portrait pouvait se transformer en mobilier de salon.

Selon Dalí, l’art doit envahir la vie. Il s’intéressa donc au mobilier après sa rencontre avec le célèbre décorateur Jean-Michel Franck. Vers 1934-1935, Dalí réalisa à partir du portrait photographique de l’actrice Mae West un tableau à la gouache ayant pour titre Visage de Mae West pouvant être utilisé comme appartement surréaliste.
La pièce maîtresse en est le Mae West Lips Sofa exposé ici, ainsi que le Salon au vis à vis de Dalí et Gala, né de projets remontant aux années 1935-1937, comme la Lampe aux tiroirs et le Lampadaire aux béquilles (croquis exécutés vers 1936-1937). Plusieurs des ses œuvres sont issues de ses peintures. Dans le tableau Femme à la tête de roses, 1935, Dalí représente un couple féminin entouré de mobilier assez étrange :
— une chaise ayant pour pieds une petite chaussure et un accoudoir représentant le bras d’un être humain.
— une table basse dont le pied est formé par une sorte de long bras se terminant d’un côté par une main et de l’autre par un pied. Posé sur la table, un œuf évoque par son aspect et sa minéralité une symbolique chère à Dalí, celle de la vie antérieure, intra-utérine et de la re-naissance. On retrouve ces éléments dans le décor, le Salon au vis à vis de Dalí et Gala, réalisé en 1990-1992. Celui-ci restitue en trois dimensions des projets du maître remontant aux années 1935-1937, époque où le vocabulaire formel de Dalí ne se cantonne plus à la seule peinture.
Réalisés en bronze, ces objets sont installés de manière à reconstituer un petit salon dans lequel on trouve d’autres créations :
— La Lampe aux tiroirs et le Lampadaire aux béquilles (réalisés d’après des croquis exécutés vers 1936-1937). Sur ces croquis, Dalí a repris séparément l’étude de l’abat-jour correspondant. Le drapé en est très étudié, malgré son apparente simplicité, puisqu’il évoque clairement le geste des mains croisées du torero agitant la muleta devant le taureau avant de lui porter l’estocade.

— Un lampadaire prenant pour forme la position de la Vénus de Milo, qui représente pour Dalí la perfection formelle, un de ses thèmes de prédilection.
Le meuble emblématique de ce salon est le Vis à Vis, ou Confident, appellation justifiée par sa forme et sa destination, qui est de favoriser l’aparté et l’échange : en l’occurrence, l’échange amoureux surréaliste par excellence, celui de Dalí et Gala. Tendu de ce tissu "rose shocking", créé par Elsa Schiaparelli pour le Mae West Lips Sofa, il montre, s’il en est besoin, l’habileté de Dalí, à détourner subtilement toute la connotation péjorative attachée à ce style de mobilier mis à la mode sous le règne de Napoléon III, et qui n’était guère goûté dans les années 1930. Vers 1934-1935, Dalí réalise, à partir du portrait photographique de l’actrice Mae West, un tableau à la gouache ayant pour titre : Visage de Mae West pouvant être utilisé comme appartement surréaliste.
Dans cette composition, Dalí conçoit le visage comme une pièce où chaque partie du visage est un élément pouvant constituer un salon. Exemple : le nez devient une cheminée, les lèvres un canapé, les yeux des tableaux…
En 1936-1937, le "Canapé-Lèvres" sera réalisé grandeur nature : la couleur du tissu étant exactement la même que celle du rouge à lèvres de l’actrice. C’est Jean-Michel Franck qui réalisa, pour Dalí, le premier Mae West Lips Sofa.
Dalí illustrateur

Outre ses qualités de peintre, Dalí mit son talent d’illustrateur au service des chefs-d’œuvre de la littérature. L’artiste a ainsi réalisé plus de 300 œuvres graphiques (illustrations, gravures, sérigraphies et lithographies), présentées à l'ESPACE DALí.
Parmi celles-ci, des illustrations sur les thèmes de Don Quichotte, Alice au Pays des merveilles, ou encore Tristan et Iseult.
Salvador Dalí a illustré les plus beaux textes de la littérature, de la mythologie et des religions, rendant hommage à Dante, Rabelais, Cervantès, Lewis Carroll, Malraux et bien d’autres. Dalí réalise ses premières illustrations à Paris pour les publications littéraires des surréalistes. Il illustre en même temps certains de ses propres écrits, comme la Femme visible qui contient les premiers développements de la méthode "paranoïaque-critique" qu’il définit ainsi : "Toute mon ambition consiste à matérialiser, avec la plus impérialiste rage de précision, les images de l’irrationalité concrète de sorte que le monde de l’imagination et de l’irrationalité concrète puisse être objectivement évident et avoir la même consistance, la même faculté persuasive de cognition et de communication que le monde extérieur des phénomènes de la réalité".

En 1934, Dalí illustre la nouvelle édition des Chants de Maldoror. C’est un des temps forts de sa carrière d’illustrateur.
En 1956, l’éditeur Joseph Forêt commande à Dalí des lithographies pour illustrer le roman de Cervantès, Don Quichotte.
Fidèle à ses habitudes, Dalí aborde cette technique de façon expérimentale. Pour son Don Quichotte il tire à bout portant des balles de couleur sur la pierre lithographique et n’hésite pas tremper des escargots dans la couleur pour qu’ils laissent ensuite des traces sur la pierre.
Salvador Dalí exprime à travers ce vaste répertoire d’images, de personnages, d’allégories, sa propre vision surréaliste des thèmes poétiques et littéraires universels.
Dalí se révèle comme un maître incontestable des arts graphiques, renouvelant sans cesse sa technique, son dessin, ses couleurs.
Dalí à Montmartre

Sur les traces de Toulouse Lautrec (Au Moulin Rouge — 1891), de Renoir (Bal du Moulin de la Galette — 1876), et de Picasso (Les Demoiselles d'Avignon — 1907), les années 1920 virent fleurir les ateliers d'artistes dont le plus célèbre reste Le Bateau-Lavoir (1907), berceau de la révolution cubiste.
Dalí vécut même un temps au 7, rue Becquerel, dans l'appartement que Paul Éluard avait trouvé en 1929 pour Gala.
Le génie catalan ne pouvait donc manquer de voir les moulins, pièces essentielles du mythe montmartrois et de l’œuvre de Cervantès, Don Quichotte - le Chevalier errant, qu’il rêvait d’illustrer.

C’est ainsi qu’en novembre 1956 Dalí entreprit de réaliser la première estampe de la série des Don Quichotte devant la presse, sur la place Jean-Baptiste-Clément.
Pour cette œuvre, le maître utilisa deux cornes de rhinocéros et du pain imbibé d'encre.
Un court métrage fut même tourné pour immortaliser la scène. Il s’agissait " d’illustrer paranoïaquement tout le mystère électrique de la liturgie de cette scène ", ainsi que le caractère moral des spectateurs.
Après la Seconde Guerre mondiale, la veuve de Maurice Utrillo, la flamboyante Lucie Valore, qui s'était autoproclamée impératrice de Montmartre, proposa à Dalí de devenir l'empereur de Montmartre ; celui-ci, fort séduit, accepta, mais l'affaire ne prospéra pas.
Dalí et la mode

Toute sa vie, Salvador Dalí porta un grand intérêt au monde de la mode. Sa rencontre avec Coco Chanel lui donna l’idée de créer des vêtements, comme les costumes de la pièce Bacchanale ou de l’opéra Tristan Fou.
Dans les années 1930, avec la couturière Elsa Schiaparelli, il participa à la création de quelques modèles de chapeaux dont le célèbre Chapeau-Soulier (1936).
Il créa la robe Homard ou encore le Veston aphrodisiaque (1936). En 1950, il imagina avec Christian Dior le Costume de l'année 1945 à tiroirs.
Pour la femme, il créa des bijoux : l’Œil du temps (1949), d’après la Persistance de la mémoire ; les Lèvres de rubis (1950), d’après le Canapé-Lèvres de Mae West.
En 1981, son œuvre l’Apparition du visage de l’Aphrodite de Cnide dans un paysage l’inspira pour la confection des flacons de parfum Salvador Dalí Homme et Femme.
Pour l’art de la table, Dalí dessina en 1962 une surréaliste ménagère en vermeil.
Les symboles daliniens
Une étude de l’Œuvre de Dalí, révèle quelques symboles systématiquement présents dans tous ses travaux. Il s’agit d’objets fétiches qui, apparemment, ont peu de points communs : béquilles, oursins, fourmis, pain…
Dalí utilise ces symboles de manière à rendre plus prégnant le message de sa peinture. Le contraste d’une enveloppe dure et d’un intérieur mou est au cœur de sa pensée et de son art.
Ce contraste extérieur/intérieur (dur/mou) s’accorde avec la conception psychologique selon laquelle les individus se fabriquent des défenses (dures), tout autour de la psyché vulnérable (souple). Dalí connaissait très bien l’œuvre de Freud et de ses disciples, même si son iconographie ne dérive absolument pas de la pensée psychanalytique.
ANGES
Ils ont le pouvoir de pénétrer la voûte céleste, de communiquer avec Dieu et d’accomplir ainsi l’union mystique qui préoccupe tant le peintre. Les figures d’anges peintes par Dalí empruntent souvent les traits de Gala, incarnation, pour Dalí, de la pureté et de la noblesse.
BEQUILLES
Elle peut constituer le seul appui d’une figure ou le support nécessaire d’une forme incapable de tenir debout toute seule. Dalí la découvre, enfant, dans le grenier de la maison paternelle. Il s’en empare et ne pourra jamais s’en séparer. Cet objet lui donnait une assurance et une arrogance dont il n’avait jamais encore été capable.
Dans le Dictionnaire abrégé du Surréalisme (1938), Dalí en donne la définition suivante : "Support en bois dérivant de la philosophie cartésienne. Généralement employé pour servir de soutien à la tendresse des structures molles."
ÉLÉPHANTS
Les éléphants daliniens sont habituellement représentés avec les longues pattes du désir invisible, à plusieurs rotules, portant sur leur dos l’obélisque symbole de puissance et de domination. Le poids supporté par les pattes frêles de l’animal évoque l’apesanteur.
ESCARGOTS
L’escargot est lié à un événement marquant de la vie de Dalí : sa rencontre avec Sigmund Freud. Dalí pensait que rien n’arrive simplement par accident, il avait été captivé par la vision d’un escargot sur une bicyclette hors de la maison de Freud. Le lien se fit alors en lui entre une tête humaine et l’escargot, qu’il associa plus particulièrement à la tête de Freud. Comme pour l’œuf, la partie extérieure de la coquille (dure) et le corps (mou) intérieur de l’escargot le fascinèrent et la géométrie de ses courbes l’enchantèrent.
FOURMIS
Symbole de la pourriture et de la décomposition. Dalí rencontra les fourmis la première fois dans son enfance, en observant les restes décomposés de petits animaux dévorés par elles. Il les observait avec fascination et répulsion, et a continué à les utiliser dans son œuvre, comme symbole de décadence et d’éphémère.
MONTRES MOLLES
Dalí a souvent dit, "la matérialisation de la flexibilité du temps et de l’indivisibilité de l’espace… C’est un fluide." La mollesse inattendue de la montre représente aussi l’aspect psychologique par lequel la vitesse du temps, quoique précise dans sa définition scientifique, peut grandement varier dans sa perception humaine. L’idée lui vint après un repas alors qu’il contemplait les restes d’un camembert coulant. Il décida alors de peindre sur le paysage qui lui servait de toile de fond deux montres molles dont l’une pendait lamentablement à la branche d’un olivier.
ŒUF
Symbole chrétien de la résurrection du Christ et l’emblème de la pureté et de la perfection. L’œuf évoque par son aspect et sa minéralité une symbolique chère à Dalí, celle de la vie antérieure, intra-utérine et de la re-naissance.
OURSIN
Son "exosquelette" (la coquille se trouve à l’extérieur), hérissé d’épines, peut vous rendre très désagréable un premier contact avec l’animal. La coquille contient en revanche un corps mou (un des plats préférés de Dalí, qui était connu pour en manger une douzaine à chaque repas). La coquille de l’oursin, débarrassée de ses épines, apparaît dans nombre de ses peintures.
PAIN
Est-ce par peur d’en manquer, Dalí le représente dans ses peintures et se met aussi à confectionner des objets surréalistes avec du pain. Dans ses tableaux, les pains ont le plus souvent, un aspect « dur » et phallique, opposé au « mou » des montres. Dalí a toujours été un grand admirateur du pain. Il tapissera de pains ronds catalans les murs de son musée de Figueras.
PAYSAGES
Espace traditionnel (fondé sur la perspective et la peinture de la Renaissance). Paysage réaliste semé d’objets étranges et irréels situés dans un environnement naturel. L’arrière-plan et la façon d’utiliser les paysages sont une des forces de l’art de Dalí. Ils contribuent à créer l’atmosphère d’irréalité de ses tableaux (paysage de sa Catalogne natale et vaste plaine d’Ampurdan qui environne Figueras).
TIROIRS
Les corps humains qui s’ouvrent par des tiroirs se retrouvent à maintes reprises dans les peintures et les objets de Dalí.
Ils symbolisent la mémoire ainsi que l’inconscient et renvoient à la "pensée à tiroirs", un concept hérité de la lecture de Freud. Ils expriment le mystère des secrets cachés.
La plupart des enfants explore chaque tiroir, cabinet et armoire de leur maison.
VÉNUS DE MILO
Elle fait partie depuis longtemps de la mythologie personnelle du peintre. Elle est la première femme qu’il modèle enfant en argile d’après une reproduction qui ornait la salle à manger familiale. Elle est aussi celle qu’il a découvert sur une boîte de crayons à New York. Il trouve stupide l’expression de son visage qu’il considère néanmoins comme propre à la beauté féminine parfaite mais inadéquate chez une femme élégante dont le regard doit être ou paraître intelligent. Dalí a réalisé plusieurs transformations de la Vénus : la Vénus spatiale, la Vénus à tiroirs …
Le mouvement surréaliste
L’objet surréaliste est un objet absolument inutile au point de vue pratique et rationnel, créé exclusivement en vue d’être matérialisé de manière fétichiste, avec le maximum de réalité tangible, d’idées et fantaisies au caractère délirant (surréalisme au Service de la Révolution).
À Dalí de rajouter : "Toute mon ambition consiste à matérialiser avec la plus impérialiste rage de précision les images de l’irrationalité concrète puissant être objectivement évidents et avoir la même consistance, la même dureté, la même faculté persuasive de cognition et de communication que le monde extérieur des phénomènes de la réalité (La Conquête de l’Irrationel)."
Si "surréaliste" veut dire plus réaliste, super, supra et hyperréaliste, réaliste au maximum, alors Dalí est surréaliste. Il s’imposa en Espagne en 1929 bien avant le mouvement français du même nom. Il creusa, d’ailleurs, sa propre niche en affirmant : "Le surréalisme, c’est moi !"
Le souhait de Dalí était de traduire en volume et matière solide les fétiches et obsessions issus de son inconscient. C’est ainsi qu’il restitua sous forme de sculptures les grands thèmes de son œuvre picturale. La collection ici présentée comprend plus d’une quinzaine de sculptures originales conférant à l’exposition son statut de plus importante collection en France.
Dalí et la publicité / le cinéma
Très tôt fasciné par le cinéma, Dalí collabora avec son ami Luis Buñuel à la réalisation du Chien andalou (1929) puis à l’Âge d’or (1930), ouvrant la voie au cinéma surréaliste. Aux Etats Unis, en 1946, il créa les décors du film la Maison du Docteur Edwards, d’Alfred Hitchcock. La même année, il dessina plusieurs maquettes pour un dessin animé de Walt Disney, nommé Destino, qui resta inachevé.
Dalí n'hésita pas à s'immerger dans la culture populaire à travers la publicité. Il créa des couvertures de magazines américains pour the American Weekly, Vogue, Town & Country, des pochettes de disques, et travailla pour les collants Bryans Hosiery, la bouteille Perrier, pour Alka Seltzer, pour Datsun. Il se mit même personnellement en scène dans l’inoubliable spot pour des escargots en chocolat : " Je suis fou du chocolat Lanvin ! "
ÉVÉNEMENTIEL
ESPACE DALÍ
Son cadre théâtral se prète à l'organisation de réceptions privées ou professionnelles. Sculptures et tableaux surréalistes confèrent aux événements une dimension fantasmagorique.
| Surface : | 500 m² sur 1 niveau. |
| Capacité : | 350 personnes en cocktail, 180 en dîner assis. |
| Équipement : | mise en scène audiovisuelle, climatisation, écran plasma, |
| vidéo, connexion wifi, etc. | |
| Restauration : | sur demande et sur mesure avec nos traiteurs référencés. |
GALERIE MONTMARTRE
Les œuvres des grands maîtres contemporains jalonnent un espace raffiné, baigné de lumière. Idéalement située sur la place du Tertre, la galerie dévoile un splendide panorama sur les plus beaux toits de Paris.
| Surface : | 145 m² |
| Capacité : | 140 personnes en cocktail dînatoire, 25 à 80 personnes |
| en dîner assis. | |
| Équipement : | climatisation, plasma, vidéo, wifi, etc. |
| Restauration : | sur demande et sur mesure avec nos traiteurs référencés. |
La magie des lieux, notre maîtrise de l’événementiel, la diversité et la qualité de nos prestations feront de votre soirée une réussite. Toutes vos demandes, même les plus « fantasmagoriques », sont réalisables et feront l’objet d’un devis personnalisé !
Découvrez ici nos thèmes scénarisés !
Pour tous vos projets ou informations commerciales, merci de joindre le service événementiel : evenementiel@daliparis.com.
Galeries d'art
Au cœur de Montmartre, deux galeries d’art vous invitent à découvrir l’un des plus grands artistes du XXème siècle.
GALERIE ESPACE DALÍ
Située dans le prolongement du musée et présente à la vente une collection unique en France de sculptures en édition limitée et de gravures signées Salvador Dalí.Visionnez notre collection
11, rue Poulbot
75018 Paris
Tél. : +33 (0)1 42 64 40 10
Fax : + 33 (0)1 42 64 93 17
GALERIE MONTMARTRE
Située sur le place du Tertre, la Galerie Montmartre accueille, autour de Dali, les œuvres d’artistes du XXème siècle.Visionnez notre collection
11, place du Tertre
75018 Paris
Tél. : +33 (0)1 42 64 65 16
Fax : + 33 (0)1 42 64 93 17
Pour toutes demandes commerciales ou informations complémentaires concernant les collections de ces deux galeries, écrivez-nous à galerie@daliparis.com.
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