NOUVELLES DU 18 EME

Publié le par LEPIC ABBESSES



Le Moulin-Rouge s’offre la Loco

Plus que six mois pour danser à la Locomotive. Ensuite, le Moulin-Rouge compte y faire de gros travaux pour transformer cette boîte de nuit en café et boutique…

 

Des générations de jeunes y ont bougé leurs corps pendant des nuits entières. Placée en redressement judiciaire depuis dix-huit mois à la suite de gros problèmes financiers, la Locomotive, mythique discothèque de Pigalle (XVIIIe), va sans doute devoir débrancher ses enceintes et remiser ses spots clignotants. Jeudi dernier, le tribunal de commerce de a désigné le Moulin-Rouge voisin direct de la Loco pour reprendre le fonds de commerce pour un montant de 1,2 million d’euros.


Cette décision est contestée par les employés et l’actuelle direction de la boîte de nuit, qui ont décidé d’occuper les lieux. « Nous nous indignons du mépris du tribunal, qui a rejeté le plan de continuation proposé par l’entreprise et oublié de prendre en compte l’offre de reprise par les salariés, qui pourtant proposait de sauver tous les emplois, soit 50 personnes », précise Tony, caviste à la Loco et délégué CFTC. Le personnel a déployé une banderole « Nos emplois à la poubelle. Tous avec nos patrons » sur la façade de l’établissement. Quant aux responsables, ils vont faire appel de la décision du tribunal. « La poursuite de l’activité est possible », estime Emmanuel Bolling, gérant et cofondateur de la boîte de nuit en 1986. « Certains documents le prouvant n’ont pas été pris en compte et il y a un sentiment d’injustice. »

« Un sentiment d’injustice »

De son côté, la direction du Moulin-Rouge joue l’apaisement. « La Loco était en bout de course.
Le tribunal a choisi notre plan de reprise, qui préserve 20 emplois », rappelle Me Jockey, du célèbre cabaret. Le projet du Moulin-Rouge, déjà propriétaire des murs de la boîte de nuit, prévoit de maintenir l’activité discothèque pendant six mois. Par la suite, les 2 500 m 2 de la Loco seraient entièrement réaménagés pour accueillir plusieurs activités de loisir : un café, une boutique, un espace clubbing… « L’idée est de rassembler tout l’univers du Moulin-Rouge dans un même lieu unique à », ajoute Me Jockey.
L’idée n’emballe pas tout le monde à Pigalle. « Fermer la Loco, c’est nul ! C’est une des seules boîtes où les jeunes peuvent entrer ! » regrette Juliette, une étudiante de 21 ans en doudoune blanche. Même son de cloche dans une sandwicherie voisine. « La Loco nous ramène beaucoup de clients. Pas le Moulin-Rouge, qui n’est fréquenté que par des touristes », déplore le vendeur. Un happening sera organisé samedi prochain pour sauver la Loco.






NUITS PARISIENNES

La discothèque «La Loco» en appelle à l'Elysée

 

«Nos emplois à la poubelle. Tous avec nos patrons !» : cette banderole habillait ce lundi la façade du 90, boulevard de Clichy, dans le XVIIIe arrondissement parisien, laissant juste visible le nom de l'établissement «La Loco». Ce haut-lieu des nuits parisiennes, créé en 1986 sur les bases d'un petit club des années 60 qui a accueilli les ou , est l'une des dernières grandes discothèques de .

Après six mois d'observation dans le cadre d'un règlement judiciaire, le tribunal de commerce a désigné jeudi comme repreneur du fonds de commerce le Bal du Moulin Rouge. Cette société, qui gère le cabaret mitoyen mondialement célèbre pour son french cancan, est déjà propriétaire des murs de la discothèque. Le Moulin Rouge ne reprendrait que 20 des 50 salariés de ce lieu où officient régulièrement des DJ comme Laurent Garnier ou Bob Sinclar. 

«Les salariés de la Loco s'indignent du mépris du tribunal qui a oublié de prendre en considération l'offre de reprise du personnel. Nous accueillons plus de 3.500 clients chaque week-end. La poursuite de l'activité est tout-à-fait viable !», a expliqué Denny Fisher, un cadre de la boîte de nuit qui a annoncé une procédure d'appel.

 

 

 

 

 



DROGUE

Le cannabis embrase le débat

 

Attention, terrain miné ! Attaqué avec virulence hier par l’UMP, sur sa proposition de tenter la légalisation de la consommation du cannabis, pour lutter contre le trafic, Daniel Vaillant, le député-maire () du XVIII e , a été soutenu par ses collègues… sans que l’exécutif, ni ne prennent position.


Dans une interview au « Parisien » le 9 octobre, l’ancien ministre de l’Intérieur de se prononçait pour une expérimentation de la légalisation du cannabis pour les plus de 16 ans, avec un contrôle de la production et de la consommation. Daniel Vaillant souhaite essayer « toutes les solutions alors que la consommation et les trafics explosent, malgré l’interdiction ».
Une proposition attaquée violemment sur les bancs de l’UMP : « Un ancien ministre de l’Intérieur est garant de la loi, il fait respecter la règle », martèle le député UMP Philippe Goujon. A ses côtés, le conseiller UMP du XVIII e arrondissement demande inlassablement : « Le maire de Paris est-il d’accord avec cette position ? »

Le « courage politique » de Daniel Vaillant salué

Sujet sensible, qui traverse le clivage droite-gauche. Sylvain Garel, au nom des Verts, a salué « le courage politique de Daniel Vaillant », avant de se dire pour la légalisation de toutes les drogues ! A ses côtés, le jeune président du groupe PC Ian Brossat a dénoncé l’attaque personnelle contre Daniel Vaillant, avant de s’opposer à sa proposition. « J’ai enseigné trois ans en banlieue et j’ai vu les ravages du cannabis chez mes élèves. Je ne peux pas soutenir cette proposition. »
En l’absence de Bertrand Delanoë, mais aussi de Daniel Vaillant, qui a dû quitter la séance à cause d’un « empêchement », c’est l’adjoint au maire en charge de la santé, Jean-Marie Le Guen, qui a répondu au nom de l’exécutif. « Qui est laxiste ? s’est interrogé le député PS du XIII e , par ailleurs médecin. Quels sont les résultats de votre politique de répression ? a demandé l’élu aux bancs de l’UMP. Aujourd’hui, on voit des bandes contrôlant le trafic de cannabis, munies d’armes automatiques ! Où sont les résultats en termes de sécurité et de santé publique ? Moi, je remercie Daniel Vaillant d’avoir interpellé la société sur l’un des sujets les plus graves de notre époque. » Jean-Marie Le Guen a annoncé que la mairie de Paris organiserait un grand débat, avec experts, citoyens, élus, sur le problème du cannabis.

Une lettre ouverte à Nicolas Sarkozy

Dénonçant une «manipulation administrative et financière», le personnel, la direction et la CFTC ont adressé lundi une lettre ouverte au président de la République dans laquelle ils demandent son aide. «Le Moulin Rouge souhaite profiter du malaise économique qui touche de plein fouet le monde de la nuit pour récupérer à bas prix notre entreprise en vue de réaliser une opération immobilière», disent-ils.

De son côté, la direction du «Moulin Rouge» se dit «sereine» : «Le tribunal a retenu notre plan de reprise qui prévoit le maintien de 20 emplois de la discothèque. Nous fêtons cette année nos 120 ans et nous souhaitons nous agrandir en retrouvant l'intégralité des locaux que nous occupions à l'origine, avec la création d'un Café Moulin Rouge et d'un musée», a dit Fanny Rabasse, chargée de la communication.








Le carré des chiffonniers démarre bien

 

XVIII e . Plus la peine de slalomer entre les couvertures tendues à terre. Depuis ce week-end, l’anarchie et l’effervescence du de la misère, porte de Montmartre (XVIII e ), où officiaient près de 700 biffins surnom donné aux chiffonniers parisiens en marge des puces de Saint-Ouen, a laissé place à un « carré » bien rangé.

Ils ne sont plus qu’une centaine, sélectionnés par une association mandatée par la mairie de d’après des critères sociaux et de proximité géographique, à proposer chaussures usées et robots de cuisine en tous genres. Ils devraient être environ 200 d’ici la fin du mois grâce à un partage des carrés. Contrairement aux prévisions les plus alarmistes, l’inauguration de ce carré s’est déroulée sans heurts avec la police, omniprésente tout le week-end. Seule l’association Sauve-qui-peut, à grand renfort de banderoles, de pétitions et de concerts, continue à demander plus de carrés… pour les « sans-place ».





Nono a filmé les trafics de Barbès de l’intérieur

 

Un homme titubant fume sa dose de crack entre deux voitures rue Myrha. Un gamin passe à quelques mètres de là, son cartable sur le dos. Un peu plus loin, un jeune d’à peine 18 ans fait les cent pas devant une porte cochère et montre le creux de sa main. « J’ai tout ce que tu veux : haschich, crack, cocaïne… » Ces deux scènes sont extraites du sur les trafics de Barbès diffusé ce mardi soir sur W 9.

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Des images chocs… mais presque banales pour Nono, qui les a filmées.
Cet homme de 31 ans, qui a passé toute sa vie à la Goutte-d’Or, estime avoir eu un parcours représentatif de celui des jeunes du quartier sensible du XVIII e . « Ça veut dire un cursus scolaire normal en parallèle à un cursus délinquant normal », sourit le jeune homme, sweat à capuche sur le dos. Le cursus délinquant de Nono ? Les vols de portables et le trafic de cannabis dès 12-13 ans, puis la montée en grade, les vols à main armée et finalement une condamnation à six ans de prison à l’âge de 21 ans.

Pas de caméras cachées ni d’images volées

De retour dans son quartier un « aimant » selon l’expression d’un des intervenants du documentaire Nono, tchatche de rappeur et projets artistiques pleins la , s’est mis à filmer son quotidien : les amis d’enfance et les vagues connaissances qui ont souvent « un pied ou deux dans le deal », les petits et les grands trafics de la Goutte-d’Or, les codes et les rites d’un quartier gangrené par la toxicomanie… « En tout, j’ai apporté plus de dix heures d’images brutes à W 9 », se félicite le « réalisateur ».
Pas de caméras cachées ou d’images volées. Les visages sont souvent floutés, les voix parfois déformées. Mais les toxicos ou les trafiquants de toutes sortes racontent avec une étonnante banalité leurs activités, les trafics, l’argent facile, la prison.
« Parce que c’est la réalité de Besbar (NDLR : Barbès en verlan) . Ici, il n’y a pas de honte à monter son business », résume Nono. Résultat : dans le documentaire, on suit pêle-mêle un vendeur de crack qui « vend même des galettes à 5 € pour niquer la concurrence », un ado vendeur de shit qui doit encore travailler cinq ans pour son « protecteur » avant de se mettre à son compte, des policiers qui effectuent des patrouilles incessantes mais tout de suite signalées par les guetteurs…
« Je ne veux pas qu’on stigmatise Barbès, insiste paradoxalement Nono. Ce quartier, c’est un bijou. Avec le recul, j’espère que les spectateurs du documentaire verront que tout n’y est pas mauvais. » L’ex- caméraman laisse la conclusion à Karim, un des « fils rouges » du documentaire. Ce jeune homme, qui a 18 ans et fait déjà figure de vétéran du deal, croise un groupe de gamins qui vendent du cannabis devant le square Léon. « Regarde les cafards. C’est la relève. » « Et si tu voyais ton petit frère parmi eux, tu ferais quoi ? » interroge Nono. « Ma parole, je le tape direct. Je ne veux pas qu’il ait ma vie ! »
« Barbès, au coeur de la guerre des caïds »




Un scooter percuté par une voiture de police

 

XVIII e . Un homme à scooter a été percuté hier après-midi par une patrouille de la brigade anticriminalité (BAC) vers 17 heures à l’angle des boulevards de la Chapelle et Barbès (XVIII e ). Les policiers se rendaient sur le lieu d’un qui venait de survenir dans le quartier Sébastopol. La voiture, qui descendait à vive allure le boulevard de la Chapelle, est entrée en collision avec le deux-roues qui venait de franchir le feu vert, boulevard Barbès, à hauteur du aérien.

 
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Blessé, le pilote a été hospitalisé.






« J’ai été lâchée dans la jungle… »

HELENE DELILLE, élue verte dans le XVIII e , 24 ans


Cette diplomée de Sciences-po poursuit ses études pour préparer les concours de la haute administration. En mars 2008, c’est un peu par hasard qu’elle a été élue puis désignée adjointe au maire du XVIII e chargée des solidarités internationales et du co-développement.

Ce qui l’a surprise : « D’être lâchée comme ça dans la jungle… On m’a confié une mission à laquelle je n’étais pas vraiment préparée et pour laquelle je n’étais pas particulièrement formée.

C’est assez déroutant. Et puis, je trouve que les élus passent beaucoup de temps à faire de la politique paillette, du marketing. »

Son premier faux pas : « L’automne dernier, pour l’organisation de la Semaine de la solidarité internationale. Je l’avoue, je m’y suis prise un peu tard. Pour cette année, je serai mieux organisée. J’ai mis en place un groupe de coordination, cela devrait mieux se passer. »

Sa première victoire : « Ma délégation doit mettre en relation des acteurs de la vie locale, mettre en avant des initiatives de la société civile. C’est un gros travail, une dynamique difficile à initier. Au début, je me sentais un peu inutile mais, en fait, ce que je fais a vraiment du sens même si les résultats ne sont pas immédiatement visibles. »

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