NOUVELLES DU 18 EME
L'occupation samedi en fin d'après-midi d'une église du XVIIIè arrondissement n'aura duré qu'une petite heure. Plusieurs dizaines de personnes sans-papiers réclamant la régularisation de leur situation s'étaient installé dans la paroisse Notre-Dame de Chaldée, située au 13 rue Pajol. Elles ont été évacuées sans ménagement par les forces de l'ordre quelques minutes plus tard et refoulées vers la station de métro.
«Nous dénonçons le blocage total au niveau de la préfecture de police et du ministère, on a des dossiers déposés depuis plusieurs mois à la préfecture», a indiqué Bahija Benhouka, une représentante des sans-papiers.
Selon elle, les occupants réclament la «régularisation de leur situation pour vivre et travailler dignement». Il n'y a pas eu de blessés lors de l'intervention policière, mais les sans-papiers ont promis d'autres actions dans les prochains jours.
Des pics en fer contre les prostituées de Barbès
Ils ressemblent à ceux qu’on pose sur les rebords des fenêtres pour empêcher les pigeons de se poser, mais en format plus épais et plus longs. Et ils n’ont pas été installés pour faire fuir les volatiles. Depuis quelques jours, ces pics en fer sont fixés sur du marbre au pied d’une devanture d’un magasin de téléphonie mobile du boulevard Barbès (XVIIIe ) pour empêcher les prostituées du quartier de s’y asseoir.
Sans demander aucune autorisation auprès de la mairie ou du commissariat du XVIIIIe , c’est l’un des gérants de ce magasin à la façade bariolée de noms d’opérateurs téléphoniques qui en a décidé ainsi décidé« Vous imaginez quelle image elles donnent au magasin, explique-t-il en désignant du menton les marches où les jeunes et moins jeunes femmes (roumaines selon le voisinage) se regroupent maintenant. Pour les clients, ce n’est pas agréable d’arriver dans une boutique en longeant cela… »
La Ville demande leur retrait
Et toujours, selon le commerçant, ces pics évitent aussi que la devanture soit salie. « Avant, le matin, je trouvais des bouteilles vides et des capotes, poursuit-il. Plus maintenant. Même si certaines utilisent quand même des cartons pour continuer à s’asseoir sur les pics », râle-t-il. Et l’homme ne comprend pas pourquoi cette installation pourrait choquer. « Personne ne nous aide ici. Alors il faut s’aider seul », conclut-il.
Le commerçant va cependant devoir faire sans ses « protections » pour le moins étonnantes. Alerté, un agent de la direction de l’urbanisme de la Ville de Paris s’est rendu sur place hier pour constater l’irrégularité des travaux effectués. « Le commerçant n’a fait aucune demande et, même s’il l’avait fait, elle n’aurait pas été acceptée, commente la mairie. Ces installations sont susceptibles de blesser quelqu’un et ne sont de toute façon pas acceptables du point de vue de l’insertion urbaine. Nous vérifierons en fin de semaine que les pics ont bien été enlevés », conclut la Ville. Le commissariat du XVIIIe arrondissement promet également de se rendre sur place. Les voisins, eux, ne comprennent pas cette agitation… « A Barbès, nous sommes confrontés tous les jours aux problèmes de trafics de drogues, à la violence, à la prostitution, argumente un autre commerçant. On ne peut assister à cela tous les jours sans rien faire. Personne ne vient nous aider. Alors, parfois, on imagine nous-mêmes des dispositifs pour nous faire respecter… »

