MUSIQUE DU 18 EME

Publié le par LEPIC ABBESSES

Vertige Tango Festival, le cœur de l’Argentine bat dans le 18e

  par Philippe Bordier

Concerts, conférences, initiations, bal populaire : la deuxième édition de Vertige Tango, festival organisé par l’association Mordida de tango, se tiendra, samedi 23 et dimanche 24 mai 2009, à la Maison verte, dans le 18e arrondissement de Paris. C’est l’occasion de découvrir une danse et une musique populaire, fruits de métissages rythmiques et mélodiques inédits, au début du siècle dernier.

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Un couple danse le tango, à Buenos Aires, décembre 2008.
Photo : ©Didier Blain

Avec 200 adhérents, Mordida de Tango est l’une des plus importantes associations parisiennes consacrée à cette danse, née en Argentine au début du siècle dernier. Elle a été créée par une Parisienne, Charlotte Hess et un Argentin, Miguel Gabis, en 2000, dans le 18e arrondissement de Paris. Ils en assurent aujourd’hui la direction artistique et pédagogique. « Je suis née dans le quartier, explique Charlotte Hess, 30 ans. J’y ai toujours vécu, il n’était pas question de monter Mordida ailleurs. Question de proximité et désir de tisser des liens conviviaux avec les habitants. »

Charlotte Hess a le tango dans la peau depuis l’âge de 14 ans. Une passion développée aux côtés de son père, universitaire passionné par les danses de couples. Trois ans plus tard, la jeune femme danse au sein de la Compagnie Argentina, à Paris, puis devient professeur de tango, notamment à la faculté de Paris VIII. « C’est une danse où il ne faut pas être dans la simple exécution des figures, mais d’abord à l’écoute de l’autre, explique-t-elle. Elle possède ses grilles et ses codes, mais c’est aussi une danse d’improvisation. »

Au fil de l’année, Mordida de Tango donne des cours, propose différents stages et organise son festival annuel, Vertige Tango, dont c’est la deuxième édition. Un voyage en Argentine est aussi organisé chaque année. À la source d’un genre né au début du siècle dernier dans les bas fonds de Buenos Aires, en Argentine, fruit du métissage de cultures immigrantes : le rythme est africain (milonga ou Camdombe), la mélodie italienne, et le bandonéon, instrument emblématique du tango, est né en Allemagne.

« Chaque tango est un poème à part entière, souligne Charlotte Hess. Ses textes racontent des histoires d’amour tragiques, le déracinement, le pays perdu pleuré par les migrants. » Attaché à la tradition, Mordida ancre son travail dans l’histoire et l’héritage du tango. « Lequel propose plusieurs portes d’entrées, poursuit-elle : la danse, la musique et la littérature. »« Mais s’il propose, c’est la femme qui dispose, » relève Charlotte Hess. Danse sociale et sensuelle, le tango requiert surtout, dans son exécution, écoute du partenaire et anticipation de ses mouvements. Un art où l’homme mène la danse.

Mordida de Tango
La Maison Verte
127 rue Marcadet, Paris 18e
Tél. : 01 42 51 36 54 ou www.mordidadetango.com

Mordida de Tango édite aussi une revue, La morsure déchaînée, dont les deux premiers numéros sont consultables en cliquant ici.

 

 

 

 

Vertige Tango : programme du festival à la Maison verte

SAMEDI 23 MAI 2009

Initiation danse, à 15h
5 € - gratuit pour S.D.F. et invités de La Maison Verte

Conférence " Tango : contrainte et libertés, à 16h30
Avec Françoise Attiba, psychologue, psychanalyste.
Gratuit.

Concert avec "Los Lobos", à 18h
Tangos traditionnels et oeuvres d’Astor Piazzola, avec les arrangements d’Olivier Manoury.
10 €

Bal, de 19h30 à 22h30
Gratuit

DIMANCHE 24 MAI 2009

Initiation danse, à 15h
5 € - gratuit pour S.D.F. et invités de La Maison Verte

Conférence " Psychanalyse et tango : inspiration, analogie et métaphore", à 16h30
avec Martine Estrade, psychologue, psychanalyste. Gratuit.

Concert avec "Linea Tigre", à 18h
Hommage à l’héritage d’un siècle de tango. Thèmes et arrangements traditionnels et contemporains.
10 €

Bal, de 19h30 à 21h
Gratuit

 

 

 

 

 

 

Tzig’n’Jazz mélange les cultures, au Trianon, jusqu’au 28 mai 2009

  par Michel Brillié

La deuxième édition du festival Tzig’n’Jazz aura lieu du 26 au 28 mai 2009, au Trianon, dans le 18e arrondissement de Paris. Mélange de musique tzigane et de jazz, cette manifestation est organisée par Alin Predoi, un pianiste d’origine roumaine. Portrait et interview audio.

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L’année dernière, le guitariste Thomas Dutronc était monté sur la scène de Tzig’n’Jazz.

Marier la musique traditionnelle tzigane et le jazz, voilà le défi que s’est lancé un beau jour Alin Predoi. Ce jeune pianiste français d’origine roumaine organise, du mardi 26 au jeudi 28 mai 2009, la deuxième édition du Festival roumain Tzig’n’Jazz, au Trianon, dans le 18e arrondissement de Paris. Ce quartier, riche en brassage de culture, l’a séduit au premier coup d’œil. La vieille salle de concert, aussi. « Le Trianon, c’est un endroit extrêmement beau, une salle ancienne à l’Italienne brodée à l’intérieur, de beaux sièges rouges. Elle est un peu fermée sur elle-même, donc avec une bonne acoustique. Le gérant de la salle me laisse carte blanche. En plus, il m’a aidé, m’a conseillé car je n’y connaissais rien en matière d’organisation de concerts. On se sent bien au Trianon, en communion avec le public. »

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Pour Alin Predoi, Tzig’n’Jazz sert aussi à resserrer les liens entre la France et la Roumanie.

Alin a un père tzigane musicien et une mère violoncelliste. À 34 ans, en France depuis 21 ans, son cœur tzigane, « passionné à 200 % », l’a poussé à monter cette véritable aventure humaine : un festival de musiques croisées. L’année dernière, la première édition de Tzig & Jazz avait joué l’improvisation totale, autour de virtuoses roumains qui bénéficiaient d’une soirée chacun pour faire une véritable fête musicale entre amis. « On ne choisissait pas la mélodie avant d’être sur scène, raconte Alin Predoi. On s’est dit : on joue « Les yeux noirs », ou « Les deux guitares », et on partait en jazz. » Surprise, Thomas Dutronc, Didier Lockwod, San Severino sont montés sur les planches pour participer à la fête.

La deuxième édition de Tzig & Jazz sera une nouvelle fête artistique, un véritable échange culturel, où vont se mélanger des stars du jazz (Richard Galliano, Bereli Lagrène, Nicole Croisille, Anne Ducros, ou encore David Reinhardt) et des jeunes musiciens roumains traditionnels (cymbalum, violon) avec une touche argentine de bandonéon. Le programme n’est d’ailleurs pas totalement fixé. C’est volontaire, il y aura encore des surprises chaque soir. Cette notion d’imprévu - d’improvisation – tient au cœur d’Alin, le pianiste : « Avec mon père, j’ai baigné dans le jazz. Néanmoins, il m’a obligé à jouer du classique. J’ai toujours souffert de ne pas pouvoir jouer sans avoir une partition devant moi. Mon père, avec deux notes, amusait la galerie pendant deux heures. »

Didier Lockwood, à droite : la vocation première du festival est de mélanger les genres musicaux.Tout comme lui importe la relation entre la France, son pays d’adoption, et la Roumanie, le pays des tziganes : « La Roumanie, on l’oublie trop, est un pays latin. On appelle Bucarest « Le petit Paris ». 90 % des Roumains parlent français. » Même si, comme il le dit, ses compatriotes ne sont pas exempts de tous reproches, Alin Predoi regrette le manque d’implication des Français à faciliter l’intégration des immigrés roumains. Et il souligne la qualité de l’accueil des camps de gitans, manouches et autres roms : « Un Français qui vient dans un camp de gitans est tout de suite accueilli à bras ouverts… On danse, on chante, on boit et l’on mange avec lui… L’inverse n’est pas fréquent. » Tzig’n’Jazz sert aussi à resserrer les liens entre les deux pays : « La différence enrichit… Il faut se battre pour qu’elle existe. »

Interview audio d’Alin Predoi.

Tzig’n’Jazz, au Trianon de Paris
80 boulevard Rochechouart, Paris 18e. M° Anvers

Renseignements : www.tzign-jazz.com

 

 

 

 

Tzig'n Jazz, premier festival roumain
Les 26, 27 et 28 mai 2008, Paris met à l'honneur le jazz manouche et la musique tzigane avec la première édition au théâtre Le Trianon du festival roumain Tzig'n Jazz, où seront présents Sanseverino et Thomas Dutronc. Lors de cette première édition, un hommage sera rendu au violoniste et jazzman Stéphane Grappeli par une dizaine d'artistes. Le reste de la programmation proposera des concerts de Didier Lockwood, Florin Niculescu, Christian Escoudé, Angelo Debarre, Costel Nitescu, Ludovic Beier et Emy Dragoi. Les organisateurs de cette première édition ambitionnent de transformer le festival roumain en un rendez-vous incontournable, promoteur de la culture roumaine. Les billets sont disponibles dans tous les points de vente habituels.

1er festival roumain Tzig'n Jazz, les 26, 27, 28 mai 2008 au Théâtre Le Trianon.


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