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Publié le par LEPIC ABBESSES

Lancement du nouveau livre de Claude Margat

claude_margat La galerie la Hune Brenner présente à partir de 17 h  le nouveau livre de Claude Margat : Daoren, un rêve habitable.

A cette occasion des encres originales seront exposées à la galerie.

Claude Margat est né à Rochefort-sur-Mer (Charente-Maritime) Il a publié des romans, de la poésie et des essais. Imprégné de culture chinoise, proche de François Cheng et de Yolaine Escande, il peint de grands paysages à l’encre de Chine depuis 1990.

La galerie  La Hune Brenner se situe au 3 rue Ravignan (Paris 18e)




Daoren, un rêve habitable Claude Margat


Comment vivre ? Quel sens a notre passage sur terre ? Est-il possible de se frayer un chemin entre ce que la société nous impose et une vérité que l’on pressent simple, lorsqu’on se remet au contact des éléments naturels ?
C’est par la Voie du Tao – le chemin –, la pratique de l’écriture et de la peinture comme métaphores de l’existence elle-même, que Claude Margat répond à ces interrogations dans ce livre à la fois méditatif et nourricier.
Au croisement de l’ésotérisme, de la littérature et de la philosophie orientale.


Né à Rochefort-sur-Mer en Charente-Maritime, Claude Margat est romancier, poète, essayiste et
peintre. Imprégné de culture chinoise, proche de l’académicien François Cheng et de la sinologue Yolaine Escande, il peint, depuis 1990, de grands paysages à l’encre de Chine. Deux missions Stendhal l’ont conduit en Chine où il a exposé ses peintures et rencontré deux grands calligraphes, Qin Zhu Yi et Li Shou Ping.

                                               
 
                        Daoren, un rêve habitable
                   
 
                        L'horizon des cent pas
           
                                                                                                                                                                       
                       
 
                        Poussière du Guangxi
           
                                                                               
                       
 
                        Vision dans le silence
                                                               
                       
 
                        Questions de mots : entretien avec Bernard Noël





Claude Margat signant des estampes sur xuan lors du vernissage.
                                                               

Notre époque manifeste un engouement certain à l'encontre du paysage. Les Centres d'Art, les institutions culturelles mais aussi les instances politiques municipales, régionales ou nationales multiplient les conférences, colloques, brochures et revues plaçant la notion de paysage au centre de leurs préoccupations. Le paysage fédéralise toutes les réflexions sur une nature de plus en plus « culturalisée » ; des exigences écologiques à celles de l'aménagement du territoire.

Le travail de Claude Margat présenté ici de s’inscrit pas dans cet emballement circonstanciel. Deux raisons l’en écartent radicalement. D’une part ce travail est le développement d’une pratique picturale débutée dans les années 1990-91 (1) et d’autre part cette expression plastique du paysage s’enracine chez lui dans une approche poétique fortement teintée de philosophie taoïste depuis encore plus longtemps : ces deux raisons construisent un regard singulier sur l’art du paysage que nous allons évoquer dans les lignes qui suivent.
Mais avant cela nous tenons à souligner l’écho que peut avoir cette exposition (composée d' une trentaine de peintures accompagnées de notes de voyage, d' outils, de matériaux, de livres et de photographies illustrant l'ensemble de l'ouvre poétique et picturale et les voyages récents de Claude Margat.) avec un certain nombre de questionnements didactiques en Arts Plastiques tant pour des collégiens que pour des lycéens. Que ce soit pour des élèves de 6e afin de leur permettre de comprendre la notion d’écart entre une réalité perçue et une représentation plastique ou des élèves de Cycle Central pour évoquer les dispositifs de représentation ou la matérialité des moyens plastiques ou encore des élèves de 3e afin de s’interroger sur les savoir-faire, les gestes et les opérations techniques ou encore la relation entre l’œuvre et le spectateur, particulière dans ce travail du fait des formats. Que ce soit pour des lycéens, notamment les élèves de Première Option Obligatoire, pour aborder la question du lieu figuré.


paysage du Guang Gxi

Cette exposition devrait permettre aux enseignants et élèves qui la visiteront d’ouvrir , au-delà d’une approche historique de l’histoire du paysage en tant que genre pictural, une réflexion sur les enjeux de la peinture de paysage comme mode de connaissance opératoire de la nature environnante. La grande période de l’Art du paysage en Europe est certainement comprise entre la fin du XVIIIe et du XIXe siècle, entre les Romantiques allemands et les Impressionnistes français, entre Caspard David Friedrich et Cézanne pour simplifier. C’est donc une idée tardive par rapport à d’autres civilisations comme en Chine où les premiers paysages apparaissent autour du Ve siècle de notre ère chrétienne. C’est en s’imprégnant fortement de cette tradition picturale chinoise, notamment à travers deux voyages (en 1998 et 2002 ) en Chine du Sud dans la région Guang gxi ; berceau de la peinture de paysage où peignirent Mi Fou (Xe siècle) et Shih-T’ao (XVIIe siècle), que Claude Margat nourrit et enrichit une sensibilité à des espaces naturels qu’il connaît particulièrement bien ; les marais de la Charente à proximité de Rochefort-sur-Mer où il vit.

paysage du marais charentais prés de Rochefort-sur-Mer

Car à n’en pas douter la peinture de paysage n’a pas tant pour objet un coin de nature particulier, pittoresque, mais le sentiment même du paysage, non le waixing mais le quingjing pour reprendre les termes d’Augustin Berque. (2) A travers les peintures de paysages deux rapports fondamentalement différents à la nature peuvent être appréciés. D’une part un rapport descriptif, quantitatif, énumératif où les éléments du paysage forment une accumulation de signes, une addition de choses en soi comme dans les « topiaria opera » romaines (que l’on pense abusivement , parfois, comme les premiers paysages de la tradition picturale occidentale) ou le portrait de Mr & Mrs Andrews de Gainsborough. D'autre part un rapport où le peintre ne se situe plus devant le paysage mais dans le paysage ; au panorama distancié se substitue le parcours actif et méditatif comme l' écrit Claude Margat ( cf. texte du carton d'invitation) qui fonde, lui, un rapport à la nature expérimenté et de l'intérieur du paysage où se traduit une relation de l'existence humaine à son environnement naturel. Le paysage ainsi conçu exprime une mondéité pour citer de nouveau A. Berque qui définit celle-ci de la manière suivante : 
« Celle-ci doit s’analyser à la fois temporellement comme époqualité (le sens d’une époque), et spatialement comme médiance (le sens d’un milieu). Faute d’une telle herméneutique, autrement dit si l’on réduit ontologiquement l’écoumène au niveau de la biosphère ou à celui de la planète, on se voue à ne jamais comprendre pourquoi le paysage n’existe pas toujours ni partout ; et ainsi à tomber dans la double erreur du scientisme et de l’ethnocentrisme (lesquels s’impliquent réciproquement). A la différence de l’environnement, dont on peut faire une morphologie objective , le paysage au sens strict, lui, n’existe que dans la dimension trajective des milieux humains, dont l’ensemble forme l’écoumène : il ne relève ni seulement de l’objet, ni seulement du sujet, mais d’une certaine relation de l’existence humaine aux choses de l’environnement ».

L’enjeu de la peinture de paysage serait donc de dépasser ce paradoxe d’être à la fois une description d’un monde particulier, Claude Margat affirme connaître chaque brin d’herbe qu’il peint, et l’expression d’un sentiment-paysage (quingjing) qui transcende ce particularisme et cette immanence du monde. « Le peintre ne doit pas seulement peindre ce q’il voit devant lui, mais aussi ce qu’il voit en lui-même » écrivait C.D Friedrich. C’est , d’une certaine façon, cette exigence que les chinois appelait le K’i (le souffle) et qu’il plaçait au sommet des exigences de l’exercice de la peinture de paysage (3). Ce souffle qui donne vie à toute création artistique, déjoue tout écueil formaliste, empêche de clore les formes et permet de répondre à cette autre injonction paradoxale citée cette fois par François Jullien à propos de la peinture chinoise, dans le titre même de son récent ouvrage ; la grande image n’a pas de forme (4).
Les outils et les moyens utilisés par Claude Margat pour un tel dessein sont simples et très raffinés à la fois. Ce sont ceux de la tradition picturale chinoise : l’encre, les pinceaux et les papiers, dont le fameux papier Xuan, excessivement fin, qu’il a pu ramener de ses voyages en Chine et qu’il trouve dans les boutiques spécialisées parisiennes. Il nous présente dans l’exposition un certain nombre de ses outils, matériaux et supports.



paysage du Guang Gxi avec pinceaux et bâtonnets d’encre

L’encre plus ou moins diluée offre une grande variété de nuances, que les peintres chinois déclinaient en six espèces : sèche, diluée, blanche, mouillée, concentrée et noire (5). Cette variété permet de modeler la lumière, d’instaurer la distance, d’ouvrir l’espace. Irisée, soufflée, coulée, maculée l’encre révéler ici la densité atmosphérique, là la lourdeur, la pesanteur d’un sol. Les pinceaux déclinent eux une gamme infinie de traits et de lignes évoquant le brin d’herbe, la branche d’arbre, la sente ou la silhouette d’une fragile habitation.Laisser émerger de l’encre la lumière et du trait l’infini variété  de la nature en jouant de toutes les oppositions plastiques : tache / trait, masse / ligne, clarté / obscurité, droite / courbe, continu / discontinu etc. est un enjeu majeur de cette peinture de paysage. Enjeu soumis aux exigence du yin-hsien (Invisible-visible) (6) qui doit cacher autant que montrer, suggérer autant que « dire ».
Le papier Xuan de plus en plus utilisé par Claude Margat , outre sa finesse, sa subtilité, se caractérise par son format, résolument allongé. Les peintures de celui-ci se présentent donc comme des rouleaux que celui-ci déroulent lors des expositions. Le déroulement caractérise doublement cette peinture, matériellement donc mais aussi intellectuellement puisque cette peinture, se déroulant, dévide un cheminement, raconte un parcours qui ne renvoie pas seulement à une expérience individuelle et singulière mais également à un patrimoine commun et partagé.




Exposition de l’oeuvre gravée de Folon - du 2 avril au 2 mai

folonDu 2 avril au 2 mai la galerie la Hune Brenner organise une exposition de l’œuvre gravée de Jean Michel Folon. Le vernissage aura lieu le 2 avril à partir de 18 h. Né en 1934 à Uccle et décédé  à Monaco en 2005, cet artiste belge est connu dans le milieu de l’illustration sous diverses formes (gravures, peintures, timbres-poste, décors de théâtre, films publicitaires…).

Son style se caractérise par de larges dégradés à l’aquarelle et l’utilisation récurrente de personnages au contour volontairement schématique souvent en apesanteur dans de vastes paysages dénudés ou au contraire dans des espaces urbains oppressants et énigmatiques.

Son œuvre télévisuelle la plus connue reste sans doute le générique d’ouverture et de fermeture d’Antenne 2 diffusé entre 1975 et 1984. (à voir ici)





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