NOUVELLES DU 18EME

Publié le par LEPIC ABBESSES

Une nouvelle stèle pour commémorer
la déportation des enfants juifs du 18e

par Philippe Bordier

Dévoilée vendredi 13 mars 2009, la stèle du square Léon Serpollet commémorant la déportation d’enfants juifs du 18e arrondissement de Paris, en 1942, remplace la précédente plaque détruite en juin 2008 par des vandales. Indispensable devoir de mémoire », ont rappelé les orateurs.

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La nouvelle stèle remplace celle vandalisée en juin 2008. Elle avait été installée au mois de janvier précédent.

Comme un avant-goût de printemps, les premiers rayons de soleil percent entre les arbres du square Léon Serpollet, dans le 18e arrondissement de Paris. Face à l’assistance, six porte-drapeaux sont alignés de part et d’autre de la stèle dressée dans l’herbe. Érigée en mémoire des 90 enfants juifs du 18e, déportés vers les camps de la mort en 1942, la plaque est dévoilée par Noël Veg, président du Comejd (Conseil national pour la mémoire des enfants juifs déportés) et Daniel Vaillant, maire de l’arrondissement. Elle remplace celle détruite en juin 2008 par un groupe de vandales, qui s’en était pris aussi à l’école maternelle Cloys, mitoyenne du square, et à de jeunes arbres, récemment plantés. Les auteurs n’ont toujours pas été retrouvés.

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Noël Veg, président du Comejd, a rappelé aux enfants leur rôle de « passeur de mémoire ».

« Une bande d’énergumènes imbéciles, estime Noël Veg. Ils ont piétiné et souillé la stèle, sans prendre conscience de ce qu’elle représentait. » Il rappelle, en s’adressant directement aux écoliers de l’arrondissement qui ont chanté et récité des poèmes au cours de la cérémonie, que les enfants sont des « passeurs de mémoire. Il ne faut rien oublier de la déportation et des camps d’extermination. » Le message est martelé par les orateurs, sous le regard attentif d’élus du 18e, majorité et opposition confondues, de conseillers de Paris, du recteur d’Académie et de représentants du Comejd (sans compter de nombreux promeneurs qui ont assisté à l’intégralité de la cérémonie).

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Une cérémonie solennelle, où l’émotion était palpable.

Minute de silence, lâché de ballons blancs quand le nom de chaque enfant déporté est cité au micro : la cérémonie est solennelle, l’émotion est palpable. La petite foule redouble d’attention quand Noël Veg raconte une drôle d’histoire : la fabrication de la nouvelle stèle a permis d’effacer l’un des noms qui avaient été portés sur la plaque détruite l’année dernière. Noël Veg raconte en effet avoir été informé, en 2008, que l’un des enfants déportés était rentré vivant des camps. Né en 1940 dans le 9e arrondissement, lui et sa mère avaient été arrêtés Villa Montcalm, quatre ans plus tard. « Convié à cette commémoration, explique Noël Veg, ce monsieur, qui vit aujourd’hui en banlieue parisienne, a refusé l’invitation. Cet épisode de sa vie l’a traumatisé à jamais. »








Dégradation d’une stèle à la mémoire
des enfants juifs du 18e arrondissement


par Philippe Bordier

Une stèle érigée square Léon Serpollet à la mémoire des enfants juifs déportés du 18e arrondissement a été volontairement dégradée dans la nuit du 10 au 11 juin 2008. Noël Veg, président du Conseil national pour la mémoire des enfants juifs déportés du 18e et Daniel Vaillant, maire du 18e, ont fermement condamné cet acte de violence.

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La stèle avait été inaugurée le 27 janvier 2008.

Brisée, la stèle de verre gît au milieu du massif de fleurs du square Serpollet dans le 18e arrondissement. Les 90 noms d’enfants juifs du 18e, déportés vers les camps de la mort en 1942, sont illisibles. Des traces de pas maculent la terre fraîchement retournée. Selon plusieurs témoins, le forfait aurait été commis par une dizaine de personnes, jeunes pour la plupart, entre 22h et minuit, dans la nuit du 10 au 11 juin 2008.

Sur place, Noël Veg, président du Conseil national pour la mémoire des enfants juifs du 18e arrondissement, est consterné : « C’est un acte totalement stupide. Il faut être totalement illettré pour détruire un tel symbole. Le plus jeune des enfants déportés avait 14 jours et le plus âgé, 6 ans. C’était indiqué sur la stèle. »

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La dégradation de la stèle signifie « qu’il faut toujours être vigilants », dit Noël Veg.

Depuis 1999, des plaques sont apposées sur les murs des écoles de la capitale afin d’honorer la mémoire des 6374 enfants scolarisés déportés vers les camps de la mort de 1942 à 1944. En revanche, aucune plaque ne racontait l’histoire des enfants trop jeunes pour aller à l’école et raflés quand même. C’était le rôle de cette stèle, dévoilée le 27 janvier 2008 dans un lieu symbolique.

« Le square Serpollet n’existait pas le 16 juillet 1942, raconte Noël Veg. À la place, se tenait un hangar où furent parqués, avant d’être transférés au Vel’ d’Hiv’, de nombreux habitants du 18e d’origine juive qui venait d’être arrêtés. Aujourd’hui, des enfants jouent à cet endroit. Ce lieu était indiqué pour honorer la mémoire de petits parisiens, dont le plus âgé avait 6 ans. »

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En juillet 1942, des habitants du 18e d’origine juive furent parqués dans un hangar situé à l’emplacement du square Serpolet.

Une plainte a été déposée au commissariat du 18e arrondissement. Le maire, Daniel Vaillant, a lui aussi fermement condamné « cet acte de dégradation volontaire ». « On ne peut pas parler de racisme ou d’anti-sémitisme, aucune inscription n’a été retrouvée sur les lieux, poursuit Noël Veg. Cet acte signifie qu’il nous faut toujours être vigilants ».

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