NOUVELLES DU 18EME

Publié le par LEPIC ABBESSES

Un procès pour avoir vendu
l’Humanité Dimanche sur le marché

17 février 2009 par Philippe Bordier

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Jean-Luc Mélanchon, sénateur de l’Essonne et président du Parti de gauche, est venu soutenir Lounis Ibadioune.

« La relaxe et rien d’autre ! » Voilà ce que plaidera Lounis Ibadioune, mercredi 18 février 2009, devant le tribunal de proximité du 19e arrondissement de Paris. Les faits qui conduisent à la barre ce militant communiste de longue date remontent à deux ans. Un matin de 2007, comme tous les jours depuis une vingtaine d’années, Lounis Ibadioune vend l’Humanité Dimanche à la criée, sur le marché Dejean, dans le 18e arrondissement de Paris. « C’est une tradition reconnue par la loi, explique-t-il. L’Humanité Dimanche est un magazine d’opinion. À ce titre, nous avons le droit de le diffuser dans la rue. » Mais ce matin-là, en pleine campagne présidentielle, des policiers verbalisent Lounis. Motif ? Vente illégale de marchandise. 150 euros d’amende. Le militant refuse de signer le procès-verbal. Il ne payera pas.

L’affaire émeut le quartier et les élus de gauche. Gérald Briand, adjoint au maire PCF du 18e arrondissement, section au sein de laquelle milite Lounis Ibadioune, adresse un courrier de protestation au commissariat. Le maire lui-même, Daniel Vaillant, alerte la préfecture de police. Pour rien. Les commandements de payer succèdent aux lettres de rappel. L’amende grimpe à 172 euros. Finalement, la convocation au tribunal tombe en décembre 2008. « C’est un comble, s’exclame Lounis, posté ce dimanche encore, à l’angle des rues Dejean et Poissonniers, dans la Goutte d’Or. Passer devant un juge pour régler cette histoire, c’est bien la preuve que la liberté d’expression est en danger. » Jean-Luc Mélanchon, président du Parti de gauche a fait le déplacement dans le 18e. « Je viens soutenir Lounis, car il faut en finir avec ces dérives autoritaires, s’indigne l’homme politique, également sénateur de l’Essonne. Une police de la pensée semble s’installer dans le pays. Les militants politiques sont traités comme des criminels. »

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« Les attaques se multiplient à mesure que se dégrade le climat social. C’est tout simplement la démocratie qui est en danger. Je ne lâcherai pas, » explique Lounis Ibadioune.

Une pétition a recueilli près de 10000 signatures. « Des commerçants, des riverains du marché Dejean ont signé, raconte Jean-Pierre, fervent communiste depuis 1968, préposé à la distribution de tracts aux côtés du militant. Tous ne sont pas communistes, loin de là, mais ils aiment engager le dialogue avec nous. » « Notre discours est différent, reprend Lounis, c’est peut-être cela qui gêne aussi. » Ses camarades le soutiennent. « Bénévolement, chaque semaine et par tous les temps, les diffuseurs militants de l’Humanité Dimanche concourent au débat démocratique dans notre pays, » écrit son rédacteur en chef, dans le dernier numéro de l’hebdo. La semaine dernière, un meeting de soutien a rassemblé 250 personnes, salle de l’indépendance, dans le 18e. « Dans le contexte de crise du libéralisme, leur réponse est d’envoyer au tribunal ceux qui osent briser le consensus, » a fustigé Ian Brossat, élu du 18e et président du groupe communiste au Conseil de Paris.

Lounis Ibadioune symbole du pluralisme en danger ? Les médias nationaux se sont emparés de l’histoire. Mais, à cinquante ans, le bonhomme garde la tête froide. Il a beau se faire chambrer par ses camarades, il assume : « Je ne suis pas devenu une star, comme ils disent ! L’agitation médiatique ne me tourne pas la tête. Je suis dans l’action, c’est mon truc. Mais ce n’est pas à mon profit. Je lutte pour le journal et la liberté d’expression. » Militant communiste et syndicaliste depuis le début des années 80, ce gaillard en a vu d’autres. « Mais là, ça va trop loin, insiste cet ouvrier du livre, salarié des messageries de la presse parisienne. Les attaques se multiplient à mesure que se dégrade le climat social. C’est tout simplement la démocratie qui est en danger. Je ne lâcherai pas. »



Le comité de soutien à Lounis Ibadioune

Lounis Ibadioune est depuis 20 ans diffuseur à la criée de « l’HD-Humanité Dimanche » sur le marché de la Goutte-d’Or à Paris, dans le 18e arrondissement. Un jour, il est verbalisé par la police pour « vente de marchandise sans autorisation », la marchandise c’était évidemment l’HD. Il est convoqué au tribunal le 18 février.
Les réactions ne se sont pas fait attendre. Un comité est né…





Interdire la vente de l’HD, c’est bafouer la liberté d’expression, tenter de briser le pluralisme des idées, museler la démocratie.
Ne laissons pas faire !
L’Humanité Dimanche lance un comité de soutien à Lounis pour que vive la liberté d’expression

POUR AIDER À LA PRISE EN CHARGE DES FRAIS JUDICIAIRES, VOUS POUVEZ ENVOYER VOTRE CONTRIBUTION PAR CHÈQUE À L’ORDRE DE L’HUMANITÉ DIMANCHE

- « Je soutiens Lounis. »
Jean Ferrat, chanteur
De nombreux lecteurs font référence dans leur message à la chanson Ma France. La France qui envoie Lounis au tribunal n’est pas celle qu’aime à chanter Ferrat : « C’est honteux. Je ne supporte pas ce nouveau régime. Même s’ils s’en défendent, nous sommes de moins en moins dans une démocratie. Tout part du chef, est fait par lui et pour lui, on est dans la loi du plus fort. J’ai de plus en plus peur de la dictature. Il se moque des voix dissonantes comme l’Humanité Dimanche qui sont pourtant déjà trop faibles face à ce pouvoir. Je soutiens Lounis. »

- Merci Lounis et tiens bon…
André Ciccodicola, rédacteur en chef de l’humanité Dimanche
Lounis Ibadioune a les épaules larges et ça nous arrange tous. En effet, le 18 février prochain, lorsque Lounis se présentera dans le box des accusés du tribunal de Paris pour avoir commis un crime de lèsemajesté en vendant l’Humanité Dimanche dans la rue, il portera sur ses épaules le droit imprescriptible à la liberté d’expression. Le droit de chaque citoyenne et citoyen de ce pays d’aller vers son semblable afin de soumettre à son appréciation un point de vue singulier sur le monde dans lequel nous vivons. Aujourd’hui, c’est une analyse de la crise qui met à mal leur vie ainsi que des idées pour une évolution sociale qui remette le monde sur ses pieds, pour « que l’humanité existe enfin », dirait Jaurès, le père fondateur de ce titre. De cette bataille fondamentale pour la connaissance dans laquelle s’inscrit l’Humanité Dimanche, Lounis et ses compagnons, les diffuseurs militants de l’« HD », sont des acteurs primordiaux. Partie prenante des contenus de l’« HD », Lounis et les siens sont des « passeurs » indispensables. Bénévolement, chaque semaine et par tous les temps, dans les quartiers, les villages, en diffusant l’HD, ils concourent au débat démocratique dans notre pays. Qu’on tente aujourd’hui de réduire au silence cette liberté d’expression ne doit rien au hasard ni au zèle de quelques fonctionnaires. Comme jamais le capitalisme est sur la sellette. Pour préserver leurs privilèges, les apôtres du libéralisme, qui ont fait main basse sur la télé, voudraient faire croire que la crise actuelle est le seul résultat de « dysfonctionnements », quand elle résulte des finalités mêmes du système : l’appropriation des richesses par quelquesuns aux dépens de leur partage, les valeurs de l’argent aux dépens de celles de la vie. Chaque jeudi l’HD s’emploie à le démontrer et surtout à ouvrir ses colonnes à toutes celles et tous ceux qui, en France et dans le monde, travaillent à construire une vie où s’unissent liberté, progrès et bien commun. C’est cela qu’on veut faire taire. Merci Lounis et tiens bon ! au nom de tous ceux à qui tu tends l’HD chaque semaine, au nom de tous ceux qui comme toi le diffusent chaque weekend, au nom de ceux qui comme toi le diffusent chaque weekend, au nom de ceux qui réalisent cet hebdomadaire.

-  Comme interdire de chanter dans la rue
Grégoire Simon, musicien, Les Têtes raides
C’est une tradition que l’Humanité Dimanche soit vendue dans la rue.
L’interdire, c’est comme si on interdisait à quelqu’un de chanter dans la rue. En tout cas, ça ne sent pas bon. Un collègue musicien s’est fait interpeller parce qu’il s’était arrêté dans le métro ! Les vendeurs à la criée reviennent et c’est une bonne chose. Pour moi, l’histoire de Lounis, c’est du jamais-vu, c’est abject, j’espère que toute la presse est solidaire. C’est comme ça que les libertés se perdent une par une. Si on a plus le droit de diffuser des idées, on voit bien où ça nous mène. Il faut arrêter de délirer, le policier devrait être sanctionné pour faire travailler la justice pour rien. C’est de l’abus de pouvoir !

- Un policier, une amende et surtout un climat
Patrice Bessac, secrétaire du PCF paris, porte-parole du PCF
Qu’est-ce qui pousse au petit matin un policier à se sentir libre, à se sentir suffisamment fort pour sortir son carnet à souches et tranquillement verbaliser notre camarade Lounis ?
Que l’homme ait une haine particulière contre les communistes, c’est probablement chose entendue… mais il y a plus. Ce dimanche-là ce représentant de la force publique a dû se dire intérieurement : « Cette fois-ci, ce coco, je me le fais. » Et s’il a pu se dire cela, c’est qu’il y a un climat, qui émane du pouvoir, qui tend à banaliser l’atteinte au droit de grève et aux libertés syndicales, l’arrestation brutale de sans-papiers au petit matin, les droits de la presse… Ce climat porte un nom : c’est la régression autoritaire vers laquelle veut nous amener le président de la République, le glissement vers une démocratie Canada Dry dans laquelle, de fait, le débat public est sous contrôle. Défendre Lounis, c’est nous défendre toutes et tous dans nos droits et nos libertés.

- « Silence aux pauvres »
Jean-Marc Daumard, Paris 11e
La liberté de la presse n’est pas la liberté de faire paraître des magazines pleins de pubs sur papier glacé. Elle s’entend par la liberté de la presse d’opinion. La colonne de la Bastille porte les noms de ceux qui ont donné leur vie pour cette liberté-là. Comme sous le Second Empire, c’est « silence aux pauvres ».


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