MUSIQUES DU 18 EME
Cécile Hercule aux Trois Baudets |
Le théâtre des Trois baudets a lancé Jacques Brel, Georges Brassens, Serge Gainsbourg, Juliette Gréco, Mouloudji, Jacques Higelin ou Raymond Devos… Il rouvre ses portes le 10 février avec le concert d’une jeune artiste au talent prometteur : Cécile Hercule, qui répond à nos questions.
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Tout a commencé à l'adolescence (13-14 ans). J'habitais Lyon, n'aimais pas trop l'école et me sentais fascinée par les gens qui faisaient du spectacle de rue. Un jour, je suis allée de moi-même vers un groupe de jeunes artistes (moins jeunes que moi), qui m'ont appris à jongler avec des torches, des disques et des cordes de feu. Puis j'ai participé à des festivals où j'ai pu gagner un peu d'argent en jouant des numéros où le travail esthétique primait sur la prouesse technique. Plus tard, j'ai fait une école de théâtre parrainée par Jean-Pierre Bakri et Agnès Jaoui. À 20 ans, l'amour m'a entraînée à Paris. Là, j'ai fait beaucoup de rencontres qui m'ont permis de jouer pour le théâtre et le cinéma, et d'interpréter mes propres chansons sur scène.
Comment a réagi votre entourage au début ?
Mes parents m'ont toujours soutenue tout en me laissant une très grande liberté. Quant aux amis, beaucoup m'ont répété que la vie d'artiste n'était qu'un rêve de jeune fille. Ça m'a donné envie de leur prouver que j'étais réellement capable de faire mon trou. Même si je ne suis pas encore "une star", je me sens très heureuse. Quand je vois tant de gens qui, tous les jours, dans leur métier, sont obligés de faire uniquement ce qu'on leur demande, je me dis que c'est vraiment un luxe de pouvoir tout créer soi-même, librement. Pour moi, ce que je fais n'est pas un travail.
Quel âge avez-vous aujourd'hui ?
29 ans, mais je fais beaucoup moins. On me donne souvent des rôles de fille de 20 ans.
De quoi parlent vos chansons ?
Les thèmes de mes chansons varient selon les époques où je les ai écrites. les dernières parlent de moins en moins d'amour. Ce sont souvent des portraits. Les personnages de mes chansons ont un petit côté rêveur et loser à la fois. J'ose dire qu'ils me ressemblent un peu, même si je transpose beaucoup. Par exemple, un ami m'a récemment demandé ma date de naissance pour établir ma "carte du ciel". Même si je ne crois pas du tout à l'astrologie, ça m'a amusée - et aussi un peu effrayée - de lire que "j'avais tendance à me voir un peu trop comme un héros de roman au détriment de l'élément constructif". Cette phrase a inspiré une de mes chansons dans laquelle je dis: "mon thème astral ne prédit rien de bon. Est-ce la faute des étoiles ou la faute à Pluton si j'avance à reculons ? Lorsque les gens sont malheureux et le temps capricieux, toute nue sur une peinture, je suis la comtesse de Ségur".
Qu’est-ce que vous n’êtes pas ?
Que ce soit dans la musique ou dans le cirque, je ne suis pas dans la démonstration. Les vibratos de Lara Fabian ou les acrobaties spectaculaires ne m'intéressent pas.
Dans une de vos chansons, vous êtes une fille très libre au vocabulaire inconvenant. Dans une autre, vous dites que vous auriez voulu être un garçon.
C'était surtout le cas quand j'étais petite. Maintenant, je suis très contente d'être une femme. Mais je trouve qu'on ne nous laisse pas assez respirer.
On vous dit souvent que vous avez aussi quelque chose d'enfantin ?
J'ai un côté "ingénue". Je n'ai jamais eu peur de marcher toute seule la nuit. Je ne me méfie de personne. Cela m'a entraînée dans des situations désagréables mais ça m'a aussi permis de faire beaucoup de rencontres merveilleuses.
C'est important pour vous de rencontrer des gens ?
C'est essentiel. Quand j'étais petite, ma mère participait à une association qui s'appelait "Comité pour les gosses" et qui permettait aux enfants de partir gratuitement en vacances. J'étais la seule française de la colo et j'en garde un souvenir extraordinaire. Plus tard, j'ai retrouvé l'atmosphère de colo sur mon premier tournage. C'est si bon !
Si vous deviez choisir entre la chanson et le cinéma, que sacrifieriez-vous ?
Comment savoir ? Cela me plait beaucoup de jongler avec plusieurs arts différents. Mon rêve serait d'ailleurs de faire un spectacle mêlant la chanson et les numéros de cirque comme ceux que je faisais avec du feu.
Qu'est-ce qui vous plaît dans la chanson ?
J'aime son côté populaire, proche de chacun d'entre nous. Contrairement aux films, une chanson se réécoute des centaines de fois.
Quels sont vos chanteurs préférés ?
Il y en a trop. Celle qui m'a le plus donné envie de chanter, c'est Clarika. Puis j'ai eu ma période Gainsbourg. J'ai aussi écouté beaucoup de folk (Elvis Perkins, Elliott Smith...). En ce moment j'écoute le dernier album de Thomas Fersen.
Qu'est-ce que vous diriez si on vous comparait à Charlotte Gainsbourg ?
Je prendrais cela plutôt comme un compliment : j'aime bien ce qu'elle fait. Elle est fine et sensuelle à la fois, et puis elle a un très joli grain de voix.
Comment vous y prenez-vous pour composer vos chansons ?
Cela dépend des périodes. Avant, j’imaginais les textes avant la musique. Maintenant, c'est plutôt l'inverse. Une musique peut inspirer des idées. Mais je n'ai jamais fait de solfège. Dans la rue, je chante les airs qui me passent par la tête - les gens me prennent pour une folle -, et quand je tiens une mélodie assez chouette je m'enregistre sur mon mobile ou je fais des vidéos le soir avec mon ordinateur portable.
Quels instruments utilisez-vous ?
Il y a souvent des instruments à cordes. Mon père est prof de guitare. Peut-être que cela m'a influencée... Je me suis récemment mise au youcoulélé : cela me rappelle la douceur des instruments pour enfant. J'ai aussi fait une chanson accompagnée par un piano pour enfant.
Combien de chansons avez-vous écrites ?
Environ une quarantaine. Depuis que je suis célibataire, je suis entrée dans une période de frénésie pour écrire. Je varie donc beaucoup mon répertoire à chaque nouveau concert, ce qui fait rager les musiciens qui m'accompagnent dans la mesure où cela leur donne pas mal de boulot. J'ai du mal à imaginer comment font les chanteurs qui continuent d'interpréter leurs tubes toute leur vie. Quelle monotonie !
Concert :
Mardi 10 février à 20h30
Les Trois Baudets
64 boulevard de Claichy
75018 Paris
| Nicolas Jules |
| Présentation |

