MUSEES DE MONTMARTRE

Publié le par LEPIC ABBESSES




I
l y a plus d'un siècle, en 1886 précisément, une poignée d'artistes bénévoles, amoureux du Montmartre d'antan et révoltés par les dérives architecturales de l'époque, se réunirent dans un bistrot du haut de la rue Lamarck, dénommé " Le Rocher Suisse ", avec pour volonté de protéger et de voir perdurer la culture, l'histoire et le site de la Butte Montmartre.


Le Rocher Suisse, le "Vieux Montmartre"

La première association historique parisienne est née là
Ce châlet flanqué sur la butte où l’on pouvait déjeuner pour 1 franc 50.

Ce terrain en friches, acheté 7 franc le mètre carré en 1857 par un savoyard pour en faire, comme le dit André Roussard, "un vrai petit Robinson" à l’angle des rues des Rosiers, Lamarck et Sainte Marie (aujourd’hui Paul Albert).

Neuf Montmartrois ont organisé une réunion le 4 juin 1886 au "Rocher Suisse" avec l’intention de créer une société dont le but serait la recherche et la conservation des anciens monuments, des souvenirs historiques, des curiosités artistiques pittoresques anecdotiques de Montmartre, Clignancourt, La Chapelle et leurs anciennes dépendances.
Le 4 juin 1886 la société fut fondée et reconnue quelques jours plus tard sous le vocable de « Vieux Montmartre ». Voici les noms des membres fondateurs : Bin Emile Jean-Baptiste Philippe (1825-1897), premier président de la société. Artiste peintre, il fut maire du XVIII° arrondissement après Clemenceau. Il sera destitué en 1889 pour avoir fait le portrait du général Boulanger. Président à tour de rôle de la société des Eclectiques co-fondée par le docteur Paul Gachet qui sera lui aussi membre du Vieux Montmartre.

Les autres membres : Lamquet, Jules Mauzin, Morel, Noro, Rab, Sellier, Wiggisjoff et Toussaint Martel, férus de l’historique de la vieille butte et tout d’abord préoccupés du seul désir de sauver la colline du vandalisme officiel ou particulier.

A peine fondée, le cadre de la société s’élargit ; à la seule idée de conservation s’ajouta la pensée d’instruction et d’éducation historique.
Un fascicule annuel fut publié, contenant les travaux des sociétaires chargés des recherches d’archives.
Un dépôt de documents et d’objets uniquement montmartrois s’institua.
Ce fut l’embryon du musée de Montmartre qui ne vit le jour que vers 1960.

C’est la première société d’histoire parisienne, bientôt imitée, successivement par des sociétés similaires dans les XVI°, V°, VI°, VIII°, XI°, XII°, XX° arrondissements et enfin à l’Hôtel de ville (comme on le voit, le IX° n’est pas en pointe !).
Le titre de gloire de la société a été de sauver de la destruction la très ancienne église Saint-Pierre par le moyen ingénieux (avant que le saccage de la butte ne s’accomplisse) de la photographie. Prenant et établissant une collection unique de vues qui depuis 1860 constitue un témoignage du patrimoine historique scientifique et topographique complet de la « Colline Inspirée ».
L’association qui existe encore aujourd’hui est bien loin, malgré le dynamisme de la nouvelle présidente, d’avoir les mêmes objectifs.



A cette fin, ils constituèrent la Société d'Histoire et d'Archéologie " Le Vieux Montmartre ", reconnue d'utilité publique, dont la double vocation, toujours présente dans ses statuts actuels, était de rechercher et conserver tous les témoignages artistiques, historiques, ou ethnologiques, attachés au site de Montmartre, tout en contribuant à la protection et à la sauvegarde de ce qui est, depuis son annexion en 1860, un arrondissement de Paris, mais qui demeure, aux yeux de tous, un véritable " village ".

Parallèlement, la Société participe au sauvetage de monuments condamnés à la démolition. Tel était le sort du Manoir de Rosimond, bâtisse où la Société, après de longues négociations avec de la Ville de Paris, installa ses collections en 1960, formant ainsi le Musée de Montmartre.

Au milieu d’un jardin verdoyant et plantée sur les contreforts des Vignes de Montmartre, cette demeure, du nom d’un comédien de la troupe de Molière, abrita d’illustres artistes comme Pierre Reverdy et d’autres encore…

Auguste Renoir,

Pierre Auguste RENOIR
peintre de la vie heureuse

 

C'est en 1855 que le père de Renoir, un modeste tailleur de pierres de Limoges établi à Paris depuis 1845, met son fils Auguste âgé de 14 ans en apprentissage dans une fabrique de porcelaine, rue du Temple, où l'adolescent est initié à la peinture sur porcelaine.

L'introduction d'une machine mettra fin à cette expérience et plusieurs autres suivront, dont la peinture de tentures d'Eglise pour des missionnaires d'outre-mer.

Huit ans plus tard Renoir disposait d'assez d'argent pour entrer, en avril 1862, à l'École des Beaux-Arts. Parallèlement aux cours de l'Ecole, il fréquente aussi l'Atelier privé de Charles Gleyre où il se liera d'amitié avec ses condisciples Alfred Sisley, Frédéric Bazille et Claude Monet.

 

 

     

LA PERIODE IMPRESSIONNISTE (1864-1883)

Suivant la recherche de ses amis du Café Guerbois, en particulier Bazille et Monet, sur la lumière naturelle, il travaille souvent «sur le motif» en forêt de Fontainebleau. Ses recherches artistiques vont alors couvrir un large éventail, étant moins sûr que d'autres peintres de la direction à prendre, tenu qu'il est par la double nécessité de vendre des tableaux pour vivre et de se tailler une place sur la scène parisienne.

 


 

En plus de belles oeuvres de vues citadines et de paysages, comme les vues de Paris qu'il peint avec Monet au printemps 1867 ( "Le Pont des Arts"), son propos artistique s'exprime aussi dans de nombreuses scènes de genre, des portraits en plein air, comme "Les Fiancés", qui séduisent le spectateur par leur luminosité et leur expressivité.À partir de 1864, il expose ou tente d'exposer au Salon.

Accepté en 1864, refusé malgré l'intervention de Corot en 1866, il n'eut pas davantage de chance l'année suivante, avec une "Diane chasseresse" qui permet de discerner l'influence qu'exerçait Courbet sur la production de Renoir à cette époque.

Il peut montrer sa "Lise à l'ombrelle" (1867) au Salon de 1868 – il s'agit, là encore, d'une œuvre influencée par Courbet –.

 

Renoir ne s'appropriera un mode de représentation picturale qu'à l'été 1869, lorsqu'il travaille à La Grenouillère avec Monet, peignant l'animation de ce lieu de loisirs de la bourgeoisie parisienne, avec des touches de couleur rapides et vigoureuses simplifiées à l'extême, des personnages à l'état d'esquisse, un art de la lumière rendue par des reflets mobiles, rendant ainsi compte de l'"impression" régnant dans ce lieu.

 

 

Pourtant, si Renoir, avec "La Grenouillère" et quelques autres toiles datées de 1869 et 1870, affirme les composantes essentielles de la peinture impressionniste, en particulier la division des tons, sa recherche délibérée d'une clarté accrue par une couche légère de peinture qui apparaît dès 1872, va caractériser l'exécution de la plupart des œuvres traditionnellement rattachées à sa période impressionniste: "La loge" (1874), "Le chemin montant dans les herbes" (1875), "Le Moulin de la Galette" (1876), "La balançoire" (1876), "Portrait de Jeanne Samary" (1877), "Les canotiers à Chatou".

Ce parti pris semble bien constituer l'élément capital sur lequel s'appuient alors ses recherches plastiques et, petit à petit, naît une œuvre que certains n'hésiteront pas à qualifier d'anti-impressionniste («Renoir, comme Cézanne, fut un peintre anti-impressionniste», dira André Lhote).

Sa caractéristique principale est l'emploi d'une pâte plus ou moins épaisse mais toujours résineuse, c'est-à-dire, contrairement à la pâte d'un Monet, fort peu diluée dans l'essence de térébenthine, donc peu dégraissée.

 



La vive admiration que Renoir, dès 1872, éprouva pour Delacroix n'est peut-être pas étrangère à cette évolution qui, après les expositions impressionnistes «maudites» de 1874, 1876 et 1877 auxquelles il participa, contribua au très grand succès qu'il remporta au Salon de 1879 avec "Madame Charpentier et ses enfants" (1878). Il est vrai qu'il a renoncé, cette année-là, à exposer aux côtés de ses amis impressionnistes et que le goût de Georges Charpentier, l'éditeur très en vue de Zola, Maupassant et Daudet, n'a pas été sans cautionner l'art de Renoir auprès des amateurs de portraits.

Pissarro écrit : "Renoir a un grand succès au Salon. Je crois qu'il est lancé, tant mieux, c'est si dur la misère !".

Pendant ces années "misère", Renoir aura peint de fabuleuses toiles impressionnistes, aujourd'hui des chefs d'oeuvres connus dans le monde entier.

 


 

En 1880, Il rencontre une jeune modiste, Aline Charigot, qui travaille non loin de son atelier. Elle a vingt ans, elle posera pour lui dans de très nombreux tableaux. Ils se marieront en 1890, cinq ans après la naissance de Pierre, et auront trois enfants, Pierre, Jean (le cinéaste) et Claude.

Renoir est connu, apprécié, il peut maintenant profiter de la vie. Aline posera une première fois dans: "Les Canotiers à Chatou", puis comme les amis de Renoir, dans une de ses toiles majeures qu'il achèvera en 1881 "Le déjeuner des canotiers" (Aline est la jeune femme assise à gauche, et en face d'elle le peintre Gustave Caillebotte)

 

 

LA PERIODE INGRESQUE ou "SECHE" (1883-1890)


En 1881, grâce à la vente de ses tableaux, Renoir peut pour la première fois, partir au printemps en voyage vers le sud, sur les traces de Delacroix, d'abord en Algérie, puis à l'automne et l'hiver en Italie, où il découvre les maîtres florentins, Raphaël et les fresques de Pompéi, enfin à l'Estaque, près de Marseille, où il peint avec Cézanne, avec des coloris plus violents, et revient au dessin.

Renoir affiche encore plus de détachement à l'égard de l'impressionnisme: «Vers 1883, il s'est fait comme une cassure dans mon œuvre. J'étais allé jusqu'au bout de l'impressionnisme et j'arrivais à cette constatation que je ne savais ni peindre ni dessiner. En un mot, j'étais dans une impasse» (Renoir cité par Vollard, dans "Renoir", Paris, 1920).

A partir de ce moment, Renoir doute et remet son œuvre en question. Il s'éloigne de plus en plus de l'impressionnisme, les contours de ses personnages deviennent plus précis. Il dessine les formes avec plus de rigueur, les couleurs se font plus froides.

La transition sera progressive car Renoir est en perpétuelle recherche d'un art pictural absolu. Dès fin 1881, il écrit à Durand-Ruel: "Je suis encore dans la maladie des recherches. Je ne suis pas content et j'efface, j'efface encore....".

 

 

 

Sa nouvelle manière, qui correspond à la période dite «sèche» ou «ingresque», est d'abord caractérisée par un dessin plus précis et par des aplats comme dans "Les Parapluies" (1882-1884) ou "La Danse à la ville" (1883), puis par un contour net, une matière lisse et une répartition uniforme de la lumière comme dans "Les Grandes Baigneuses" (1884-1887).

La toile mesure 115 x 170 cm, les modèles principaux sont Aline Charigot, la brune, et Suzanne Valadon, la blonde. Cette oeuvre associe de façon insolite la gaieté d'un instantané où des filles de rue se comportent d'une façon décontractée et une composition stylisée, "classique". Les figures ne se fondent plus dans le paysage, mais apparaissent nettement démarquées.

 


 

1883 : Exposition particulière organisée par Durand-Ruel, boulevard de la Madeleine. En décembre, il voyage avec Monet de Marseille à Gênes.

1884 : il entreprend " les grandes baigneuses ".

1885 : Naissance de son fils Pierre, Renoir peint " Aline allaitant son fils ".

1888 : Grand succès de l'exposition internationale des Impressionnistes à New-York, organisée par Durand-Ruel, trente-huit peintures et pastels de Renoir sont présentés.

1889 : Il retourne chez Cézanne

 

LA PERIODE "NACREE" (1890-1897)

En 1890 Renoir épouse Aline Charigot.

Critiqué, mal compris, Renoir va peu à peu sortir de la période "sèche". Sans revenir à un coup de pinceau purement impressionniste, il va infléchir le trait, abandonner la rigueur tout en conservant le modelé de ses sujets. Délicatesse, forme, couleur, lumière et volupté sont les maîtres mots de cette nouvelle période.

 


 

Abandonnant le style linéaire, Renoir adopte une facture plus souple et onctueuse,avec plus de fluidité et des effets de transparence. C'est ce que l'on a appelé la période «nacrée» .

Cette évolution de Renoir qui approche la cinquantaine est aussi due au fait suivant : «Il s'aperçut en effet, à cette époque, que ses œuvres de jeunesse se craquelaient et que les tons s'altéraient. Il surveilla donc ses mélanges, qu'il réduisit, comme Rubens , au minimum, et se contenta d'une couche mince et unique» ( André Lhote ).

"Les Jeunes Filles au piano" (1892), première toile de l'artiste achetée par l'État, est une œuvre célèbre de cette période.

 
 

 

L'intérêt du public est enfin immense. Après 1897 et jusqu'à la fin de sa vie, Renoir en vint à une manière impulsive, directe, sans retouches, à laquelle vont se rattacher d'innombrables figures de femmes plantureuses et nues ("Baigneuse s'essuyant la jambe", 1905), peintes souvent en une seule séance dans des coloris à dominante ocre-rouge.

Souffrant de rhumatismes articulaires, Renoir fut contraint, au début du siècle, de rechercher le climat du Midi. Il s'établit tout d'abord à Grasse (1900), ensuite au Cannet (1902), puis à Cagnes (1903), où il fut frappé, en janvier 1912, d'une paralysie des jambes et des bras. Opéré au mois d'août de la même année, il continua de peindre, son pinceau attaché à la main, durant les sept années qui lui restaient à vivre.

1891 : Il séjourne en Provence puis chez Berthe Morisot à Mésy.

1892 : Il voyage en Espagne avec Gallimard, il admire les Velasquez. A la rétrospective chez Durand-Ruel, 110 oeuvres sont exposées.

1893 : Il voyage à Pont-Aven.

1894 : Naissance de son fils Jean, il habite le Château des Brouillards à Montmartre. Une crise de rhumatismes l'empêche de voyager. Il peint " Jean jouant avec Gabrielle ".

1895 : Renoir transforme son style qui le conduira à un épanouissement final en peignant de plus en plus en volume, vers une plastique plus sculpturale.

1896 : Il voyage à Bayreuth. Exposition chez Durand-Ruel. " Les enfants de Monsieur Caillebotte, la famille de l'artiste ".

1897 : Renoir achète une maison à Essoyes, dans l'Aube où il passera les mois d'été - " La baigneuse endormie ".

1898 : Il voyage en Hollande, à Amsterdam où il admire les Rembrandt. Première crise aiguë de rhumatisme articulaire.

1899 : Il passe l'hiver dans le Midi à Cagnes-sur-Mer pour se reposer.

1900 : Il séjourne à Grasse et peint " Femme nue en plein air ".

1901 : Naissance de son fils Claude, dit "Coco" que Renoir prend souvent comme modèle.

1902 : Renoir s'installe au Cannet, nouvelles crises de rhumatismes. " Le jugement de Pâris, Jean en Pierrot blanc ".

1903 : Il passe l'hiver à Cagnes et l'été à Essoyes.

1904 : Désormais, les années sont marquées par une évolution plus ou moins rapide de sa maladie. Il continue à peindre avec beaucoup de courage des " Baigneuses ".

1907 : Il achète le terrain "Les Collettes" à Cagnes, où il fera construire sa maison, entourée d'oliviers centenaires. " La leçon d'écriture de Coco ".

1908 : Renoir sculpte un " Portrait de Coco et un buste de danseuse ".

1910 : Il voyage à Munich. " Les cariatides, danseuses au tambourin et aux castagnettes" .

1912 : Aggravation de son état de santé. Des bandelettes sur ses doigts paralysés lui permettent de tenir son pinceau. Malgré cela, son travail reste de grande qualité. " Portrait de Madame de Galea ".

1913 : Le marchand Amboise Vollard lui présente Richard Guino pour lui permettre de mener à bien ses projets de sculpture. Une véritable communion d'esprit s'établit entre les deux artistes, Renoir retrouve toute sa créativité‚ servie par le talent et la sensibilité de Guino. Une première oeuvre est créée : " La petite Vénus debout " .

1914 : Déclaration de guerre de l'Allemagne à la France. Ses fils Pierre et Jean sont blessés au combat. Pour garder le moral, Renoir peint et sculpte avec Guino. " Le jugement de Pâris ".

1915 : Mort de Madame Renoir. En son hommage il peint " Un bouquet de roses ". Pour oublier son malheur et sa souffrance, Renoir, soutenu par Guino, se lance avec audace dans de grandes sculptures " La grande Vénus Victrix, la Maternité, le berger Pâris" .

1916-1918 : Nouvelles sculptures "' La grande Laveuse, Buste de Madame Renoir, Le forgeron, Portrait de Cézanne" .

1919 : Visite de Renoir au Louvre où son tableau " Madame Charpentier " est exposé. Il meurt à Cagnes-sur-Mer le 3 décembre.



sans doute le plus célèbre d’entre eux, y eût son atelier et y réalisa des toiles majeures, parmi lesquelles, « le Bal du Moulin de la Galette », « la Balançoire », ou « Danse à la Ville », pour laquelle Suzanne Valadon servit de modèle.
Plus tard, Emile-Othon Friesz et Raoul Dufy, ces « fauves », firent jaillir, dans les ateliers du premier étage, leurs sauvages et truculentes couleurs, alors que, revenu de Pont-Aven, Emile Bernard, à l’élégance toute provinciale, rivalisait avec celle plus musicale d’Erik Satie, qui se déplaçait en voisin.

C’est dans l’atelier, laissé vacant par ce précurseur du synthétisme, que s’installèrent Suzanne Valadon,léguant à la postérité, dans le vacarme de leurs relations tumultueuses, l’une des allégories les plus vivantes de la Bohème montmartroise ,.son amant André Utter, et son fils Maurice Utrillo



Le 23 septembre 1865 est naît Marie-Clémentine Valadon à Bessines sur Gartempe. Sa mère Madeleine est lingère, son père est un " inconnu demeurant au bourg ".

Plus tard, elle falsifiera sa carte d'identité et y portera la date du 23 juillet 1867.

Vers 1870, Madeleine et sa fille s'installent à Paris : la mère travaille comme femme de ménage et la fille, plutôt indisciplinée et préférant dessiner sur les trottoirs, fréquentera plusieurs écoles.
De 1875 à 1880, Marie-Clémentine exerce des petits boulots. Elle s'est passionnée pour le cirque et a effectué ses débuts sur la piste. Mais elle a du abandonner le trapèze à la suite d'une chute.
Dans les années 1880-1885, elle pose sous le nom de Maria pour Puvis de Chavannes, Renoir (lui-même né à Limoges en 1841), Toulouse-Lautrec…
Le 26 décembre 1883, c'est la naissance de son fils Maurice, né de père inconnu mais reconnu en 1891 par le journaliste espagnol Miguel Utrillo y Molins. De cette année datent ses premières oeuvres connues : un autoportrait et le portrait de sa mère. Suzanne a tout appris elle-même, les grands maîtres ont rapidement reconnu son talent, ils ont apprécié sa beauté, sa liberté et son caractère entier.
Entre 1883 et 1893, elle exécute des dessins (fusain, sanguine, mine de plomb) où l'on sent l'influence de Degas qui l'initia à la gravure et qui sera l'un de ses premiers acheteurs.
En 1894, cinq de ses dessins seront exposés au Salon de la Nationale.
Elle épouse Paul Moussis, un bourgeois aisé en 1896. La situation financière de son mari lui permet de se consacrer entièrement à son art sous le nom de Suzanne Valadon.
Son fils Maurice Utrillo s'adonne à l'alcool et doit quitter le domicile familial.
En 1909, à 40 ans, elle rencontre André Utter, ami de son fils et s'installe avec lui après avoir divorcé de Paul Moussis. Utter exerce sur elle une influence stimulante et à partir de 1910, elle fera de nombreuses expositions dont une particulière chez Berthe Weill en 1915.
En 1914, mariage avec Utter avant que celui-ci rejoigne son régiment. Utrillo réformé retourne chez sa mère. Utter revenu de la guerre, Suzanne Valadon encouragée par celui-ci peint de nombreuses oeuvres. Utrillo connaît sa première grande exposition chez Lepoutre.
1920 fut une année féconde pour Suzanne Valadon et en 1921, le public et la presse lui porte une attention croissante. L'année suivante, parution de sa première monographie.
En 1923, Valadon, Utrillo et Utter s'installent au château de Saint-Bernard dans le Beaujolais qu'ils ont acheté.
Le succès de Valadon n'atteint pas celui de son fils, mais croît néanmoins. Ils feront des expositions de groupe en Hollande et à New-York. Le succès de Valadon devient international avec la parution d'une seconde monographie.
En 1933, son activité semble se ralentir. Utrillo est au faîte de sa gloire.
Elle prend une certaine distance avec Utter. En 1935, elle est atteinte de diabète et d'urémie, est hospitalisée et " engage " Lucie Valore à épouser son fils Utrillo.
En 1936-1937, l'Etat lui achète plusieurs oeuvres importantes.
Victime d'une congestion cérébrale, elle sombre dans le coma et meurt à l'âge de 73 ans, le 7 avril 1938 à 11 heures du matin.
En 1948, mort de André Utter.
Utrillo mourra en cure annuelle à Dax, le 5 novembre 1955, à l'âge de 72 ans : 50.000 personnes suivirent le cortège funèbre jusqu'au cimetière de Saint-Vincent à Montmartre. 


D’autres artistes contribuèrent également à enrichir l’âme du 12 rue Cortot, à l’image de Francisque Poulbot, dont l’histoire retiendra ce terme générique aux accents ethnographiques de «Père des gosses ».




Editorial

En entrant au Musée de Montmartre, vous pénétrerez dans la plus vieille demeure de la Butte du temps où celle-ci était recouverte de vigne entourant le village paroissial de l’ancienne Abbaye. De nombreux moulins hérissaient leurs flancs portant leur ombre sur les carrières de gypse qui fournissaient à Paris un plâtre de qualité, exporté jusqu’aux Etats-Unis. Agriculteurs, vignerons et carriers constituaient l’essentiel de la population. Le rattachement de Montmartre à Paris en 1860, l’urbanisation croissante, modifiaient le site qui demeure cependant, grâce aux plans de sauvegarde successifs, l’un des rares sinon le dernier village de Paris.

Grâce au soutien de la Ville de Paris et à la restauration entreprise par Claude Charpentier, neveu du compositeur de l’Opéra Louise, l’Hôtel de Rosimond, qui date du XVIIe siècle, abrite depuis 1960 le Musée de Montmartre. Entourée de jardins bucoliques surplombant les plus anciennes vignes jusqu’à une période récente les seules vignes de Paris, le Musée de Montmartre présente les Collections de la Société d’Histoire et d’Archéologie « Le Vieux Montmartre » fondée en 1886 et reconnue d’utilité publique. Les expositions permanentes retracent l’histoire de Montmartre, sous ses aspects artistiques et festifs (cabarets…) mais également politiques, religieux et folkloriques. En parcourant ces salles, vous tomberez sous le charme de ce lieu accompagné de l’âme de nombreux artistes qui habitèrent cette demeure, de Renoir à Utrillo…


Expositions


 

Du 4 novembre 2008 au 3 mai 2009

Comédien à la beauté sculpturale, peintre de génie, metteur en scène, créateur de costumes, décorateur, écrivain, Jean Marais a touché à tous les aspects de la vie artistique sous l’impulsion étoilé du maître Jean Cocteau.

Citoyen de paris, Jean Marais a interprété différents rôles mettant à l’honneur la ville lumière, comme dans « Si Paris m’était conté  » de Sacha Guitry ou encore « les mystères de Paris  » d’André Hunebelle…
Il a joué dans la plupart des théâtres de la capitale, des Bouffes-Parisiens au Théâtre de l’Atelier en passant par le Théâtre Antoine, le Théâtre de l’oeuvre, le Théâtre Hébertot, le Gymnase, le Théâtre de la Madeleine, le Théâtre de Paris, le Théâtre du Rond-Point, le Théâtre Montparnasse, les Folies Bergère ou la Comédie Française…

Bien entendu, il habitait Paris. Son appartement de la rue Norvins à Montmartre était couru par tous les artistes de la Butte (Dalida, Da Graziano, Piéral, Michèle Morgan, Gisèle touret...).
Paris était une source d’inspiration, qui lui permettait d’être au plus près du public.





Horaires d’ouverture :
Du mardi au dimanche de 11h à 18h

L’exposition ici présentée propose une sélection d’affiches parmi celles que conserve le musée de Montmartre dans ses collections permanentes.
Ce nouvel accrochage tend à mettre à l’honneur un aspect  jusqu’alors peu exploité : la collection exemplaire d’affiches lithographiques conservée par le musée autour de personnalités représentatives : Toulouse Lautrec, Steinlen, Chéret, Willette, Forain, Grün…

La présentation permet d’approcher les grands établissements qui ont fait la renommée de Montmartre à la fin du XIXeme siècle et au début du XXeme, ce par le biais des premières « réclames ». A cette période, on assiste à l’explosion artistique de la Butte : les lieux de divertissements se multiplient ; on voit toutes les classes sociales se côtoyer au sein de ces nouvelles institutions. Cabarets, théâtres, cirques…, tous ont recours à la publicité et le développement de l’affichage en ville s’accélère.

C’est l’époque à laquelle Toulouse Lautrec se passionne pour la lithographie et offre au Moulin Rouge ainsi qu’à Bruant, La Goulue, Yvette Guilbert ou Jane Avril, leurs lettres de noblesse. Steinlen s’illustre au Cabaret du Chat Noir. La frénésie gagne tous les artistes montmartrois comme les établissements. Chacun veut son affiche. Celle-ci révolutionne le monde de la publicité ainsi que la physionomie des rues parisiennes.
« L’affiche devient un art à part entière ; un révélateur social. »




Publications du musée

Le Musée et le Vieux Montmartre publient régulièrement des ouvrages disponibles à la Librairie du Musée. Parmi les derniers titres parus sont encore disponibles :

- Charles Léandre Intime et Multiple, écrit en collaboration avec Danièle Rousseau-Aicardi et Raphaële Martin-Pigalle aux Editions Magellan. Prix 20 euros


196p. Couleurs, Edition bilingue français / anglais).

Charles Léandre 1862-1934. Intime et multiple

Paris, Musée de Montmartre, du 3 octobre 2007 au 20 janvier 2008

 


1. Charles Léandre (1862-1934)
La Chevauchée de la reine Victoria et de son ministre
Pierre noire et sanguine
Vire, Musée
Photo : Service de presse

   L’illustration, qu’elle ait un aspect humoristique ou non, est rarement considérée comme un chaînon majeur dans l’histoire de l’art. De fait, la caricature est souvent absente des collections des grands musées. Si elle figure parfois dans les inventaires, elle se retrouve rarement à la cimaise. Pourtant pendant tout le XIXe siècle et la première moitié du XXe, avant que les progrès de la reprographie photo ne relèguent le genre, l’illustration s’est distinguée par la profusion et la qualité de sa production tout autant que par sa liberté par rapport aux poncifs des Beaux-Arts. De nos jours encore, son statut demeure à part et sa place insuffisamment reconnue. Charles Léandre appartient à cette famille d’illustrateurs qui à la suite de Daumier et de Gavarni a profondément marqué la seconde partie du XIXe siècle, sans pour autant révolutionner les données de la création.

 


2. Charles Léandre (1862-1934)
Pierrot et Colombine, projet d'affiche
pour le théâtre de la Bodinière en 1899
Lithographie
Collection particulière
Photo : Service de presse

   Le musée de Montmartre forme l’écrin idéal pour abriter une rétrospective de cet artiste, tant les dessinateurs et humoristes ont partie liée avec l’histoire de la Butte. Toutefois la présentation va bien au-delà du propos montmartrois. Ne se limitant pas au travail du commentateur de son époque, elle permet de découvrir un artiste complet et peu connu.
   Arrivé à 16 ans de sa Normandie natale, Léandre entre dans l’atelier d’Emile Bin (1825-1897), avant d’intégrer aux Beaux-Arts la classe d’Alexandre Cabanel (1823-1889), qui jouit alors d’un prestige considérable. Ce dernier aurait considéré son élève comme un des plus doués de sa génération. Sous la tutelle du maître, le jeune peintre découvre la peinture d’histoire. Dans ce registre, il peint Les Femmes gauloises durant la conquête romaine (Paris, ENSBA), qui lui vaut une mention honorable. La scène de genre l’attire davantage, comme l’atteste son envoi à l’exposition universelle de 1889, La Mère ou Je dors mais mon cœur veille, récompensé par une médaille de bronze. Le tournant de sa carrière se situe en 1894, lorsqu’Arsène Alexandre lui commande une caricature pour la revue L’Art ancien et moderne. Léandre s’est alors installé à Montmartre, où il fréquente le microcosme qui, autour de Rodolphe Salis et de son célèbre Chat noir, a fait de Montmartre « le centre du monde ». Cette même année débute une fructueuse collaboration avec Le Rire, qui sera à l’origine d’une grande part de sa renommée. Chaque samedi, il partage la une de cet organe de référence en matière satirique avec des artistes comme Willette, Steinlen, Abel Faivre, Forain, mais aussi Vallotton et Toulouse-Lautrec. Jusqu'en 1932, Léandre livrera à cette publication près de cinq cent couvertures auxquelles s’ajoutent ses travaux pour L’Assiette au beurre, L’Almanach Vermot, Le Figaro, L’Illustration, et bien d’autres.

 


3. Charles Léandre (1862-1934)
Le bal masqué
Huile sur toile
Collection particulière
Photo : Service de presse

   La première salle de l’exposition témoigne de cette part majeure et bien connue de son art. Parmi les morceaux de choix, se distingue Chevauchée de la reine Victoria et de son ministre (ill. 1), perle de la caricature d’une souveraine qui fut souvent parodiée. Léandre se moque également de sa propre corporation dans une planche qui regroupe entre autres Bougereau et Gérôme. Son trait devient acerbe lorsqu’il dépeint Joffre entouré d’un coq et d’un aigle sanguinolent, référence aux centaines de milliers de morts, résultant de la stratégie de guerre à outrance du maréchal jusqu’en 1916.
   En cette fin de siècle, l’illustration mène souvent à l’affiche et à la publicité. L’escalier qui conduit au premier étage met en exergue cet aspect de l’œuvre en réunissant ses travaux pour le papier à cigarettes Job, la station thermale de Bagnoles-de-l’Orne ou la pièce Le Roi de Rome au Nouveau théâtre, de facture plus classique. Dans Les Cantomimes de Xavier Privas (ill. 2), où le crayon gras joue avec la lumière créant une poésie qui colle parfaitement au sujet de Pierrot et Colombine, son talent atteint alors des sommets.
   Les trois dernières salles constituent la surprise de cette exposition, en présentant un aspect de l’œuvre plus inédit, celui de la peinture. Alors que d’autres à la même époque portent sur les fonds baptismaux la révolution artistique et culturelle que sera l’art moderne, Léandre se singularise par un classicisme de bon aloi qui fait de lui un petit maître agréable. Dans les paysages d’inspiration néo-impressionniste, le traitement des couleurs et de la lumière confirme une certaine dextérité, mais le résultat final manque de cette touche d'esprit qui fait une grande toile. C’est en évoquant la société de son temps comme dans le Bal masqué (ill. 3) que Léandre affirme le mieux sa verve. Ses portraits mettent en lumière son habilité à capter l’âme humaine. Loin de la caricature, il fixe l’image et l’expression de ses modèles, souvent féminins, avec délicatesse et émotion. En recourant au pastel, Léandre renoue avec les arts graphiques, et même lorsqu’il utilise l’huile, il conserve le moelleux et la douceur de ce médium.

   La découverte ou la redécouverte de l’œuvre intime de Charles Léandre vaut bien l’ascension de la butte Montmartre. Une publication, co-éditée par le musée de Montmartre et Magellan & Cie, accompagne cette exposition. Il ne s’agit pas d’un catalogue au sens usuel du terme puisqu’il est dépourvu d’une liste des œuvres présentées. Sa maquette, fort agréable en fait un excellent petit ouvrage sur cet artiste caractéristique de la fin du XIX e siècle.




- Russes, artiste de Saint-Pétersbourg à Paris au début du XXe siècle


- Steinlen
, 196p. Couleurs, Edition trilingue français / anglais / allemand)


- Bulletin de la Société d’Histoire et d’Archéologie le Vieux Montmartre
faisant état des dernières recherches sur Montmartre, son histoire, ses artistes


- Bals et cabarets au temps de Bruant et de Lautrec
, 60 p. Couleurs

 

- Le thermomètre du pochard. Reproduction d’une gravure conservée au Musée, vendue exclusivement à notre boutique, il constitue le cadeau original pour tous les amis de la dive bouteille. (Format 35cm x 24 cm sur carton d’édition)


, peinte par André Gill pour le célèbre Cabaret de la rue des Saules. Edition exclusive du Musée. (Format 40 x 30 sur carton)


Ah le petit vin blanc !

 

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Je voulais vous présenter une reproduction de gravure géniale trouvée au musée de Montmartre qui nous propose la dégradation du corps dû à l'absorption d'alcool.

Voici les principaux degrés d'alcoolémie représentés sur cette gravure de Schiller, Le thermomètre du pochard :

(En haut)

1er degré : On a besoin de tordre un perroquet.
= A jeun - Cet état, précédant immédiatement l'heure du repas, est fort triste. L'esprit, le corps sont lourds et tombent dans une langueur quasi-maladive.

2e degré : Etre gai, avoir sa pointe, être teinté, en train.
= Gai - Au 2e degré, on est disposé à causer, on éprouve un certain bien-être et l'on tombe dans une reverie agréable. Si l'on s'arrête là, tout est bien, on a un sommeil tranquille.

3e degré : Lancé, parti, légèrement ému, avoir un coup de soleil, être éméché. Avoir son plumet, être casquette, pompette, avoir son jeune homme.
= Lancé - A ce degré, on aime à parler, on fait des remarques fines, on est langoureux, on possede le don de convaincre, c'est l'aurore naissante des facultés intellectuelles. Un peu plus, on a la conversation trop imagée et l'éloquence trop brûlante, on assome son auditoire d'un déluge de phrases à noyer les patients.

4e degré : Poivre, avoir son affaire, être culloté, raide.
= Gris - On commence à se sentir étourdi  : on veut régaler ses voisins de chansons, on éprouve le besoin  de se prononcer un discours, on est fier comme un paon, hardi comme un lion, amoureux comme une colombe.
La maladie des cheveux se déclare (image de la gravure)

5e degré : Dans les vignes, complet, pochard, avoir son compte.
= Ivre - On voit double et on est stupidement bon, on aime à donner des poignées de main ou des coups de poing. La langue est épaisse et pâteuse.

6e degré : Rond comme une balle, en avoir plein son sac.
= Ivre mort - On n'appartient plus à ce monde ; on tombe dans un sommeil apoplectique. La maladie des cheveux est dans sa plus grande période.

montmartreandco.canalblog.com

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