NOUVELLES DU 18EME

Installé depuis longtemps dans le 18e, Driss, épicier de la rue Lamarck a fait l’objet au cours des dernières années de nombreux portraits dans la presse et dans le récent livre L’arabe du coin publié aux éditions Dilecta qui met également à l’honneur deux autres épiciers du 18e. Portrait d’une figure atypique qui crée et assure un véritable lien social au sein de notre arrondissement.
Figure locale, cela fait 23 ans qu’il est dans le 18e : « Depuis que je suis en France, je n’ai jamais vécu que dans le 18e, j’ai vécu rue Duhesme et rue Danrémont».
Un DEA d’économie internationale en poche, Driss ne rêvait manifestement pas de posséder une épicerie mais, installé depuis 1990 dans son commerce de la rue Lamarck, il ne se plaint pas et explique : « ce métier, ça me permet d’écrire et de nourrir ma famille, je n’ai pas choisi ce métier, c’est lui qui m’a choisi ».
Sur son étal, on trouve le livre L’arabe du coin, ouvrage soutenu par l’agence nationale pour la cohésion sociale et l’égalité des chances, où Alexis Roux de Bézieux et Thomas Henriot lui ont consacré quelques pages dans leur portait d’épiciers parisiens. Les auteurs souhaitaient rendre hommage à ces « dépanneurs de l’essentiel » qui offrent « dans leur univers chaleureux un coin d’humanité ».
Il est bien plus prolixe sur son amour pour Paris et le 18e en particulier : « Paris me manque beaucoup quand je le quitte. Quand on me demande vous êtes marocain ou français, je réponds je suis parisien ». Mais il se plaint aussi de l’indifférence et de la solitude des habitants : « Je viens du désert. Paris a les mêmes caractéristiques, c’est un désert humain, on est au milieu de plein de gens mais tout le monde reste au fond de sa coque. Là bas, dans le désert, si on ne te voit pas un jour, on te demande t’étais où hier ? Ici vous pouvez ne pas voir quelqu’un pendant deux ou trois ans, personne ne demande après vous. »
Il faudra insister longuement pour que Driss accepte de nous parler de sa manière à lui de lutter contre le délitement du lien social. Par pudeur et modestie, il nous explique la tête baisée que oui, ça lui arrive souvent d’aider des SDF qui peuvent laisser leurs papiers chez lui,à qui il réchauffe au micro-ondes des plats en hiver et donne ses aliments quand leur date de consommation arrive à expiration. Mais il s’interrompt aussitôt pour nous dire « mais enfin, tout ça c’est normal. ». Et si justement c’était parce que Driss trouve tout aussi normal dans son épicerie de vendre que de donner qu’il était aussi intéressant?
Outre l’épicerie de Driss (82 rue lamarck), les auteurs évoquent également dans leur ouvrage deux autres établissements du 18e : celui de Moundir (autrefois rue de Clignancourt) et d’Ali le célèbre épicier d’Amélie Poulain (56 rue des Trois-Frères).

Par Erick Roux de Bézieux le 8.11.2008 dans A la une, Du son et des mots
Le mien, il s’appelle Ahmed. A la tête d’un véritable capharnaüm de boîtes de conserves, paquets de gâteaux, bouteilles et autres surgelés. On y trouve même du pain azyme et des cartes téléphoniques pour appeler le pays. Sans parler des bonbons offerts aux enfants des clients. Le mien ? Mon Arabe du coin ! Car tout le monde en a un. Même le New York Time en a parlé…
“Pour tout le monde, je suis l’Arabe du coin. Arabe, ça veut dire ouvert la nuit et le dimanche, dans l’épicerie.” (dans Monsieur Ibrahim et les fleurs du Coran, d’ Eric-Emmanuel Schmitt). Un commerce qui est la providence des célibataires, des couples qui rentrent tard du boulot et des ménagères à court d’huile, de lait, de sucre ou de fruits.
“Chez ces dépanneurs de l’essentiel, échangent et se rencontrent les individus du quartier, du SDF aux personnes âgées, en passant par les familles ou les célibataires. Ni les complexes sportifs, ni les pôles culturels, ni les centres commerciaux, ni les lieux de culte ne remplissent aujourd’hui cette fonction, s’ils l’ont jamais remplie un jour“, notent dans leur avant-propos les deux auteurs de L’Arabe du coin, Alexis Roux de Bézieux (mon cousin germain) et Thomas Henriot.
Un joli bouquin, préfacé par Eric-Emmanuel Schmitt, qui sera dans toutes les bonnes librairies le 14 novembre. Des Arabes du coin qui, parfois, sont plus asiatiques que maghrébins, notamment dans le quartier où vit mon camarade blogueur Romain. En Angleterre, ils sont plutôt Pakistanais ou Indiens, en Allemagne Turcs, en Espagne ou à Québec asiatiques, et à Manhattan Coréens. Tous des Arabes du coin ! A tel point que The New York Times s’est ému en 2005 de la concurrence acharnée livrée en France par les supérettes qui réinvestissent les centres villes depuis quelques années (en bas de chez moi, c’est un petit Casino aux gérants très sympas qui s’est installé il y a quelques mois).
“Pendant des décennies, à Paris, l’Arabe du coin fut synonyme d’épicerie de quartier encombrée de fruits et légumes, de vins et de liqueurs, de produits laitiers et de sucreries, de bouquets de fleurs, de produits et de conserves de supermarché, pour des achats de dernière minute, le soir, quand les autres magasins sont fermés”, note The New York Times.
Le quotidien souligne la concurrence sérieuse posée par la multiplication de supermarchés franchisés, qui ouvrent sept jours sur sept et appliquent les prix de la grande distribution dont ils sont filiales au détriment, parfois, des Arabes du coin. “Cela fait partie des règles du jeu”, explique, fataliste, Abdelaziz Tiouajni, Arabe du coin dans le 9è arrondissement de Paris.
Je me souviens de la réaction de Nadia, épicière, lorsque nous avions encouragé la reprise de la Petite Halle des Brotteaux, tombée en déshérence, par Casino. Installée de l’autre côté de la rue, elle avait tout simplement décidé, avec ses frères, de se battre, d’innover en proposant notamment des “paniers prêts à l’enlèvement” pour répondre aux besoins des couples bobos pressés… Des initiatives qui lui ont permis, encore aujourd’hui, d’être à la tête de son entreprise et d’y employer une partie de sa famille. Sans parler de son légendaire couscous à emporter, un soir par semaine. Mille fois meilleur que le couscous surgelé du Casino !
En attendant, comme le relève Eric-Emmanuel Schmitt dans sa préface, “Il me semble plutôt que l’âme d’une cité réside désormais chez “l’épicier du coin”, “l’Arabe de service”, que l’Arabe soit arabe, turc, indien ou asiatique. Paradoxal n’est-ce pas qu’un peu partout dans le monde, l’esprit d’un lieu soit incarné par quelqu’un qui vient d’ailleurs ?”
Un beau livre de témoignages que cet “Arabe du coin”, illustré par de nombreuses photos, moments de vies. Courrez vite l’acheter
rouxdebezieux.org
Alexis Roux de Bézieux publie un ouvrage intitulé L’Arabe du coin
Il y en existe des centaines à Paris et des milliers dans toute la France. Ouvertes aux aurores et jusque tard dans la nuit, les épiceries de quartier sont connues de tous. Alexis Roux de Bézieux et Thomas Henriot leur rendent hommage dans L’Arabe du coin.
Une notoriété indiscutable
Chiffre
En Ile-de-France, de 60% à 70% des épiciers sont d’origine maghrébine
Originaire de Lyon, Alexis Roux de Bézieux s’est senti un peu seul en arrivant dans la capitale. “J’ai cherché à savoir où se créaient les liens et où les individus, au-delà de leurs différences, se rencontraient. Les commerces sont des lieux rares, où les gens discutent, mais à la boulangerie ça va trop vite, au supermarché c’est anonyme, chez le coiffeur, le dialogue est restreint… Chez l’épicier, tous les genres peuvent se rencontrer. De l’enfant qui vient acheter des bonbons au célibataire qui vient chercher sa cannette de bière, en passant par la maman qui a oublié sa bouteille de lait”, explique l’auteur.
Pendant sept ans, le week-end ou le soir, Alexis Roux de Bézieux et Thomas Henriot ont parcouru les épiceries parisiennes à la rencontre de personnages atypiques qui leur ont livré leur histoire. “L’épicier en blouse blanche avec une moustache, ça ne nous intéressait pas. Nous voulions des récits touchants et uniques”.
Pourquoi L’Arabe du coin ? “Nous voulions un titre choc pour que le lecteur potentiel soit interpellé. “L’épicier du coin”, c’était moins fort et ça ne reflétait pas la réalité. En Ile-de-France, de 60% à 70% des épiciers sont originaires du Maghreb. Si les clients aiment tant leur épicier, c’est parce qu’il y a aussi une hospitalité propre à ces pays, une culture de l’accueil bien spécifique que personne ne peut nier”. Si les épiciers, véritables dépanneurs à toute heure, ne connaissent pas la crise, ils sont cependant confrontés à un autre problème. “Le métier s’est transmis de père en fils. De nos jours, les enfants d’épicier vont à l’école, ils font des études et ne veulent pas prendre la relève”. Une chose est sûre : si l’épicier du coin venait à fermer son commerce, tout le quartier serait embêté. aurélie sarrot
» L’Arabe du coin, d’Alexis Roux de Bézieux, photographies de Thomas Henriot, éditions Dilecta, 144 pages, 18 euros.
Les enfants du centre Hermel découvrent Picasso

Le 12 novembre 2008, les enfants du centre de loisirs Hermel ont visité l’exposition « Picasso et les maîtres » au Grand Palais (8e) après avoir mené tout au long des semaines précédentes un travail pédagogique autour des œuvres du célèbre peintre. Rencontre avec ces enfants remplis d’enthousiasme qui parlent d’art avec sensibilité et déjà beaucoup de maturité.
Ils s’appellent Alexis, Kenza, Sabrina, Mélanie, Léa, Marwan, Clotilde, Medhi, Pénélope ou encore Mounia. Elèves du CE1 à la 6e, voilà plusieurs semaines que le centre est rempli de leurs peintures, sculptures ou calques inspirés par les œuvres de Picasso. Plusieurs semaines aussi qu’ils consultent avec intérêt des ouvrages dédiés au peintre espagnol. Catherine Tisseyre, directrice du centre le dit fièrement : « A présent, ils connaissent par cœur la vie de Picasso ».
Assurément, le tableau qui les a le plus marqué est « Guernica », peinture en noir et blanc rappelant le bombardement de la ville espagnole durant la seconde guerre mondiale. Alexis évoque « un tableau triste avec des chevaux désorientés et des humains sans tête ou sans corps ». Kenza exprime son dégoût pour « la guerre injuste qui tue des civils, des bébés ».Pour Mme Tisseyre, « après avoir vu cette peinture, les enfants étaient tous en colère ».
Leur enthousiasme pour l’œuvre de Picasso est en tout cas visible. Tous disent avoir aimés cette visite. Même si tous n’en retiennent naturellement pas la même chose. Marwan retient que Picasso « dessine des femmes bizarres ». Bizarre, un adjectif qui revient dans toutes les bouches. Notamment celles de Manon et de Pénélope qui estiment que « les œuvres de Picasso sont toujours un peu déformées » et que « c’est rigolo ».
L’évolution dans le travail de Picasso tout au long du XXe siècle est aussi prétexte à de belles et souvent originales remarques des enfants. Ainsi, Sabrina note que « Picasso change de style chaque fois qu’il change de femme » quant à Medhi, il préfère insister sur les couleurs, reflets des émotions du peintre :
« Il y a une période rose où il est heureux et une période bleue où il est triste ».
Si tous se déclarent « supers contents » de cette visite, bien peu pourtant s’imaginent devenir artistes comme Picasso. Enzo ne serait pas contre mais préférait « être acteur », quant à Medhi il pense que « footballeur, ça gagne mieux que peintre ». Il est rejoint par Alexis qui rappelle que « Van Gogh est mort pauvre » alors que « Picasso a eu de la chance ».
Nul doute que même concernant l’art, la vérité sort souvent de la bouche des enfants.

Modification du PLU
Le projet porte notamment sur le « Plan Climat » et les mesures destinées à favoriser le développement durable, l’adaptation des nouvelles règles pour la réalisation de logements sociaux, la réinstauration de mesures de protection du commerce de détail et de proximité, et les nouvelles mesures de protection d’immeubles et d’espaces verts.
Un dossier d’enquête est mis à la disposition du public à la mairie du 18e qui pourra en prendre connaissance et consigner éventuellement ses observations sur les registres d’enquête du lundi au vendredi de 8 heures 30 à 17 heures (jusqu’à 19 heures 30 le jeudi).
Les observations pourront également être adressées par écrit et pendant la même période à la Présidente de la commission d’enquête désignée par le Tribunal administratif de Paris : Mme Marie-Claire EUSTACHE / Mairie 4ème arrondissement - Siège de l’enquête publique - 2, Place Baudoyer - 75181 Paris Cedex 04
Afin d’informer et de recevoir les observations du public, les membres de la commission d’enquête assureront deux permanences à la mairie du 18e :
- samedi 10 janvier 2009 de 09 h 00 à 12 h 00,
- jeudi 29 janvier 2009 de 16 h 30 à 19 h 30.
Une brochure d’information sera également disponible dans les mairies d’arrondissement et à la Direction de l’Urbanisme 17, boulevard Morland Paris 4ème.
A l’issue de l’enquête publique, la modification du Plan local d’urbanisme de Paris, qui pourra être adaptée en fonction des observations émises et des conclusions de la commission d’enquête, sera soumise pour approbation au Conseil de Paris (printemps 2009).
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mairie18.paris.fr