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Publié le par LEPIC ABBESSES

Poursuivie en diffamation par des marchands de tissu, Lalie Walker, auteur d'un roman policier se déroulant au Marché Saint-Pierre (XVIIIe), le temple parisien du tissu, a été relaxée vendredi par le tribunal correctionnel de Paris. Les deux dirigeants du Village d'Orsel, un magasin du Marché Saint-Pierre, accusaient Lalie Walker, qui a noué l'intrigue de son livre "Au malheur des dames" dans le marché aux tissus, d'avoir "porté atteinte à la renommée du magasin" et cherché à leur nuire, en complicité avec deux de leurs anciens employés. Ils réclamaient l'interdiction de l'ouvrage et 2 millions d'euros de dommages et intérêts.



 
Aux côtés de la romancière et de son éditeur étaient cités Hélène et Philippe Magdelonnette, une employée de bureau et un manutentionnaire du Marché Saint-Pierre. Licenciés en 2005 et 2006, ils ont manifesté plusieurs années devant le magasin et, après une procédure engagée aux prud'hommes, obtenu de la justice qu'elle déclare leur licenciement abusif. A l'audience du 15 octobre, Lalie Walker et les époux Magdelonnette avaient affirmé ne pas se connaître. "Mon but était seulement de mettre dans un décor emblématique tout un tas de personnages", s'était défendue la romancière.
 
Vendredi, le tribunal lui a donné raison, considérant qu'il n'était "pas illégitime" qu'un romancier s'inspire du Marché Saint-Pierre, qui, "tant par l'ancienneté de son enseigne que par l'authenticité de la tradition dont il se prévaut, a acquis une réputation dont la portée excède largement celle de sa clientèle, de son quartier et même de Paris". Pour la 17e chambre, présidée par Joël Boyer, l'oeuvre de fiction "n'avait ni pour objet, ni pour effet, aux yeux d'un lecteur de bonne foi, d'entacher directement ou indirectement la réputation de la société Village d'Orsel". Au contraire, elle a estimé que les responsables du Village d'Orsel avaient fait preuve "d'une témérité fautive", envers l'auteure, à qui ils devront verser 3.000 euros pour procédure abusive. Ils ont également été condamnés à payer 5.000 euros aux époux Magdelonnette, envers lesquels "ils ont incontestablement fait preuve d'une intention de nuire dictée par le seul ressentiment".

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