NOUVELLES DU 18 EME

Publié le par LEPIC ABBESSES

On pouvait s’y attendre. La préfecture de police (PP) de Paris vient d’annoncer l’interdiction de l’apéro “saucisson et pinard” (voir nos articles ici et ici ) prévu vendredi 18 juin à 19 heures à la Goutte d’Or à Paris en raison de “risques graves de troubles à l’ordre public”, notamment dus à “ses conditions d’organisation, du lieu, du jour et de l’horaire retenu, ainsi que des projets de contre-manifestations qui sont apparus en réaction”.

Dans son communiqué, la préfecture de police rappelle que cette initiative “a reçu le soutien de plusieurs associations ou mouvements, dont certains membres ont été récemment associés à des troubles à l’ordre public.”  La PP se fend même d’un dernier paragraphe plutôt inhabituel de sa part, en forme de rappel historique: “Ce même jour et dans le même temps, la Préfecture de police assurera la sécurité des commémorations du 70ème anniversaire de l’Appel du 18 juin, repère historique de notre mémoire républicaine”.

Mardi 15 juin au matin, s’étaient donc présentés à la préfecture, le déclarant Pierre-Vincent L.(un militant identitaire), l’avocat du Bloc Identitaire, Frédéric Pichon (ancien du GUD et président d’Europea Gentes), et Bruno Larebière, pour parler des “points qui posent problème”, selon le mot de M. Larebière.  Etrangement, Sylvie “François” (ce n’est pas son vrai patronyme) n’était pas dans cette délégation très monobloc, alors qu’elle est présentée partout comme l’”initiatrice” de l’apéro…En revanche, le jeune militant du Bloc Identitaire et du Projet Apache qui a déclaré le rassemblement est désormais responsable pénalement en cas de non respect de l’interdiction. L’avocat du Bloc Identitaire, Frédéric Pichon a prévu de déposer un référé-liberté, dès la réception de la notification d’interdiction. “On respectera l’interdiction si elle est confirmée” indique pour sa part M. Larebière.

Nous le disions donc, cette décision n’est pas une surprise: depuis leur apparition il y a quelques mois sur le réseau social Facebook, les “apéros géants” sont systématiquement interdits dans la capitale. Mais surtout, l’organisation d’une telle manifestation, un soir de match de l’équipe d’Algérie et  dans un quartier où de nombreux habitants sont musulmans, comportait un vrai risque d’incidents en raison de sa nature provocatrice. C’est si vrai que l’on peut se demander si tout n’a pas été fait pour que la préfecture oppose un veto, comme l’indiquait récemment le site Reflexes .

Avec cette interdiction, les organisateurs, notamment les Identitaires, auront beau jeu de jouer à plein la carte de la victimisation et d’assurer que les pouvoirs publics plient devant une supposée “islamisation”. Ils ont d’ailleurs déjà commencé: en réaction à l’interdiction, Novopress, leur “agence de presse” sur le Net (dont le rédacteur en chef n’est autre que Bruno Larebière) titrait mardi en fin d’après midi: “Manger du saucisson dans la rue: interdit en France, pays des droits de l’Homme”.

Cela a aussi permis, d’une certaine façon, au Bloc Identitaire de sortir de son “ghetto” politique. Des organisations qui se revendiquent de la droite parlementaire comme les JPF de Philippe de Villiers les ont soutenu.  Un éditorialiste du Figaro, Ivan Rioufol a pris fait et cause pour “la résistante de la Goutte d’Or” ( comprendre Sylvie “François”). Mais c’est surtout le soutien de Riposte Laïque, une association d’ultra-laïcs et qui n’est pas à l’origine d’extrême droite, qui constitue une véritable “prise de guerre” politique. Cela permet au BI de se dédouaner de xénophobie et de se retrancher derrière l’argument de la laïcité.

Surtout, ce “buzz” entre totalement dans la stratégie des Identitaires, commencée au milieu des années 2000 avec les “soupes au cochon” pour les SDF. A chaque fois, c’est interdit. Et à chaque fois, les Identitaires réussisent à faire parler d’eux, pour tenter d’exister.

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