NOUVELLES DU 18 EME

Publié le par LEPIC ABBESSES



L’hôpital Bichat menacé de démolition

Installé porte de Saint-Ouen (XVIIIe), cet établissement de l’AP-HP pourrait être déménagé et regroupé avec l’hôpital Beaujon de Clichy sur un nouveau site. Enquête.

 

Cela paraît incroyable : l’hôpital Bichat, porte de Saint-Ouen (XVIIIe), pourrait être démoli pour être reconstruit… ailleurs. C’est l’un des scénarios les plus spectaculaires de la réflexion en sur la modernisation des hôpitaux franciliens. L’hôpital Bichat, dont les bâtiments principaux et la tour datent des années 1970, fusionnerait avec l’hôpital Beaujon de Clichy (Hauts-de-Seine) et les deux seraient regroupés sur un site unique : dans les docks de Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis), selon certains, vers le futur quartier Claude-Bernard à la porte d’Aubervilliers, disent d’autres…
Ce scénario, annoncé lors de la présentation du plan stratégique 2010-2014 de l’Assistance publique-Hôpitaux de (AP-HP), découlerait de la constitution, bien actée celle-là, du nouveau groupe hospitalier Bichat-Beaujon-Bretonneau-Louis-Mourier.

 
A Clichy, la mobilisation bat déjà son plein contre la fermeture annoncée de son hôpital de proximité. Mais, pour l’instant, du côté de Bichat, on est encore dans l’expectative, comme si personne ne voulait y croire. Pourtant les documents existent : l’AP-HP a bien soumis en réunion « le scénario de reconstruction sur un seul site avec un besoin d’investissement de l’ordre de 630 M€ », pour « un projet de l’ordre de 1000 lits » et « un délai de réalisation estimé à huit-dix ans ».
Pour Dominique Demangel, l’adjointe au maire du XVIIIe chargée de la , « la destruction de Bichat semble en effet inéluctable car le coût d’une rénovation serait très largement supérieur à celui d’une construction. L’hôpital n’est plus aux normes, ajoute-t-elle, et ne répond plus aux demandes actuelles : il y a par exemple beaucoup de chambres à deux lits ». Mais sa préoccupation la plus urgente, c’est le regroupement des deux hôpitaux. « Sur le principe, nous ne sommes pas contre la complémentarité des deux, mais elle ne doit pas entraîner une dégradation du service au patient. » Sylvaine Bardon, la secrétaire du syndicat CGT de Bichat, elle, ne veut surtout pas qu’on réduise la capacité d’hospitalisation. « Or le projet prévoit 1000 lits, alors que les deux hôpitaux actuels en comptabilisent 1400. » Et de s’inquiéter aussi de la disparition des hôpitaux publics dans le nord de Paris. « Il restera Lariboisière, Tenon et Avicenne, mais ce n’est pas tout près… »
A l’AP-HP, on relativise ces craintes : « Aucune étude n’a été lancée sur le sujet, cette hypothèse de site unique n’est ni au cœur du projet médical ni à échéance du plan stratégique 2010-2014. En ce moment, ce n’est pas le centre de la réflexion du devenir du groupe. Il vise plutôt à décliner les orientations du plan stratégique, c’est-à-dire maintenir les activités de proximité dans chacun des établissements. »

Commenter cet article