NOUVELLES DU 18 EME

Publié le par LEPIC ABBESSES

Le patrimoine funéraire du cimetière de Montmartre en péril

Histoire et patrimoine des cimetières parisiens

Crédits


Dotée de trois grands cimetières au début du XIXe siècle, la Ville de Paris dispose aujourd'hui d'une vingtaine de cimetières.

Puce environnement Intramuros ou extramuros ?


Avec l'extension de ses limites en 1860, douze petits cimetières de villages sont désormais inclus dans le Paris intramuros. A cela s'est ajouté l'aménagement de nouveaux cimetières proches des nouvelles portes de Paris entre 1860 et 1929.
A l'inverse de certains projets surprenants, aujourd'hui définitivement abandonnés, qui envisageaient " l'exportation " des défunts parisiens hors de la Capitale, la Ville de Paris a aujourd'hui totalement opté pour l'intégration de ses vingt cimetières dans la vie urbaine.


Le XXème siècle a fait reculer les limites de la fin de la vie, rendant ainsi l'idée de la mort moins supportable. Or, accepter ce qui doit être, c'est peut-être mieux vivre, et le cimetière est le lieu de rencontre des vivants et des morts, proches ou illustres, où le temps dans la ville est suspendu.

Le patrimoine funéraire de Paris

Le Service des Cimetières de la Ville de Paris est rattaché, depuis 1987, à la Direction des Espaces Verts et de l’Environnement (4 000 agents) qui gère les cimetières, les parcs, les squares, les jardins et les bois parisiens.

Pour répondre à l’obligation faite au Maire d’inhumer les personnes décédées sur le territoire de la commune ou celles y jouissant d’un domicile, la Ville de Paris  possède aujourd’hui  20 cimetières.

Ce patrimoine représente :
- 422 hectares de superficie globale, (dont 73 ha traités sous forme d’espaces verts);
- 634 000 concessions ;
- 25 Km de murs de clôture;
- plus de 100 Km de voiries;
- plus de 200 Km de réseaux divers;
- plus de 150 bâtiments de tous ordres.

Les nécropoless sont dirigées par huit « conservateurs », responsables d’une « conservation » (un ou plusieurs cimetières). Quatorze cimetières se trouvent dans les limites du périphérique, tandis que six sont hors de Paris.

La présence de cimetières parisiens hors des limites de la Ville est un héritage historique du statut particulier de Paris et de ses structures administratives dont la gestion était confondue avec celle de la Préfecture de la Seine. La création des cimetières extra-muros s’étale dans le temps entre 1860 (Saint-Ouen parisien) et 1929 (Thiais parisien). Il existe d’ailleurs dans Paris des cimetières qui n’appartiennent pas à la Ville de Paris (par exemple, les cimetières de Gentilly, près du stade Charletty ou de Montrouge à la porte d’Orléans…).

Ce patrimoine, souvent ancien compte tenu des années de création des cimetières parisiens et parfois précieux, nécessite un entretien continuel.

La Ville de Paris est également propriétaire du crématorium du Père-Lachaise et du funérarium des Batignolles dont elle a délégué la gestion pour le premier à une société d’économie mixte délégataire de deux services publics pour son compte, les « Services Funéraires – Ville de Paris » (« SF-VP ») et pour le second à une société privée.

Les sépultures sont la propriété privée des familles. Elles ne retombent dans le domaine public municipal qu’à leur échéance si elles sont de durée limitée ou si leur propriétaire les abandonne lorsqu’elles sont perpétuelles ou centenaires.

Puce environnementConservation du patrimoine végétal et architectural :

Lieux de promenade recueillie, et de méditation, les cimetières parisiens vous offrent un paysage composé de décorations florales, de massifs d'arbustes et d'arbres aux essences variées. Cet environnement est particulièrement mis en valeur depuis quelques années par une politique ambitieuse d'embellissement et de mise en valeur du patrimoine végétal.

Sur 422 hectares, les cimetières parisiens possèdent chacun leurs particularités : le cimetière de Pantin, le plus grand cimetière en activité de France et d'Europe, avec ses allées plantées, Thiais et son architecture des années 30 s'ouvrant sur un parc à la française aux nombreux arbres fruitiers et aux écureuils, Bagneux à la végétation luxuriante, qui abrite de nombreux oiseaux et également des écureuils.

Quant aux cimetières intra-muros, ils allient le charme des nécropoles des anciens villages de Charonne, de Passy, d'Auteuil, de Bercy, de Grenelle, de Belleville, La Villette et de Montmartre (Saint-Vincent), au pittoresque de cimetières comme ceux de Montparnasse, Montmartre et Père-Lachaise. Ces trois grandes nécropoles historiques accueillent chaque année plusieurs millions d'entre vous.


La Mairie de Paris, outre son effort pour l'amélioration de l'environnement paysager des cimetières, a initié une action volontariste de restauration des sépultures présentant un intérêt culturel historique, artistique ou architectural.

Puce environnementUn service public aux métiers spécifiques :


Les cimetières parisiens accueillent les vivants et les morts, les familles et amis des défunts, mais aussi de nombreux promeneurs et touristes qui apprécient leur calme, leurs richesses naturelles et artistiques, ou qui viennent se recueillir sur la tombe des célébrités qui y sont inhumées.

Les cimetières parisiens sont des lieux particulièrement fréquentés où travaillent toute l’année plusieurs catégories de personnels.

Près de 500 fonctionnaires se consacrent au service public funéraire :

- le personnel administratif est chargé de l’accueil et de l'information du public, de la gestion des concessions funéraires, de la constitution des dossiers d’opérations funéraires (inhumations, exhumations…), de la coordination entre les différents corps professionnels… A la tête de ces personnels administratifs et de tous les autres qui travaillent dans les cimetières, on trouve les « Conservateurs » qui sont responsables d’un ou de plusieurs cimetières et qui gèrent entre 40 et 90 agents.

- les agents d’accueil et de surveillance (A.A.S.) accueillent et renseignent le public à l’entrée des sites. Mais surtout, à la différence de leurs collègues affectés dans les parcs, les bois et les jardins, les A.A.S. des cimetières assurent la gestion des convois funéraires, des inhumations et des exhumations au nom du Préfet de Police. Ils ont reçu une formation funéraire. Enfin, ils surveillent les lieux et garantissent la sécurité des personnes et des biens.

- les fossoyeurs réalisent l'essentiel des opérations mortuaires (creusements, inhumations et exhumations). Ils participent également au bon accueil des familles en deuil. Ils oeuvrent à la gestion du domaine funéraire sous les ordres du Conservateur, et notamment lorsqu’ils démolissent les tombes abandonnées pour permettre à la mairie de reprendre les terrains.

- les Ouvriers Spéciaux d'Entretien Général (dits OSEG ou cantonniers) assurent l’entretien quotidien  des cimetières : ramassage des feuilles, désherbage, réparation des bancs, panneaux, etc.

- les jardiniers sont peu nombreux au Service des Cimetières qui sous-traite l’essentiel du jardinage aux entreprises privées. Nos six jardiniers sont chargés de plus d’une centaine de points de fleurissement spécifiques du cimetière du Père-Lachaise (plantation de pommes de terre sur la sépulture de Parmentier par exemple)

A ces personnels permanents, il convient d’ajouter l’activité plus ponctuelle d’autres catégories :

- les bûcherons, qui veillent aux soins et à l'élagage des arbres ;

- les conférenciers qui proposent régulièrement au public, tout au long de l'année, des visites à thème dans les principales nécropoles de la capitale.

Enfin, pour assurer la plus grande sécurité des personnes et des biens, les Inspecteurs de Sécurité effectuent des rondes dans les cimetières, à toutes les heures du jour et surtout de la nuit, accompagnés des chiens de garde.

Commenter cet article