NOUVELLES DU 18 EME

Publié le par LEPIC ABBESSES

XVIIIe : il n'y aura pas de rue Albert Simonin… c'était un collabo !

 

C'est le journal en ligne Dixhuitinfo qui a déniché la superbe gaffe. Lundi dernier, lors du conseil d'arrondissement du XVIIIe, les élus ont adopté à l'unanimité un vœu proposant de baptiser une nouvelle rue du quartier de La Chapelle du nom d'Albert Simonin (1905-1980), populaire auteur de polars et accessoirement "gamin du quartier". Le conseil voulait répondre à une demande ancienne des habitants, qui souhaitaient rendre hommage à l'écrivain et scénariste, dont le roman "Grisbi or not Grisbi" a été adapté au cinéma sous le célèbre titre "Les tontons flingueurs".

Collabo actif
Sauf que, avant de devenir le sympathique auteur de romans populaires, Simonin s'est montré particulièrement actif avant et pendant la Seconde Guerre mondiale. Un épisode que l'auteur semble avoir soigneusement éliminé de son autobiographie, "Confession d'un enfant de La Chapelle", en 1977. Et personne n'a pensé à ouvrir une bonne vieille encyclopédie… ou simplement à taper son nom sur un moteur de recherche. Dès le lendemain du conseil, des habitants ont commencé à mener l'enquête puis ont averti la mairie. Simonin a débuté sa carrière de journaliste dans les années 1920 au sein du journal d'extrême droite L'intransigeant. Durant la guerre, il a travaillé au sein du Centre d'action et de documentation, officine antisémite et antimaçonnique financée par l'occupant. Ces activités lui ont valu cinq ans ferme à la Libération, avant une amnistie en 1954.

Rectificatif au prochain conseil
"C'est une grosse boulette, m'explique-t-on au cabinet de Daniel Vaillant, le maire PS du XVIIIe. On est en train de faire des vérifications, mais son passé trouble semble confirmé. Il est évidemment hors de question de garder son nom et le maire va proposer un rectificatif au prochain conseil". "Je regrette qu'aucune vérification n'ait été effectuée en amont du conseil d'arrondissement", lance pour sa part l'élu communiste du XVIIIe Ian Brossat, qui ne connaissait pas lui-même la partie sombre de l'auteur.
Ce ne sera pas la première fois qu'on débaptise dans le XVIIIe. En 2003, Sylvain Garel (Verts) et Annick Lepetit (PS) avaient fait renommer le petit square Willette, au pied de la butte Montmartre. Le nom était celui d'un dessinateur renommé, mais antisémite. Le square a pris alors le nom beaucoup plus consensuel de la militante Louise Michel.

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