NOUVELLES DU 18 EME

Publié le par LEPIC ABBESSES



CAN 2010 : à Barbès, Juifs et Arabes ont vibré ensemble

 

Au Djerba Cacher, restaurant situé en plein coeur de Barbès, à , les clivages religieux restent à la porte et s’effacent devant le ballon rond. Le patron est un juif tunisien de Djerba, les serveurs sont algériens, et le cuistot est malien. Au menu, ce soir, du Fennec et de l’Elephant. Deux écrans branchés sur la chaîne Al-Jazira flottent dans l’air et deux drapeaux algériens ornent les murs.

 
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L’Algérie assomme les Eléphants
 
« La Tunisie, c’est fini, alors maintenant, c’est l’Algérie », confie Guichi, le maître des lieux, coiffé d’une kipa.

Alors que le match vient de débuter, la salle se remplit doucement. Un resquilleur, qui voulait « mater » le match sans consommer, se fait gentiment éconduire par le patron. Ambiance pépère, plus pour très longtemps. Le spectacle est aussi dans la rue Myrrha, où les curieux s’agglutinent devant l’entrée. Une bonne centaine de supporteurs des Fennecs inonde le trottoir. Stationnée juste devant, une 106 voit son toit envahi par des fans en quête de confort. Du véhicule placé juste derrière, s’échappe la voix d’un radio-reporteur arabe. Le son et l’image : que demande le peuple ? Saidou, le cuistot, quitte brièvement ses fourneaux pour jeter un oeil sur le match. « Je suis pour l’Algérie, même si elle a éliminé le Mali », confesse-t-il. En fait, il n’a pas trop le choix. Ce soir, on pousse forcément derrière . Mais Kalou plombe vite l’ambiance en ouvrant le score. « Il est hors jeu ! » jure Belkacem, l’un des serveurs, qui va retrouver le sourire avec l’égalisation de Matmour. Cette fois, la salle a fait le plein. A l’extérieur, ça s’excite aussi. « On va gagner ! » crie un supporteur à la mi-temps. Mais personne ne veut céder.

Le boulevard bloqué

« Si on ne gagne pas, c’est que Dieu ne l’aura pas voulu », souffle, inquiet, Mouloud. Mais les têtes de Bougherra et de Bouazza vont abattre les Eléphants. Les vitres du Djerba Cacher tremblent. A l’intérieur, une dame continue de déguster ses spaghettis, imperturbable. Mais dehors, c’est déjà de la folie.
Les rues de Barbès se remplissent d’une foule impressionnante, qui brandit des drapeaux et clame : « Les Algériens ! Les Algériens ! » Peu après le coup de sifflet final, la circulation est bloquée sur le boulevard. Des fumigènes et des pétards sont jetés, tandis que des jeunes gens se hissent sur les piles du pont du métro aérien. « Avec cette équipe, tout est possible, s’extasie Nabil. Elle n’a pas de stars. Mais elle a un gros coeur ».

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