NOUVELLES DU 18 EME

Publié le par LEPIC ABBESSES

Nouveaux cours de danse à la cité Traëger

Testez le « Boogie Groove » une nouvelle façon de danser qui mélange l'afro, le contemporain, le hip hop, le classique et le jazz ! Les cours ont lieu tous les vendredis à 20h30 à la cité Traëger avec Benedicth Sene.

L'association la Tribu de Paris vous propose des cours de Boogie Groove avec la chorégraphe Benedicth Sene. Grâce à sa diversité artistique, la chorégraphe a créé une nouvelle danse aux couleurs métissées.

Formée à Paris à l'école Rick Odums, puis à New York à l'école Alvin Ailey où elle a étudié la danse classique, moderne, africaine et jazz, Benedicth Sene travaille aujourd'hui avec de nombreux chorégraphes internationaux tels qu'Irène Tassembedo, Georges Momboye, Pier Ndoumbe ou encore Salia ni Seydou.

A noter : L'association propose un tarif spécial pour les habitants du 18e. Profitez-en !

Infos pratiques
Cours de danse boogie groove
Tous les vendredis à 20h30
A la cité Traëger
19 rue Boinot
M°: Marcadet Poissonnier/ Simplon
Renseignements : 06 12 51 15 03
Email : benedicthsene@yahoo.fr

 





Projet culturel solidaire France-Sénégal

Artistes ou amateurs, vous désirez apporter votre savoir faire à un projet solidaire entre la France et le Sénégal ? Participez aux ateliers proposés par l'association La Tribu qui souhaite monter plusieurs projets pour juillet 2010 au Sénégal.

Participez aux ateliers de La Tribu !

L'association La Tribu lance mi-janvier des ateliers de travail qui se déclinent sous différentes formes : travail d'improvisation artistique, réunions thématiques, ateliers d'art plastique... Par la suite, ces ateliers déboucheront sur une restitution publique qui présentera lectures, expositions, performances, spectacles individuels ou collectifs avec pour objectif de récolter des fonds afin de mettre en place l'ensemble des projets de solidarité prévu en 2010 avec le Sénégal.

En quoi consistent ces projets ?

Avec pour objectif de mutualiser les connaissances, de développer les échanges artistiques et pédagogiques entre la France et le Sénégal et de rapprocher les peuples à travers une création collective, l'association souhaite monter un spectacle culturel qui se déroulera pendant trois semaines au Sénégal. Cette nouvelle création réunira 10 artistes français et 10 artistes sénégalais avec danseurs, slameurs, rappeurs, circassiens, chanteurs, musiciens, graffeurs.

En plus de ce projet artistique de scène, l'association mettra en place un chantier de solidarité internationale, des stages artistiques, des résidences de création et lancera la construction d'une Maison des Arts à Mboro au Sénégal.

Janvier : les prochaines dates à retenir

Du 15 au 29 janvier 2010 : exposition la tribu-tiarangal
Vernissage le 15 janvier à 18h
A la Maison des Initiatives Etudiantes de Paris au 50 rue des Tournelles, Paris 3e

Dimanche 17 janvier et samedi 30 janvier : ateliers de la Tribu
De 12h à 13h : discussion et inscription
De 13h à 16h : atelier chorégraphique et vocal avec Pier Ndoumbe
Au 5 rue Curial, Paris 19e

Informations utiles
Ateliers de la Tribu
Lancement le 17 janvier 2010 à 12h
Au 5 rue Curial, Paris 19e
Renseignements et inscriptions au 06 67 11 31 88
Email : latribudeparis@free.fr

 

 

 

 

Amphitryon de Molière

Pièce qui flirte avec la comédie et la tragédie, l'Amphitryon de Molière, mise en scène par Bérangère Jannelle se joue du 27 janvier au 12 février 2010 aux Abbesses. Une histoire de sosies manipulés par les dieux et de dieux fantasmés par les hommes.

Des hommes dépossédés de leur identité par des dieux qui veulent séduire leurs femmes et les persécutent. Voilà l'histoire que Molière raconte. Amphitryon et Alcmène viennent à peine de se marier. Jupiter, le plus grand des dieux du Capitole, veut séduire Alcmène. Pour cela, il emprunte l'apparence d'Amphitryon. Il est aidé de son fils, Mercure, le dieu du commerce et de tous les trafics, qui se transforme en Sosie, le valet d'Amphitryon. Alcmène est abusée par Jupiter au cours d'une nuit sans fin tandis qu'Amphitryon et Sosie entrent à leur tour dans ce rêve fantastique où tous se confondent et où personne n'est plus personne.

Jeux de miroirs, jeux de pouvoirs, jeux de séduction... Le moi s'égare dans cette mécanique théâtrale des faux-semblants où les dieux manipulent des hommes dépossédés de leur identité. Dans cette « pièce à machines », entre comédie et tragédie, Molière signe une pièce composite au rythme alerte. Écartant toute vraisemblance, Bérangère Jannelle crée un univers fantasmagorique à travers effets spéciaux et machinerie complexe.

A travers la mise en scène de cette pièce, Bérangère Jannelle a voulu se plonger dans la comédie philosophique et sociale pour développer les rapports entre pouvoir et désir, entre pouvoir du théâtre et théâtralité du pouvoir.

Informations utiles
Du 27 janvier au 12 février à 20h30
Dimanche 31 janvier à 15h
Au théâtre des Abbesses
31 rue des Abbesses
M° Abbesses
Réservation au 01.42.74.22.77

 

 

 

 

AMPHITRYON

Comédie

Par J.-B. P. de MOLIÈRE

Représentée pour la première fois à Paris,
sur le Théâtre du Palais-Royal,
le 13e JANVIER 1668,
par la Troupe du Roi.

NOTICE

Amphitryon, créé à Paris, sur le théâtre du Palais-Royal le 13 janvier 1668, et représenté devant la cour dès le 16 janvier aux Tuileries, connaît un succès très net: les quinze premières représentations rapportent près de 13.000 livres, soit une moyenne de 865 livres par représentation. En février, sa représentation est complétée à l'affiche par des œuvres plus courtes*, ce qui est un signe de fléchissement. Dès le mois de mars, la pièce, dédiée au Grand Condé qui a soutenu le poète dans les moments difficiles*, est imprimée.

On peut s'interroger sur les raisons qui poussent Molière à reprendre ici un des plus anciens thèmes du théâtre occidental, mais qui ressemble peu à ceux qu'il choisit d'ordinaire. Tout d'abord, il semble s'intéresser à Plaute, dont une traduction de l'abbé de Marolles est parue en 1658, et qui constituera également la source de L'Avare. Ensuite, une version plus récente due à Rotrou, Les Deux Sosies (1637), reste à l'affiche jusqu'en 1650 au moins, et le thème paraît à la mode, puisque les comédiens du Marais en tirent, à cette même date, une pièce intitulée La Naissance d'Hercule. Enfin, il convient de rappeler qu'Amphitryon est une pièce à machines, genre à la mode vers 1660, et que Molière n'est pas fâché de concurrencer ainsi le théâtre du Marais qui s'est fait une spécialité de ce type de spectacles: La Toison d'or de Corneille y a été applaudie à partir du début de 1661 jusque durant l'hiver 1663-1664; Les Amours de Jupiter et de Sémélé de Boyer y ont obtenu un vif succès pendant la saison 1665-1666, et le même Boyer se prépare à donner à la même troupe La Fête de Vénus, créée au début de 1669.

Une autre hypothèse a été émise en 1835 par Roederer*, et reprise ensuite par Michelet et bien d'autres*, selon laquelle la comédie aurait été écrite pour faire écho à la faveur de Mme de Montespan, qui remonte soit à juin 1667, soit aux premiers mois de 1668. Une telle hypothèse est à la fois bien tardive — elle est formulée près de deux siècles après l'événement —, et parfaitement invraisemblable*, quand on sait que Molière était un courtisan jouissant d’un statut très enviable auprès de Louis XIV.

La pièce doit beaucoup à la tradition et principalement à Plaute, pour le titre et le nom des personnages, pour le déroulement de l'histoire, mais aussi pour certains passages qui sont directement traduits du texte latin. Les différences essentielles sont dues au fait que le texte utilisé par Molière, celui de l'édition bilingue de 1658, publiée par Michel de Marolles n’est pas le texte moderne dont nous disposons. L’original latin, comporte des lacunes aux actes III et IV, ainsi que des scènes de liaison ajoutées depuis la Renaissance par Hermolaeus Barbarus, un humaniste italien du XVe siècle*.

La version de Molière est donc très proche de celle de Plaute. Il faut simplement préciser que son Prologue a pu être influencé par Mercure et le soleil de Lucien, comme le signale Pierre Bayle dans son Dictionnaire historique et critique, ainsi que par quelques vers de Plaute et surtout de Rotrou, chez qui Mercure demande à la Lune de marcher à pas plus lents pour complaire à Jupiter*. De même, l'épisode final de l'annonce par la servante de la naissance de deux jumeaux et du récit des exploits de l'un d'entre eux est emprunté de l’acte V de l'Amphitruo. En revanche, l'Amphitryon de Molière est enrichi de plusieurs scènes et épisodes étrangers à la comédie latine, parmi lesquels ceux qui mettent en présence Cléanthis et Mercure, ou Cléanthis et Sosie (Resp., I, 4, et II, 5 et 7).

En fait Molière se livre ici avec liberté au jeu de la réécriture, rivalisant avec ses modèles, ce que le public cultivé devait apprécier au plus haut point: l’intérêt de ce jeu savant, qui suppose une certaine connivence, réside alors, pour qui connaît les œuvres de Plaute et de Rotrou, dans la façon de reprendre tel épisode, telle situation de parole, voire telle réplique, en en modifiant l'écriture, le ton, en les modulant de manière originale, en les adaptant à son public de connaisseurs et au goût de son temps épris de galanterie.


Ainsi, les passages empruntés par Molière n’ont plus grand chose de commun avec l’original, car le savoir-faire de l’homme de théâtre fait ici toute la différence avec ses prédecesseurs, en particulier quand il s’agit d’exploiter au mieux une situation de parole et d’en valoriser les moindres effets. Prenons par exemple la scène où Amphitryon se réjouit de retrouver Alcmène, son épouse, alors que celle-ci, abusée par Jupiter, croit avoir déjà revu son mari. Nous ne retiendrons que deux points: chez Plaute, Alcmène répond posément et de bonne grâce à son époux qui lui pose pourtant des questions assez saugrenues à ses yeux, de sorte que le comique ne réside que dans la situation. Molière, pour sa part, ne se satisfait pas de ce maigre bénéfice dramatique; il joue avec doigté sur la tension qu’il fait s’accroître régulièrement entre les époux, de sorte que leurs propos deviennent plus émotifs, et tout à la fois plus stylisés, ce dont témoignent entre autres la reprise des termes de l’un par l’autre, ainsi que l’identité des attaques de répliques:

ALCMÈNE.— Est-ce qu'une vapeur, par sa malignité…
AMPHITRYON.— Cette vapeur, dont vous me régalez…

ALCMÈNE.— C'est ce qu'on peut donner pour change,
Au songe dont vous me parlez.
AMPHITRYON.— À moins d'un songe, on ne peut pas sans doute…

AMPHITRYON.— Laissons un peu cette vapeur, Alcmène.
ALCMÈNE.— Laissons un peu ce songe, Amphitryon…

AMPHITRYON.— Quoi? vous osez me soutenir en face…
ALCMÈNE.— Quoi? vous voulez nier avec audace… (v. 908-938)

L’égale conviction des époux forme un jeu de théâtre spectaculaire et suscite une dynamique qui donne au spectateur le sentiment qu’on s’achemine vers l’irréparable. Second point, qui a trait à la façon de mettre en valeur un élément important de l’échange: alors que chez Plaute, Alcmène dit assez tôt, et sans qu’Amphitryon le lui demande: «Non, tu as dîné avec moi, et tu as couché avec moi*», Molière crée un effet en retardant longtemps cet aveu, ce qui est également créateur de tension. C’est d’abord Amphitryon qui demande à sa femme de lui raconter «toute l’histoire» par le menu. Et alors qu’Alcmène, revivant la scène, s’étend innocemment sur ces moments heureux,

Tous ces transports, toute cette tendresse,
Comme vous croyez bien, ne me déplaisaient pas;
Et s'il faut que je le confesse,
Mon cœur, Amphitryon, y trouvait mille appas.

le malheureux Amphitryon prononce une série d’apartés crispés («Ah! d'un si doux accueil je me serais passé… Peut-on plus vivement se voir assassiné?»), ce qui suscite, on le voit, un comique de nature psychologique. Et quand arrive le moment fatidique,

On servit. Tête à tête, ensemble nous soupâmes;
Et le souper fini, nous nous fûmes coucher.

Le poète ménage un effet aussi farcesque que pathétique dans la question misérable du piteux époux: «Ensemble?». C’est, encore une fois, dans ce domaine que Molière est incomparable, dans cette manière de tirer tout le suc d’une situation de parole en ménageant une subtile gradation liée à l’émotivité des personnages, en jouant sur les effets de tension puis de relatif apaisement, et en préparant au mieux la portée de quelques répliques marquantes que Molière dépasse de cent coudées ses prédecesseurs et s’impose comme un très grand auteur dramatique.

La qualité de cette pièce est également liée en grande partie au ton très particulier que Molière a su trouver, et qui tient essentiellement au mariage d’éléments de nature différente. Les contemporains apprécient d'ailleurs cette originalité, si l'on en croit le gazetier Robinet:

L'aimable enjouement du comique
Et les beautés de l'héroïque,
Les intrigues, les passions,
Et bref, les décorations,
Avec des machines volantes
Font un spectacle si charmant*

Tout d'abord, l’enjouement, dont parle Robinet: dans la conception même du sujet, Molière, abandonnant le merveilleux mythologique qui, chez Plaute, confère au dialogue une certaine gravité, fait d'Amphitryon à la fois une comédie galante au ton enjoué, fort à la mode dans les milieux mondains*. Les personnages, y compris les Dieux, ont ici des manières bien humaines, et on les traite dans certains passages avec une liberté de ton, à laquelle fera écho celle de Psyché de La Fontaine, un an plus tard. Molière «modernise» ainsi les caractères: Jupiter, devenu galant, perd toute majesté et sait ruser quand il le faut*. Mercure, quant à lui, est un courtisan prêt à tout pour le service d'un maître qu'il ne tient pas en haute estime. Alcmène enfin, loin d'être une matrone antique, apparaît comme une jeune femme délicate et sensible, généreuse et droite. Elle fait partie de ces personnages, harmonieusement équilibrés, telle Elmire dans Le Tartuffe, qui constituent le pôle positif de la dramaturgie moliéresque et font pendant aux personnages ridicules (voir Morale). De surcroît, c'est là peut-être le plus beau rôle d'amoureuse de tout le théâtre de Molière; Giraudoux, dont l'héroïne trouve qu'il «est mal élevé de tromper son mari, fût-ce avec lui-même*», saura s'en souvenir.

Ensuite, la pièce charme par son atmosphère galante très particulière, à laquelle concourent les agréments du vers libre, que le poète a déjà utilisé avec brio dans son Remerciement au Roi, en 1663. Molière s'affirme ici comme un maître en la matière, à l'égal du La Fontaine des Fables. On a souvent loué la souplesse des rythmes, la variété des mètres, et il est facile de s'en rendre compte quand on rapproche tel passage de Dom Garcie de Navarre de son réemploi dans Amphitryon*; alors que le prince jaloux s'adressait en ces termes à sa bien aimée:

Que si votre courroux ne peut être apaisé,
Si mon crime est trop grand pour se voir excusé,
Si vous ne regardez ni l'amour qui le cause,
Ni le vif repentir que mon cœur vous expose,
Il faut qu'un coup heureux, en me faisant mourir,
M'arrache à des tourments que je ne puis souffrir.
Non, ne présumez pas qu'ayant su vous déplaire,
Je puisse vivre une heure avec votre colère.

Le héros galant qu'est Jupiter s'empresse, pour charmer Alcmène, d'assouplir le rythme syntaxique et métrique d'un propos, qu'il trouve sans doute trop martial, et d'adoucir les sonorités en jouant notamment sur les syllabes féminines:

Si votre cœur, charmante Alcmène,
Me refuse la grâce où j'ose recourir,
Il faut qu'une atteinte soudaine
M'arrache, en me faisant mourir,
Aux dures rigueurs d'une peine
Que je ne saurais plus souffrir.
Oui, cet état me désespère:
Alcmène, ne présumez pas
Qu'aimant comme je fais vos célestes appas,
Je puisse vivre un jour avec votre colère.

Le ton si particulier d'Amphitryon tient aussi à l’humour et au comique que Molière marie avec virtuosité au ton de la comédie galante, grâce aux personnages des valets. Notamment, le poète invente celui de Cléanthis, ce qui lui permet de faire rire au moyen d'effets de parallélisme entre le dialogue des maîtres et celui des serviteurs: quoi de plus drôle que de voir Mercure, sous les traits de Sosie, traiter de façon cavalière la prude Cléanthis, alors que Jupiter vient de se raccommoder de la manière la plus tendre avec Alcmène? (Resp., I, 3, et I, 4)

Quant au personnage de Sosie, il jouit d'une force comique inégalée, grâce à un parfait dosage de gestes burlesques, de propos familiers, impertinents et spirituels, et de franche naïveté dans l'analyse des sentiments. Il est drôle, par exemple, quand il adopte la posture du moraliste, alors qu’il craint d’apprendre son infortune conjugale:

La chose quelquefois est fâcheuse à connaître,
Et je tremble à la demander.
Ne vaudrait-il point mieux, pour ne rien hasarder,
Ignorer ce qu'il en peut être?
Allons, tout coup vaille, il faut voir,
Et je ne m'en saurais défendre.
La faiblesse humaine est d'avoir
Des curiosités d'apprendre
Ce qu'on ne voudrait pas savoir. (II, 3)

ou encore quand, observant Mercure, il livre avec naïveté l’image qu’il se fait de lui-même:

Des pieds jusqu'à la tête, il est comme moi fait,
Beau, l'air noble, bien pris, les manières charmantes;
Enfin deux gouttes de lait
Ne sont pas plus ressemblantes;
Et n'était que ses mains sont un peu trop pesantes,
J'en serais fort satisfait.

Effet d’autant plus amusant que Mercure aura pour sa part une toute autre perception de cette prétendue ressemblance:

Je lui donne à présent congé d'être Sosie.
Je suis las de porter un visage si laid,
Et je m'en vais au Ciel, avec de l'ambrosie,
M'en débarbouiller tout à fait. (Resp. II, 1 et III, 9.)

Surtout, Sosie jouit d’un humour qui renouvelle les effets empruntés. Par exemple, alors que Rotrou avait fait dire à son personnage:

Cet honneur, ce me semble, est un triste avantage .
On appelle cela lui sucrer le breuvage*.

Molière écrit:

Le seigneur Jupiter sait dorer la pilule (III, 10, v. 1917)

effet beaucoup plus drôle, car, outre sa concision, il permet une amusante opposition des tons héroïque (Le seigneur Jupiter) et familier, sinon bas (dorer la pilule). Molière joue volontiers, à ces occasions, sur la variété des mètres que lui permet le vers libre, et l’on goûtera ainsi les quelques licences et facéties de versification qui en résultent, comme ici où un vers de sept syllabes brise le rythme plus solennel des alexandrins pour mieux accuser la chute comique:

Tes coups n'ont point en moi fait de métamorphose;
Et tout le changement que je trouve à la chose,
C'est d'être Sosie battu*.

ou comme dans ce distique, où la différence des mètres souligne la prétendue «singularité» de Sosie:

Les uns à s'exposer trouvent mille délices;
Moi, j'en trouve à me conserver.

L'ensemble de ces procédés et de ces effets crée ainsi une atmosphère propre, et l’on voit ici Molière innover en tentant une expérience nouvelle, celle de la réécriture, permettant d’adapter à son public de connaisseurs et au goût de son temps épris de galanterie, un sujet comique traditionnel. Avec cette virtuosité et ce doigté se dévoile ici un autre des talents du poète.

 

 

 

 

Théâtre des Abbesses du 5 au 16 janvier 2010  Voir les horaires    Théâtre des Abbesses
31 rue des Abbesses Paris 18 EME

  • du mardi 5 au samedi 9 janvier 2010 - 20h30
  • le dimanche 10 janvier 2010 - 15h00
  • du mardi 12 au samedi 16 janvier 2010 - 20h30

durée : 1h40


Ascanio Celestini Auteur
Charles Tordjman Metteur en scène

La Fabbrica  Création

 

Depuis toujours existe en Italie un courant théâtral dont le grand maître demeure Dario Fo et auquel appartient Ascanio Celestini. Courant porté par des auteurs-acteurs-musiciens-improvisateurs, occupés à saisir l’actualité politique, à la traduire en fables d’une féroce et réjouissante justesse.

 

Histoire d’une usine sidérurgique, mêlée à celle d’une famille durant trois générations. Au départ, il s’agit d’un monologue à partir de la lettre qu’un fils écrirait à sa mère. Un texte du chroniqueur italien Ascanio Celestini que le metteur en scène, Charles Tordjman situe du côté de Fellini, Moretti, Dario Fo.  « Le récit ne suit pas la chronologie de l’usine,  il en dévoile les secrets : comment, après la guerre, elle naît du désir d’un homme riche, comment il l’a accaparée, les alliances politiciennes qui lui ont permis de maintenir son pouvoir sur la région. Il y a aussi une femme, belle comme une madone. Incarnation de l’usine et mante religieuse, elle donne naissance à un enfant monstrueux, séduit les ouvriers avant de les jeter dans un puits. Image des dégâts que, par exemple, peut provoquer l’amiante ». Il s’agit d’une fable, accompagné sur scène par Giovanna Marini et son trio. Un conte de sorcières à propos de l’Italie, du monde, des usines démantelées, délocalisées. Et de la disparition progressive de la classe ouvrière. 




du 15 au 20 février 2010  Voir les horaires    Théâtre
  • du lundi 15 au vendredi 19 février 2010 - 20h30
  • le samedi 20 février 2010 - 15h00
  • le samedi 20 février 2010 - 20h30

durée : 2h15


Michel Vinaver Auteur
D'après Oriza Hirata Auteur
Arnaud Meunier Metteur en scène

Tori no tobu takasa
En Français et en Japonais, sous-titré

 

Une adaptation Japonaise de Par-dessus bord


Par-dessus bord, ou les chamboulements humains et sociaux, au sein d’une entreprise familiale française rachetée par une multinationale américaine.

 

La pièce étant de Michel Vinaver, elle glisse avec panache sur les rives de l’humour et raconte du vrai. Oriza Hirata en confie la mise en scène à Arnaud Meunier, et adapte la pièce à la situation actuelle dans son pays. L’entreprise familiale, rachetée par une compagnie française, est donc japonaise. Les comportements changent peu, mais ce n’est plus l’intrusion d’un juif qui provoque une réaction de refus, c’est celle d’un Rwandais « Un homme ayant lui aussi échappé à un massacre. J’avais pensé à un survivant d’Hiroshima, mais le problème n’est pas le même. Et puis chez nous on voit si peu de Noirs que leur situation est souvent difficile. Les juifs, on ne fait pas attention ». Dans les films que nous recevons, le cinéma nippon aborde parfois ce genre de thème. Sur scène, c’est rarissime. Hirata représente un cas particulier : son théâtre est privé, il bénéficie donc d’une marge de liberté, traite de sujets qui mettent en cause les comportements quotidiens. Vinaver dit de lui : « Il est mon frère ».


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