NOUVELLES DU 18 EME

Publié le par LEPIC ABBESSES

Rue des Poissonniers, place
nette pour un nouveau quartier

9 décembre 2009 par Philippe Bordier

La municipalité du 18e arrondissement de Paris a voté, lundi 7 décembre 2009, en conseil d’arrondissement, une délibération qui entérine la concertation préalable à l’aménagement du 110 à 122 rue des Poissonniers. Conséquence, plus rien ne peux sauver la vieille maison de cheminots, dont la destruction ira à son terme.

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Des ouvriers détruisent l’une des deux cheminées de la maison.

Cette fois, c’est bien la fin. On ne voit pas ce qui pourrait sauver la maison SNCF du 122 rue des Poissonniers, dans le 18e arrondissement de Paris. Le conseil d’arrondissement du 7 décembre 2009 a en effet adopté une délibération dressant le bilan de la concertation préalable dans le cadre de l’aménagement du site Tout est ok, la démolition de la bâtisse peut continuer. Pour laisser place à un nouveau quartier.

Pascal Julien, les Verts, qui s’est mobilisé avec les habitants favorables à la préservation de la maison est en colère : « La concertation n’est pas allée à son terme, explique-t-il. L’avis des habitants et des élus concernés (en particulier Roxane Decorte, UMP) n’a pas été pris en compte. » Et de brandir une pétition de 500 signatures contre la destruction de la maison, recueillies par l’association locale Urban 18. Avant de préciser que son groupe ne votera pas la délibération. Comme l’UMP.

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Le plan du nouveau quartier entre la rue des Poissonniers et les voies SNCF.
MG.AU architecture et urbanisme / Rocher Rouge paysagiste

« Question patrimoine, cette maison n’a pas de valeur, » affirme Michel Neyreneuf, adjoint chargé de l’urbanisme, qui invoque aussi, et surtout, des questions de sécurité : « L’aménagement du carrefour Poissonnier, Championnet, Boinod, est incompatible avec le maintien de cette maison. Dans le cadre du nouveau quartier, les piétons, en particulier, devront circuler sans danger dans ce secteur. » « D’ailleurs, renchérit Daniel Vaillant, maire du 18e, la RATP, les pompiers et la préfecture de police, préconisent la destruction de ce bâtiment. » L’argument tient la route : d’ici trois à quatre ans, plusieurs centaines de personnes circuleront régulièrement dans le coin. À la hauteur du 122 rue des Poissonniers, la chaussée se rétrécit subitement. La présence de la maison interdit d’élargir le trottoir à cet endroit.

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La localisation des nouveaux bâtiments.
MG.AU architecture et urbanisme / Rocher Rouge paysagiste
Initié par la ville de Paris sur des parcelles achetées à la SNCF, le projet d’aménagement prévoit la construction de 90 logements sociaux, d’une crèche de 66 berceaux, de plusieurs commerces, d’un pôle santé, d’une pépinière d’entreprise et d’un square. Un gymnase et un centre d’animation sont aussi prévus, mais pour plus tard. Mouna Abdallah, président de l’association Urban 18 soutient « ce dossier depuis le début ». Mais il est déçu : « Il était possible d’intégrer la petite maison dans le projet. » À la place, il devrait y avoir une sorte de panneau indiquant « qu’ici s’élevait une maison de cheminots, témoignage des Chemins de fer du Nord, au début du 20e siècle… »









Conseil d’arrondissement, suite...

Les sans-papiers
Un vœu au préfet de police, relatif aux neuf travailleurs sans-papiers qui occupent une partie des locaux de l’entreprise de nettoyage O’Net, boulevard Ney, dans le 18e arrondissement de Paris, a été présenté par Pascal Julien et ses collègues verts, les élus socialistes, apparentés et communistes. Ce vœu demande au préfet de police d’examiner avec « bienveillance la demande de régularisation de ces neuf personnes. »

Occasion pour les élus de rappeler leurs positions respectives sur le dossier des travailleurs sans-papiers – et des sans-papiers en général : à la situation boulevard Ney, est venue s’ajouter, récemment, l’occupation de l’entreprise ISS, rue Championnet, par une cinquantaine de travailleurs à la situation identique. Sans parler de la rue Baudélique, où près de 3000 personnes patientent depuis juillet 2009, au "ministère de la Régularisation des sans-papiers".

Pour Éric Lejoindre, premier adjoint au maire du 18e, Daniel Vaillant, « il faut régulariser au cas par cas, sur des critères transparents ». « Les lois et les réglementations du gouvernement permettent cette régularisation au cas par cas, a souligné Christian Honoré, élu UMP. Il faut vérifier la situation de ces travailleurs. Le préfet examine les dossiers avec humanité. »

Daniel Vaillant est favorable « à une régularisation la plus large possible des sans-papiers qui travaillent et payent des cotisations sociales. » En outre, le maire s’est prononcé « pour la répression accrue des filières clandestines ». Pascal Julien lui a rétorqué que ces filières prospéraient « grâce à la fermeture des frontières ». Au passage, Daniel Vaillant a révélé qu’entre 2000 et 2002, quand il était ministre de l’Intérieur, il avait fait régulariser, « à bas bruit, plusieurs dizaines de milliers de sans-papiers. »

Les tresseurs
Les vendeurs et tresseurs de bracelets brésiliens qui officient aux abords du funiculaire de Montmartre et de la place Charles Dullin sont dans le collimateur des élus du 18e arrondissement. Ils ont voté un vœu, à l’unanimité, pour demander au préfet de police « qu’un dispositif spécifique vienne renforcer les actions misent en œuvre par le commissariat local ».

« La municipalité est fortement préoccupée depuis plusieurs années par le fait que des touristes soient agressés et se sentent obligés d’acheter des bracelets en tissu au prix fort afin de pouvoir circuler librement, a expliqué Myriam El Khomri, adjointe au maire de Paris, conseillère déléguée à la prévention à la tranquillité publique. Ce phénomène perdure et dégrade l’image du site et la vie quotidienne de ses riverains. »

Ce vœu répondait aussi à une demande du conseil de quartier Montmartre. « Ces gens se comportent de manière illégale, » a insisté Bruno Sarre, son président. Et l’élu PS de préciser : « Ils se comportent comme des délinquants et font même payer les touristes qui souhaitent entrer dans le square. »



Forum

Le musée de Montmartre
a sept jours pour redresser la barre
9 décembre 2009, par Hélène
La pétition n’a pas été signée que par les Montmartrois, en particulier celle mise en ligne. Le compte rendu de Dixhuitinfo permet de mieux comprendre d’où vient le problème essentiellement lié à une gestion contestable puisque le Musée est payant, qu’il gère une boutique mais aussi que les quelques 400 membres de l’Association versent une cotisation annuelle de 40 euros et qu’il recevait jusqu`à présent une subvention de la Ville de Paris. Espèrons que le nouveau gestionnaire, ancien directeur financier, réussira à sauver le Musée avec l’aide de la Mairie.



http://www.dixhuitinfo.com/

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