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NOUVELLES DU 18 EME

Publié le par LEPIC ABBESSES

Le Cirque des Mirages… ou miracles ?

« Révolutionnaires, renversants, géniaux » sont les mots qu'on utilise pour qualifier Parker et Yanowski, ces 2 gaillards audacieux qui débarquent aux trois baudets pour un cabaret-théâtre expressionniste et fantasmagorique à l'univers troublant.

Le premier est pianiste, le second est chanteur. Et à eux deux, il ont inventé le Cirque des Mirages, un cabaret-théâtre qui donne à voir, à entendre, à rire et à penser.

Sur scène, Yanoski, le corps dégingandé, s'allonge et déborde dans une gestuelle saisissante. Quant à Parker, le doigté impassible, il martèle une étrange rythmique. Les textes nous plongent dans les bordels enfumés de Buenos Aires jusqu'à l'univers insolite des bateleurs Londoniens. A travers textes, musiques, chansons et interprétations, non seulement, ce duo nous fait partager leur mélancolie d'illuminés, mais en plus, ils rafraîchissent le cabaret-théâtre à leur manière.

Informations utiles
Le Cirque des Mirages
Du 10 au 29 novembre
Au trois baudets - 64 boulevard de Clichy
M° Blanche ou Pigalle
Informations et réservation au 01 42 62 33 33 au par email infos@lestroisbaudets.com

 

 

 

 

 

 

 

Théâtre d’O à Montpellier

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Yanowski et Parker : hallucinants

Avant de s’installer aux Trois Baudets à Paris, « le Cirque des mirages » est allé secouer le public montpelliérain du Domaine d’O. Yanowski et Fred Parker ont emballé les spectateurs, conquis d’avance, avec leur cabaret expressionniste. Hallucinant.

Depuis 2000, année de leur rencontre, Yanowski et Parker, forment un couple artistique à part. Le premier, parolier, a trouvé chez le second un musicien sur mesure. Leur tour de chant, le Cirque des mirages, admirablement rodé, poursuit son aventure exceptionnelle. Ils renouvellent un genre que l’on croyait obsolète, le cabaret expressionniste. Au xixe siècle, « il constituait le cénacle de l’avant-garde et de la résistance, dans ce bouillant creuset se tramaient les pires accouplements artistiques », rappelle Yanowski. Érudit, cet ancien étudiant en philosophie qui dévorait les livres de Poe, Schwob, Borges ou Cortázar, a puisé son inspiration chez ces auteurs ainsi que dans les chansons de corps de garde, de Ferré, Vian ou Brel. On a remarqué quelques emprunts très peu modifiés. Pour n’en citer qu’un, Poker, de Charles Aznavour, magnifiquement réapproprié d’ailleurs. Ces textes, parfois sulfureux, nous baladent dans des univers troubles, transposition à peine voilée de notre quotidien. Dieu, le diable, les fonctionnaires, les prostituées, les États roublards, subissent le même traitement irrévérencieux.

 

 

 

 

Les villes sont pleines d'amour et de douleur
Deux plantes dont la mort est la commune fleur.

Guillaume Appolinaire.

Deux mille ans de mensonges,
De morale hypocrite
De châtiments sans nom
Tout ça pour une cuite !

La véritable Histoire du Christianisme.

La culture de masse, c'est bien, mais parfois j'aime bien aussi qu'on me résiste. Je ne cours pas forcément après l'inaccessible, mais j'ai toujours pensé pensé que le meilleur moyen de progresser dans la connaissance, quelle qu'elle soit, était de viser à chaque fois un peu au dessus de ses possibilités : en dessous, il n'y a pas de progrès, trop au dessus, on n'y arrive pas.

La musique, c'est une connaissance aussi, tout ce qui est culture est connaissance, du coup j'y applique la même façon de voir, que ce soit celle que je joue ou celle que j'écoute. J'ai donc les oreilles grandes ouvertes quand je passe à coté de quelque chose qui est connecté à un univers que je connais, mais quand même dehors.

Et justement, le Cirque des Mirages, c'est connecté à ce que je connais, mais c'est quand même dehors. Au premier coup d'oreille, j'ai reconnu quelque chose, sans savoir dire quoi, et j'ai tout de suite été gêné par d'autres choses, sans savoir lesquelles non plus. Bon, ben il n'y a pas trente-six solutions : il faut approfondir la question.

Llega a golpear con su anillo sin piedra
Con sus labios sin dientes llaga la muerte
Llega para gritar con su boca sin lengua
Con sus labios sin dientes llega la muerte

Le Cirque des Mirages ? Mais qu'est-ce ? C'est le nom de l'album de Parker et Yanowsky. Ou alors c'est le nom du duo qui vient de sortir l'album Parker et Yanowsky ? Je ne sais pas trop : Parker et Yanowsky ne se nomment dans la vraie vie ni Parker, ni Yanowsky mais Frédéric Aliotti et Yann Girard. Le premier est pianiste, le second est chanteur, encore que chanteur soit un peu court : il y a une part de comédie dans ces chansons là.

J'ai très vite trouvé ce qui me gênait : dès la première écoute, dès les premiers mots, la voix est excessivement empruntée. On entend parfois des intonations de Serrault dans la cage aux folles... Pas tout le temps (ouf) mais ça ressort de temps en temps. Il y a dans tout cet album une espèce de grandiloquence qui peut être rebutante... Tant qu'on n'est pas entré dans l'univers. Parce que tout ça est fait avec franchise, une fois qu'on est immergé dans l'ambiance, on n'a plus envie d'en sortir.

Et si vous aussi vous possèdez chez vous un animal difforme ou un enfant atrophié, n'hésitez pas à nous le confier et nous vous le rachèterons pour seulement dix pences !

Certains en ont parlé avant moi qui ont mieux trouvé les mots, ayant plus de culture que moi, mais c'est vrai que ce à quoi on pense très vite, en vrac, c'est une certaine chanson réaliste, c'est le cabaret allemand des années vingt, c'est Tod Browning et Freaks, c'est les montreurs de monstres des cirques glauques de la fin du XIXème siècle. Et ça, c'est tout sauf du Obispo !

Ce n'est effectivement pas le genre de musique qu'on met dans un ascenseur ou un supermarché pour qu'elle rentre dans l'oreille des gens sans en avoir l'air : Les quelques personnes à qui j'ai essayé de faire écouter ça ne m'ont pas remercié. Par contre, j'ai un cas de quelqu'un qui m'a demandé de ne pas écouter ça en sa présence alors que je l'avais mis en musique de fond et qui a vraiment apprécié après l'avoir réellement écouté. C'est qu'ils savent conter, les gaillards. Et c'est vrai que ça s'écoute mieux avec la bouche ouverte qu'avec les yeux vides.

Comme je n'avais pas de fleurs, j't'ai apporté une jambe.

Une caractéristique de ces chansons, c'est qu'elles sont très physiques, très charnelles : il y a une vraie épaisseur. Le coté physique est d'ailleurs visible sur le disque bonus qui contient une vidéo de trois (seulement trois ? Où est le DVD ?) chanson capturées sur scène. Le chanteur avoue n'avoir pas une grande culture de la chanson française, sauf quelques grands classiques : nommément Brel ou Ferré. Et ma foi, on voit bien la référence. Musicalement, y'en a, comme disent les Tontons. Et au niveau de l'implication physique, c'est assez flagrant aussi. Ça vit, c'est charnel, ça parle autant au coeur qu'à la tête, voilà un mélange qui me plaît.

Si c'est toi, cria Pierre, Ordonne que je vienne ! ...
Ben viens !

Une mention toute particulière pour La Véritable Histoire du Christianisme, chanson joyeusement blasphématoire et particulièrement jouissive qui me laisse toujours dans un état d'euphorie proche de celui qu'on peut ressentir après une grosse poussée d'adrénaline. Je ne sais pas si c'est parce qu'on dirait du Brassens chanté par Brel, si c'est parce que c'est drôle ou si c'est parce que ça tape là où on devrait taper plus souvent... C'est sans doute un peu tout ça et d'autres choses encore.

La prochaine fois, je vous parlerai de musique sérielle.

 

 

 

 

 
 
Théâtre musical, conte et nouvelles ; apprentissage de la langue, retrouvaille avec le sens des mots et des lettres, émotions, tout est là condensé dans ces deux hommes (Parker et Yanowski) qui se tiennent là, pas loin ; l’un au piano et l’autre, grand et majestueux avec ces yeux cerclés de noir qui vous regardent et vous hantent de par les paroles dites, contées. C’est un show, un vrai avec des accents hérités, on ne s’y trompe pas de Brel eh oui dans les intonations et puis à la Prévert également avec ces envolés superbes et cette diction qui vous emmène loin dans le temps et loin en avant.
 
Symbiose parfaite du pianiste et complice et du grand escogriffe qui sous ses airs décontractés vous donnera à écouter quelques très belles envolées lyriques ainsi que quelques poésies qui vous ne vous y attendez certainement pas sont d’une trempe qui pourrait choquer mais qui étrangement, c’est parce que les mots sont bien choisis et que le sens de la dérision est là.
 
On appréciera tout particulièrement la poésie sur la ventriloque…. Les vacances d’un couple allemand en France, that is bizar bizar… la religion chrétienne racontée aux enfants (un peu grands) vaut également le déplacement ainsi que la partie de carte avec le diable sans oublier ces moments où la poésie vous submerge et que vous vous laissez emporter sans rien ajouter de plus…
 
Sur fond de jazz Parker fait le chat pendant qu’un violon tsigane se déchaîne au rythme de quelques minutes et Yanowski de se repaître d’eau …
 
A absolument aller voir, c’était au Café de la danse près de Bastille, endroit des plus charmant d’ailleurs, si on arrive à l’avance, merci aux âmes dévouées…
 
Pour les suivre dans leurs différentes dates de concert, c’est ici
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