NOUVELLES DE MONTMARTRE

Publié le par LEPIC ABBESSES

Aux malheurs du Marché Saint-Pierre?

Deux millions d'euros, pour « injures » et « diffamation » : c'est la bagatelle que réclament depuis mars dernier les gérants de Village d'Orsel (société qui exploite le Marché Saint-Pierre) à la romancière Lalie Walker et à son éditeur, Parigramme. On vous en avait déjà touché deux mots ici et , l'audience a eu lieu hier.

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Deux millions d'euros, pour «injures» et «diffamation»: c'est la bagatelle que réclament les gérants de Village d'Orsel à la romancière Lalie Walker et à son éditeur, Parigramme, pour avoir mis en scène le Marché Saint-Pierre dans un polar intitulé «Aux malheurs des dames».

Les plaignants ne se sont pas déplacés. Il faut pourtant bien comprendre ces deux malheureux marchands de tissu. Ladite Lalie Walker a tout de même eu l'audace d'imaginer, dans un polar zolien intitulé «Aux malheurs des dames», une ténébreuse affaire se déroulant dans les coulisses de leur célèbre magasin montmartrois. Autrement dit, elle a utilisé leur « marque » sans autorisation. Si ça n'est pas de la « diffamation », franchement, on se demande bien ce que c'est. De la publicité gratuite, peut-être?

Ce dernier raisonnement n'est pas celui de Salomon Elbaz et Robert Gabbay, qui disent s'être reconnus dans ce roman noir. Faut-il qu'ils n'aient pas tout à fait la conscience tranquille? C'est l'hypothèse avancée par ActuaLitte.com, qui évoque une vieille histoire de licenciement datant de 2005 et 2006. Leur avocate, raconte Rue89, a en tout cas dénoncé «une mise en scène grand-guignolesque (…) ayant pour finalité la chute annoncée du Marché Saint-Pierre.»

L'avocat de Lalie Walker, lui, a fait observer que les plaignants allaient tout de même un peu fort : « Deux millions d'euros de dommages et intérêts, c'est un demi-siècle de bénéfices de Parigramme», a en effet souligné Me Emmanuel Pierrat.

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Mais pour bien montrer l'absurde de la situation, il s'est surtout fait un plaisir de citer d'autres titres de polar à base de «marques», comme «Meurtre dans le TGV» ou «Panique à la Banque du sperme». Vous entendez d'ici la rigolade, dans l'assistance (*).

On ne s'est cependant pas contenté de rire : la relaxe a été requise ; le jugement sera rendu le 19 novembre.

G.L.

(*) D'autant que selon Rue89, l'assistance était composée de pas mal de romanciers inquiets pour leur avenir professionnel, parmi lesquels figuraient notamment Jean-Bernard Pouy (qui est rarement le dernier, comme chacun sait, quand il s'agit de rigoler).

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