NOUVELLES DE MONTMARTRE

Publié le par LEPIC ABBESSES

Exposition « 1921... POULBOT AFFICHE LA RÉPUBLIQUE DE MONTMARTRE »

Du mardi 19 janvier au jeudi 21 janvier de 8h30 à 17h et le vendredi 22 janvier de 8h30 à 12h,c'est dans la Salle des Fêtes de la Mairie du 18eme, 1 place Jules Joffrin, que la République de Montmartre présentera  l’exposition réalisée en collaboration avec le Musée de Montmartre, .

 

« 1921… POULBOT AFFICHE LA RÉPUBLIQUE DE MONTMARTRE »

 

Le public pourra voir les affiches originales créées par Poulbot et ses amis artistes dans les premières années de la République de Montmartre... les « Noël des P'tits Poulbot », le dispensaire de la rue Lepic...

Des documents et objets de l'époque appartenant au  Musée de Montmartre seront également exposés.

(Entrée gratuite)







Avant de dessiner  tous ces "petits bonhommes" (c'est ainsi qu'il les appelait), Poulbot est lui mème un de ces gamins de Montmartre pret à faire les 400 coups derrière les baraques du maquis ou aux détours des ruelles, vétu de sa pélerine à capuchon,  trainant ses gros godillots et son lourd cartable.  
Il est né à Saint Denis de parents instituteurs mais dés sa jeune enfance vient à Montmartre qu'il ne quittera plus.  A 18 ans, il occupe une baraque du maquis, plus tard il emménage rue Lamarck, puis rue Cortot, rue Caulaincourt, rue de l'Orient et finalement dans un trés bel hotel particulier de la rue Junot décoré d'une frise de gamins "pour montrer que c'était aussi leur maison".  
Toute sa vie, il adore les enfants et vient en aide à ceux qui sont dans le besoin, organisant des galas au Moulin Rouge ou de la Galette. "Il avait sans cesse la main à la poche, raconte Roland Dorgelès. Aux petits, il donnait pour s'acheter des billes, des sucres d'orge, du roudoudou -parfois des chaussures- aux grands de quoi régler l'épicier qui coupait le crédit."  
Caricaturiste pour les journaux satiriques, Le Rire et l'assiette au beurre, il illustre à tour de bras et se montre aussi un fameux animateur de fètes Montmartroises. 
 "Dessiner, ça me repose" disait-il...et c'est en se reposant qu'il est  devenu célèbre ... 




Des Gosses et des Bonhommes

 

C'était déjà merveille que de voir, pendant la guerre, de quelle popularité du meilleur aloi le dessinateur Poulbot jouissait même chez les combattants originaires de la campagne, lesquels n'avaient pourtant jamais aperçu un seul des « gosses », parisiens qui pouvaient avoir inspiré cet artiste.

Et l'on sait qu'aujourd'hui le simple énoncé du nom de Poulbot appelle immédiatement dans tous les esprits la vision d'une ribambelle de nerveux enfants îles faubourgs. C'en est au point que l'expression: « un Poulbot » est en train de devenir, dans le pays entier, synonyme d' « un gosse souffreteux et déluré »,

et de remplacer heureusement: « un gavroche » et « un titi ». Poulbot, ce terme, maintenant, ne semfre-t-il pas avoir toujours été, depuis qu'il existe une langue française, un diminutif malicieux et familier? Si familier que nul n'a jamais pensé à remarquer que le prénom de ce dessinateur est tout à fait inconnu.

Mais voici que deux choses, la même semaine, viennent d'attirer davantage encore l'attention sur notre jeune artiste: sa nomination au grade de chevalier de la Légion d'honneur et son affiche pour l'Emprunt.

Sans doute, les promotions dans cet ordre national furent nombreuses ces derniers temps; toutefois, la décoration de Poulbot a ceci de remarquable qu'elle a été sollicitée pour lui par ses aînés, par Louis Morin, Willette, Forain, Jean Weber, Léandre, etc. Démarche qui honore autant ces artistes réputés que celui qui en fut l'objet, démarche qui fait songer au temps où les maîtres-ouvriers des corporations admettaient un cadet dans leurs rangs, après qu'ils avaient jugé son « chef-d'œuvre ».

Quant à l'affiche pour l'Emprunt, tout le monde aura-t-il su remarquer qu 'elle était le résultat d'une méritoire exception aux habitudes de Poulbot? Eh! oui, pour une fois, en considération de la noblesse de la tâche, il a accepté de « travailler pour la publicité »!

Que cette dernière phrase, néanmoins, n 'aille pas faire regarder Poulbot comme un bohème montmartrois. Montmartrois, il l'est, certes, mais dans le meilleur sens.

Disons, pour échapper à l'équivoque, qu'il est un artiste parisien.

Vraiment artiste, il est de ceux qui croient en l'efficacité d'un travail tenace, de ceux qui ne sont jamais tout à fait contents d'eux-mêmes et se montrent simples devant chacun.

Vraiment Parisien, il est né d'une mère Parisienne et d'un père Picard. Que l'on ne voie là aucune plaisanterie: Paris ne serait plus Paris s'il n'était le fruit magnifique des croisements! de toutes les provinces de France.

Aussi bien, Poulbot a fait ses études à Paris. N'ayant jamais fréquenté l'Ecole des Beaux-Arts, c'est sur les bancs du collège Rollin qu'il commença de dessiner pour les journaux vers 1895, année où apparurent des journaux illustrés humoristiques à la devanture des kiosques, plusqu'alors on n'en avait vu que dans certaines familles et dans les cafés.

— Et je n'allais pas au café, ajoute Poulbot. Je ne savais même pas, en ce temps-là, qu'on pouvait payer îles dessins!...

Il ne tarda, d'ailleurs, pas à l'apprendre, puisqu 'il collabora, presque aussitôt, à toutes les publications comiques de France et qu'il devint même, aux jours du mémoire du cœur? On n'en veut plus douter quand on sait que le père et la mère de Poulbot étaient directeurs d 'école et que, dès ses premiers croquis, les gosses furent ses sujets de prédilection.

Au reste, il n 'a jamais pu venir à l'idée de personne que les dessins de Poulbot et les légendes qui les accompagnent puissent être autre chose que l'œuvre d'un seul et même homme. Toute la sensibilité d'un homme se joint ici à toute son intelligence. Et le public ne s'y trompe pas: « Doit-il aimer les gosses . s'écrie-t-il.

Combien le public a raison! Ah! ce n'est pas lui qu'on étonnera quand il apprendra que la fillette qui posa pour l'affiche de l'Emprunt, devant Poulbot allongé sur un lit de souffrances, n'est autre que la propre enfant de ce bon grand garçon, mademoiselle

Commenter cet article