NOUVELLES DU 18 EME

Publié le par LEPIC ABBESSES

Le nouveau numéro de 18 ensemble est sorti

Retrouvez toute l'actualité de l'arrondissement sur « 18 ensemble », le journal d'information de la mairie du 18e, avec un dossier spécial « Jardins partagés du 18e».

Retour sur les événements qui ont animé ce début d'année : l'exposition « Jaurès », la cérémonie des vœux, l'inauguration de la place Django Reinhardt... et un dossier spécial consacré aux jardins partagés.

La version « papier » du magazine est disponible en libre service dans le hall de la mairie du 18e, mais vous pouvez également consulter et télécharger la version électronique en cliquant ci-dessous.



 

Fichiers en téléchargement

18 ensemble n°8 :  - 1.75 Mo

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Un concert solidaire pour les Haïtiens

Jeudi 25 février, le Collectif des chanteurs africains et de la diaspora se produira au Centre Barbara Fleury Goutte d'Or, un événement qui marque la volonté de nombreux acteurs de s'investir pour Haïti et les enfants meurtris par le séisme.

« Unis pour tout recommencer », tels sont les mots qui pourraient résumer l'événement culturel et musical « Haïti debout, Ayiti leve ». Le Collectif des chanteurs africains et de la diaspora, l'Ecole Maurice Genevoix, et le Centre musical Fleury Goutte d'Or-Barbara ont imaginé ce projet, soutenu par la mairie du 18e, qui a permis leur rapprochement.

Ainsi, le 25 février, de nombreux artistes français, africains et de la diaspora se produiront, sur la scène du Centre musical Fleury Goutte d'Or-Barbara : Chantal Ayissi, Alibi Montana, Awilo Longomba, Douleur, Doudou Masta, Ramiro Naka, Base, Meiway, BélO, Padam, le groupe Binobin, 3WAYS, Emmanuel Della Torre, Adjabel, Tinoula...

Hébergé dans ce lieu de la diversité musicale, le concert sera précédé de la projection du film Rara, de Guillaume Pradère-Niquet. De 18h à minuit, le public sera donc invité à découvrir ce pays, sa culture et ses traditions.

Alors qu'Haïti, autrefois surnommée « Perle des Antilles », est aujourd'hui dévastée, l'événement « Haïti debout, Ayiti leve », se présente comme un hymne à l'espoir. En avant-première, le Collectif interprètera la chanson « Un nouveau jour ». Les bénéfices de sa commercialisation, ainsi que les dons de la soirée seront reversés à l'association Nos Petits Frères et Sœurs, pour son orphelinat et pour les écoles pour enfants des rues.

Depuis 21 ans, plusieurs infrastructures majeures ont été construites par l'association Nos Petits Frères et Sœurs, pour venir en aide à la population haïtienne, en particulier aux enfants. Alors que l'association compte déjà 400 enfants dans son orphelinat, elle se prépare à accueillir de nombreux autres ayant perdu leurs parents. Les deux initiatives, « Haïti debout, Ayiti leve » et « Un nouveau jour », permettront également la reconstruction et le développement d'écoles dans les bidonvilles, au nombre de 18 avant le séisme. À l'instar du jumelage créé entre une de ces écoles et l'école française Maurice Genevoix, l'espoir existe que d'autres échanges naissent. Dès lors, les enfants haïtiens, scolarisés et éloignés des dangers de la rue, pourront s'épanouir avec la découverte d'une autre culture, intimement liée par une histoire commune.

Avant le séisme, 80% de la population vivait déjà au-dessous du seuil de la pauvreté ; les enfants étant les premières victimes.
« Haïti debout, Ayiti leve », c'est L'événement solidaire et collectif ; un moment de partage et de découverte à ne pas manquer, qui aidera Haïti et ses enfants à se relever.

Informations utiles
Jeudi 25 février
A partir de 18h
Centre musical Fleury Goutte d'Or
1 rue Fleury
Renseignements au 01 53 09 30 70
Entrée libre

 

 

 

 

 

 

La souffrance du peuple Haïtien sous fond de découverte de pétrole et d’uranium.

Haïti : Souffrance, chaos et dignité !

 

Après avoir exterminés les Indiens et annexés la partie occidentale de l’île, les Français par l’intermédiaire de Colbert, intègrent finalement en 1630 Saint Domingue à la Compagnie esclavagiste des Indes Occidentales. Pour son extrême rentabilité, cette presqu’île reçu alors comme surnom : la Perle des Antilles. [1]

Découverte par le criminel navigateur Christophe Colomb, cette presqu’île nommée autrefois Ayiti par les Indiens Taïnos, allait connaître un autre destin.

La France y déporta quelques millions d’hommes, de femmes et d’enfants d’Afrique noire qu’elle ose dire aujourd’hui qu’elle a « acheté » le long des côtes à des pseudo-rois [2], pour les mettre en esclavage. Cette merveille des Antilles devint alors le siège commercial du diable !

En l’an 1774 seulement, sur 562 navires négriers qui quittèrent les plantations antillaises pour la métropole française, 353 provenaient d’Haïti, soit 63 % du total, pour une valeur marchande totale de 126 000 000 de livres, se décomposant comme suit :

- 62 millions de sucre

- 30 millions de café

- 11 millions de coton

- 23 millions d’Indigo

Sans oublier l’or et l’argent provenant des mines.

Sur les registres français du commerce, pour la seule année 1788, la valeur des biens produits par Haïti avait rapporté 129 000 000 de livres (café, sucre, cacao, roucou, bois de teinture, indigo, or et argent….).

Si par un jeu rapide d’équivalence, nous convertissons la livre tournois de l’époque en euros actuels, pour la simple année 1788, nous obtenons, tenez-vous bien : 1 935 000 000 d’euros/ ans.

Ainsi, 30 000 colons esclavagistes français ont maintenu en esclavage plus de 600 000 captifs africains durant plus de 2 siècles, pour y produire entre autre, les ¾, de la production mondiale de sucre. Le bénéfice pour les Français est Elf, que dis-je Total ! (on se comprend !).

La mortalité étant la plus élevée, il fallait introduire chaque année 50 000 à 100 000 nouveaux captifs. La terreur et la bestialité atteignaient alors des sommets. Les 30 000 mulâtres furent exclus du jeu du pouvoir par des blancs jusqu’au-boutistes qui leur laissa posséder néanmoins des plantations.

Arrive alors Ogé en 1790, un mulâtre fortuné qui tente d’imposer l’égalité civique pour tous. Il finira écartelé le 25 février 1791 par les colons Blancs français, fidèles défenseurs de la « White Supremacy » version KKK ! . C’est alors que Boukman, un prêtre vaudou, à la tête d’une troupe d’élite d’esclaves déportés vers les camps de concentration commerciaux français des Amériques, va invoquer du 14 au 23 août 1791, la divinité africaine lors d’une cérémonie qui resta mémorable dans l’histoire des Noirs de l’île : la cérémonie du Bois Caïman. [3]C’est le début officiel de la révolte et les colons blancs y ont laissé leur…. peau !

Cérémonie du Bois Caïman

Lorsque le 29 aôut 1793, Sonthonax annonça la fin de l’esclavage sur l’île, avant le décret officiel de la Convention du 4 février 1794, un certain Toussaint devint l’homme fort du pays.

Il prit alors la direction de l’île, annexa la partie espagnole de Saint-Domingue et mena l’île vers des nouveaux sommets de rentabilité avec des hommes et des femmes libres, cette fois.

Mais à Paris, Napoléon qui vient d’officialiser la création de la Banque de France et négocier la paix avec les Anglais, veut remplir les caisses et assurer pour les siens, le contrôle économique de l’île en rétablissant l’esclavage. C’est alors que Toussaint Louverture passa à l’action en unifiant Noirs et métis afin de faire front commun contre les milliers de soldats envoyés par l’Empereur pour mater les Nègres.

Ainsi, le 14 décembre 1801, 36 navires que guerre emportant 23 000 soldats français, quittèrent Brest pour le Cap haitïen, sous le commandement de l’amiral Louis Thomas Villaret de Joyeuse. Dès leur arrivée, les hommes passèrent sous le commandement du général Charles Leclerc, mari de Pauline Bonaparte et beau-frère du Premier Consul.

Une autre expédition militaire de 3500 hommes prit la direction de la Guadeloupe pour, après une guerre terrible, rétablir l’esclavage. Mais en Haïti, l’entreprise militaire se solde par un désastre total.

Toussaint Louverture

Le 7 juin 1802, Toussaint, après avoir rédigé la 1ère Constitution du pays, accepta de converser avec Leclerc à propos de l’arrêt de l’entreprise napoléonienne. Mais il est capturé par traîtrise par ce dernier. C’était en fait un piège tendu au leader noir par les Français dont le code de l’honneur tomba une nouvelle fois, plus bas que terre.

Déporté vers l’hexagone, Toussaint mourra dans le Jura au fort de Joux, le 7 avril 1803. « En me renversant, on n’a abattu à Saint-Domingue que le tronc de l’arbre de la liberté, mais il repoussera car ses racines sont profondes et nombreuses », avait-il prédit.

Débarrassé de Toussaint, les Français pensent alors être sur un boulevard en Haïti. Après le décès de Leclerc atteint de fièvre jaune et d’une partie des troupes françaises restante, le vicomte Donatien de Rochambeau alors commandant, arrivent avec 10 000 hommes mais aussi…. des centaines de chiens de combat affamés qui furent lâchés contre la population. La cruauté française est alors au Zénith.

Mais entre alors en scène Jean Jacques Dessaline, adjoint de Toussain, qui va réduire à néant le projet de Rochambeau. Ainsi, sur 70 000 soldats envoyés pour mater les Nègres, 60 000 ont péri ! La victoire est mémorable, largement mondialisée, l’espoir est permis, la frayeur des colons des autres plantations gravit les derniers échelons, l’esclavage est définitivement abolit sur cette colonie !

La victoire est mémorable !

Cette victoire a fait dire à Anténor Firmin : « Chaque fois que j’entends un blanc dire qu’il est la race supérieure, je me contente d’esquisser un sourire en direction de Dessaline et de Toussaint ».

Jean Jacques Dessaline

Le 1er janvier 1804 l’Indépendance d’Haïti est proclamée et l’un de ses articles proclame « qu’aucun blanc, quelle soit sa nation, ne mettra pied sur ce territoire à titre de maître ou de propriétaire et ne pourra à l’avenir y acquérir aucune propriété ».

Mais en 1825, le roi de France Charles X assomme les espoirs de l’île en la menaçant une nouvelle fois militairement. Leur indépendance, les anciens captifs devront la payer aux colons français, 150 000 000 de francs or, ramenée par la suite à 90 000 000, soit 1 350 000 000 euros actuels.

Les forces coloniales françaises exigent 30 millions tout de suite et imposent alors un prêt avec 6 millions d’intérêt. La France exige un blocus international contre l’île et encore un remboursement avec les denrées de son choix, ce qui va entraîner la ruine totale de l’économie haïtienne.

Le citoyen haïtien est spolié par la France mais paie jusqu’en 1972 avec plusieurs millions d’intérêts en plus, la totalité de la dette [4]. Rappelons que Jules Ferry fut particulièrement menaçant pour le paiement de cette dette, vu qu’il avait besoin d’argent pour financer la colonisation de l’Afrique.

Durant la révolution française, on coupe la tête du roi mais pas celle de la dette haïtienne mais on ose dire aujourd’hui sur France info, qu’Haïti doit encore à la France 63 millions d’Euros, au FMI, si ou ça. N’oubliez jamais que l’or de la Banque de France est celui des Haïtiens.

Obama…, non… au bas mot, le remboursement d’Haïti et le dédommagement des citoyens pour le mal fait à ces hommes et à ces femmes qui ont osé défié le diable français [5] reviendrait à : 129 000 000 x 200 ans + 150 000 000 + 100 000 000/an * 15 = 610 milliards d’euros.

Toute l’aide mondiale est encore loin de ce montant de 610 milliards d’euros, au bas mot !

Ainsi, la situation économique et sociale d’Haïti est largement imputable aux Français qui ont laminé les fondations géopolitiques du pays et oeuvré assidument pour son échouage. Échouage qui sert encore les intérêts français lorsqu’en période de référendum, on demande aux Antillais s’ils veulent être indépendant, tout en les menaçant du sort d’Haïti.

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Haïti, encore en proie à la souffrance, que dit l’Afrique ?

Un texte tiré du journal le Potentiel de Kinshasa et écrit par Freddy Monsa Iyaka Duku, nous présente un point de vue africain que j’ai trouvé fort pertinent. Il a d’ailleurs été repris par le Courrier International.

Inutile de nier que les soubresauts démocratiques d’Haïti ont été sponsorisé par la France et les USA. Haïti est un enjeu notoire pour ces anciennes nations esclavagistes.

Aussi, le Monde Noir doit se mobiliser pour défendre les siens. Il y a d’énormes intérêts en jeu (pétrole, uranium...).

Mais tout de suite, voilà une voix africaine :

« Nul ne sait contrôler la nature ou arrêter sa fureur. Même les nombreux vaudous du peuple haïtien, avec leurs dons surnaturels, ont été incapables d’envoûter et de neutraliser la nature. On parle de malédiction qui s’abat sur ce peuple déjà meurtri par la pauvreté. On brandit l’incapacité du gouvernement, l’institutionnalisation de la corruption, l’inexistence de l’Etat, de l’administration... Mais ce pays est-il le seul au monde à réunir toutes ces tares ?

Haïti est en pleurs. Jamais ce pays n’a connu un tel tremblement de terre depuis 200 ans. Les images sont insoutenables. Des immeubles, des hôpitaux et des écoles se sont écroulés comme des châteaux de cartes. Le palais présidentiel n’a pas été épargné, la mission de l’ONU non plus. Le séisme a ravagé tout le pays et quasiment détruit la capitale, Port–au-Prince.

Alors, forcément, les questions s’enchaînent. Pourquoi le sort s’abat-il ainsi sur cette population déjà exsangue ? La malédiction ? C’est une piste que l’on ne peut écarter, car les secrets de la nature sont insondables. Mais nul ne sait de quel côté de la barrière se trouvent les vaudous : personne n’a la maîtrise de la nature ! Elle est capable de surprendre l’humanité et causer des dégâts considérables. C’est peut être ce qui est arrivé à Haïti.

Les scientifiques avaient prédit qu’un séisme se produirait dans cette partie du monde. C’était en 2007. Certes, dans leurs prévisions, les scientifiques ne fournissaient pas de données exactes sur sa date. Mais ils étaient affirmatifs.

Et, malgré cela, aucune disposition particulière n’avait été prise en Haïti. La vie a continué, comme si aucun danger ne menaçait. Et le pire est arrivé. Alors, à qui la faute ? On accuse en premier lieu le gouvernement d’avoir manqué à ses responsabilités politiques.

Comme au Japon, il fallait prendre des dispositions pour construire des habitations susceptibles de résister aux séismes. Hélas ! Haïti n’est pas le Japon pour disposer de dirigeants hautement responsables, du matériel nécessaire de prévention et de construction. Haïti figure parmi les pays les plus pauvres du monde : à la 146e place (sur 153) selon l’indice du développement humain. Haïti, selon les analystes, est un non-Etat.

La corruption y est institutionnalisée. Tout s’achète dans ce pays où règne la criminalité. C’est la réalité quotidienne haïtienne.

Comment ce pays situé au carrefour des civilisations est-il ainsi devenu le carrefour du commerce de la drogue, de la contrebande, du proxénétisme ?

Répondre à cette question, c’est évoquer la part de responsabilité de la communauté internationale. Découvert en 1492 par Christophe Colomb, ce pays a d’abord subi l’influence espagnole avant celles de la France et des Etats-Unis.

L’Afrique va t-elle rester muette devant cette catastrophe ?

Mais Haïti n’est pas le seul non-État dont les dirigeants se distinguent par leur insouciance criminelle, leur incapacité à organiser des institutions fortes, à sécuriser les populations...

Il existe d’autres Haïti sur d’autres continents, où même une calamité naturelle maîtrisable débouche toujours sur une catastrophe.

Il existe d’autres Haïti, où des responsables ont été placés au pouvoir par des ingérences étrangères. Ils pillent impunément leur propre pays, ne prennent aucune disposition pour faire face aux événements naturels.

Il existe d’autres Haïti dont les dirigeants ont perdu tout réflexe de dignité et se sont mis au service de puissances étrangères, des organisations internationales et se font les complices de leurs complots diaboliques par intérêt personnel.

Le cas haïtien doit interpeller tout le monde. »

Surtout en Afrique, qui reste muette devant cette catastrophe.

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Que cache cet engouement international pour Haïti ?

Un autre fait marquant doit attirer notre attention. Africamaat vend la mèche pour que nous soyons avertis. Le colon "n’a point d’amis, il n’a que des intérêts", dixit De gaulle !

Depuis, une dizaine d’année, en faisant des recherches, on a trouvé du pétrole en Haïti et aussi de l’uranium. Le témoignage ci-dessus nous prouve que loin d’être des faits imaginaires, il s’agit bien de la réalité.

Avons-nous alors trouvé les raisons de cet engouement mondial pour Haïti depuis le séisme ? Connaissant nos leucodermes et leur intérêts économiques "avant tout", il ne reste que peu de place pour les doutes.

Que disent donc les experts ? (article extrait du site metropolehaiti.com Haïti regorge de pétrole affirment Daniel et Ginette Mathurin) :

« Les scientifiques Daniel et Ginette Mathurin indiquent que le sous sol haïtien est riche en hydrocarbures et en combustibles fossible qui ont été répertoriés par des spécialistes étrangers et haïtiens. " Nous avons relevé 20 sites pétrolifères ", lance Daniel Mathurin précisant que 5 d’entre eux sont jugés de grande importance par les spécialistes et les politiques.

Le Plateau central, notamment la région de Thomonde, la plaine du cul-de-sac et la baie de Port-au-Prince regorgent d’hydrocarbures, dit-il ajoutant que les réserves pétrolifères d’Haïti sont plus importantes que ceux du Vénézuela. " Une piscine olympique comparée à un verre d’eau voilà la comparaison pour montrer l’importance des gisements de pétrole haïtien comparés à ceux du Vénézuela", explique t-il.

Le Vénézuéla est l’un des plus grands producteurs mondiaux de pétrole. Daniel Mathurin révèle que des enquêtes de plusieurs gouvernements antérieurs ont permis de vérifier l’existence de ces importants gisements de pétrole. Il rappelle qu’un document du parti Fanmi Lavalas au pouvoir en 2004, avait précisé les nombreux sites d’hydrocarbures en Haiti.

Selon Daniel et Ginette Mathurin, la région des lacs, avec des villes comme Thomazeau et Cornillon, renferme d’importants gisements de pétrole.

Interrogée sur la non exploitation de ces sites, Ginette Mathurin a précisé que ces gisements sont déclarés réserves stratégiques des États Unis d’Amérique. Tout en faisant état de son incompréhension d’une telle situation, elle rappelle que la caraïbe est considérée comme l’arrière cour des États Unis.

Cependant Daniel Et Ginette Mathurin indiquent que le gouvernement américain avait en 2005 autorisé l’exploitation des réserves stratégiques des États Unis. Cette porte doit être utilisée par les politiques haïtiens pour lancer des négociations avec des compagnies américaines dans la perspective de l’exploitation de ces gisements ajoute Daniel Mathurin.

Les spécialistes soutiennent que le gouvernement de Jean Claude Duvalier avait vérifié l’existence d’un important gisement de pétrole dans la baie de Port-au-Prince peu de temps avant sa chute.

De plus, Daniel et Ginette Mathurin révèlent que l’Uranium 238 et 235 et le zyconium existent en gisement dans plusieurs régions notamment à Jacmel.

L’Uranium est utilisé dans les réacteurs nucléaires pour la production d’énergie électrique. »

Il est donc intéressant de constater que toutes ces découvertes ont été soigneusement caché de l’opinion publique. Et ce n’est pas tout ! Un autre témoignage rédigé depuis 2004 par Georges Michel alertait les communauté noire sur la scène internationale, à propos de ces mêmes découvertes :

Pétrole en Haïti

Après le bois d’ébène, l’or noir

« Depuis des temps immémoriaux, ce n’est un secret pour personne que dans le sous-sol des deux états qui se partagent l’Ile d’Haïti et dans les eaux avoisinantes, il existe d’importants dépôts d’hydrocarbures encore inexploités, on ne sait pourquoi. Déjà au début du XXème siècle , la carte physique et politique de l’Ile d’Haïti, dressée en 1908 par Messieurs Alexandre Poujol et Henry Thomasset, signalait un important gisement de pétrole en Haïti au voisinage de source du Rio Todo El Mondo, Affluent de droite du fleuve Artibonite, plus connu aujourd’hui sous le nom de Rivière de Thomonde. (le mot Thomonde viendrait-il de Todo El Mondo ?) le gisement du pétrole en question se trouve à cheval sur la limite entre les arrondissements de Hinche et de Mirebalais, dans une zone montagneuse, située au pied de la chaîne des Montagnes Noires, en direction plein ouest de Thomonde.

La même carte signale un gisement de pétrole dans la plaine dominicaine d’Azua, à une faible distance au nord de la République Dominicaine de la ville d’Azua. D’après les informations dont nous disposons, ce dernier gisement en République Dominicaine avait été mis effectivement en exploitation dans la première moitié de ce siècle il avait produit jusqu’á 60.000 barils de pétrole par jour, puis avait été fermé, ayant été jugé à l’époque "insuffisamment rentable". Toujours pour rester en République Dominicaine, on annonçait qu’en 1982 il avait été découvert en face de cette plaine d’Azua, un immense gisement de pétrole off-shore au large de Barahona, mais que ce gisement avait été laissé inexploité.

Ceux qui ont fait le voyage Port-au-Prince/Santo-Domingo peuvent témoigner que la plaine d’Azua et son littoral ressemble à s’y méprendre à la zone de Vieux-Bourg d’Aquin et du littoral correspondant. Il ya des chances raisonnables qu’il y ait donc des dépots d’hydrocarbures dans la région haïtienne homologue, d’autant que nous sommes laissé dire que dans la plaine des Cayes il y avait des indices géologiques de présence de pétrole, de même que dans la baie des Cayes, entre les Cayes et l’Ile-à-Vache.

Nous nous baignions en 1975 à Cayes-à-l’Eau, quant nous eûmes les pieds souillés par une sorte d’huile noirâtre qui suintait du fond marin. Un pêcheur du lieu nous avait expliqué que c’était chose courante en cet endroit.

Il en fait rapport d’un phénomène similaire dans d’autres régions du pays. Paraît-il en Plaine de Léogane et au pied du Morne-à-Cabrit. On a signalé également la présence de schistes bitumineux dans le Département de la Grand-Anse.

Toujours est-il qu’il existe de nombreux endroits dans notre île (Haïti et République Dominicaine) qui présentent tous les critères géoligiques de présence d’hydrocarbures. En Haïti, citons la plaine des Cayes, la plaine de Léogane, la plaine du Cul-de-Sac, la plaine des Gonaïves et la Savane désolée, la Plaine du Nord. L’Île de la Gonâve et les littéraux correspondants pour les gisements off-shore. Dans cette liste, il ne faut pas oublier le grand bassin sédimentaire haïtien du Plateau Central.

Dans le courant des années 50, la Compagnie Knappen-Tippen-Abbet (surnommée par les populations locales (Compagnie Ti-pain à beurre) avait effectué des forages à la Gonâve, en plaine de Cul-de-Sac, au Plateau-Central et dans la région des Gonaïves. Tous ces forages s’étaient avérés extrêmement prometteurs et les résultats avaient été au-delà des espérances. Cependant, les grosses multinationales pétrolières, dont certaines opéraient en Haïti, avaient fait pression pour que les gisements découverts ne fussent pas exploités. Haïti n’était ni l’Arabie Saoudite ni le Koweit. A une époque où le baril de pétrole brut se vendait un peu plus d’un dollar, et que le Golfe Persique en fournissait à gogo, il n’y avait aucune raison pour ces Compagnies de mettre en exploitation des gisements beaucoup moins rentables, alors que l’ARAMCO faisait la pluie et le beau temps en Arabie, à vil prix, pillant même les précieuses ressources pétrolières de ce royaume.

On garderait les gisements haïtiens ainsi que d’autres gisements en réserve pour le XXIème quand la pactole moyen-oriental se serait tari. C’est ce qui arriva !. Les puits de la Knappen-Tippen-Abbet furent numérotés, soigneusement cadenassés ou scellés avec du ciment et on les oublia.

Les rapports de cette immense campagne de forage ne furent, semble t-il jamais communiqués aux Haïtiens. Pensez-vous, on n’allait jamais remettre à ce ramassis de nègres arriérés des informations qui leurs permettraient de travailler à leur libération économique. Ce serait les rendre trop puissants et donner trop de pouvoir à la petite Haïti.

Les Haïtiens n’avaient qu’a attendre un demi-siècle ou un siècle pour cela. Cependant, la campagne fructueuse de Knappen-Tibben-Abbet donna l’occasion à de nombreuses promotions d’écoles haïtiens, préparant leur certificat d’Études Primaires et étudiant dans le manuel de géographie d’Haïti des Frères de l’Instruction Chrétienne, d’apprendre que notre sol possédait des gisements de pétrole, au Plateau Central, et à la Gonâve. Ce n’était pas tombé dans l’oreille d’un sourd…

Il est généralement admis dans tous les milieux pétroliers qu’il existe des gisements d’hydrocarbures dans le sous-sol de l’île d’Haïti, mais ces milieux ne sont pas pressés de les mettre en exploitation, tellement les réserves aisément disponibles et déjà répertoriées sont importantes dans les grandes régions productrices de pétrole du monde. On aura toujours le temps de penser à l’île d’Haïti.

On a cependant failli penser à nous lors de la crise du Golfe quant les gisements Kowetiens, Saoudiens et autres étaient menacés par Saddam Hussein. Si les cubains n’avaient pas fait de grands efforts par eux-mêmes pour mettre leur pétrole en exploitation, personne ne l’aurait fait pour eux à leur place. Si ce n’étaient pas les efforts des Cubains, le pétrole cubain serait logé dans les entrailles de la terre, comme l’est toujours le pétrole haïtien. La balle est dans notre camp…

Si les grandes compagnies ne sont pas intéressées à s’occuper de nous et de notre pétrole, nous aurions pu demander à nos voisins cubains de venir nous aider à exploiter notre pétrole.

Dans leur quête dramatique pour le pétrole, les cubains ont développé une technologie et un savoir-faire dont nous pourrions, en échange de leurs services, céder aux cubains une partie de la production pétrolière nationale et leur donner une part de bénéfices. Une mission de responsables gouvernementaux et d’hommes d’affaires haïtiens devrait partir pour Cuba en ce sens.

La triste affaire de l’embargo international a bien montré que nous devons nous débrouiller tous seuls, et surtout que nous n’avons pas à attendre les O.K. du grand Voisin du Nord pour ce qui touche à nos intérêts vitaux. L’ensemble du corps social a pu voir et bien se rendre compte de la manière dont le Grand Voisin du Nord nous a traités et nous traitera encore à l’avenir. Haïti ne sera sauvée que par les Haïtiens, et par les Haïtiens seuls, c’est la principale leçon de l’embargo.

Si notre pétrole avait été disponible, on aurait pas été forcé de capituler honteusement à la suite du blocus pétrolier décidé au mépris du droit international avec leur infâme résolution 841, par les grandes puissances portant désormais le nom pompeux et ridicule de " communauté internationale".

Nos responsables, nos grands brasseurs d’affaires, nos économistes ultra-libéraux, nos grands contrebandiers, nos Chicagos-Boys anti-nationaux et autres ruffians, auraient préféré importé de l’air, plutôt que de mettre en exploitation les ressources d’Haïti. Avec un zèle qu’il est difficile à comprendre, ils obéissent au doigt et à l’oeil aux injonctions du FMI et de la Banque Mondiale, et se mettent avec ces deux organismes pour détruire l’économie haïtienne, et en particulier notre précieuse agriculture.

Néanmoins, ils se retrouvent bien attrapés et nous avec, quand pour l’impérialisme, pour satisfaire ses macabres desseins, décide d’imposer un embargo, le dernier embargo (il y en aura peut-être d’autres à l’avenir, qui sait ?) a prouvé qu’il faut accélérer l’intégration économique avec la République Dominicaine.

Les deux Républiques devraient s’engager par traité à se fournir mutuellement du pétrole quelques que soient les décisions d’une tierce partie. La construction d’un oléoduc transinsulaire, Barahona-Port-au-Prince, pourrait être un élément de cette intégration pétrolière entre les deux pays qui se partagent l’île.

En attendant de pouvoir consommer notre pétrole dont les excédents fournissaient aussi de précieuses devises dont nous avons besoin, il faut augmenter les capacités de stockage de produits pétroliers sur le territoire de la République, et de constituer d’importants réserves stratégiques. L’embargo pétrolier de 1991 est par ailleurs un argument de poids pour la reconstruction de nos chemins de fer. »

Ainsi, la " Communauté Internationale " laisse d’elle une image de hyènes caucasiennes assoiffées, inhumaines et baveuses mêmes devant les richesses du sous-sol des pays du sud. L’immoralisme atteint encore des sommets.

Le sous-sol d’Haïti est riche... Mais les Haïtiens sont des boat people !.... Sans champs de cacao, la Belgique est le pays du chocolat ! Sans mines de diamants, la France est un pays leaders dans la vente des bijoux en diamants, etc...

Et pendant ce temps là, que fait le peuple devant tant d’injustice, de cris de femmes en pleurs face à leur pays que l’on pille (toujours les mêmes) ? Où est ce peuple qui parle de Droit de l’Homme, d’écologie, d’esprit sportif ?

 

 

Le rara initiatique de Guillaume Pradère-Niquet.
par Jean-Marie Théodat



Ce film est une gageure, il entend enfoncer les portes de la recherche établie pour poser la question du regard que chacun porte sur une réalité insolite, donc sujette à clichés faciles : le rara. Le regard, au propre comme au figuré, est scientifique scientifique, mais non dénué d’émotion. Une recherche appliquée mais sans la raideur compassée des manuels de terrains, qui n’assène pas des connaissances, mais suggère des pistes à l’investigation. Le grand talent de Guillaume Pradère Niquet est d’échapper aux ficelles : celles qui asservissent en devenant un fil à la patte de l’imagination, celles qui vous jettent la poudre aux yeux lorsque le maître de l’art vous prend pour un pékin en foire. Ici, rien de chiqué.
Le film témoigne avant toutes choses de l’étonnement d’un jeune chercheur sur un thème, le rara qui appartient à la réalité musicale la plus active et la plus créative de la scène haïtienne. Le propos du réalisateur est double : percer à jour la signification cathartique, donc vaudoue, d’une manifestation dont les origines plongent aux racines rurales de l’esclavage, et établir sa place, sa valeur d’émotion, dans la sociabilité urbaine spécifique d’une province haïtienne (Jacmel).
Le film est divisé en séquences narratives agrémentées d’entretiens avec les meilleurs spécialistes de la culture créole : le très fin, l’excellent poète, Syto Cavé, le flamboyant saxophoniste, Turgot Théodat, le comédien aux yeux d’or, Dominique Batraville, le tambourineur à la barbe en racine, Jean Raymond, et son alter ego Zao, l’ethnologue initié Max Beauvoir, le plasticien ascétique Tiga, Krankétienne l’oiseau schizophone, l’ethnologue Guy Maximilien dont la rigueur scientifique et la pudeur bénédictine témoignent d’un savoir recuit.
Les entretiens sont filmés en plans fixes, ce qui assigne à la pensée une fixité nécessaire à la compréhension d’une réalité qui, elle, est mouvante : le rara. Le contre-point est un art difficile, pratiqué avec brio par Pradère-Niquet. Les spécialistes sont filmés assis, moins pour prendre la pose que pour parler de leur art. Avec des mots simples, concis qui donnent à comprendre la réalité complexe du rara. En ce sens le premier mérite de Guillaume Pradère Niquet est d’avoir su trouver les meilleurs spécialistes de la question et d’avoir créé les conditions d’un dialogue intuitif sans être professoral, savant sans fioritures mystiques. Le rara est filmé en mouvement, en couleurs et en musique. La bande sonore est pleine, ronde et profonde, comme la terre qui a fait naître le rara, les mornes bossués d’Haïti, où le bambou qui sert au transport des produit de la terre sert également à fabriquer les vaksin des rara qui parcourent les campagnes et les villes pendant la semaine sainte.
Ces qualités scientifiques sont d’autant plus appréciables qu’elles s’accompagnent d’une légèreté narrative où l’auteur, pratiquant une recherche participante fraîche et joyeuse, se mêle à la foule et s’immerge très avant dans le bain spirituel que suppose la participation assidue à des rara. Comme souvent en Haïti, la réalité est scindée, donc dédoublée : la conscience narrative du protagoniste est ici assignée au dialogue d’un être avec son double, son jumeau marasa (Régis Pierre Junior) dont le profil racé et l’allure féline rappelle physiquement le réalisateur. Les amitiés sont tissées de hasards qui traversent l’entendement : deux êtres se rencontre et leur amitié se transforme en étincelle créatrice. Leurs errances tressées se résument en une seule geste, celle de l’esprit baladin qui se joue des mots, des maux et des émotions, et qui trouve dans le rara le bassin idéal où tremper son rêve d’exil, de voyage. Parce que le pays est un « cul-de-sac insulaire » il invite au voyage. Parce que Guillaume Pradère est poète est qu’il trouve le ton juste pour accorder la fuite apparemment chaotique du rara à une logique profonde : celle d’un homme qui se cherche à travers un labyrinthe sonore qui se confond avec les venelles de la ville et les arcanes de la pensée inquiète. La manière de filmer s’en ressent. Dans le staccato à peine audible de la voix off on sent passer l’élan qui emporte la foule. Jean-Luc Godard dit qu’un bon cadreur monte en même temps qu’il tourne ses rushes. Le film de Pradère-Niquet laisse ce sentiment de montage à vif, sur le motif en quelque sorte, comme la peinture au couteau d’une réalité offerte à la conscience, mais rebelle à l’entendement.
Dans la foule qui se déhanche, il y a un petit bonhomme avec sa musette sur le dos et qui aspire à la danse, il est d’abord timide, empêtré dans ses papiers, trébuchant aux marbres du cimetière, perdu dans les mornes, errant dans le labyrinthe d’un bidonville, gravissant les marches de la haute ville. Tout-àcoup il tombe la chemise et tout bascule. Junior et Pradère ne font alors plus qu’un, confondus dans le balai des essuie-glaces qui suit celui des culs tendus, fessus, fendus par la magie des tissus collés, mouillés par la pluie, à la peau. Jusqu’à la déculottée finale.
Certains appellent road movie, ces films où il est question de voyage et de découverte d’un pays étranger. Le terme est approprié, sauf qu’il ne dit pas assez la dimension initiatique du film, la quête d’une identité qui se confond parfois à la quête de l’autre qui n’est jamais tout à fait le même, ni toujours là où on l’attend.
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