NOUVELLES DU 18 EME

Publié le par LEPIC ABBESSES

Abil Bazile
au secours d’Haïti, son pays

  par Geoffrey Bonnefoy

Commerçant haïtien, Abil Bazile est installé dans le 18e arrondissement de Paris comme bon nombre de ses concitoyens. Directement touché par le tremblement de terre qui a meurtri son pays, il récolte de l’argent pour lui venir en aide.

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Les clients de l’épicerie ont sollicité Abil Bazile pour aider Haïti.

Abil Bazile vient d’Haïti, de Fond-des-Nègres, un petit village au sud ouest de Port-au-Prince. Depuis 1995, il gère le magasin Haïti Market, installé 31 rue des Poissonniers, dans la Goutte d’Or. On y trouve du manioc, des citrons verts, des bananes et… une pancarte d’appel aux dons pour aider les survivants du séisme d’Haïti : « Haïti Market, récepteur de dons pour Haïti. » Le message est clair.

« L’idée ne vient pas de moi, reconnaît Abile Bazile, mais de mes clients. Après le séisme du 12 janvier, plusieurs d’entre eux, et pas forcément des Haïtiens, sont venus me voir en me disant qu’ils voulaient faire quelque chose. » Il a alors mis en place cette collecte. En France depuis 1983, Abile est encore très attaché à son pays, sentimentalement et commercialement. « J’y vais tous les ans, et je vais y retourner dès que les lignes aériennes seront opérationnelles. Pour voir ma famille et mes amis, mais aussi les producteurs locaux qui me fournissent. »

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Les proches d’Abil Bazile sont vivants mais ont tout perdu dans le tremblement de terre.

Parmi les 150 à 200 000 morts, d’après le dernier bilan provisoire, ses amis ont pu en réchapper, sa sœur et ses enfants aussi, « mais elle a tout perdu, sa maison est entièrement détruite, » précise Abil Bazile, la gorge serrée. Il poursuit : « la situation est tellement dure. Haïti est un pays pauvre, mais là les gens n’ont vraiment plus rien. Il y a tant de sans abris ». Abil Bazile raconte que le premier jour de la catastrophe, les communications étaient encore possibles avec Haïti. Ce n’est que 24 h après qu’elles se sont détériorées, laissant place à l’angoisse et l’incertitude.

Au 25 janvier 2010, le gérant a recueilli quelques 150 euros, petit pactole dont il est plutôt fier. La collecte est ouverte jusqu’à la fin du mois, ensuite direction la Fondation de France, à laquelle il remettra l’argent récolté. S’il ne sait pas encore à quoi servira cet argent, il n’est pas trop inquiet, moins que pour sa sœur en tout cas. « Je leur fait confiance. »




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HAITI : mardi 26 janvier – Action contre la Faim met en place un programme de soutien « maman-bébé » à Port au Prince

HAITI : mardi 26 janvier – Action contre la Faim met en place un programme de soutien « maman-bébé » à Port au Prince

 

Quatre tentes d’accueil « maman-bébé » viennent d’être ouvertes dans plusieurs camps de Port au Prince en parallèle des distributions alimentaires et des programmes d’eau et d’assainissement menés par Action contre la Faim dans la ville. Ce programme a pour but d’offrir un espace de conseils et de soutien dédié spécifiquement aux femmes enceintes et allaitantes touchées par la catastrophe.





923 millions de personnes sous alimentées

Haïti : le bilan s'alourdit encore


Wismond Exantus, 25 ans, a été sorti des décombres le 23 janvier, onze jours après le séisme qui a dévasté la capitale haïtienne et ses alentours.
AFP/Marco DORMINO
Wismond Exantus, 25 ans, a été sorti des décombres le 23 janvier, onze jours après le séisme qui a dévasté la capitale haïtienne et ses alentours.

Un Haïtien de 25 ans a pu être sorti vivant des ruines de Port-au-Prince par des secouristes français et grecs, onze jours après le séisme qui a dévasté la capitale et ses environs. Son sauvetage porte à 133 le nombre de survivants extirpés des décombres depuis la secousse du 12 janvier.

Il a été extrait des décombres d'une épicerie, au terme d'une opération de quatre heures, conclue sous les applaudissements des journalistes et des curieux. Selon les secouristes, le jeune homme pouvait bouger les jambes mais était assoiffé. Pour parvenir jusqu'à lui, deux membres d'équipes de secours française et grecque ont dû se frayer un chemin dans un chaos de béton, de poutres en bois et de tôles ondulées. Il dit avoir survécu parce qu'il a pu "boire du Coca-Cola et manger des petites choses". "Je me sens bien", a-t-il déclaré en créole juste après son sauvetage. Les Nations unies ont annoncé samedi la fin des recherches de survivants, mais certaines opérations ponctuelles se sont poursuivies.


Pillages Haiti port au prince

Le bilan s'alourdit. Le bilan des victimes du séisme qui a dévasté le pays le 12 janvier atteint officiellement jusqu'ici 112 226 morts et 194 000 blessés,mais le gouvernement s'attend à ce qu'il s'alourdisse considérablement. Le ministère de la communication a évoqué le chiffre de 150 000 morts, affirmant que les autorités sanitaires pourraient l'annoncer lundi. A la question de savoir combien de cadavres sont encore enfouis sous les décombres, la ministre, Marie-Laurence Jocelyn Lassegue, a jugé que "c'est très difficile de dire, mais le premier ministre a parlé de 200 000". En outre, le gouvernement estime à un million le nombre de sans-abri. "Au moins 23 centres hospitaliers privés se sont effondrés, tandis que les écoles, les banques, l'industrie et le commerce sont très affectés", ajoute encore le ministère de la communication.

Distribution houleuse de vivres. Une distribution de vivres à des centaines d'Haïtiens a dégénéré samedi près de Port-au-Prince. La plupart n'avait encore eu aucune aide depuis le  séisme du 12 janvier. De petites échauffourées ont opposé certains d'entre eux. Puis la situation a dégénéré et la foule s'est précipitée vers l'aide qui lui était destinée. Les casques bleus brésiliens ont alors fait usage de leurs armes, procédant à des tirs d'avertissement et lançant des gaz lacrymogènes.

A Paris, trois concerts de soutien à Haïti. Deux initiatives du milieu de la chanson française étaient programmées, ce dimanche à Paris, pour aider les habitants d'Haïti après le tremblement de terre : "Un dimanche pour Haïti", au Bataclan (à 16 h 30 et 19 h 30, 25 € l'entrée reversés à Action contre la faim) et "Pour Haïti", au Zénith (à 20 h 30, entrée libre ; dons versés à la Fondation de France).

Sur la scène du Bataclan, le chanteur et guitariste Beethova Obas, l'un des plus réputés de l'île, a lancé aux quelques 1 400 personnes réunies  : "Vous me faites vraiment croire qu'on peut compter sur vous pour rebâtir ce pays. Merci !" "L'heure est venue du rassemblement, pour ce peuple qui souffre depuis deux cents ans", a-t-il ajouté sous les applaudissements.

"Hope for Haiti Now". Le téléthon en faveur d'Haïti parrainé par l'acteur George Clooney et le rappeur d'origine haïtienne Wyclef Jean a rapporté plus de 57 millions de dollars (plus de 40 millions d'euros), ont annoncé samedi les organisateurs. Ces chiffres sont provisoires et ne prennent pas en compte les sommes versées par des entreprises et les gros donateurs, ni les ventes de l'album Hope for Haiti Now sur iTunes, précisent-ils. La recette sera reversée à des organisations humanitaires et caritatives comme le Fonds pour Haïti des anciens présidents américains George W. Bush et Bill Clinton, le Programme alimentaire mondial de l'ONU, la Croix-Rouge ou l'Unicef.

Cuba déplore "l'occupation" américaine. "Au milieu de la tragédie haïtienne, sans que personne ne sache comment ni pourquoi, des milliers de soldats des unités des marines des Etats-Unis, des troupes aéroportées de la 82e division et d'autres forces militaires ont occupé le territoire d'Haïti", écrit l'ancien président cubain Fidel Castro dans un billet, publié samedi sur le site Internet officiel Cubadebate.cu. "Pire encore, ni l'Organisation des Nations Unies, ni le gouvernement des Etats-Unis n'ont offert une explication à l'opinion publique mondiale sur ces mouvements de forces", ajoute-t-il. Le déploiement en Haïti du contingent américain, qui devrait atteindre les 20 000 hommes avant la fin du week-end, a déjà été dénoncé avec force par la Bolivie et surtout le Venezuela d'Hugo Chavez. "Il faut discuter de cette question sérieusement et assigner à l'ONU le rôle directeur qui lui correspond sur ce délicat sujet", écrit-il alors qu'une réunion internationale sur Haïti doit se tenir lundi à Montréal.


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