BOUTIQUES ET RESTAURANTS DU 18 EME

Publié le par LEPIC ABBESSES

Bacchus et les verres de cristal

par Fañch Alaouret

Comme son nom l’indique, la boutique Verres & Vins de prestige, située rue Hermel, dans le 18e arrondissement de Paris, vend des verres et du vin ! Mais pas n’importe lesquels : Didier Cadart et Monique Tassin proposent des crus originaux et, chez eux, verres et carafes sont en cristal. Portraits.

Il faut bien reconnaître que Didier Cadart n’a rien du caviste classique. Il est tout en gouaille, de bonne mine et avenant. Son parcours, pour le moins atypique, plaide pour lui. Ancien dirigeant de boîte de nuit, puis professeur de tennis, et enfin patron d’une société de fournitures de bureau haut de gamme pendant 10 ans, il s’est essayé à plusieurs professions avant de trouver sa voie.

Et le déclic se produit comme une évidence. Une rencontre va lui être véritablement révélatrice. Cette rencontre se fera avec le Marquis de Saint-Estèphe et sera le déclencheur : « Il m’a pris comme on prend un enfant dans ses bras ». Pendant près d’un an, Didier va faire son apprentissage : se familiariser avec le raisin, la vigne et les cépages. Naviguant énormément avec le Marquis, il va apprendre le vin dans ses grandes largeurs.

Une autre rencontre primordiale va être le détonateur. François de Conning, négociant et propriétaire de Chais et patron de « Horeau Beillot », à Libourne, en Gironde, va compléter son apprentissage. A son contact, Didier fait des bouteilles au nom de l’entreprise « Verres & Vins de prestige », à raison de 25.000 exemplaires par an. D’ailleurs, le vin est toujours en vente dans la boutique.

La boutique « Verres & Vins de prestige » existe maintenant depuis 12 ans. Une douzaine d’années que Didier passe avec Monique Tassin, sa compagne, qui a elle aussi une histoire toute particulaire. Ils se rencontrent deux ans plus tôt. A noter que son père avait créé en 1958 les « Verres de nos grands-pères », une enseigne de cristallerie et de carafes, fréquentée par des clients du show-business et réputée dans la capitale.

Didier a alors un autre déclic : « Tu es le contenu, et moi le contenant ! ». Et ils décident ensemble d’ouvrir leur boutique. D’entrée de jeu, Monique tient son rôle de spécialiste de verres anciens, et chine beaucoup dans les brocantes, notamment. Didier, quant à lui, s’occupe du vin. Le magasin contient aujourd’hui près de 320 bouteilles différentes, allant de 5€ à 35€. Côté verres, la cristallerie comporte plusieurs centaines de verres anciens et modernes, ainsi que des carafes. Les plus anciens datent de Napoléon III et de Charles X, avec également des modèles datant de la fin du XIXème siècle.

Mais une aventure comme celle-là ne saurait s’expliquer par de simples circonstances. En effet, Didier Cadart a pris le temps de parcourir 3.500km à la découverte de petits producteurs. Son objectif est de faire profiter à ses clients les produits du terroir. Il a, de ce fait, conservé beaucoup de contact à travers la France, que ce soit en Gironde, en Bourgogne, ou dans la Marne. Et il aime à perpétuer ses relations ! Chemin faisant, depuis quelques années, afin de marier les vins, il travaille avec des producteurs du Périgord : à Bergerac et à Mont-Bazillac notamment. Il propose ainsi à ses clients du foie gras, des cassolettes, du coq au vin et autres délices…

Didier Cadart et Monique Tassin aiment chouchouter leur clientèle. Forcément à la page, puisque nous sommes en pleine période du Beaujolais Nouveau, ce qu’ils proposent sort franchement de l’ordinaire ! Il s’agit d’un Beaujolais Villages Nouveau. Georges Rollet en est le propriétaire/récoltant à Jullié, et assure à Didier et Monique un vin de grande qualité. Mais n’oublions pas l’essentiel : l’alcool est à consommer avec modération !

Photos de Didier et Monique : François Alaouret

Crédit photos boutique : Emmanuel Aubrun ® CoolGrey

Verres et vins de prestige
50 Rue Hermel, 75018 Paris
Téléphone : 01 55 79 74 80
Email : verresetvins@orange.fr






Dealer ou l’art
de s’habiller en musique

  par Juliette Hoyos

La boutique Dealer, installée depuis un an à deux pas de la place Jules Joffrin, dans le 18e arrondissement de Paris, mélange vêtements neufs et vintages. Inspirée par les échoppes de fringues londoniennes, sa conceptrice organise tous les trimestres, dans le magasin, des soirées musicales animées par des DJ’S.

Orange, vert, jaune, papier peint psychédélique sur un mur, douceur d’un rose tendre au fond du magasin, lustre des années soixante au plafond : Cécilia est fière de la décoration de sa boutique de vêtements. D’inspiration sixties et seventies, le style rappelle les échoppes londoniennes actuellement en vogue dans la capitale britannique. « J’adore ces périodes, sourit Cécilia. A l’époque, on osait toutes les couleurs, toutes les matières, tous les mélanges : le métal, le cuir, le synthétique… »

Dealer, créé dans le 18e arrondissement de Paris en octobre 2008, reflète donc les goûts de sa propriétaire. Sur les portants, robes aux imprimés liberty, jupes, blousons, jeans, tops ou cardigans, côtoient avec bonheur chemises à carreaux, gilets sans manches, manteaux au boutonnage officier et nombre de vêtements rares et typés. « J’ai aussi des vêtements de princesse, dit Cécilia, en décrochant une jolie robe froufroutante rouge carmin. Dealer est une boutique de vêtements et d’accessoires qui mêle neuf et vintages, mais ce n’est pas un dépôt-vente, » précise-elle.

Brune au sourire chaleureux, Cécilia, 51 ans, vit dans le 18e arrondissement depuis dix-huit ans. Dans une vie précédente, elle était l’attachée de presse de chanteurs et musiciens célèbres. Vingt-cinq années au service d’une grosse maison de disque, puis un licenciement en 2007. La crise du disque est sans pitié. « Difficile à vivre, reconnaît Cécilia, qui ne s’est pas démontée pour autant. Musique mise à part, mon autre passion, depuis toujours, ce sont les fringues. »

« Un ami m’a aidé à monter mon magasin, poursuit-elle. J’ai déniché ce pas-de-porte, proche de la mairie du 18e assez rapidement. Il était libre depuis plusieurs mois. Auparavant, un toiletteur pour chiens officiait ici. » Cecilia met autant de soin au choix des collections de sa boutique qu’elle en mettait à défendre la musique de ses protégés : « Pour le neuf, j’aime chiner du côté des nouvelles marques étrangères, notamment scandinaves et espagnoles. Elles possèdent un délicieux grain de folie qui fonde leur originalité. Pour cette saison, j’ai déniché des griffes australiennes. Elles se marient à la perfection avec nos pièces vintage. »

Du blouson en cuir vintage (49 euros), aux bottes et chaussures, en passant par les manchons en fourrure synthétique, les sacs et les chemises à carreaux (15 euros) et les pièces de créatrices, les prix proposés par Dealer se veulent abordables. « J’ai une jolie clientèle, constituée surtout de femmes du quartier dont l’âge varie de 14 à 85 ans, affirme Cécilia. De nombreuses clientes sont devenues des copines et des stylistes, chargées des costumes de films, viennent faire leurs emplettes ici. J’ai aussi la visite d’artistes, comme Bams, la jeune chanteuse. Sans oublier celle des bons potes de ma période musicale, Dave et Helena Noguerra, notamment. »

Bien intégrée dans le quartier (Dealer envisage de travailler avec le bar l’Alibi et le restaurant Tartine Marioles, de proches voisins) la boutique soufflera sa première bougie le 1er octobre 2009, en fin de journée. Pour l’occasion, l’apéro shopping, organisé tous les trimestres avec Dj’ettes aux platines, prendra un relief particulier. Dans son nouveau métier, Cécilia n’envisage pas une seconde de laisser tomber la musique.

Dealer, 15 rue Lapeyrère - 75018
Métro Jules Joffrin
Apéro Shopping, jeudi 01 octobre 2009, à 18h30

 

 

 

 

L’Olivier, un air de Méditerranée au cœur du 18e

  par Fañch Alaouret

Situé à deux pas de la mairie du 18ème arrondissement, au beau milieu de la rue Ordener, L’Olivier propose une cuisine ensoleillée aux accents du Sud-ouest, d’Espagne et d’Italie.

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Avant de devenir L’Olivier, le restaurant s’appelait La Chope de la mairie.

Ouvert depuis deux ans et demi maintenant, le restaurant L’Olivier s’est forgé une solide clientèle d’habitués, séduite par la carte fraîche et originale de l’endroit. Le patron, Thierry Ruiz, a repris le restaurant et l’a rebaptisé. Pourquoi ce nom ? Tout simplement parce qu’il est originaire du Sud de la France, de Valras-Plage précisément, non loin de Béziers. « En raison de mes origines méditerranéennes, je me suis donc axé vers une cuisine du Sud, sans être sectaire. On peut donc retrouver des influences italienne, espagnole ou marocaine dans notre carte ». Avant de devenir L’Olivier, le restaurant qui s’appelait La Chope de la Mairie était tenu par Régine, qui proposait une cuisine traditionnelle et familiale.

Il faut bien reconnaître que la carte a de quoi séduire les plus difficiles. Elaborés uniquement à base de produits frais, les plats proposés sont variés et il est même parfois cornélien de faire son choix. C’est au patron, Thierry Ruiz, et à son chef cuisinier, Ludovic Toussaint, que l’on doit la carte, puisqu’ils l’ont concocté ensemble. « Comme dans toute aventure, il faut être bien accompagné. Ludovic est donc aux commandes en cuisine, tandis que Manu s’occupe de tout ce qui concerne la salle ».

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Ludovic Toussaint et Thierry Ruiz, cuisinier et patron de L’Olivier.

A eux deux, ils ont su trouver un bel équilibre entre viandes et poissons. Si l’aller-retour de thon à la plancha et ses croustillants de chorizo et sa marmelade de poivrons rencontrent un franc succès, le reste de la carte n’en demeure pas moins très tentant. La julienne de blanc d’encornets en piperade, le pavé de lieu rôti en panure de crevettes, ou encore le magret de canard à la plancha sauce aux mûres vous feront sans nul doute saliver.

Si à cette alléchante carte, vous ajoutez une bonne ambiance et un service agréable et souriant, vous reviendrez vite à L’Olivier. En outre, les tarifs sont vraiment très abordables étant donné la qualité des plats proposés, et leur quantité. Signalons également qu’une ambiance musicale est proposée les vendredis et samedis… sur réservation.

L’Olivier
88, Rue Ordener, 75018 Paris
Réservations : 01 46 06 46 14
www.lolivier-restaurant.fr

Menu déjeuner : 11€ / 16€ / 19 €
Menu dîner : 16€ / 21€ / 24€

Côté création maison, nous vous recommandons "les nems de moules aux petits légumes et son pot de curry Madras," élaborés par le chef. Toujours au rayon entrées, "la brochette de gambas à l’ail et saté et son chou chinois à la vinaigrette de sésame" ravira les gourmands, au même titre que "le bloc de foie gras et son chutney de cerises au poivre sichuan".

 

 

 

 

Chez Paula, cuisine du marché sans tralala

par Philippe Bordier

Véritable institution, Chez Paula, dans le 18e arrondissement de Paris, est un restaurant fréquenté par de fidèles habitués comme les touristes de passage. Cuisine de marché, prix corrects, l’affaire a été ouverte en 1990, rue Letort, par un couple soucieux de concilier business et vie familiale.

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« Chez moi, tu viens pour manger, pas pour regarder les murs ! »

Sur les murs, quelques casseroles, sans autre valeur que sentimentale, un fer à cheval, des photographies jaunies du quartier, une guitare… S’attabler Chez Paula, rue Letort, dans le 18e arrondissement de Paris, c’est comme rendre visite à la famille : on est chez soi. Pas de chichi. La déco minimaliste ? Paula s’en moque. « Chez moi, tu viens pour manger, par pour regarder les murs ». L’essentiel est ailleurs, en effet. Cuisine du marché, poissons, viandes et légumes frais, pâtisseries maison (la tarte au citron est légendaire et sa recette traduite dans plusieurs langues…), la cuisine est à l’image du restaurant : simple et bon marché. « Au début des années 90, cuisine française signifiait aussi bouffer son salaire. Chez nous, c’est de la bonne cuisine française, mais à des prix abordables. »

Chez Paula a ouvert voilà dix-huit ans. Si le restaurant est devenu une institution dans le quartier, il le doit non seulement à sa carte, mais aussi à la personnalité de ses patrons. Maîtresse des lieux, Paula prend les commandes, déambule entre les tables, tape le bout de gras avec les clients, sourire aux lèvres et bonne humeur de rigueur. Laurent, son époux, est le cuisinier, un métier qu’il pratique « depuis toujours ». D’un naturel discret, il mitonne ses plats avec attention, posté devant des fourneaux dont lui seul connaît les secrets de fonctionnement. Ces deux-là sont complémentaires et leur histoire est singulière.

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Au plafond, un ventilateur, pour rythmer nonchalamment les soirées d’été.

En 1984, Laurent 46 ans, natif de la région parisienne, passe ses vacances à Porto. Il y rencontre Paula, vingt ans à peine, originaire de la cité portugaise. Coup de foudre. Quatre mois plus tard, la jeune femme débarque à Paris. Elle bosse dans des bars, du côté de Championnet. Lui pratique son boulot de cuistot à droite, à gauche. « Vu les horaires de travail, on se voyait peu, raconte Laurent. Nous avons ouvert Chez Paula, pour être ensemble. » L’affaire est lancée en 1990. Les premiers clients sont musiciens. L’époque est au rock alternatif. Les Satellites, les Wampas et bien d’autres dînent et festoient Chez Paula au retour des répétitions ou des concerts. »

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« Au début des années 90, cuisine française signifiait aussi bouffer son salaire. Chez nous, c’est de la bonne cuisine française, mais à des prix abordables. »

« Le rock alternatif s’est cassé la gueule, mais nous sommes toujours là, » dit Paula dans un fou rire. D’autres ont pris le relais, Cali et Mickey 3D, notamment. Mais l’endroit ne se résume pas à une cantine pour musiciens : de nombreux clients fréquentent Chez Paula depuis l’ouverture. « Les ouvriers d’une entreprise de bâtiments basée en province dînent tous les soirs depuis le début. Un jour, un monsieur bien mis débarque et me demande si Paula, c’est bien moi. C’était le patron de la société en question. Il voyait défiler sans relâche les notes de frais au nom du restaurant, alors il a voulu vérifier. C’est un ami maintenant. »

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« Le midi, c’est plein. Nous assumons tout. Pas de personnel, pas de charges salariales, des prix corrects, mais un travail de dingue. Alors à 21h, on souffle. »

Mais que vous soyez habitué de la maison ou bien fraîchement descendu de l’hôtel à côté, Guide du routard en main, vous serez aimablement refoulé dès 21h. Quand bien même la salle est aux trois quarts vide. « Dès sept heure le matin, nous sommes sur le pont, justifie Paula. Le midi, c’est plein. Laurent et moi assumons tout. Pas de personnel, pas de charges salariales, des prix corrects, mais un travail de dingue. Alors à 21h, on souffle. » Selon un principe de vie identique, Chez Paula est fermé le samedi. « Le week-end, c’est sacré pour la vie de famille. Alors avec notre fille, en fin de semaine, direction la campagne, en Seine-et-Marne, où l’on retape une vieille maison depuis 15 ans. Cet équilibre nous permet de continuer à aimer notre métier. Voilà pourquoi nous ne sommes pas blasés. »

Chez Paula, 26 rue Letort - 75018.
Tél : 01 42 23 86 41
Ouvert le midi, et le soir jusqu’à 21h. Fermé samedi et dimanche.
Menus à 11€ et 13€ le midi, 13€ le soir.

 

 

 

 

Chez Anne conjugue nourritures terrestres /et spirituelles

  par Philippe Bordier**/

Restaurant multidisciplinaire ouvert dans une ancienne menuiserie, Chez Anne, dans le 18e arrondissement de Paris, propose, au-delà d’une cuisine simple, toute une gamme d’activités ludiques et culturelles. Un concept à l’image de la maîtresse des lieux, laquelle contribue ainsi à perpétuer le foisonnement artistique de son quartier.

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Chez Anne, la carte s’est étoffée au fil des demandes de la clientèle et des inspirations de sa patronne.

Une ancienne menuiserie. Drôle d’endroit pour un resto ! « Une opportunité, explique Anne, gérante du restaurant éponyme. L’atelier de bois avait fait faillite. Le bail était abordable. » Judicieux, question affaires, et bien placé d’un point de vue géographique : « Je rêvais d’un angle de rue, au cœur du quartier où je vis depuis des années. J’ai eu de la chance. » L’intérieur de la grande boutique, à l’angle des rues du Ruisseau et Calmels, a bien évidemment été totalement adapté à la restauration. Mais l’extérieur est resté tel quel. Aussi, la vielle enseigne, « Au bois blanc, menuiserie traditionnelle », trône-t-elle toujours au-dessus de la vitrine et de la porte d’entrée. « D’une contrainte, nous avons fait une particularité. »

Chez Anne, c’est un restaurant différent, à l’image de sa patronne. L’aventure a commencé l’année dernière, en juin 2008. Un salon de thé, quelques salades au départ. Puis, la carte s’est étoffée au fil des demandes de la clientèle et des inspirations de la maîtresse des lieux. Aujourd’hui, les plats du jour passent en revue les valeurs culinaires familiales d’Anne : bœuf carottes ou bourguignon, fondant au chocolat, « une recette de ma grand-mère, » dit-elle, sont mitonnés par un jeune cuisinier, associé de l’affaire avec Anne elle-même et son fiancé.

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« J’aime mélanger les cultures, dit Anne. J’ai toujours travaillé avec des artistes. »

*Côté cuisine « légère et équilibrée », comme dit Anne, la carte et les formules proposent salades ou carpaccios, charcuterie et fromages. Les végétariens sont les bienvenus : quiches et pâtes sont préparées à leur intention. « L’année prochaine, je lance une véritable carte bio, » précise Anne. Chez elle, pas de frites ni de grillades. D’ailleurs, la jeune femme devrait prochainement mettre en place des ateliers nutrition, à destination des enfants, « en particulier ceux qui ont des problèmes de poids ».

Mère de trois enfants, Anne a beaucoup voyagé. Elle se voyait diplomate. D’autres choix ont guidé ses pas. Étudiante en histoire, au cœur des années 80, elle tient un petit restaurant avec son copain, dans le 14e arrondissement de Paris. « C’était un concept original, raconte-t-elle. Des peintres peignaient pendant que les clients dînaient. » Bizarre, l’affaire plait au comédien et chanteur Jacques Dutronc, lequel s’attable midi et soir dans un coin du petit établissement. « Chez Anne recrée cette ambiance particulière où des gens différents se croisent et se parlent. »

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Anne a déniché ces vieux fauteuils de cinéma dans une brocante.

« J’aime mélanger les disciplines, les cultures, poursuit la jeune femme. J’ai toujours travaillé avec des artistes. Après ma première expérience restaurant, j’ai bossé pour une galerie d’art parisienne avec les artistes de l’Hôpital Éphémère (aujourd’hui Hôpital Bretonneau - ndlr). C’était une

période créative. J’ai souhaité retrouver cette énergie dans mon restaurant. » Anne a donc développé tout un tas d’activités annexes à la cuisine. Cours de yoga, de guitare, d’anglais, de salsa ou de gospel, à destination des adultes comme des enfants, sont dispensés toute la semaine, à l’intérieur même du restaurant. « Chez moi, le corps et l’esprit sont rassasiés. »

Si les concerts du soir sont actuellement mis en sourdine, faute d’isolation phonique adéquate et de voisins récalcitrants (les apéros concerts sont, en revanche, toujours d’actualité), "Chez Anne" accueille, en alternance, des expositions de peinture et de photographies, œuvres d’artistes du quartier. Et les projets ne manquent pas. Le vendredi soir devrait bientôt être destiné au théâtre. « Une première expérience, en novembre 2008, s’est soldée par un véritable succès, » raconte la patronne. Le dimanche, un « slunch » prolongera bientôt le brunch dominical jusqu’en fin de journée. « Encore une demande de ma clientèle, » sourit Anne, plus que jamais à l’écoute de son quartier.

Chez Anne - 41 rue du Ruisseau - 75018 Paris.
Renseignements et réservations : 01 42 23 42 03.

 

 

 

 

 

 

Exodisc : deux fous
de disques vinyles à Montmartre

Michel Brillié

Dominique et Larry, disquaires indépendants, gèrent avec amour leur nid de culture à une encablure de la mairie. Exodisc mélange la légende de la musique (pop, punk, new wave, hip hop, chanson) et les coups de cœur de ce couple anachronique et futuriste.

Larry est un pur produit de la génération baby-boom. Garnement dans les sixties, il est envoyé dans un collège catholique chic, cher et strict. Là, il se découvre un vrai intérêt pour… la chorale, « pour échapper à l’ennui ». Une maîtrise haut de gamme ; donc déjà, tournées, spectacles, etc. Suit la révélation du rock et de la pop : Larry va applaudir dans les stations balnéaires du sud de l’Angleterre. Kinks, Who, Them, il a vu tous les groupes cultes de la décennie. Ensuite, Larry vit les 70’s dans la distribution (un magasin), la production (Mink de Ville). Il fait aussi découvrir aux frenchies des artistes comme De La Soul et Queen Latifah. Les années 80 arrivent. Larry a envie de changer de genre après ses diverses expériences dans le métier. Arrivée de Dominique. Rencontre.

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Exodisc a été créé par Dominique, en 1982.

Dominique vient de créer Exodisc, dans le 18e arrondissement de Paris, derrière la mairie. C’est une fille du quartier, née à Bichat. Elle a toujours habité le coin. La jeune femme a traîné ses bottes aux puces et a fait ses classes dans les bacs du stand de disques mythique du marché Malik. En 1982, la boutique Exodisc démarre en mélangeant les genres : musique branchée et BD cohabitent un temps. Sans doute l’influence de Dominique qui s’est aussi intéressée à la mode et autres « trucs de filles », comme dit Larry. Puis la boutique trouve son vrai créneau de vinyles : rock, new wave, funk, jazz, reggae, musiques de films.

Aujourd’hui, le couple travaille en totale complicité. Les vinyles exposés dans les bacs de la boutique reflètent leurs goûts communs, très éclectiques. Cela va des groupes « continentaux » (allemands, anglais, italiens), des Français cultes (Ferré, Gainsbourg, Brigitte Fontaine) aux oiseaux rares des années 60 (Ronnie Bird, Vigon). Beaucoup de B.O. de films (ah… Morricone !). Au milieu de ces monuments, Dominique et Larry vont glisser leurs coups de cœur actuels, issus de petits labels indépendants : « Un rôle de fusible, de découvreur de talents, de guide, que ne jouent plus aucun des gros acteurs de la scène musicales en France, » souligne Larry.

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Dominique et Larry, deux passionnés de disques vinyles.

Un couple dont le travail est très complémentaire. « Un bon tandem, avec un gros tronc commun, dit Larry. On partage beaucoup de choses et de connaissances. » Et dans la vie de tous les jours, une passion pour (presque) les mêmes choses : la musique, le cinéma. Larry et Dominique bétonnent leur couple avec leurs envies de découvertes : fouiller dans un magasin et choisir le même DVD sans se concerter. Un couple fusionnel, plus de trente ans après leur rencontre ? C’est vrai que Dominique et Larry ne se confrontent pas. Diplomates, ils ont aussi chacun leur truc. En musique - on y revient tout le temps – Free Jazz pour l’un et Brésil pour l’autre.

En voici deux qui n’ont pas besoin de se regarder pour se comprendre. Dominique et Larry répondent chacun à leur tour, dans une harmonie presque parfaite. Avant de partir, petit coup d’œil dans l’arrière-boutique. Regard inquiet de Larry : c’est son domaine, un peu moins rangé que la boutique, nickel. Dominique ne va pas aimer…

Exodisc, 70 rue du Mont Cenis, Paris 18e
Tél : 01 42 23 39 40

 

 

 

 

La cour d’appel de Paris confie la Loco au Moulin Rouge

La Loco, célèbre discothèque de Pigalle<, va changer de mains : la cour d’appel de Paris a confirmé, mardi 17 novembre 2009, la décision du tribunal de commerce de confier la reprise de l’établissement au Moulin Rouge. « Le projet des salariés proposait de poursuivre les activités de la Loco, tout en maintenant les emplois, les magistrats ont choisi de l’ignorer, a commenté Ian Brossat élu PC du 18e arrondissement. Les Parisiens et leurs voisins de banlieue pourraient perdre un lieu précieux de rencontres, de cultures, de fête. »

Après avoir fait voter un vœu au Conseil d’arrondissement du 18e, lundi 17 mars 2009, le conseiller a précisé qu’il présenterait un nouveau vœu, au Conseil de Paris, cette fois, le 23 novembre prochain.

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