NOUVELLES DU 18 EME

Publié le par LEPIC ABBESSES

Le futur statut de la Poste en débat dans le 18e arrondissement

30 septembre 2009 par Philippe Bordier , Danielle Lacroix

Aujourd’hui, la Poste et la Ratp maintiennent leur projet d’ouvrir un guichet postal à la station de métro Simplon, dans le 18e arrondissement de Paris. Cette semaine, les élus de la majorité municipale contestent le nouveau statut des services postaux et soutiennent la votation citoyenne du 3 octobre 2009. Et voilà cent ans, les postiers défrayaient déjà la chronique...

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Le bureau de poste rue Clignancourt en 1907.

Il sera possible de retirer ses recommandés postaux à la station de métro Simplon, dans le 18e arrondissement de Paris, dès le mois d’octobre 2009. Pierre Mongin, patron de la Ratp, l’a confirmé à Ian Brossat, élu PC du 18e, lequel a immédiatement déposé un vœu condamnant ce dispositif au conseil de Paris.

Cette affaire intervient dans un contexte agité pour la Poste. Lors du conseil d’arrondissement du 21 septembre 2009, les élus PS, PC et Verts du 18e ont adopté un vœu se prononçant pour le retrait du projet de loi postale 2009 (transformation du statut de la Poste en société anonyme) et soutenant la consultation citoyenne du 3 octobre 2009 sur la privatisation de la Poste (les élus UMP ont voté contre).

Service public de référence depuis ses origines, La Poste est régulièrement agitée de soubresauts. Exemple, en 1909, il y a tout juste cent ans, les guichets du 18e arrondissement étaient mobilisés contre le manque de reconnaissance de leur travail par les pouvoirs publics. A l’époque, il n’était pas question de privatisation. Mais les postiers, conscients de l’importance de leur rôle dans la société, souhaitaient être rémunérés à leur juste valeur.

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Le même bureau de poste dans les années 20. Celui-ci a fermé en 2006 et le bâtiment a été vendu par la Poste.

Nous sommes en 1909. Depuis des mois, le feu couve : les employés des Postes, télégraphes et téléphones (PTT) sont mécontents. Il y a peu d’avancement, et on parle de « favoritisme » dans les promotions accordées. De son côté, le ministère refuse d’élaborer un nouveau règlement. Le 12 mars 1909, des centaines d’employés descendent dans la rue. Ils se rendent rue de Grenelle (Bureau central des télégraphes) et, au cours des échauffourées qui vont suivre, le préfet Lépine est malmené.

Le lendemain, premiers débrayages au central télégraphique rue de Grenelle. Le sous-secrétaire d’Etat aux Postes, Simyan, menace de révocation les grévistes. Les incidents se multiplient dans les jours qui suivent et une grève générale débute le 15 mars. Le 22 mars 1909, les représentants des grévistes obtiennent des promesses. La grève cesse alors. Mais, en avril, le président du Conseil Georges Clemenceau et son ministre Louis Barthou, ministre des travaux publics, prévoient des conseils de discipline et des acheminements de remplacement sont prévus par les Chambres de commerce.

En mai, ce sont les leaders syndicaux eux-mêmes qui sont traduits devant les instances administratives et révoqués. La Fédération nationale des PTT lance alors un appel à la grève générale des postiers. Celle-ci n’est pas très suivie et ceux qui la font sont sanctionnés. Le 20 mai, la CGT appelle à la grève générale. Celle-ci donnera lieu à quelques incidents, mais ne s’avèrera pas concluante. Et le 21 mai, c’est la reprise du travail. Cependant plusieurs centaines de postiers seront révoqués.

Dans le 18ème arrondissement, la mobilisation était pour le moins contrastée si on en croit cet extrait de texte du journal Le Matin, repris par le site CpaScans : « Un instant, dans le quartier de Clignancourt, les choses prirent, une tournure inquiétante. Les employés du bureau central du dix-huitième arrondissement, agents et facteurs, s’étaient en majorité refusés à prendre part au dernier mouvement. Les grévistes les mirent à l’index, les traitant de "renégats" et de "vendus". Hier matin, une quinzaine de facteurs ne prirent pas leur service dans ce bureau ; ils déclarèrent aux non-grévistes que s’ils ne quittaient pas le bureau, il leur en cuirait. Dans ces conditions, les non-grévistes demandèrent au receveur de les employer à un travail intérieur ou d’assurer leur sécurité. C’est pourquoi 120 hommes de troupes furent réquisitionnés et l’on organisa des patrouilles sous la protection desquelles les facteurs procédèrent aux distributions. Les grévistes furent, par la même occasion, remplacés par des militaires. »

 

 

 

 

Dealer ou l’art
de s’habiller en musique

30 septembre 2009 par Juliette Hoyos

La boutique Dealer, installée depuis un an à deux pas de la place Jules Joffrin, dans le 18e arrondissement de Paris, mélange vêtements neufs et vintages. Inspirée par les échoppes de fringues londoniennes, sa conceptrice organise tous les trimestres, dans le magasin, des soirées musicales animées par des DJ’S.

Orange, vert, jaune, papier peint psychédélique sur un mur, douceur d’un rose tendre au fond du magasin, lustre des années soixante au plafond : Cécilia est fière de la décoration de sa boutique de vêtements. D’inspiration sixties et seventies, le style rappelle les échoppes londoniennes actuellement en vogue dans la capitale britannique. « J’adore ces périodes, sourit Cécilia. A l’époque, on osait toutes les couleurs, toutes les matières, tous les mélanges : le métal, le cuir, le synthétique… »

Dealer, créé dans le 18e arrondissement de Paris en octobre 2008, reflète donc les goûts de sa propriétaire. Sur les portants, robes aux imprimés liberty, jupes, blousons, jeans, tops ou cardigans, côtoient avec bonheur chemises à carreaux, gilets sans manches, manteaux au boutonnage officier et nombre de vêtements rares et typés. « J’ai aussi des vêtements de princesse, dit Cécilia, en décrochant une jolie robe froufroutante rouge carmin. Dealer est une boutique de vêtements et d’accessoires qui mêle neuf et vintages, mais ce n’est pas un dépôt-vente, » précise-elle.

Brune au sourire chaleureux, Cécilia, 51 ans, vit dans le 18e arrondissement depuis dix-huit ans. Dans une vie précédente, elle était l’attachée de presse de chanteurs et musiciens célèbres. Vingt-cinq années au service d’une grosse maison de disque, puis un licenciement en 2007. La crise du disque est sans pitié. « Difficile à vivre, reconnaît Cécilia, qui ne s’est pas démontée pour autant. Musique mise à part, mon autre passion, depuis toujours, ce sont les fringues. »

« Un ami m’a aidé à monter mon magasin, poursuit-elle. J’ai déniché ce pas-de-porte, proche de la mairie du 18e assez rapidement. Il était libre depuis plusieurs mois. Auparavant, un toiletteur pour chiens officiait ici. » Cecilia met autant de soin au choix des collections de sa boutique qu’elle en mettait à défendre la musique de ses protégés : « Pour le neuf, j’aime chiner du côté des nouvelles marques étrangères, notamment scandinaves et espagnoles. Elles possèdent un délicieux grain de folie qui fonde leur originalité. Pour cette saison, j’ai déniché des griffes australiennes. Elles se marient à la perfection avec nos pièces vintage. »

Du blouson en cuir vintage (49 euros), aux bottes et chaussures, en passant par les manchons en fourrure synthétique, les sacs et les chemises à carreaux (15 euros) et les pièces de créatrices, les prix proposés par Dealer se veulent abordables. « J’ai une jolie clientèle, constituée surtout de femmes du quartier dont l’âge varie de 14 à 85 ans, affirme Cécilia. De nombreuses clientes sont devenues des copines et des stylistes, chargées des costumes de films, viennent faire leurs emplettes ici. J’ai aussi la visite d’artistes, comme Bams, la jeune chanteuse. Sans oublier celle des bons potes de ma période musicale, Dave et Helena Noguerra, notamment. »

Bien intégrée dans le quartier (Dealer envisage de travailler avec le bar l’Alibi et le restaurant Tartine Marioles, de proches voisins) la boutique soufflera sa première bougie le 1er octobre 2009, en fin de journée. Pour l’occasion, l’apéro shopping, organisé tous les trimestres avec Dj’ettes aux platines, prendra un relief particulier. Dans son nouveau métier, Cécilia n’envisage pas une seconde de laisser tomber la musique.

Dealer, 15 rue Lapeyrère - 75018
Métro Jules Joffrin
Apéro Shopping, jeudi 01 octobre 2009, à 18h30

 

 

 

 

La chanson française s’expose au Lavoir moderne jusqu’au 15 octobre 2009
29 septembre 2009

Le jeune photographe TiT profite de la Fête des vendanges pour présenter des Portraits d’humains qui chantent, clichés qu’il a, pour la plupart, lui-même réalisé. L’exposition, hébergée par l’association Procréart, au Lavoir moderne, jusqu’au 15 octobre 2009, rassemble des grands noms de la chanson française, dont Léo Ferré, Cali, ou encore La Grande Sophie, et du 18e arrondissement. Il sera possible de retrouver ces oeuvres dans un catalogue de l’exposition, ainsi que dans l’ouvrage Elles et eux et la chanson, édité aux éditions Tirésias.

Lavoir moderne parisien
35 rue Léon, 75018
Entrée libre

http://www.dixhuitinfo.com/

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