NOUVELLES DU 18 EME

Publié le par LEPIC ABBESSES

Mordida de Tango,
la danse argentine pour tous

  par Eloïse Daviaud

Les mordus de tango ont rendez-vous dimanche 20 septembre 2009 au centre Barbara, dans la Goutte d’Or, pour participer à la première pratique de tango argentin de l’année organisée par Mordida de tango. Cette association, basée dans le 18e arrondissement de Paris et animée par les danseurs Charlotte Hess et Miguel Gabis, soufflera ses 10 bougies cette saison.

Dix ans déjà que l’association Mordida de tango initie jeunes et moins jeunes à la pratique du tango argentin dans le 18e arrondissement de Paris. Un joli succès puisque les cours et pratiques de l’organisation voient défiler chaque semaine plus de 300 danseurs. La recette d’une telle réussite : une véritable association, ancrée dans le 18e arrondissement et animée par des danseurs professionnels. Charlotte Hess et Miguel Gabis, à l’origine du projet Mordida de tango, ont mis un point d’honneur à ce que les cours soient accessibles et leur atmosphère conviviale. « Les autres cours sont souvent snobs, froids. On tient absolument à ce que nos cours soient conviviaux », confie Charlotte Hess.

Pour cette nouvelle saison, les cours sont toujours organisés par niveau (débutant, avancé, intermédiaire), mais il y a quelques nouveautés. Le vendredi soir, un cours débutant et un cours intermédiaire seront donnés en même temps dans une salle de la maison paroissiale de la rue Hermel. « C’est ce qu’ils font à Buenos Aires. Ça va être terrible ! », explique Charlotte Hess. L’association a développé de nombreuses activités autour des cours. Un atelier spectacle donnant lieu à une représentation à la fin de l’année sera ainsi proposé aux élèves, et un festival sera organisé comme tous les ans au printemps. En outre, une démonstration en plein air aura lieu le dimanche 27 septembre à 14h00 place des Abbesses, dans le cadre du forum des associations.

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Atelier chorégraphique de Mordida de Tango.

Si ces cours de tango fonctionnent bien, c’est aussi parce qu’il y a à peu près autant d’hommes que de femmes parmi les adhérents. Il est tout à fait possible de venir seul et de trouver un cavalier sur place. « On n’exige pas des gens qu’ils viennent en couple, confirme Charlotte Hess, d’ailleurs, certaines personnes qui viennent en couple préfèrent danser avec quelqu’un d’autre. » Pendant les pratiques, séances de danse libre ouvertes à tous le vendredi soir et le dimanche après-midi, les échanges entre danseurs sont facilités par la décontraction ambiante. Les participants peuvent ainsi danser avec des partenaires d’un autre niveau que le leur.

En parallèle des cours pour amateurs, une formation pour professeurs et danseurs professionnels s’est organisée. Et contrairement aux idées reçues, il est parfois plus facile de former des débutants que des professionnels. Charlotte Hess raconte l’une de ses expériences avec des danseurs russes : « Une année, on nous a demandé d’aller former d’anciens danseurs du Bolchoï pour le show de la « Madonna » russe… Ça a été très compliqué ! Ils avaient tous les pieds coincés en canard ! ».








Vertige Tango Festival, le cœur de l’Argentine bat dans le 18e

par Philippe Bordier

Concerts, conférences, initiations, bal populaire : la deuxième édition de Vertige Tango, festival organisé par l’association Mordida de tango, se tiendra, samedi 23 et dimanche 24 mai 2009, à la Maison verte, dans le 18e arrondissement de Paris. C’est l’occasion de découvrir une danse et une musique populaire, fruits de métissages rythmiques et mélodiques inédits, au début du siècle dernier.

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Un couple danse le tango, à Buenos Aires, décembre 2008.
Photo : ©Didier Blain

Avec 200 adhérents, Mordida de Tango est l’une des plus importantes associations parisiennes consacrée à cette danse, née en Argentine au début du siècle dernier. Elle a été créée par une Parisienne, Charlotte Hess et un Argentin, Miguel Gabis, en 2000, dans le 18e arrondissement de Paris. Ils en assurent aujourd’hui la direction artistique et pédagogique. « Je suis née dans le quartier, explique Charlotte Hess, 30 ans. J’y ai toujours vécu, il n’était pas question de monter Mordida ailleurs. Question de proximité et désir de tisser des liens conviviaux avec les habitants. »

Charlotte Hess a le tango dans la peau depuis l’âge de 14 ans. Une passion développée aux côtés de son père, universitaire passionné par les danses de couples. Trois ans plus tard, la jeune femme danse au sein de la Compagnie Argentina, à Paris, puis devient professeur de tango, notamment à la faculté de Paris VIII. « C’est une danse où il ne faut pas être dans la simple exécution des figures, mais d’abord à l’écoute de l’autre, explique-t-elle. Elle possède ses grilles et ses codes, mais c’est aussi une danse d’improvisation. »

Au fil de l’année, Mordida de Tango donne des cours, propose différents stages et organise son festival annuel, Vertige Tango, dont c’est la deuxième édition. Un voyage en Argentine est aussi organisé chaque année. À la source d’un genre né au début du siècle dernier dans les bas fonds de Buenos Aires, en Argentine, fruit du métissage de cultures immigrantes : le rythme est africain (milonga ou Camdombe), la mélodie italienne, et le bandonéon, instrument emblématique du tango, est né en Allemagne.

« Chaque tango est un poème à part entière, souligne Charlotte Hess. Ses textes racontent des histoires d’amour tragiques, le déracinement, le pays perdu pleuré par les migrants. » Attaché à la tradition, Mordida ancre son travail dans l’histoire et l’héritage du tango. « Lequel propose plusieurs portes d’entrées, poursuit-elle : la danse, la musique et la littérature. » Danse sociale et sensuelle, le tango requiert surtout, dans son exécution, écoute du partenaire et anticipation de ses mouvements. Un art où l’homme mène la danse. « Mais s’il propose, c’est la femme qui dispose, » relève Charlotte Hess.


 

 

 

 


DANSES STANDARDS
Le Tango

Le Tango est une danse langoureuse au rythme plutôt lent où les couples évoluent étroitement emboités.
Tango : les origines

Le Tango est à l'origine une danse populaire des faubourgs de Buenos-Aire en Argentine. La toute première fois qu'on la dansa se fut à "Barria de los Renas", dans les ghettos de Buenos Aires. Elle fut d'abord connue sous le nom de "Baila con Corte". Les "Dandies" de Buenos Aire ont changé la danse de deux manières : premièrement, ils changèrent l'appelation "Rythme de Polka" en "Rythme de Habanera", et secondo ils le nommèrent tango.
Outre la milonga, une danse Argentine, on retrouve donc dans les ancêtres du tango, une danse espagnole : la habanera, mais aussi l'ensemble des danses de société européennes. Malgré la désapprobation de la bourgeoisie Argentine à l'égard de cette danse trop sensuelle et provocante, le tango continue à la fin du XIXe siècle d'être dansé par les classes sociales plus modestes ; plusieurs amateurs tentèrent d'introduire cette danse à Paris mais sans succès, et jusque là les sentiers du tango n'étaient pas couvert de roses. Il y avait certains adeptes et beaucoup d'opposants au tango, notamment les évêques français qui faisaient ressortir le côté sensuel et sexuel de cette danse et tous ceux qui la pratiquaient, désobéissaient à la saco-sainte religion.

La seconde naissance du tango a lieu au début du XXe siècle lorsqu'il traverse enfin l'Atlantique. Son succès est rapide en Europe et notamment à Paris et il obtient la légitimité qui lui manquait en Argentine. Dès lors, son succès ne se démentira jamais. "Européanisé" et standardisé, il entre même dans les danses de compétition. Il s'est peu à peu éloigné des principes de départ, reposant notamment sur l'improvisation, ce qui conduit les spécialistes à distinguer le tango occidentalisé du tango argentin, plus proche de l'original.
Tango : les bases

Bien que fondée sur des pas de marche naturels, le tango est probablement l'une des danses les plus difficiles à maîtriser. Les figures y sont nombreuses et parfois assez complexes. La danseuse peut être amenée, sur certaines figures, à évoluer à un rythme différent de celui du danseur. C'est donc l'une des danses qui exige le plus de complicité dans le couple. C'est pourquoi la position du couple est légèrement différente de celle des autres danses. Le bras droit du danseur va plus loin dans le dos de la danseuse, de manière à établir un contact franc entre les deux partenaires. Le tango est fondé sur des ruptures de rythme. Sur le pas de base on compte "lent", "lent" (le danseur avance alors le pied gauche puis le pied droit, la danseuse reculant le pied droit, puis le pied gauche"), puis "vite", "vite" (on effectue alors des pas très courts, ou sur le côté), puis "lent" (le danseur avance son pied gauche)... et ainsi de suite : "lent" "vite" "vite" "lent" "lent" "vite" "vite" "lent"...


Tango : musiques

Au moment où elle est apparue et s'est développée (début du XXe siècle), la musique du tango avait quelques particularités par rapport aux musiques européennes, fondées sur un rythme régulier : la musique, comme la danse, est basée sur des accélérations et des ralentissements. Le tango se caractérise également par des accents dramatiques et passionnés. Les instruments dominants sont le bandonéon (sorte d'accordéon sud-Américain) et le violon. Enfin, très vite, les airs chantés prirent le dessus sur les musiques pures, Carlos Gardel restant sûrement aujourd'hui l'interprète le plus représentatif de l'histoire de cette musique. Les thèmes récurrents sont l'amour et ses déchirements. A l'autre extrême, Piazzola lui donne des accents très classiques dans des compositions purement musicales...



Si les prairies pouvaient parler, cette pampa vous le dirait,
De quelle fièvre je l'aimais, à quel point je l'ai adorée,
Combien de fois à genoux, frissonnant, je suis resté planté
Sous l'arbre dénudé où je l'avais un jour embrassée...

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