NOUVELLES DU 18 EME

Publié le par LEPIC ABBESSES


Début des travaux place de Clichy

 

Les appels d’offres auprès des entreprises de voirie et d’éclairage ont été lancés cet été. Ils devraient aboutir d’ici à la fin du mois de septembre. Le grand chantier de réaménagement de la place de Clichy devrait démarrer dans la foulée. A cheval sur 4 arrondissements (VIII e , IX e , XVII e et XVIII e ), ce vaste espace régulièrement embouteillé sera redessiné pour faire plus de place aux piétons.

Une promenade de 1 000 m 2 plantée d’arbres sera installée au de l’axe routier dans la continuité du boulevard des Batignolles, jusqu’à celui de Rochechouart. La station de taxis implantée face à la brasserie le Wepler sera transférée du côté des Batignolles et les sens de circulation autour du rond-point seront modifiés pour fluidifier le trafic. Les travaux évalués à 4 M€ devraient se prolonger jusqu’à fin 2010.
Ils seront menés par phase pour ne pas bloquer totalement ce « stratégique » dans le plan de déplacement parisien.






 
 


Social / XVIII e

Les artistes s’installent, les biffins déménagent

 

Quand habitants et artistes réinvestissent leur quartier. Depuis le mois d’août, le mail Binet (XVIII e ), près de la porte Montmartre, sur lequel s’installaient chaque week-end des centaines de biffins (surnom donné aux chiffonniers) et de vendeurs à la sauvette, est désormais rendu aux riverains et aux enfants du quartier qui reviennent s’y amuser.



Des sculptures végétales se substituent au

Après une grosse colère des habitants à la fin du mois de mai, suivie de la rédaction d’une pétition, immédiatement noircie de quelque 700 signatures, la compagnie Résonances, un collectif d’artistes du XVIII e , a pris ses quartiers sur le mail avec l’accord de la mairie. Et les sculptures végétales ont depuis, remplacé le marché sauvage. L’initiative a d’ailleurs tellement séduit les riverains qu’ils ont installé tables et chaises à l’entrée du mail, sur lequel ils veillent jalousement chaque week-end.
L’échiquier végétal et la maternité, réalisée à l’aide de métal et de plantes, ont été conçus par les artistes de Résonances, mais ils sont avant tout l’oeuvre commune d’un quartier qui commence à se réapproprier l’espace dont il a été privé : « Les gamins de la rue, les enfants des biffins eux-mêmes ont participé, souligne Sylvie, artiste jardinière paysagiste, mais également les adultes, qui arrosent régulièrement les plantations. Cet espace est le leur et jamais la moindre dégradation n’a été perpétrée… »
Pas de tension avec les biffins non plus, mais ceux-ci sont désormais des centaines à avoir « émigré » à deux pas de là, derrière l’hôpital Bichat, où les étals, posés à même le sol, s’étendent maintenant à perte de vue, sur des dizaines de mètres, en contrebas du périphérique : « On est obligés, souligne un vendeur de babioles hétéroclites. On a besoin de vivre nous aussi. Si on nous chasse encore, on trouvera un autre endroit. »
La a poussé vers la porte Montmartre de plus en plus de personnes en très grande précarité, créant un afflux que supportent de plus en plus mal les habitants du quartier. « S’il n’y avait que les biffins ! soupire un riverain. Mais ils sont des centaines à se mêler à eux. Sur le mail Binet, la situation était devenue ingérable : chaque week-end, la rue était envahie de déchets, d’excréments, même les enfants ne pouvaient plus y jouer. Sans parler de la bibliothèque de la porte Montmartre, dont l’accès était devenu impossible. Nous avons retrouvé notre espace de vie ! »





100 places réservées en octobre

 

Le 1 e r octobre, les biffins disposeront de places officielles sous le pont du périphérique. Daniel Vaillant, le député-maire () du XVIII e , a annoncé au mois de juillet que les 100 emplacements officiels, gérés par l’association Aurore, seront à la disposition des vendeurs… à condition, toutefois, de montrer patte blanche : seuls les habitants du XVII e , du XVIII e et de Saint-Ouen, seront autorisés à « déballer » leur marchandise.


Une manière de bouter hors des lieux les centaines de vendeurs à la sauvette qui se mêlent depuis des années aux chiffonniers traditionnels. Une initiative diversement appréciée parmi les riverains de la porte Montmartre… et par les biffins eux-mêmes, qui craignent des interventions policières plus fréquentes encore.
« Ces personnes sont dans le dénuement, souligne un habitant. Les vendeurs à la sauvette se mettront un peu plus loin, c’est tout. Je crains que l’on ne retrouve jamais l’esprit biffin d’autrefois… »






A propos de l'auteur biffins

Messagerie instantanée : les-biffins-de-la-porte-montmartre@hotmail.fr (MSN)

 

Quelques mots sur moi

Qui sont les « Biffins » ?
Ce sont des personnes, femmes et hommes, sans ou à faibles ressources, parfois sans abri, et n’ayant pour seul moyen de survie que celui de vendre des objets recherchés la nuit dans les rues, les poubelles, ou provenant de leurs biens personnels. À chaque fin de semaine, elles viennent s’installer sous le pont du périphérique, à la Pte Montmartre et sur St-Ouen, à l’orée du Marché aux Puces afin d’essayer d’y vendre ces objets. Des biffins exercent la même activité à Montreuil, dans d’autres villes. En l’absence d’autre perspective, elle est absolument nécessaire à leur survie. Or, les Biffins subissent deux choses : une répression policière et, pour certains, un manque de logement.
Pour se défendre, ils ont constitué l’association Sauve-qui-peut ; un comité de soutien s’est formé autour d’habitants du quartier. Leurs demandes sont les suivantes :
en premier lieu, l’arrêt immédiat de la benne et des descentes de police,
un droit de vendre, sur un territoire qui leur soit réservé,
un logement pour les sans abri,
la reconnaissance et l’octroi des droits sociaux pour tous.

 

 

 

 

 

Les biffins veulent récupérer un statut


Il est 11 h 30 ce dimanche sous le périphérique, porte Montmartre (18e), quand une rumeur envahit la foule : « Les v'la. » En quelques secondes, des dizaines de vendeurs se volatilisent. Pour la troisième fois de la matinée, la police vient patrouiller dans ce coin, situé à l'extrémité des puces de Saint-Ouen et traditionnellement squatté par des vendeurs à la sauvette. Parmi eux, une centaine de biffins, ces héritiers des chiffonniers qui ont fait la tradition des puces, vendent des objets récupérés. Annie, qui touche 600 euros mensuels de retraite, fait les poubelles du 18e pour compléter ses revenus. Elle harangue les passants : « Allez, 3 euros l'imper. Quand il y a un bouton manquant, je les remplace tous, je recouds aussi... », explique-t-elle devant son petit tas de marchandises, une paire de bottines mauves, un livre, des sacs à main rétro... et même une fois des couverts en argent ! Elle a appris à survivre au harcèlement policier, à remballer fissa son barda. « Sinon, ça termine à la benne, ou dans les poches des policiers. Et puis, l'amende à 172 euros, je n'ai pas les moyens de la payer. »

Avec les autres biffins de la porte Montmartre, elle manifestera ce soir devant la mairie du 18e, jour du dernier conseil d'arrondissement de la mandature. Proposé par les Verts, un voeu sera soumis au vote demandant la régularisation de leur statut et le retrait de la benne où atterrissent leurs marchandises. Avec peu d'espoir d'être adopté, faute d'un soutien du PS.

Thierry Cayet, élu local (Verts), fait valoir que « cette benne [installée par la mairie en réponse aux plaintes de voisins] coûte 10 000 euros par mois au contribuable parisien », et estime que ce « marché social de la récupération » a le droit de vivre. « Certes, on n'est pas des vrais commerçants, mais on est prêts à payer à la mairie jusqu'à 5 euros par mois pour devenir légaux », assure Mohamed Zouari, président de l'association des biffins Sauve qui peut. « Les soumettre à la patente permettrait à la police de faire la différence entre les biffins et les voleurs », avance Nicolas Campini, riverain. Car pour l'instant, ceux qui revendent outils, téléphones portables et autres objets « tombés du camion » sont aussi nombreux que les honnêtes chiffonniers.

 

 

 

 

 

Depuis des dizaines d'années, des vendeurs à la sauvette déballaient en marge des puces, entre le 18e et Saint-Ouen, leur marchandise récupérée dans les poubelles. Pour un petit pécule. Seulement les pouvoirs publics aimeraient aujourd'hui les voir partir. Trop de plaintes de riverains, trop de problème de produits volés. Mais les biffins s'organisent pour défendre leur cause.

"Pas chère l'écharpe, 2 ?! C'est gratuit!" Annie a la harangue facile. Ce bout de femme énergique, tignasse blonde sous bonnet en laine bleu, a été vendeuse dans le prêt-à-porter par le passé. Une autre époque. Comme Afid, ou Mohamed, elle a eu une "cabosse de la vie", qu'elle préfère taire. A présent, cette retraitée vient tous les week-ends vendre, sur une étoffe posée par terre, son menu butin récupéré dans des poubelles. Pour une recette d'environ 150 ? par mois. "Si je n'avais pas eu ça, je n'aurais pas survécu, ni moralement ni financièrement." Or "ça" est amené à disparaître. Des années durant, les biffins, héritiers des chiffonniers des puces (en argot, biffin signifie chiffonnier), ont pu déballer leurs marchandises du bas l'avenue de la Porte-Montmartre, dans le 18e, jusqu'à Saint-Ouen.

Mais le noyautage du marché par des revendeurs de marchandises volées et des plaintes de riverains ont poussé les municipalités à agir. Et les forces de l'ordre à verbaliser. A chaque descente, les papillons volent et le magot des biffins s'évapore dans la cohue d'une fuite improvisée. Mohamed Zouari, le président de Sauve qui peut, une association constituée pour défendre les biffins, ne décolère pas. "Aujourd'hui, j'ai eu deux amendes. Les policiers ont saisi tout mon matériel, je n'ai plus rien. Nous sommes l'âme des puces, sans nous, ce marché ne serait plus ce qu'il est", se lamente-t-il entre colère et incompréhension.

"Il y a une tradition de vente à cet endroit qui a permis, pendant des années, d'insérer les biffins dans la société, admet Nicolas Guégou, directeur du développement économique à la mairie de Saint-Ouen. Mais aujourd'hui, le regard sur eux a changé et eux-mêmes ont changé. Ils sont plus nombreux, plus agressifs, avec de nombreux voleurs parmi eux. Ils constituent une nuisance, dit-il sans détou. Ils sont dans le non-droit absolu." Conscients du problème, les biffins réclament "un statut". "On ne veut pas des voleurs! dit Mohamed Zouari. On est prêts à payer une patente modeste pour être dans la légalité." Après presque trente ans de biffe, le vieil homme tient désormais son combat "la régularisation" - pour ensuite confier "l'affaire" à son fils. Ses armes: des tracts pour sensibiliser les riverains, des manifestations devant la mairie et sa bonhomie naturelle. Des habitants ont constitué un comité pour les soutenir. "C'est un marché social de la récupération, utile aux vendeurs comme aux clients, qui ont le même profil", plaide Bertrand, l'un de ses soutiens.

"Une fois, j'ai trouvé une lettre de De Gaulle dans une poubelle"

La mairie du 18e s'est emparée du problème. Un cahier des charges a été défini mi-février, en concertation avec des associations, à destination d'un cabinet d'études. "On va traiter le problème des biffins dans sa globalité: les volets économique, sécurité, propreté, santé et insertion", explique Frédérique Pigeon, adjointe aux affaires sociales et à la politique de la ville à la mairie. A charge pour le cabinet de "caser" les biffins "aux différents profils"? ailleurs. Si l'élue leur reconnaît un "rôle social et de recyclage", la mairie à d'autres projets pour ce niveau de l'avenue. "On veut qu'ils continuent leur activité mais il n'est pas souhaitable de les laisser là dans ces conditions. Ce n'est pas digne", explique-t-elle.

Sauf que les biffins revendiquent le lieu, et une identité de puciers qui, justement, constitue leur dignité. Afid, la cinquantaine affable, deux gros sacs de sport à ses pieds, raconte: "On empêche des beaux objets d'être détruits. On les revend moins cher, pour des gens sans le sou, c'est l'histoire des puces." Toutes les nuits, de 21h à 9h, il fait sa tournée dans les 16e et 17e arrondissements, dont il connaît chaque rue, chaque poubelle, chaque box. A 47 ans, il vit le long du périphérique. SDF, certes, mais "de luxe", selon cet homme fier. Pour rien au monde, cet ancien chef de chantier ne changerait de "métier". "Je suis un chineur dans l'âme, s'anime-t-il dans sa barbe poivre et sel. Une fois, j'ai trouvé une lettre de De Gaulle dans une poubelle. Le Général, c'est le patrimoine! Je sauve le patrimoine. Quelque part, j'en fais partie?"

 

 

 

 

 

Les Biffins ou l'exclusion digne et organisée

4b11c505f2eb1ed58bc405a889817aac.jpgCe matin sur France Inter, un journaliste* interroge deux ou trois hommes en milieu urbain : ce sont des biffins. Visiblement ils évoluent dans un genre de « puces ». Bruits d'ambiance, ces hommes s'interpellent en répondant aux questions de Thomas Chauvineau. Voici ce que j'en ai retenu [convocation d'une mémoire vagabonde...] et peut être aussi pourquoi :

D'abord qui sont les « Biffins » : ce sont des personnes qui vivent aux portes des villes et qui vendent à la sauvette des objets recherchés la nuit dans les rues ou les poubelles, les rafistolent, puis les revendent trois francs six sous.

Les quelques hommes entendus ce matin sont Porte de Saint-Ouen, ils habitent sous des abris, et dans une grande précarité, mais ne se plaignent pas. Ils seraient même plutôt fiers, les biffins. Fiers d'être des travailleurs à part entière, fiers de leur autonomie : « Nous ne sommes pas des assistés, aucun de nous dans ce coin de périphérique ne touche le RMI ! » Ils demandent juste le doit à exercer leur activité : « tout le monde est content », rappelle cet homme là (oublié son nom, qu'il me le pardonne !), dont l'un des compères vient de dénicher une tondeuse pour 1€ « au lieu de 10 en magasin » ! Celui-ci dit vraiment travailler dur : « Le WE, quand je dors 6 heures en 3 jours je suis content ! » Il se fait environ 100 à 150€ par semaine, et dit-il ça suffit pour vivre a minima (sous le seuil de pauvreté). Il existe également une grande solidarité, une sorte de compagnonnage.

Bien sûr, comme partout dans les marchés parallèles et échappant aux taxes et autres contrôles institutionnels, il y a d'autres commerces moins licites, moins honnêtes et issus de vols, de rapines, les fameuses chutes de camions !
Le journaliste rappelle que les chiffonniers d'Emmaüs ont été des biffins qui se sont bien organisés.

Ce que clament aussi les Biffins c'est leur incompréhension devant les descentes de police (trois ce matin là sous les yeux du journaliste), qui leur confisquent (définitivement) leurs marchandises, puis les taxent pour vente illégale : « Je ne le fais plus moi, parce que j'ai eu une amande de 80€, que je ne veux pas payer ! ». Cet homme devra-t-il se rabattre sur un RMI, du coup ? « On veut sortir de la misère et on n'a même pas le droit de travailler ! » revendique le président de l'association Sauve-qui-peut.

Récupérer et recycler les déchets de notre société de consommation, c'est pas intelligent et citoyen, ça ?

Moi, je me pose des questions parce que j'ai une amie qui habite un bloc de tours dans cette même commune, où les bandes organisées, armées, dealent, assassinent, cambriolent, terrorisent, dégradent les biens collectifs, intimident... L'omerta règne par peur des représailles ; c'est une zone très circonscrite de non droit : on y voit très peu la police et les habitants des tours se taisent, souvent parents ou voisins des dealers... Bien sûr il y a des arrestations. C'est plus compliqué.

Alors ? Il est où le vrai danger pour l'ordre public ? Les biffins ils se voient mieux, moi je crois, ils déparent dans le paysage. Et je me dis : quel choix communal, quels choix nationaux et politiques ? Voir ce billet sur samizdat.net, délivrant plus d'infos sur les combats des biffins et leurs relations avec la très ambigüe politique sociale de la mairie du 18e...

Ça me touche d'autant plus que la vieille, j'ai regardé un documentaire sur France2, retraçant le parcours angoissant de personnes « expulsables » de leur appartement. Des êtres comme vous et moi, qui ont travaillé, mais peut être commis d'irréparables, impardonnables erreurs (ça existe, ça ?) : ce jeune couple surendetté avec un bébé, dont le juge en dernière instance proclame qu'ils devront être expulsés, pour n'avoir jamais pu payer les loyers, trop de dettes : « C'est la rue... » murmure la jeune maman avant de s'effondrer : « J'ai pas envie de ça, on a pas mérité ça ». Une association lui explique la procédure d'expulsion et l'attitude à observer... Une autre femme, 60 ans, ne travaille plus mais qui tarde à recevoir sa première retraite, doit quitter son appartement - deux ou trois mois de loyer en retard, trop de charges - l'appart où elle vit depuis 30 ans.

Et moi, je les ai trouvés dignes. Désespérés et dignes, comme assommés. Impuissants dans tous ces rouages implacables qui les dépassent déjà... certains trouveront des solutions, pas toutes pérennes.

Toute cette violence de notre société... dans laquelle j'ai moi-même failli être définitivement broyée aussi, pour cause de fracas dans ma vie. Cette société qui ne pardonne pas. Heureusement qu'il existe certaines familles soutenantes (dont la mienne), certaines associations aussi... Parce que ce ne sont pas les pouvoirs publics, à part certaines assistantes sociales - et encore ! - qui vont apporter des solutions à la misère sociale et humaine, à la pauvreté, à tous les exclus d'un système, et ce qui me concerne à titre personnel, à ceux qui recherchent des solutions de vie alternatives, des projets de vie qui leur conviennent à eux !

 

 

 

 

 

Et voici les blog des biffins de la Porte Montmartre :
http://biffins.canalblog.com/

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