NOUVELLES DE MONTMARTRE

Publié le par LEPIC ABBESSES

Des sans-papiers manifestent devant le Sacré-Coeur

 

Une cinquantaine de personnes du 9ème collectif de sans-papiers s'est rassemblée samedi devant la basilique du Sacré-Coeur à Paris, pour commémorer le treizième anniversaire de l'occupation de l'église Saint-Bernard.

Face aux grilles de la basilique, en présence de très nombreux touristes, les manifestants ont déployé une banderole, indiquant «28.

000 expulsions de sans-papiers, 5.500 arrestations de complices de solidarité, prochaine cible: c'est vous». Ils ont distribué et lu des tracts en français, anglais, espagnol et italien. «Nous avons organisé cette action au Sacré-Coeur, pour sensibiliser les touristes», a dit Imed Berriche, délégué du 9ème collectif de sans-papiers.

«Il s'agit de montrer, treize ans après Saint-Bernard, que les sans-papiers sont de plus en plus déterminés, pour exiger leur régularisation, qui est la seule réponse juste et humaine», a ajouté Bahija Benkouka, une militante. Les membres du collectif n'ont pas pu distribuer des tracts à l'intérieur de la basilique, comme ils avaient prévu de le faire, et ont dû rester à l'extérieur des grilles d'accès au Sacré-Coeur.

Un rassemblement également à Saint-Bernard

«Treize personnes ont pu entrer dans la basilique, jusqu'à leur évacuation vers 19 h 15», a déclaré Bahija Benkouka, militante au 9ème collectif de sans-papiers. Les portes du Sacré-Coeur ont été fermées au public vers 16 h15 et n'avaient pas réouvert par la suite. Une source policière a précisé qu'il n'y a pas eu d'interpellation.

Parallèlement au rassemblement, plusieurs centaines de personnes étaient réunies devant l'église Saint-Bernard, terme d'une manifestation dans les rues de Paris samedi après-midi. Debout devant les grilles fermées, ils tenaient des banderoles. .

 

 

 

 

 

 

 


Marie pleure ses fleurs

Marie, 79 ans, fleurit les tombes du cimetière de Montmartre depuis 28 ans. Un rituel auquel la Ville vient de mettre fin. Motif : la dame devenait trop envahissante.

 
 

« Je ne savais pas qu’il y avait des lois contre ça. » Tous les jours depuis 1981, Marie vient fleurir les tombes de la 17 e division du cimetière de Montmartre où sa mère est enterrée. Munie de son arrosoir, la « dame au sécateur » est devenue une véritable figure du quartier, transformant le royaume des morts en jardin luxuriant.

Un rituel qui est aussi sa « dernière raison de vivre ». Peu importe : la Ville a procédé, il y a quelques jours, à l’enlèvement de la majorité des fleurs et plantes déposées au fil des ans par « l’ange gardien de la 17 e ». L’oeuvre de Marie n’est pas conforme au « règlement ».
Mi-juin, la Ville envoie une lettre recommandée à la dame âgée exigeant qu’elle cesse ses activités « dans les plus brefs délais ». En cause : le règlement des cimetières parisiens qui interdit de fleurir les allées et les rebords des tombes.

« Pendant plus de vingt-cinq ans, personne ne m’a rien dit »


« Je ne fais de mal à personne. Fleurir le cimetière me maintient en vie », se défend la septuagénaire. Après la parution d’un premier article (nos éditions du 26 juin), elle est finalement reçue par la direction des espaces verts afin de trouver une solution « à l’amiable ». Sans succès. Pendant ce temps, riverains, et habitués du cimetière récoltent plus de 500 signatures* pour que Marie puisse continuer son jardinage en paix.
Gêne véritable ou zèle d’un fonctionnaire ? A l’Hôtel de Ville, on refuse d’endosser « le mauvais rôle ». « Marie se comporte comme si elle était propriétaire de la 17 e division : nous avons simplement remis les choses dans leur bon droit, justifie Patricia Orsini, directrice adjointe des espaces verts. Avec toutes ces fleurs dans les allées, il y a des risques de chute, et les jardiniers ne peuvent plus entretenir les tombes correctement. Quand aux arbustes, nous les avons simplement taillés pour éviter que Marie se blesse. »
Mais les bons sentiments de la Ville, Marie n’en à que faire. « Pendant plus de vingt-cinq ans, personne ne m’a rien dit.
Je ne comprends pas cet acharnement. A mon avis, il y a des problèmes plus graves et plus urgents à résoudre. » En attendant un éventuel revire

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