NOUVELLES DU 18EME

Publié le par LEPIC ABBESSES

Une « embrouille » financière à l’origine du meurtre

 

«On a tous les ingredients d’un règlement de comptes de cité. » Confidence d’un policier après les coups de feu qui ont coûté la vie à un jeune homme jeudi soir devant le square Binet dans le nord du XVIII e (voir notre édition d’hier) . A 21 heures, la victime un habitant du quartier voisin de la Goutte-d’Or âgé de 23 ans était assis dans sa voiture, garé en double file devant le square à quelques pas du boulevard Ney.

Il a été pris pour cible par un mystérieux tireur qui a pris la fuite immédiatement après. Le jeune homme, atteint en pleine poitrine de deux balles de petit calibre, n’a pas survécu à ses blessures. Il est décédé devant le square, sur le trottoir où les secours ont tenté pendant près d’une heure de le réanimer.

De nombreuses rumeurs circulent dans le quartier

Hier matin, au lendemain du drame, de nombreux habitants du quartier Binet se succédaient sur la placette pour jeter un coup d’oeil interrogatif au drap recouvert de quelques fleurs posé par une main anonyme sur le bitume encore rouge du sang de la victime. « Jeudi soir, j’ai entendu deux détonations. J’ai d’abord cru que c’était des pétards », raconte une habitante d’un immeuble voisin, en exigeant l’anonymat « par sécurité ».
« Je suis allé à ma fenêtre et j’ai vu trois jeunes penchés sur la victime à terre, à côté d’une voiture aux vitres brisées. Ils l’ont porté sur la banquette arrière… pour l’emmener à l’hôpital, je suppose. Les policiers sont arrivés à ce moment-là. J’ai prié toute la soirée pour que le jeune s’en sorte mais ça n’a pas suffi. » Dans ce quartier difficile, coincé entre le périphérique et les Maréchaux, les rumeurs sur les raisons des coups de feu n’ont pas tardé à circuler. D’autant que la victime venait d’un autre quartier du XVIII e . « Des gens parlent d’une histoire de came qui a mal tourné », lâche un habitant de la cité. « C’est peut-être une affaire encore plus dérisoire », rectifie un commerçant du boulevard Ney.
Les enquêteurs de la 2 e DPJ chargés de l’affaire ne sont pour l’instant guère plus avancés. Un jeune homme qui avait été interpellé jeudi soir dans un fast-food des environs a été mis hors de cause hier et remis en liberté. « On travaille maintenant sur l’environnement de la victime. Des témoins nous ont indiqué que ce jeune homme avait une embrouille financière avec des gens du quartier Binet », indique-t-on du côté des enquêteurs. Domicilié au coeur de la Goutte-d’Or, le jeune homme était déjà connu des services de police pour des affaires de rébellion et de trafic de stupéfiants.









Une garde à vue controversée à la Goutte-d’Or

 
 
 

Il affirme avoir été insulté, placé en garde à vue et frappé… par des policiers. Juan Pablo Guttierez Gonzales, un photographe colombien de 27 ans, qui habite le XVIII e , a déposé plainte à l’IGS (la police des polices) pour dénoncer des brutalités dont il affirme avoir été victime lundi 15 juin, au commissariat de la Goutte-d’Or (XVIII e ).

Et si l’affaire commence à faire grand bruit, au point que Nicole Borvo, sénatrice (PC) de Paris, et Ian Brossat, président du groupe communiste au Conseil de Paris, s’en sont saisis, c’est que le commissariat en question a déjà été l’objet de polémiques. Le sujet sera d’ailleurs évoqué au Conseil de Paris du 6 juillet, au cours duquel Ian Brossat compte demander au préfet de police, Michel Gaudin, de veiller à la bonne tenue des lieux.

Agressé pour des cigarettes

Juan Pablo, lui, ne parvient toujours pas à se remettre de sa nuit à la Goutte-d’Or. « Le 15 juin, vers 1 heure, j’ai été agressé par huit hommes qui me réclamaient des cigarettes, non loin de chez moi, et j’ai immédiatement contacté la police, raconte le photographe. Mais c’est moi qui ai été emmené et placé en garde à vue ! Et un policier m’a frappé à coups de poing dans le visage. J’ai été humilié, on m’a fait me déshabiller complètement… C’est le pire cauchemar que j’aie vécu dans ma vie. »
Les coups reçus par Juan Pablo lui auraient occasionné une perte d’audition évaluée à 40 %. Dès le lendemain, le photographe se rend donc à l’IGS, puis confie le dossier à un avocat. Nicole Borvo, elle, saisit la Commission nationale de déontologie de la sécurité. A la préfecture de police, on confirme qu’une enquête est bien en cours au commissariat de la Goutte-d’Or, afin d’éclaircir les circonstances de l’affaire, tout en précisant que deux des agresseurs du photographe ont été interpellés, et que celui-ci n’a pas été placé en garde à vue. Ivre il revenait d’un barbecue , Juan Pablo aurait simplement fait l’objet d’un séjour de dégrisement.
Mais, pour Ian Brossat, c’en est trop. « Cet événement n’est malheureusement pas isolé, affirme l’élu du XVIII e . Il s’inscrit dans une très inquiétante série de bavures et de mauvais comportements… Le XVIII e n’est pas le far west ! »

Le 17 juillet 2007, une vendeuse à la sauvette avait affirmé avoir été interpellée, frappée et placée en garde à vue au commissariat de la Goutte-d’Or, alors qu’elle était enceinte de huit mois. La scène avait été filmée par un passant. La femme avait été remise en liberté, le parquet n’ayant pas donné suite à la procédure engagée par les policiers. Le 12 février 2008, les hommes du même commissariat avaient placé en garde à vue durant quatre heures un enfant de 9 ans, qui avait giflé une camarade de sa classe de CM 1. « Il faut mettre un terme, martèle Ian Brossat, à ces comportements inqualifiables. »









Le collège Pajol redouble sa première année

 

Tout devait être prêt pour accueillir les élèves à la rentrée de septembre. Mais à la suite d’un retard dans les travaux, l’ouverture du nouveau collège Pajol est retardée d’un an. Première réalisation du vaste projet de réaménagement de la ZAC Pajol (voir ci-dessous), cet établissement des années 1930, entièrement réhabilité et labellisé haute qualité environnementale, accueillera à terme 600 collégiens, de la sixième à la troisième.



Les élèves répartis dans différents collèges

«Normalement, le chantier devait être achevé au premier juillet », retrace Philippe Darriulat, adjoint au maire du XVIII e chargé des affaires scolaires. « Au printemps, nous avons été alertés sur des retards potentiels. Et à l’occasion d’une visite, en mai, l’entreprise Levaux, qui réalise les travaux, nous a dit que le collège ne serait pas fini à temps. » Contacté hier, le maître d’oeuvre n’a pas répondu. « Cette année perdue est très embêtante, d’autant que toutes les dispositions avaient été prises pour recevoir les élèves », reconnaît Philippe Darriulat.
Au printemps, le Conseil de Paris a adopté la nouvelle sectorisation pour les collégiens du XVIII e intégrant Pajol. Puis le rectorat a procédé aux inscriptions d’une centaine d’élèves de CM 2, qui auraient constitué les trois premières classes de sixièmes de l’établissement. Ils seront finalement répartis dans différents collèges du nord-est parisien, ce qui n’a pas ravi tous les parents.
L’hypothèse d’une ouverture en janvier 2010 a également été abandonnée. « Nous sommes un peu méfiants », poursuit Philippe Darriulat, qui va demander à ce que l’entreprise Levaux ne travaille plus pour la mairie de Paris. Surtout, ce n’est pas une bonne chose de changer les enfants d’établissement en cours d’année. » Les élèves du XVIII e devront attendre la rentrée 2010 pour tester les bancs du collège Pajol. Lequel devrait alors prendre le nom du poète martiniquais Aimé Césaire.




La Ville de Paris cherche un opérateur pour gérer la future centrale solaire de la ZAC Pajol



 







Dans le cadre de la réhabilitation de la ZAC Pajol du 18e arrondissement, éco-quartier pilote, la Ville de Paris va se doter d'ici 2013 d'une centrale solaire photovoltaïque de 3.500 m2 installée sur le toit de la Grande Halle qui alimentera plusieurs équipements.

La Société d'Economie Mixte de la Ville de Paris (SEMAEST) vient de lancer la consultation destinée à choisir un opérateur qui financera, installera et gèrera la centrale solaire d'une puissance de 450 kWc, a annoncé le 17 juin la Ville dans un communiqué. L'opérateur solaire retenu bénéficiera, pour l'électricité produite par le réseau, d'un tarif bonifié.

La SEMAEST choisira cet opérateur par procédure négociée. Elle signera une convention d’occupation temporaire (COT) d’une durée de 20 à 25 ans avec l’opérateur retenu moyennant redevance et en fin de ZAC, la Ville de Paris se substituera à la SEMAEST dans ses droits et obligations. La centrale reviendra à la Ville à l’issue de cette période.

Dans le cadre du Plan Climat adopté par la Ville de Paris en 2007, 200.000 m² de panneaux solaires photovoltaïques devraient être installés dans la Capitale d'ici 2014.

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