Mercredi 1 juillet 2009
ASSOMAG.COM - Magazine d'actualité des associations du 18ème -
   


Association Arcane 18 - Siège social rue Feutrier - 75018 Contact tel : 01.53.41.01.46

NAGHMEY, du Slam au Saraaba le 12 juillet

AU SARAABA
Dimanche 12 juillet - 20h00 (entrée libre)
9 rue de la Goutte d'Or - 75018 - Paris T. 06 50 41 88 59- email : info@saraaba.fr
Metro : La Chapelle, Gare du Nord ou Barbes car park opposite Saraaba - parking en face de Saraaba



NAGHMEY, du Slam au Saraaba le 12 juillet

Naghmey, quand une femme rencontre le slam

 

Originaire du Sénégal et du Cap Vert, Naghmey est l’une des artistes féminines les plus emblématiques du slam français. Avec ses mélopées métissées et sa prosodie chaloupée, elle enchante son public qu’il soit d’Europe ou d’Afrique. Zoom sur une femme qui cisaille ses mots et qui utilise le slam telle une arme.

 

 

Avec un prénom prédestiné, pas étonnant que Naghmey (prononcez Narmé) ait un sens inné de la musique ! Car en Perse, en Arabe et en Hindi, il signifie « Mélodie ». Toute petite déjà, Naghmey se passionne pour la musique. Elle grandit au son du Hip Hop et du R’N’B mais c’est sa rencontre avec le RAP qui produit chez elle un électrochoc. Elle découvre alors le pouvoir des mots et se met à écrire ses propres textes. Cette rencontre avec le RAP marque également sa collaboration avec des rappeurs. En posant sa voix sur les textes des autres, son flot se fait de plus en plus fluide. En parallèle, elle poursuit l’écriture et s’inscrit à l’ATLA, une école de musique parisienne où elle se perfectionne auprès de Viviane Ginapé, une chanteuse de jazz et de bosa nova. Amoureuse de l’Afrique, elle part en 2006 s’installer au Ghana, pays dans lequel elle s'initie aux rythmes, danses et chants traditionnels Ashanti et Ewé. Elle devient choriste pour Ebo Taylor, chanteur, guitariste et compositeur de musique highlife, blues et afrobeat. Puis au bout d’un an, elle rentre à Paris et rencontre le percussionniste burkinabé Auguste Manly et le guitariste Julien Ribeill qui lui font découvrir le slam.

 

Le slam, sa meilleure arme !

A cette époque, Grand Corps Malade fait connaître cet art oratoire au grand public. Et pour Naghmey, cette découverte constitue une véritable révélation : « Avec le slam, j’ai vraiment trouvé un style musical qui me ressemble et grâce auquel je pouvais créer mon univers et exploiter tous les textes que j’avais écrits. En fait, le Hip Hop, ce n’était pas ce que je voulais. Il était important que je prenne du temps pour trouver une musique qui me corresponde vraiment » indique la jeune artiste. Et d’ajouter : « le slam, c’est la façon dont je m’exprime le mieux. Je l’ai toujours eu naturellement et je l’ai développé avec le temps. » En collaboration avec son guitariste et son percussionniste, Naghmey compose et interprète une dizaine de titres s’inspirant de ses voyages, de sa vie, de ses espoirs et de ses combats : « Je parle de choses que je vis et que je vois entant que jeune femme d’origine africaine et issue d’une double culture. » Le résultat donne une musique métissée soulignant des textes parfaitement ciselés et scandés, le tout mis en valeur par la voix suave de la slameuse. Un premier album, florilège d’anciens et de textes inédits, verra le jour en février prochain. « Tout ce qui se passe en ce moment en France et dans le monde m’inspire. J’écris sur l’injustice, les inégalités. Mes textes sont toujours très engagés. » Car pour Naghmey, le slam représente la meilleure arme pour aiguiser les consciences : « C’est une chance de pouvoir s’exprimer et de toucher tous les publics en les sensibilisant à certaines problématiques » affirme la jeune artiste.

 

La rencontre des cultures

Fruit de plusieurs cultures, Naghmey perpétue, à travers le slam, l’art oratoire des griots originaire d’Afrique de l’Ouest. Une terre qu’elle affectionne particulièrement et qu’elle ne manque jamais de célébrer dans ses chansons. Dans le même temps, ses textes s’inscrivent dans la plus pure tradition de la poésie française. Et la jeune artiste ne renie pas cet héritage culturel qui passe par Jacques Brel, Léo Ferrer ou encore Francis Cabrel, « ces grands auteurs qui ont apporté énormément de choses au patrimoine musical français.» Elle se félicite d’ailleurs de l’écho favorable que le slam reçoit en France. « C’est vrai que c’est encore un style musical sous-représenté en France mais il reçoit toujours un bel accueil, et ce de la part de tous les publics. Lorsque je me produis sur scène, même ceux qui ne connaissent pas du tout le slam semblent fascinés. Les Français aiment les beaux mots et la poésie » confie la jeune slameuse. Au Ghana, l’accueil a également été très favorable. « Lors de soirées spéciales, on montait des ateliers de slam pour initier des étudiants à s’exprimer autour de thèmes précis. Ce fut vraiment une belle expérience » se souvient Naghmey. En revanche, lorsque qu’elle s’est produite devant le public sénégalais, il a semblé plutôt déconcerté par les textes revendicateurs de la jeune femme. « Au Sénégal, les gens aiment danser, faire la fête. Ils n’ont pas l’habitude de la musique qui s’écoute ! » Mais pas question pour elle de se mettre à la musique traditionnelle sénégalaise, ni même au slam en Wolof. Car Naghmey revendique son amour pour le français qu’elle fait voyager bien au-delà des frontières. Un beau porte-drapeau dont la langue française avait décidément bien besoin !





Adolescente elle baigne dans la culture hip hop et se découvre des facilités pour l’écriture. Elle rencontre Le guitariste Hervé Doin qui l’initiera au jazz. Fascinée par cet univers, elle décide de se perfectionner et se forme à l’Atla auprès de Viviane Ginapé (chanteuse de jazz et bossa nova). En 2006 en quète d’authenticité, Naghmey s’installe au Ghana, ou elle s’initie aux rythmes, danses et chants traditionnels Ashanti et Ewé. Elle devient la choriste d’Ebo Taylor, chanteur, guitariste, et compositeur de musique highlife, blues et afrobeat. Des son retour à paris, elle rencontre le Percussionniste burkinabé Auguste Manly et le guitariste Julien Ribeill avec qui elle prépare un premier album slam.
     

   
NAGHMEY, du Slam au Saraaba le 12 juillet
Adolescente elle baigne dans la culture hip hop et se découvre des facilités pour l'écriture. Elle rencontre Le guitariste Hervé Doin qui l'initiera au jazz. Fascinée par cet univers, elle décide de se perfectionner et se forme à l'Atla auprès de Viviane Ginapé (chanteuse de jazz et bossa nova). En 2006 en quète d'authenticité, Naghmeh s'installe au Ghana, ou elle s'initie aux rythmes, danses et chants traditionnels Ashanti et Ewé. Elle devient la choriste d'Ebo Taylor, chanteur, guitariste, et compositeur de musique highlife, blues et afrobeat. Des son retour à paris, elle rencontre le Percussionniste burkinabé Auguste Manly et le guitariste Julien Ribeill avec qui elle prépare un premier album slam.


Fleur de nuby
par samalamaone

la vie va


Accroches toi de toutes tes forces,
La vie s’enfuit depuis des millénaires,
Sans savoir ce qu’elle fuit ni où elle va,
Sans lâcher prise la vie se corse,
Les années pèsent un peu sur les nerfs
Et te rappellent chaque jour où tu finira.
 
Oui, vivre est difficile au quotidien,
La vie n’est pas rose mais blanche,
Elle est neutre, elle est ce que tu en fais,
Tellement belle quand tu y tiens,
De tes larmes elle est étanche,
La vie poursuit son vol telle une fée.
 
Il y a tant de moments durs à affronter,
Qu’on aurait envie de vivre la vie à la va-vite,
Profiter des bons moments et oublier le reste,
Tant de problèmes qui font douter,
Qu’on pourrait croire que la vie nous évite,
Comme l’homme qui redoute la peste.
 
Mais, et heureusement il y a un mais ici,
La vie vaut la peine d’être vécu,
Elle vaut même juste la peine en elle-même,
Vivre ce n’est pas régler ses soucis,
C’est aimer avoir fait ce qu’on a pu,
Aucun regret, je sais qu’elle m’aime.
 
Un nouveau jour, un sourire, une passion,
Des sentiments, autant de bonus
Que la vie génère sur son chemin indifférent,
On vit sans faire exprès avec attention,
On créer des chapitres, des opus,
Bien-Mal, Vie-Mort sont entre eux inhérent.




L’impro. cible et l’écrit vain



A l’évidence je n’ai pas les mots pour le dire !

Allez, vit, danse, jeune et pas laid,

montres toi sous ton jour meilleur,

éclaires ta face pour briller dans ce jeu népalais…

L’impro. , c’est bien joli, elle fait chaud au cœur,

mais c’est éphémère…

Cet effet merveilleux ne fait pas long feu :

un petit tour de piste et c’était fait,

juste pour la rime, juste pour la frime,

un peu pour l’effet et salut l’artiste !

Mais les fées dans tout ça, n’ont pas allumé leurs mirettes :

Pourquoi pas jouer sur les maux, tu joues bien de ton corps !

…beau joueur,

Entre et crie dans l’arène, tes tares et tes haines,

Il n’y a pas eu d’accord tacite, ce soir là,

entre écrits et tes cris !

Cette corde sensible qu’il faut faire vibrer

n’a pas résonné dans mon imaginaire.

Sans si, l’accord semble faux,

Facile à mirer la cible tombe au sol sans lutte

Le spontané naît nu farci d’atermoiement.

Sois sensible, sois vrai, sois toi…

Tu rends vain tout essai,

si t’es pas couvert de vers …

A l’évidence je n’ai pas les mots pour l’écrire !

Pas de ratures, dis- tu ? Tu veux rire !

Mais la vie n’est faite que de desseins !

Toi aussi tu joues de ton corps.

…nichons sans soucis nos sentiments à six sous dans un sou rire.

Allez, vit, danse, dans ce jeu élastique

tes manies ne troublent pas mon éthique,

et toc, si je n’ai pas apprécié ta technique,

C’est sur ces instants de bonheur que je tique.

Car la cible dans tout ça s’est éteinte,

Le bleu de ses yeux est lessivé,

Lascive mais éteinte,la si bleue mais si lasse lady

Se lamente devant sa lessive :

La lassitude ça n’excite pas !

je vais ramer pour raviver mes teintes !

Las, qui veut mes teintes ?

Dans ce flot de paroles où je ne puis que me noyer,

Je lance une main vers cette corde tendue,

sensible et sans soucis

qui pour m’égoutter, me dit :

Après l’étreinte, il n’y a plus qu’à napper !

Moi aussi je joue de ce corps…

Sage !

 

 

Recette d'une Slam Session

Ingrédients : 
une date, un lieu, une scène,
une présentatrice ou un présentateur,
des poétesses, des poètes, des poèmes, un public

Préparatifs :
prévenir ces amis de la tenue d'un slam par
tous les moyens de communication existants : affiches, tracts,
annonces presse, conférences de presse, radio, télé,
mailings, spam, bouche à oreille, bouche à bouche,
clavier à écran, texto, morse, pigeon voyageur, sémaphore,
algorithmes, braille, idéogrammes, télépathie,
tam-tams, feux d'indiens, etc.


Dégustation :
Servir chaud bouillant.
Consommer sans modération.



Le slam est un spectacle sous forme de rencontres de poésie.
Créé par Marc Smith à  Chicago dans les années 80, il a suscité rapidement un engouement médiatique qui lui permet de se propager dans le monde entier. Il apporte un renouveau à la poésie orale et met en valeur l'art de la performance poétique.

Le slam se déroule dans des lieux publics, bars, cafés, salles de spectacles, MJC, cinémas, tous les espaces pouvant réunir poètes et spectateurs. Il permet aussi de présenter de la poésie orale sur des sites inhabituels, bureaux de poste, librairies, écoles, hôpitaux, prisons ou marchés en plein air par exemple.

Seule condition pour participer, s'inscrire auprès du présentateur.
Le slam donne la parole à toutes et à tous, avec une liberté totale de style, de genre et de sujet traité.

En France, le mouvement se développe depuis 1998. Les scènes fleurissent à Paris et se multiplient dans toute la France. L'entrée est libre et la plupart des scènes sont des rencontres poétiques s'appuyant sur l'alibi convivial : 

L'éthique Slam:
Le spectacle et son rapport au public sont plus importants que chaque performance individuelle.
Les règles ne sont pas le but, le  but, c'est la poésie. (Alan Wolfe)

Le spectacle de la poésie est un art, tout autant que le fait d'en écrire.

Le but de la poésie, et de l'art en général, n'est pas de glorifier le poète mais plutôt de célébrer la communauté à laquelle il appartient.

Personne n'est tenu d'écouter le poète. C'est à celui-ci de communiquer avec efficacité, art et sincérité afin d'obtenir l'attention du public.

Le slam doit être ouvert à toutes et à tous ainsi qu'à toutes les formes de poésie.

Chaque organisateur de slam doit être libre d'attache de toute structure extérieure et n'a de compte à rendre à aucune autorité si ce n'est à la communauté des poètes et au  public.

Aucun groupe, individu ou organisation extérieure n'est censé exploiter à son profit le mouvement slam. Nous sommes liés aux efforts de chacun dans la communauté. Les réussites individuelles sont des prolongements des apports antérieurs.

Le succès de  l'un rejaillit sur tous.

Le Slam National a commencé par être un hommage d'une ville à une autre ville. C'est un don de la communauté des poètes à tous les nouveaux venus.

Certaines théories peuvent impressionner le néophyte.

L'esprit communautaire du slam est en conflit permanent avec les ambitions individuelles et les appétits égoïstes.  Ce combat  pourrait détruire la cohésion et la créativité du mouvement.


NTRODUCTION

Mouvement poétique, social et culturel, le «slam» apparaît à Chicago dans les années 80. Il hérite des cultures poétiques européennes, américaines et africaines en y ajoutant la ferme volonté de donner la parole à toutes et tous. Basé sur la notion de communauté, le slam affirme le caractère démocratique de la poésie et lui ajoute une dimension de spectacle

La «slam family» s'inspire du mouvement punk et rejoint parfois le hip hop par ses revendications sociales. Mais surtout, le slam abolit les frontières cloisonnant les styles, les genres, les poètes de la rue et les poètes «académiques».

Marc Smith, un jeune écrivain de Chicago, baptise le mouvement «slam» ( «claquer» en anglais). Dans un bar nommé le Green Mill, il organise des compétitions de poésie ( "Uptown Poetry Slam") arbitrées par le public.

Ces rencontres-combats «pour rire» connaissent un vif succès, relayé par les médias dès 1987. Le mouvement gagne San Francisco par le biais de l'Association Nationale de Poésie, puis l'ensemble du territoire américain.

L'International Organization of Performing Poets structure et resserre les liens entre les nombreuses équipes qui organisent des slams à travers les États-Unis. Le mouvement se propage et se fédère avec le premier Grand Slam National Américain en 1990 à San Francisco.

La «slam family» tire sa force de la diversité des voix et de l'organisation très précise des championnats, régis par des règles strictes qui permettent au mouvement de rester à la fois ouvert et créatif sans perdre la notion de communauté.

En 1996, deux journalistes s'intéressent au slameur Saül Williams, vainqueur de plusieurs compétitions américaines et vedette des documentaires «Underground Voices» et «Slam Nation» de Paul Devin. Surtout, il participe à la rédaction du film «Slam» réalisé par Marc Lévin en 1997, dont il joue le rôle principal. Caméra d'or au Festival de Cannes 1998, ce film fait mondialement connaître le mouvement. CNN, MTV et la presse font sortir la «Slam Family» du milieu underground.

Le mouvement se développe alors en Europe, dans le monde, d'Israël à Singapour en passant par l'Australie. Les scènes et les associations se multiplient à Paris, St Denis, Mantes la Jolie et en province. En France, le slam conserve surtout de son modèle américain la notion de communauté mais les slams sont plus généralement des scènes ouvertes sans jury plutôt que des compétitions.

la naissance du slam :

1-Des origines non conventionnelles

Art collectif, tribune de libre expression, mouvement à forte revendication sociale, le Slam prend racine dans une culture qui emprunte autant à la tradition de la poésie américaine (de Walt Whitman à Allen Ginsberg) qu'à la culture afro-américaine (des dirty dozens au toasting) et au mouvement punk.

Dès la fin des années 70, les lectures de Jerome Salla et Elaine Equi font figures de précurseurs. Vient ensuite la performance de Ted Berrigan et Ann Waldam, qui, vêtus d'un équipement de boxeurs, se livrent à une joute sur le modèle des matchs de boxes, joute qui marquera les esprits.
Des nouveaux gladiateurs du verbe font leur apparition et, en faisant descendre la poésie de sa tour d'ivoire, conquiérent un nouveau public.

On s'accorde à situer les origines de la poésie slam remontent au milieu des années 80 quand, Marc Smith, jeune écrivain informel de Chicago, eut l'idée d'organiser une compétition de poésie dans le bar Green Mill.

Smith voulait que le public devienne juge en prenant part à la dialectique poète-public. Il voulait faire descendre la poésie de sa tour d'ivoire pour acquérir un statut semi-populaire et envisageait le poète comme le serviteur du peuple. Aussi, le style slam devait se construire à partir de contributions d'origine démocratique, issues de la communauté et du public. Marc Smith inventa alors le "slamming": la poésie contre les conventions, dans les bars au lieu des salons ou des clubs.

Ce nouveau mouvement fut baptisé ironiquement "le slam-poésie des beaux quartiers" (the uptown poetry slam). Ces premiers slams avaient l'aspect de tournois d'exhibition et, bien qu'informels, ils ressemblaient déjà, en beaucoup de points, à ce qu'ils sont aujourd'hui.

Pour le premier slam, Jean Howard et Anna Brown endossèrent des tenues de combat cloutées et portèrent des armes. Marc Smith voulait une bataille. Et les poètes devaient user de leur poésie comme d'une arme. Les arbitres étaient choisis parmi les auditeurs. A l'aide d'un petit carton, ils attribuaient une note (de 1 à 10) à chaque poème lu. A la fin du tournoi, les scores étaient additionnés pour déterminer le vainqueur.

A ce moment là, personne n'avait une claire définition du slam qui s'ébauchait. Il s'agissait de faire comprendre au public que le slam, certes un combat, pouvait permettre aussi de s'exprimer avec subtilité, calmement, dramatiquement, etc...

Dès novembre 1987, les rencontres slam ont leur chronique dans le Chicago Magazine et deviennent le grand événement de la ville. Cette fois, tous les ingrédients sont là pour connaître le succès : le public, l'esthétique, la contribution d'artistes, l'esthétique, la participation de personnalités...

Aussi, le phénomène se propage rapidement dans tout le pays et connaît un grand succès. L'ambiance est celle d'un match de boxe carnavalesque; on vend des hot dogs pendant les tournois; à l'extérieur, un bonimenteur harangue la foule. Le but est de combiner la poésie et le spectacle, le travail théorique et la théâtralisation, le spectacle.

En octobre 90, à San Francisco, Herman Berlandt et Jack Mueller de l'Association Nationale de Poésie, organisèrent un festival national de poésie auquel participèrent pour la première fois les slameurs. Gary Glazner était en charge de l'organisation. Glazner contacta Marc Smith afin de l'éclairer sur les moyens logistiques d'organiser un slam. Le slam se fraya ainsi un chemin jusqu'au département des affaires culturelles de Chicago.
Le slam atteignit son apogée dans la ville de Chicago, permettant à maints écrivains locaux de se faire connaître. Le fossé entre les écrivains académiques et les slameurs se creusa encore plus. Les slameurs de Chicago mettaient en avant la question sociale. Formellement, ils évitent la rime, le système métrique traditionnel, et d'employer comme sujet le "je" usuellement réservé au style narratif. Le slam étant un art oral de spectacle, ils refusent toute publication et édition.

Marc Smith décida d'offrir à San Francisco son concept du slam. L'école slam de Chicago conquit rapidement San Francisco. Il restait à conquérir la côte Est, ce qui fut fait rapidement.
Boston devint la rivale de Chicago. Dès 1992, Boston accueillait les championnats nationaux du Slam. Le climat politique agressif de Boston en 1992 favorisa l'essor et le succès du Slam en Nouvelle-Angleterre.

Très vite, le slam se répandit à travers les USA. Chaque semaine, chaque mois, dans plus de vingt villes américaines, des écrivains se rassemblaient pour faire entendre leur voix par le biais du spectacle, chaque communauté accentuant ses propres spécificités culturelles.
En 1993 se tint le premier Slam dans le métro, sous l'eau (the Underwater Slam) à San Francisco. Les poètes firent un spectacle de 20 minutes dans le métro entre la baie de San Francisco et Berkeley. Lorsqu'ils annoncèrent qu'ils envisageaient de répéter cette opération hebdomadairement, les gens, pris de panique, quittèrent précipitamment leur siège pour se réfugier dans un autre wagon.

Ce festival de San Fransisco en 1993 fut un tournant dans l'évolution de la communauté. De nombreux désaccords parmi les équipes organisatrices firent prendre conscience aux membres de la communauté de l'urgence de structurer les rassemblements. Un comité fut créé (L' »International Organisation of Performing Poets » ou IOPP) chargé d'organiser les compétitions nationales et d'en mettre aux points les règles du jeu. Il mit aussi en place des rencontres internationales : les International Olympics. Depuis des compétitions sont régulièrement organisées à échelle nationale dans de nombreux pays autres que les USA (France , Royaume-Uni, Suède , Israël, Danemark, Suisse, Singapour ….) , ce qui atteste de toute la vivacité du mouvement slam.

Ce comité assure cohésion au mouvement et a réussi à créer une vraie communauté qui a ses règles de vie, surtout aux USA.
Souvent, une scène locale oppose divers cafés, première zone d'échange. Interviennent ensuite les compétitions nationales et internationales. Ces rassemblements sont des moments unificateurs pour l'ensemble de la « slam family ». C'est aussi l'occasion de brasser les idées, les poètes lient de nouvelles amitiés et découvrent de nouvelles influences : « the people come to read their poems and to have a good time. Maybe they make new friends. Maybe they win $10. Who knows what could happen?»

Ces rassemblements donnent lieux à de nombreuses critiques de la part des participants où chacun exprime sa conception de la communauté, les enjeux des compétitions… Souvent les votants discutent jusqu'au petit matin des performances. Un réel dialogue existe et soude la communauté, le mot d'ordre est : « Our strength is the diversity of our voices. »

 

Le dialogue entre les nombreux groupes est ensuite entretenu à distance grâce au Slam news service que propose un site internet « SlamNewsletter ». Il permet de nombreux échanges d'opinions entre slamers: nombreux sont ceux qui critiques les performances, les votes , l'activisme du mouvement ; il est le siège de nombreux débats. Lien unique entre les différentes villes, il est accessible à tous, et assure toute la cohésion de la communauté. Le SlamNews Service distribue aussi à tous ses adhérents les dernières nouvelles officielles: compte-rendus des dernières compétitions, plannings futurs…Peu de mouvements d'expression ( musicaux ou poétiques) sont aussi cohérents , soudés et ouverts que la « Slam family» des années 90. Celle-ci se distingue par son organisation quasi rigide, qui génère émulation et créativité.

2 - Le règne des championnats

Jusqu'en 1996 les divers championnats et festivals représentent les évènements majeurs de la scène slam et contribuent à sa popularisation. Ils sont organisés sur trois échelles : locale , nationale ,internationale.
Ce sont des évènements démocratiques et fédérateurs, qui ressemblent beaucoup aux matchs sur rings organisés à Chicago. Les règles sont très strictes et l'ambiance oscille entre mouvements de contestation et nuée d'applaudissements.

Au sein des cités, a l'échelle locale, les poètes s'affrontent dans des cafés et cafés théâtres d'habitués. Il y a des épreuves par équipes et un concours individuel. Les juges sont choisit au hasard dans l'audience. La composition d'une équipe peut varier au cours de la soirée, le choix de ses membres est une véritable stratégie qui évolue fonction des performances des autres équipes. Si les adversaires d'une équipe ont obtenue une bonne note, l'équipe aura intérêt a faire conquérir ses meilleurs membres mais ceux-ci devront renoncer à la compétition individuelle ; les tensions montent, chaque poète doit choisir entre son intérêt individuel et l'intérêt collectif. Les soirées sont très animées et passionnantes. Les vainqueurs remportent une récompense sous forme de prime ( souvent une centaine de dollars).

Le spectacle est fascinant, des spectateurs s'emportent en applaudissement et des poètes protestent contre un vote injuste.

Les cafés théâtres organisent souvent d'autres évènements : concerts, représentation théâtrales… Ils sont un lieu d'échange, d'éclectisme et de créativité très vivants. A l'image du Nuyorican poetry café à New York.

Les rencontres nationales

Au niveau national, les règles de compétition sont plus strictes. Le poète ne dispose plus que de 3 minutes pour déclamer avec une période de grâce de 10 secondes. Chaque poète est considéré comme membre d'une équipe. Il reçoit un droit de vote et choisit les deux ou trois équipes qu'il juge les meilleures. Chaque équipe doit écouter toutes les autres afin que chacune soit éligible. L'ambiance est plus calme. Les équipes sont responsables non seulement du vote mais aussi de l'évolution ultérieure de la "législation" slam : elles émettent des critiques sur les règles du jeu, la validité d'un vote ( pas assez de villes présentes…) Les vainqueurs se voient récompensés par des primes pouvant atteindre 1000$.

Les championnats nationaux jouent un rôle important en ce qui concerne la renommée d'une équipe et influencent ainsi grandement le devenir des actions locales entreprises par cette équipe. Ainsi le mythique Nuyorican Poetry Slam , champion en 1996, a imposé son café théâtre comme un lieu incontournable de la scène slam américaine. Et l' Austin Poetry Slam a une action très étendue au Texas.

Globalement, si la communauté slam créée au niveau local des lieux de rassemblement qui doivent être propice à l'échange avant toute forme de compétition, le rôle des rencontres nationales n'est pas clair du tout, ce sont surtout des qualificatifs pour les rencontres internationales. Les Compétitions internationales Les « Poetry Olympics » ont lieux chaque année dans des pays où une communauté slam est très active. Ils sont organisés depuis 1996. Des qualifications sont organisées au niveau national dans tous les pays participants. Des championnats se sont déjà déroulés à Jérusalem ( octobre 1996), Hambourg (Février 1997), Johannesburg ( été 1997), Stockholm ( Octobre 1997 et octobre 1998). Les réunions sont très animées, des poètes « chauffent » la salle et des groupes discutent autour de bouteilles.

Bien que très organisées, ces compétions ne sont pas tombées dans l'académisme et conservent la convivialité des bars de leur origine. Les poètes sont souvent passionnés et déclament devant une assistance attentive avant que les votes donnent lieu a de vives manifestations ( tel ce poète s'estimant lésé qui assaillit le président du jury jusqu'à ce que celui-ci lui décerne la victoire (le lendemain). Les récompenses atteignent des montants très élevés (de l'ordre de 2000$ pour l'équipe gagnante et de 500$ pour le champion individuel) et ajoutent à l'intensité de la soirée… Si le système de vote est identique à celui des compétitions nationales, certaines règles peuvent changer au fil des ans comme celle concernant la langue. Lors des premières olympiades toutes les prestations se faisaient en anglais, puis l'IOOP a décidé de mettre en valeur le multiculturalisme qui caractérise ses rassemblements en exigeant que les représentants d'un pays s'expriment dans leur langue maternelle, une équipe s'exprimant dans une seule langue. Un pays peut avoir plusieurs représentants selon que son éventail linguistique est plus ou moins large (comme la Suisse ou Singapour).

Ainsi, le début des années 90 est une période de solidification de la « slam family » à travers ces compétitions. Durant cette période des cafés se sont imposés en tant que pépinières de poètes (Nuyorican café, Austin café…) qui alimentent les compétitions. Ces dernières sont très animées ( certains poètes vont jusqu'au strip tease, les juges passent souvent 24 heures sans dormir afin de régler des disputes…) si bien que le slam se forge progressivement une identité de « sport sanguinaire» au sein du mouvement littéraire américain. Mais les différents championnats sont ainsi l'occasion pour la communauté d'exprimer de défendre des enjeux sociaux et politiques. Loin d'être un clan fermé, la « slam family » entend créer des débats d'idées concernant tout un chacun ; elle pourrait être rapprochée du mouvement hip hop de part ses revendications sociales : elle prône liberté d'expression et réalisme., elle chante la rue la violence et le désespoir, l'amour et les rêves aussi…
Bientôt elle intéresse les médias. La popularisation du mouvement commence avec quelques retransmissions télévisuelles comme les « Spoken Words : Unplugged » diffusés par MTV en 1992 et 1994. Elle ne fait que s'accroître.


3 - De l'underground à un art à part entière

Jusqu'en 1996, le mouvement est resté relativement peu connu en dehors du milieu underground. Quelques disques (GrandSlam ! en 1994) et rapports journalistiques ( about : comtemporary poetry) donnèrent au Slam une place de renégat dans la poésie contemporaine américaine. Il restait une forme d'expression minoritaire, notamment auprès des jeunes, dans les formes d'expression contemporaines. Elle fut révélée grâce à l'intérêt des journalistes Tony Award et Paul Devin qui collaborèrent avec le slameur Saul Williams. Grand champion du Nuyorican Poetry Café de Brooklyn et vainqueur de la compétition nationale de Portland en 1996, il fut mis en vedette par Tony Award dans le documentaire »Underground Voices» qui relate le championnat. Il contribua aussi à l'écriture de « SlamNation »où Paul Devin analyse la montée en popularité du Slam.
Par la suite, en 1997, Saul Williams co-rédigea le scénario du film « Slam » réalisé par Marc Levin. Celui-ci retrace l'histoire d'un ancien prisonnier qui survit en prison grâce au pouvoir de la poésie. Primé caméra d'or au festival de Cannes 1998 et grand prix du Sundance de la même année, « Slam » marque la reconnaissance du slam ou spoken word en tant qu'art à part entière.

Une conséquence immédiate est l'explosion de la popularité du Slam : la presse s'est emparée du phénomène ; CNN était présente aux championnats nationaux d'Austin en 1998 et a suivi deux équipes quelques mois auparavant, PBS aussi, et MTV parle des « Real Worlders »
Dés lors, les agitations internes de la « Slam Family », les controverses au sujet des votes, donnent lieux à de nombreux articles. La « Slam Family » a quitté le milieu underground et devient une scène à part entière avec ses évènements et ses scandales comme le « Boston Globe Scandale » ( la journaliste et poétesse Patricia Smith rédigea des colonnes enflammées dans le Boston Globe et se vît licenciée pour fabulations, d'où un vaste débat autour de la vérité dans le travail journalistique.). Des personnalités occupent le devant de la scène , Patricia Smith bien sûr, mais aussi Gayle Danley, Bob Kaufman, Jack McCarthy, qui obtiennent des prix à répétition lors de championnats nationaux et qui eurent une action médiatique non négligeable.

Petit à petit , le Slam se forge une identité dans les milieux musicaux et poétiques américains. Il est reconnu en tant qu'art oral , un art de représentation qui exprime toute sa force dans l'instant de la déclamation. Il est musique de part les rythmes, sonorités et intonations des poètes, lorsque les mots sont vivants en dehors de toute signification, lorsque les impressions et sensations que crée le poète deviennent messages à part entière : lorsque la violence, la rébellion, l'amour et l'injustice sont transmis dans le flot de paroles, dans le fleuve vivant que déclame le poète charismatique.

Le slam est aussi poésie de part les images dont regorgent les chansons, la poésie la moins académique qui soit. Enfin reconnu, ses influences sont plus variées que jamais : les artistes s'inspirent de rythmes hip hop, flamenco, de blues pour les mélodies ; ils décrivent la réalité de la rue, tout ce qui les frappe dans un vaste mouvement contestataire et s'attaquent à des sujets toujours plus variés ( violence, meurtres , sexualité, scandales, racisme, plagiat…).
Le Slam est devenu aux USA le lieu de la liberté d'expression absolue.



Le slam c'e

slam poesie poeme

st quoi ? c'est un art oratoir

e de la performance poetique, un spectacle de poesie libre et vivante

c'est un mouvement social culturel et artistique, c'est une pratique communautaire, democratique, egalitaire, ou tout le monde est invite a s'inscrire pour inerpreter en trois minutes temps limite sans musique a egalite dans une totale liberte de style de genre de sujet traite un poeme
un texte une histoire sans costume sans decor sans accessoire poetesses et poete d'un jour ou d'un soir se voient
Le mouvement slam
a ete lance
par le poete americain
Marc

Kelly Smith
a Chicago en 1986
dans un club de jazz
appelle le Green Mill.
Une slam session
est un melange
de scene ouverte,
de performances d'invites
et d'un tournoi "slam poetry"
.

Le mouvement slam a une histoire
et une philosophie
basees sur le partage
et la transmission.
La transmission se fait par la scene ouverte
et par l'atelier.

offrir un verre a boire.
Le slam n'a pas
pour vocation
de glorifier l'individu
mais de celebrer
la poesie et la communaute
humaine des poetes.
Le slam n'est pas un terrain elitiste mais un cadre d'expression egalitaire. Lassociation
Planete Slam
s'investit dans le mouvement depuis 2003.
Un tournoi slam est
une parodie de competition,
un pretexte au spectacle
et a l'interaction
avec le public.

Planete Slam donne des ateliers d'initiation et de decouverte de la pratique slam poesie pour tous les publics.
Un atelier slam est un lieu de decouverte et de partage ou chacun peut exprimer et developper son potentiel creatif. Au slam, la poesie est ecrite pour etre dite en public. Nous travaillons sur l'expression orale ainsi que l'ecriture pour l'oralite. la formation de formateur.
Planete Slam remercie
Marc Kelly Smith.
Nous l'aiderons a notre echelle a transmettre ce mouvement poetique.
Par LEPIC ABBESSES
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