NOUVELLES DU 18EME

Publié le par LEPIC ABBESSES

Des livres pour vos vacances

  par L’Humeur Vagabonde

C’est bientôt l’heure d’abandonner l’ordinateur pour s’immerger dans les bouquins. Les vrais, ceux avec des pages en papier. Aventure, mystères, portraits, voyages, jeunesse... : pour dixhuitinfo, les libraires de L’Humeur Vagabonde ont sélectionné une dizaine de livres, à déguster sans modération pendant les vacances.

L’Humeur Vagabonde, 44 rue du Poteau - 75018.

ROMANS

No et moi, de Delphine de Vigan

Lou est une ado pas comme les autres : anormalement intelligente et lucide quant au monde qui l’entoure, elle y trouve mal sa place. Intriguée et curieuse, elle s’attache à un autre électron libre dont elle se sent étrangement proche. Sans tomber dans les clichés et la facilité, No et moi est un texte tendre et authentique.
Marianne Schaeffer
Livre de poche - 6€

La vie conjugale, de Sergio Pitol

Cet été, embarquez pour le Mexique avec Jacqueline Lobato, épouse dynamique et totalement névrosée. Persuadée que son mari est la cause de sa frustration, elle rêve de le supprimer et jouir de son héritage. Incapable de s’y résoudre, elle tente de convaincre ses amants de s’en charger et rencontre les pires éhecs. Drôle et pétillant, Sergio Pitol livre ici un texte court et rafraîchissant ; à lire au soleil avec un mojito bien frais !
Marianne Schaeffer
Folio - 5€

Le lièvre de Vatanen, de Arto Paasilinna

Arto Paasilinna est né dans un camion, en plein exode, fuyant la guerre vers la Laponie finlandaise. Avec "Le lièvre de Vatanen", l’auteur finlandais pour qui "la fuite est devenue une constante" signe un roman voyageur tout empreint de jovialité. Affublé d’un compagnon insolite - un lièvre mal en point -, Vatanen, journaliste râté, déserte la ville et s’achemine vers le cercle polaire. Les péripéties s’enchaînent d’Helsinki à Heinola tandis que la nature, personnage à part entière, défile. Une fable écolo, douce-amère, un rien rafraîchissante, à lire au coeur de l’été.
Sandrine Audegond
Folio - 6€

Tous à l’ouest !, de Sydney Joseph Perelman

Saga touffue et enjouée de deux compères partis faire le Grand tour pour noyer l’échec d’une comédie musicale. Stage de survie dans les décors holywoodiens, embarquement à San Francisco, direction l’Orient sur le Marine Flier où Perelman se fait plumer aux dés. Viennent ensuite la Chine : Shangai, Hong-Kong ; pique-nique au Tapioca en Malaisie ; Bangkok où il est impossible d’acheter un éléphanteau d’appartement ; puis les aventures s’enchaînent à Penang, Ceylan, Bombay, Agra, Le Caire, Pompei, Paris et Londres. Pour résumer rapidement, voici l’occasion de retrouver Jules Verne et les Marx Brothers dans le même livre - Marx Brothers dont S.J. Perelman fut le scénariste pour "Monnaie de singe" en même temps qu’il était une figure littéraire du New-Yorker. Il y a donc quelque chose d’irrésistible dans ce ton sérieux, avec un goût de non-sens qui permet à l’auteur de brouiller la frontière entre le vrai reportage et le mot d’esprit.
Olivier Michel
Le Dilettante - 18,5€

Nauru, l’île dévastée, de Luc Folliet

Le 31 janvier 1968, quatre mille personnes fêtent l’indépendance d’une île du Pacifique sud, devenant ainsi la plus petite République du monde. Son nom ? Nauru, 21 km2. Après des décennies de vicissitudes dues à la colonisation, les Nauruans sont désormais maîtres de leur destin. Et surtout très riches. L’île possède en effet en son sein un immense gisement de phosphate parmi le plus pur qui soit. L’exportation du précieux minerai rapporte des millions de dollars qui tombent directement dans les poches de la population. La prospérité confine au luxe, une sorte de paradis capitaliste comme nous fûmes naguère encore si nombreux à le rêver.

Trente-cinq ans plus tard, l’utopie a viré au cauchemar. L’obésité touche quatre Nauruans sur cinq, le diabète est la première cause de mortalité, le pays est ruiné, dévasté, condamné à louer sa terre appauvrie à l’Australie « voisine » pour lui servir de base d’internement des réfugiés indésirables. Le désastre est tel que les anciens nouveaux riches, devenus nouveaux pauvres, complètement déculturés, inaptes au travail, se retrouvent dans l’obligation de suivre des formations sur d’autres îles pour réapprendre les rudiments de la vie quotidienne comme faire le ménage, changer les couches des bébés, fabriquer un filet de pêche.

Luc Folliet, dans un récit limpide et cocasse, nous offre un reportage qui pourrait nourrir dix scénarios hollywoodiens, tant l’histoire de Nauru est invraisemblable. Pourtant, celle-ci n’est pas sans rappeler un autre petit état qui attire tant les puissances occidentales, un état où l’argent coule à flots comme le pétrole dont il regorge, et là n’importe qui comprendra qu’il y a vraiment lieu de s’inquiéter. Pour en prendre une mesure plus sérieuse, lisez Le stade Dubaï du capitalisme, de Mike Davis (éd. Les Prairies ordinaires, 87 p., 8 €), au risque que l’envie de rire vous passe.
Gildas Bouillaud
La Découverte, 150 p., 12 €.

Fuck America, de Edgar Hilsenrath

Récit drôle et cruel, évoquant Roth et Bukowski, ce livre en grande partie autobiographique, nous permet de considérer les conditions de vie de l’auteur à son arrivée aux Etats-Unis dans les années cinquante. Jaco Bromsky, double littéraire de Edgar Hilsenrath, tout juste débarqué à New-York pour écrire un roman sur son expérience du ghetto pendant la seconde guerre mondiale intitulé Le Branleur, nous amène à travers son quotidien peuplé de clochards, prostituées et gens paumés...Voici un texte qui nous interpèle sur l’intégration et l’immigration dans un pays où l’identité n’est pas que culturelle mais est aussi liée à l’argent et à l’apparence du pouvoir. L’écriture d’Hilsenrath s’attache à une musicalité du verbe, les phrases sont courtes et percutantes. Les dialogues secs et répétitifs nous montrent l’absurdité de la société qu’il découvre matérialiste et absurde. Pour conclure, Fuck América se lit avec beaucoup de plaisir et d’humour.
Olivier Michel
Attila - 19€

JEUNESSE

Billie et les rois de la nuit
Billie, petite fourmie, n’a jamais supporté la discipline et le travail d’une fourmilière. Elle a choisi la vie d’artiste et vit entourée de troubadours ! Voilà la vie d’une star, une étoile, une vraie. Un livre à savourer avec l’excellent CD qui l’accompagne, dont les textes sont signés Manu Da Silva.
Véronique Comte
Actes Sud - 23€

Elza et les garçons
Suivez les aventures d’Elza, qui, il faut bien le reconnaître, a un petit problème avec les garçons. Mais à cet âge, qui n’en a pas ? Attachante et si juste, Elza est une véritable dose de rires... "Allez, je me mets à la chanson ! J’ai aussitôt un succès fou... et moi aussi, j’épouse un président de la République !"
Véronique Comte
Sarbacane - 12€

GUIDES

Paris. Quinze promenades sociologiques, de M. Pinçonet M. Pinçon-Charlot.

Pour ceux qui partent loin de Paris et à qui manquerait la bruyante profusion de leur ville, la lecture de ce guide original et instructif sera une très agréable consolation. Les deux sociologues spécialisés dans la (grande) bourgeoisie française nous invitent ici à redécouvrir la capitale à travers des promenades thématiques qui permettent d’apprécier pleinement la diversité et la richesse multiculturelle de la cité. Du Sentier au faubourg Saint-Antoine, de Chinatown à Saint-Lazare, d’Oberkampf aux Champs-Elysées, sans oublier le métro qui relie tous ces quartiers hétéroclites, nos deux cicérones se faufilent dans les recoins de la réalité sociologique d’une ville en mutation continue. On flâne, on observe, et on apprend mille choses qui relèvent de notre quotidien de citadins pressés. Et on se prend à aimer Paris, à nouveau, passionnément.
Gildas Bouillaud Payot, 260 p., 20 euros.

100 activités cool avec les enfants
Découvrez toutes sortes d’activités pour les petits à Paris : faire rouler des trains miniatures, s’initier à l’art du cirque ou aux classiques du cinéma, rêver devant des papillons exotiques, des hippocampes ou de jolies poupées, faire du trampoline... Au soleil ou sous la pluie, le mercredi, le week-end ou pendant les vacances, c’est décidé, ils ne resteront pas devant la télé !
Véronique Comte
Parigramme - 6€

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L’Humeur Vagabonde, ouverte sur le monde

par Philippe Bordier

L’Humeur Vagabonde ouvre ses portes aux amoureux des belles lettres comme aux cinglés de BD. Gérée par une équipe de passionnés, la librairie de la rue du Poteau est devenue incontournable.

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Une offre diversifiée dans 60 mètres carrés.

Sans l’indépendance d’esprit de ses créateurs, l’Humeur Vagabonde n’aurait jamais vu le jour. « Plusieurs commerçants, des résidents aussi, nous avaient déconseillé d’ouvrir une libraire dans le quartier, raconte Olivier Michel, le gérant de la boutique située 44 rue du Poteau, au rez-de-chaussée d’immeubles HLM en brique rouge. Ils évoquaient une population démunie, immigrée et illettrée. » Bel aveuglement : aujourd’hui, la librairie a multiplié par quatre sa clientèle et même créé une petite succursale consacrée à la jeunesse, juste en face. L’affaire fait vivre cinq salariés. Une offre diversifiée (des sciences humaines aux livres d’art en passant par le polar et les poches) et un accueil associant amabilité et compétence sont à l’origine de son succès, jamais démenti depuis l’inauguration en avril 1995. « C’est une librairie généraliste, de proximité, » résume le gérant, sourire aux lèvres.

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"Une librairie généraliste de quartier", selon Olivier Michel.

Fan d’Antoine Blondin - L’Humeur Vagabonde tient son nom d’un roman publié par le journaliste et chroniqueur en 1955 – Olivier Michel est un routard de la librairie parisienne. Né à Rennes, monté à la capitale à 23 ans, cet amateur de romans d’aventures a perfectionné sa connaissance du livre et peaufiné ses futures stratégies commerciales en bossant dans des librairies des XIIIe et XVIe arrondissements. Dix ans de réflexion l’ont finalement conduit à délaisser, un beau jour, son costume d’employé : il a vendu sa petite chambre du XVe afin d’acquérir, avec l’un de ses amis, le bail commercial de la rue du Poteau, alors au nom d’une boutique de jouets. « Je fréquentais souvent ce bout de dix-huitième, raconte le libraire. Son mélange des populations, ses différentes cultures : le quartier me ressemblait. »

Depuis, une soixantaine de clients déambulent tous les jours entre les livres. Si les bandes dessinées représentent les meilleures ventes, il semble impossible de dresser le profil type du lecteur autochtone : il lit tout et personne ne vient perturber en rayon son exploration des premières pages d’un roman. « On ne saute pas sur lui, ce n’est pas notre truc, confirme le patron. Mais il peut tout demander. On se mettra en quatre pour le satisfaire. » Y compris en passant commande d’une œuvre rare ou d’un livre en rupture de stock. « Au passage, rappelle Olivier Michel, les grandes surfaces culturelles ne pratiquent plus la remise de 5 % sur le prix du livre autorisée par la loi Lang. C’est le cas, en revanche, de L’Humeur Vagabonde, moyennant une carte de fidélité gratuite. Nous sommes donc moins chers que ces enseignes. »

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Les habitants du coin apprécient tous les genres littéraires.

Librairie indépendante, L’Humeur Vagabonde passe outre la crise qui affecterait le livre en France. « Personne, et surtout pas les éditeurs, ne nous dicte notre politique commerciale, affirme Olivier Michel. Nous choisissons nos livres, sans distinction de genre, en fonction de nos goûts et de ceux de nos clients. » Afin de rationaliser le travail au sein de la petite entreprise, ce quadragénaire envisage de regrouper dans un lieu unique le magasin principal et celui consacré aux livres dédiés à la jeunesse. Rue du Poteau, si possible : « La population du dix-huitième se renouvelle vite. Des couples s’installent, ont des enfants. Les écoles tournent à plein régime par ici ! » En dépit des réserves initiales, entendues ici ou là, Olivier Michel en est convaincu : « L’Humeur Vagabonde répond à un réel besoin de lecture dans le quartier. »

Olivier Michel lit actuellement :
Le Rapport Stein de José Carlos Llop, Jacqueline Chambon éditions.
Zulu, de Caryl Férey, Série Noire Gallimard.

L’Humeur Vagabonde
44, rue du Poteau
75018 Paris
Ouvert du mardi au samedi de 10 h 00 à 20 h 00, le dimanche de 10 h 00 à 13 h 00.
L’Humeur Vagabonde Jeunesse
43, rue du Poteau, juste en face.

http://www.dixhuitinfo.com/

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