NOUVELLES DE MONTMARTRE

Publié le par LEPIC ABBESSES



Biographie de Bernard Dimey

Bernard Dimey, né le 16 juillet 193 à Nogent-en-Bassigny (aujourd'hui Nogent) (Haute-Marne) et décédé le 1981 à Paris était un poète

français et auteur de chansons.

Biographie

Il commence à faire de la radio, puis écrit dans la revue Esprit. Il s'intéresse à la peinture (il a peint sous le nom de Zelter).

Il s'installe à Paris à 25 ans sur la Butte Montmartre.

Il ne la quittera plus. Il y fréquente les bistrots ; il y en avait encore là-bas, pas trop envahis par les touristes. Il y rencontre « les poivrots, les putes, les truands, les artistes ».

Et il commence à écrire ses poèmes, les déclamant dans ses repaires.

Il propose ses chansons à droite et à gauche. Ses clients seront Yves Montand, Charles Aznavour, Serge Reggiani, Henri Salvador, Patachou,

Juliette Gréco, Les Frères Jacques, Mouloudji, Jean-Claude Pascal...

Ses poèmes ont été repris par divers artistes comme Charles Aznavour, Jehan et sa fille Dominique Dimey.

Il a également écrit des scénarios et dialogues pour le cinéma.

Bernard Dimey était un « être démesuré » qui se demandait pourquoi il vivait souvent avec les « nains ».

Ayant soif d'absolu, il aurait aimé croire au superbe paradis de son enfance. L'appétit de vie de cet ogre chaleureux qui brûla la chandelle par les deux bouts ne saurait cacher son mal de vivre et la menace obsédante de la mort qui pesait sur lui. Pour Bernard Dimey, la poésie c'est « mettre sa nuit en lumière ». Cette belle métaphore de Jean Cocteau, il la reprend à son compte dans les poèmes du « Milieu de la nuit ».

Il partage sa vie avec Yvette Cathiard, peintre qui fera quelques fusains de lui.

Cet amoureux de Montmartre où bien des endroits portent encore son nom était connu comme auteur de chansons à succès : Syracuse, Mémère, Mon truc en plume etc. qui ont été interprétées par des géants de la chanson française.

Il est inhumé à Nogent.

Citations

  • Quand je serai mort on dira du bien de moi
  • Ivrogne, c'est un mot que ni les dictionnaires
:Ni les intellectuels, ni les gens du gratin :Ne comprendront jamais... C'est un mot de misère :Qui ressemble à de l'or à cinq heures du matin. :Ivrogne... et pourquoi pas ? Je connais cent fois pire, :Ceux qui ne boivent pas, qui baisent par hasard, :Qui sont moches en troupeau et qui n'ont rien à dire. :Venez boire avec moi... On s'ennuiera plus tard.

::Ivrogne et pourquoi pas

  • Quand on n'a rien à dire et du mal à se taire,
:On peut toujours aller gueuler dans un , :[...] :Quand on n'a rien à dire et du mal à se taire :On arrive au sommet de l'imbécillité.

::Quand on n'a rien à dire

  • Quand on n'a que son CUL, mais qu'on a la jeunesse, on a l'île aux Trésors à portée de la main !

Son œuvre

On trouve dans les mémoires de la Société Académique de l'Aube de 2004 une communication de Robert Poisson intitulée : "Un roman inédit de Bernard Dimey : La Tache de vin" ; Un itinéraire troyen dans les années 1950.

Il s'agit de l'étude d'un roman inédit de Dimey qui ne fut jamais édité et dont le manuscrit a été conservé après qu'il eût été confié à Jean Puissant, Directeur de la Jeunesse et des Sports de l'Aube. Cette œuvre de jeunesse (1951) foisonnante se déroule à Troyes entre les rives de l’ancien canal et les Quartiers-Bas.

Autour d’un crime que personne ne cherchera à élucider, c’est la lente montée de l’angoisse du gamin qui l’a commis ; c’est la rencontre de trois jeunes hommes qui, témoins directs ou indirects, animés par leur ambition, leur inquiétude ou leur générosité, interviendront dans l’errance de l’adolescent.

Troyes, les rives du canal, les quartiers-bas, les usines constituent la toile de fond de cette histoire dans laquelle on retrouve les thèmes récurrents, chers à Bernard Dimey.

D'autres romans ne seront jamais édités : [Les Miracles épouvantables, le vin de la Vigne à Jérémie, Mico, Allumettes ou la main gauche, Le Proviseur.

Un autre aspect de Bernard Dimey rarement évoqué : son talent de dessinateur et de peintre. (Exposition sous le pseudonyme de Zelter).

Chansons

Les chansons les plus connues dont Bernard Dimey avait signé les paroles sont :
  • Mon truc en plume, chanté par Zizi Jeanmaire
  • Syracuse, chanté par Henri Salvador et Jean Sablon
  • Mémère, chanté par Michel Simon
Il en est d'autres, moins connues :
  • Frédo, chanté entre autres par Les Frères Jacques
  • Si tu me payes un verre, chanté entre autres par Serge Reggiani
  • Une soirée au Gerpil, chanté par Mouloudji
  • La femme du marin, chanté par Francesca Solleville
  • La Salle et La Terrasse chanté par Charles Aznavour
  • Les seigneurs chanté entre autre par Tristan Léa et Serge Reggiani
  • Madame la Marquise a dit, chante par Les Frères Jacques
  • Paris par coeur, chante par Hélène Martin
  • La cervelle, chante par Jean Ferrat et Zizi Jeanmaire
Après la mort de Dimey, plusieurs interprètes se sont essayés à d'autres mises en musique :
  • Charles Aznavour chante Dimey par Charles Aznavour (1983)
  • Dimey chante Dimey par Dominique Dimey
  • Divin Dimey par Jehan
  • Les Enfants de Louxor, chanté par Véronique Soufflet
  • Le groupe Mon côté punk et Mélanie Dahan interprètent aussi quelques textes de Dimey.
  • Valérie Mischler chante également Dimey (Spectacle et CD Valérie Mischler chante Dimey)

Poésie

Le Bestiaire de Paris

Le Bestiaire de Paris est sans doute son œuvre la plus ambitieuse et la plus achevée. Cette suite de 66 quatrains en alexandrins passe en revue avec nostalgie les images d'Épinal d'un Paris populaire et bohème, pour déboucher sur une vision apocalyptique.

Comme beaucoup de poèmes de Dimey, le Bestiaire de Paris bénéficie d'un accompagnement musical de Francis Lai, que le compositeur interprétait lui-même à l'accordéon. Il fut enregistré à deux reprises : en 1962, par Pierre Brasseur et Juliette Gréco, et en 1974 par l'auteur, Magali Noël et Mouloudji. Le CD présente les deux versions.

Recueils poétiques
  • Requiem à boire, éditions Seghers, 1954
  • Les Kermesses d'antan, éditions Seghers, 1956
  • Poèmes voyous, Le Bestiaire de Paris, Testament, éditions Mouloudji, 1978
Quatre recueils posthumes, publiés au début des années 1990 par les éditions Christian Pirot, rassemblent la quasi-totalité de l'œuvre :
  • Je ne dirai pas tout
  • Le milieu de la nuit
  • Sable et cendre
  • Kermesses d'antan
Disques de poésie
Si certains de ses textes ont été mis en chansons, beaucoup s'accommodent aussi bien d'être dits. L'auteur a ainsi enregistré plusieurs albums où il interprète, en général sur fond d'accordéon, des textes comme :
  • Au Lux bar
  • Je vais m'envoler
  • Le Regret des bordels
  • Monsieur le duc
  • Les Enfants d'Attila
De son vivant ils les avait fait paraître sur plusieurs vinyles (aux disques Déesse) :
  • Ivrogne et pourquoi pas
  • Volume 2 - L'hippopotame
  • Je finirai ma vie à l'Armée du salut
  • Le Bestiaire de Paris
  • Poèmes à bretelles
  • Testament vol. 1 & 2
Ces enregistrements, avec des inédits, ont été réédités en CD :
  • La Mer à boire
  • Le Testament
  • Le Bestiaire de Paris
  • Dimey chanté par ses amis
  • Châteaux d'Espagne
  • L'Encre d'après minuit
  • Bernard Dimey, Poètes et chansons

Cinéma

  • Détournement de mineures (1959) de Walter Kapps
  • Le Magot de Josefa (1963) de Claude Autant-Lara
  • Deux heures à tuer (1965) de Ivan Govar
  • Le Dernier mélodrame (1978) de Georges Franju



Je ne dirai rien
Petite histoire d'un grand homme
Quelques textes
Liens
Livres, cd...

Bernard Dimey

Je ne dirai pas tout
J'aurai passé ma vie à me décortiquer,
à me déshabiller,
A donner en spectacle à n'importe
quel prix ce que j'avais
De plus précieux, de plus original,
Plus vivant que moi-même
Au prix de quels efforts
Je ne le dirai pas
Intoxiqué très tôt par le besoin d'écrire,
Je me suis avancé parmi vous, pas à pas,
Et l'on m'a regardé comme un énergumène


Petite histoire d'un grand homme

Bernard DIMEY
est n� le 16 juillet 1931 � Nogent,
un petit village dans l'est de la France.
Sa m�re est coiffeuse � domicile,
son p�re ouvrier ciselier.


Bernard Dimey
Il est n� �crivain. Une revue de Haute-Marne publie ses premiers po�mes, il a alors quinze ans. Puis quelques ann�es plus tard, deux petits recueils de po�mes de Bernard para�tront aux �ditions Seghers. Dimey passera ses ann�es de jeune homme � Troyes o� il s'adonnera � l'�criture, au journalisme et � la peinture sous le pseudonyme Zelter. Enfin, apr�s avoir enseign� quelques jours dans un coll�ge, il d�sertera l'�ducation nationale dans le brouhaha de la r�cr�. Dans une caserne, pour noyer son chagrin, il apprend � boire, car c'est le temps de la guerre d'Alg�rie et trop de ses copains y ont laiss� leur peau. Nous sommes en 1958. DIMEY, la fleur aux l�vres, a jet� sa d�froque de trouffion car le chien de L�o Ferr� d�teste les militaires.


Tout juste arriv� � Montmartre, il s'installe en pacha dans son nouveau fief. A vingt-cinq ans, il est le roi du village et c'est tant mieux, car les artistes de l'�poque ont �lu domicile � la taverne d'Attilio sur la place du Tertre. Mouloudji, Aznavour, Patachou, Jean-Claude Pascal et Francis Lai entre autres deviennent ses amis et ses interpr�tes. La joyeuse bande se disperse. Dimey se marie avec Lili Landry en 1961, Henri Salvador chante la chanson qu'ils ont faite ensemble: "Syracuse".
Dimey �crit les po�mes du "Testament", po�mes en prose, le proph�te n'a que trente ans. D'autres genres l'attirent: com�die musicale, sc�narios de films, pi�ces de th��tre. Coquatrix le pousse sur la sc�ne de l'Olympia o� il s�duit le public simplement en disant des po�mes.


Bernard Dimey La vague de y�y� �vince les chansons texte. Le fisc, que Bernard a toujours trop n�glig�, lui vide les poches et son compte en banque. Les huissiers font des courants d'air dans sa maison, sa femme le quitte.
Sur la p�niche de l'Arm�e du Salut, les clochards l'appellent, mais les dieux en ont d�cid� autrement. Il rencontre Yvette Cathiard et la vie repart. Les soir�es se passent aux cabarets, trois par soir, o� Dimey s'ouvre et se donne, le coeur �clat� sous les projos de ces petites sc�nes.
Michel C�lie passe par l�. En 1966, avec son fr�re Pierre, il a cr�� la maison de disques DEESSE. S'ensuivent sept Albums o� Bernard dit des Textes, et quinze ans d'amiti�, de repas pantagru�liques, de jouissance du verbe et des voyages en Egypte, au Qu�bec ...


Il obtient le prix Charles Cros avec "Ivrogne et pourquoi pas", qu'il clame comme une profession de foi. Le cin�ma lui fait de l'oeil, il tourne un peu, impressionne la pellicule. Il produit une s�rie d'�missions de t�l�, multiplie les galas.
Dominique, sa fille, arrive dans sa vie, elle a vingt-deux ans ... Et puis, alors que les cinquante ans de Bernard s'appr�tent � sonner, au petit matin du 1er juillet 1981, ses amis Michel Simon et Edith Piaf, d�j� partis chez les anges depuis longtemps, le r�clament sur leur petit nuage c�leste.





Michel Simon
Bernard Dimey avec Michel Simon, Photo: Daniel Deschamps.


"Je n'ai rien fait que des chansons..."
80 interprètes. Parmi lesquels: Charles Aznavour, Mouloudji, Serge Reggiani, Henri Salvador, Placido Domingo, Michel Simon, Zizi Jeanmaire, Jean Ferrat, Jean-Claude Pascal, Les frères Jacques, Philippe Clay, Juliette Gréco, Bourvil, Barzotti, Raoul de Godewarsvelde, Sacha Distel, Sophia Loren... 400 Chansons enregistrées


De "Mémère", JACQUES BREL a dit que c'était la plus belle chanson d'amour jamais écrite et qu'il avait composé "Les Vieux Amants" après l'avoir entendue.


"Je l'avoue, jamais je n'avais entendu prononcer le nom de Bernard Dimey. Et vous? je suis effaré, presque gêné, qu'un gars puisse avoir autant de talent, d'esprit, de verve, de trouvailles cocasses, à la fois acides et tendres, d'audace jamais vulgaire, qui fait mouche à tout coup, et qu'il ne soit pas au moins aussi populaire que Georges Brassens."
Jérôme Gauthier(Extrait de "Canard Enchaîné")


"C'était un tragique qui ne se prenait pas au sérieux"
MOULOUDJI


"Bernard DIMEY, la plus grande Agence de voyages du Monde"
Michel CÉLIE Jean Louis FOULQUIER: (Extrait de "Au large de la nuit"), Denoël, 1990, pp, 59-60.
Bernard Dimey est un cactus du pavé de la butte. Ancré là et increvable. Lorsque nous passons la rue des Abesses, il me dit: "On va à Paris." Il m'apprend les dangers de la ville et s'emploie à me faire renifler la vie et les secrets de ce quartier. Les choses importantes se passent au village et nulle part ailleurs. Lorsque je rencontre Bernard Dimey, je ne sais pas encore qui il est. Pourtant, il a déjà écrit Mon truc en plumes pour Zizi Jeanmaire, Mémère Pour Michel Simon et Syracuse pour Henri Salvador. Ses poèmes voyous ont déjà biberonné toute un génération avide de sensations suburbaines. Il dit ses textes au "Gavroche" et au "Tire-Bouchon" et se suffit largement d'une notoriété de cabaret.


Dimey est le pacha du village Montmartre et règne en maître sur le sommet de cette pièce montée gorgée de traditions. Il aime les rituels. Chaque samedi après-midi il m'attend sur le coup de quatorze heures. Je suis planté devant un petit bouquiniste, le regard rivé sur sa fenêtre. J'attends son signal pour monter. Il ouvre la fenêtre et gueule sans apparaître: "Foulquier, t'as du Bordeaux?" Sans attendre, je m'engouffre dans son allée, sors ma bouteille de Bordeaux et me présente à lui, la gueule enfarinée, comme un gamin visitant le père Noël. On s'asseoit face à face. Je l'écoute parler, bougonner et tourner les pages de son encyclopédie de la vie. Je le regarde avec un tel bonheur qu'il se sent aimé pour la première fois. Je deviens son fils adoptif, sa mascotte montmartroise. Soudain, je n'ai plus honte de mon inculture qui devient une chance. Cette soif d'apprendre et de comprendre bouleverse nos rapports.


Désormais, je ne peux respirer sans l'ombre de Dimey. C'est un abri, un havre de paix régénérant, un professeur imprévisible. Mon guide, premier de cordée. Ma conscience.





Je ne dirai pas tout
J'ai le sang plein d'alcool d'un alcool de colère
Et je vais achever ma vie dans un bocal
comme un poisson Chinois
Peut-être un coelacanthe ...
J'aurai, j'en suis certain,
de l'intérêt plus tard,
Vous aurez des machines
à faire parler les morts

Je vous raconterai mes crimes
et ma légende
Et je vous offrirai des mensonges parfaits
Que vous mettrez en vers, en musique, en images,
Mais vous aurez beau faire



Je ne dirai pas tout!

Or, tout me reste à dire.
rue Bernard Dimey

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