LES MONTMARTROIS

Publié le par LEPIC ABBESSES

 

Qu'y a-t-il de commun entre Victor Hugo, Érik Satie, le Premier Ministre de la Mort, André Malraux, Bibi la Purée, Landru, Tristan Tzara, Jo Attia, Dalida, André Breton, Émilienne d'Alençon, Alphonse Allais, Louis-Ferdinand Céline, Clemenceau, Baudelaire, Darius Milhaud, Carbone, Pierre Dac, Édith Piaf, Pierre Fresnay, Abel Gance, Jean Genet, le duc de Grammont, Django Reinhardt, Buffalo Bill, Albert Londres, Léo Malet, André Breton, Mouna Aguigui, Paul Ramadier, Arthur Rubinstein, Ruggieri, Marcel Taxi, Verlaine, Maurice Chevalier ?
Pas grand chose si ce n'est qu'ils ont tous été montmartrois à un moment donné de leur vie

Émilienne d'Alençon

Émilienne d'Alençon vers 1902

Émilie André, dite Émilienne d'Alençon, née à Paris le 18 juillet 1869 et morte à Nice en 1946, est une danseuse de cabaret et grande courtisane française.

Surnommée l'une des « Trois Grâces » de la Belle Époque, avec Liane de Pougy et Caroline Otero, elle fut lancée dans le demi-monde, en 1885, par Charles Desteuque, dit « l'intrépide vide-bouteilles[1] ». Elle fit ses débuts comme danseuse au Cirque d'été en 1889, avant de jouer au Casino de Paris, aux Menus-Plaisirs, aux Folies Bergère, à la Scala, aux Variétés.

Elle fut d'abord entretenue par le jeune duc Jacques d'Uzès, puis par Léopold II de Belgique. Elle épousa, avant 1895, le jockey Percy Woodland. On lui prête une liaison avec La Goulue ,en 1889 et la poétesse Renée Vivien, vers 1908.

Ses biens, parmi lesquels une importante collection de veilleuses en porcelaine et son précieux mobilier décoré de plaques de porcelaine, furent vendus à l'Hôtel Drouot en 1931[2]. Elle mourut à Nice et fut inhumée à Paris[3], au cimetière des Batignolles.

 

 

 

Alphonse Allais

Alphonse Allais
Image:Alphonse allais.jpg

Alphonse Allais est un journaliste, écrivain et humoriste français célèbre à la Belle Époque. Surtout connu pour sa plume acerbe et son humour absurde, il est l'auteur méconnu des premières peintures abstraites : ses monochromes Combat de nègres dans une cave, pendant la nuit, Récolte de la tomate sur le bord de la mer rouge par des cardinaux apoplectiques, etc., présentés au Salon des Arts Incohérents, précédent d'une génération le Carré blanc sur fond blanc de Kasimir Malevitch, généralement considéré comme le premier exemple en la matière. Il est aussi, bien avant John Cage ou Erwin Schulhoff, l'auteur de la première composition musicale minimaliste : sa Marche Funèbre composée pour les Funérailles d'un grand homme sourd, est une page de composition vierge, parce que « les grandes douleurs sont muettes ».


Pseudonyme Francisque Sarcey
Naissance 20 octobre 1854 à Honfleur, Calvados
Décès 28 octobre 1905 à Paris
Activité journaliste, écrivain et humoriste
Nationalité France France
Sujet(s) humour, absurde
Mouvement

fumiste

 

 

Biographie

 

 

L'univers d'Alphonse Allais

Quelques personnages reviennent de façon récurrente dans le monde d'Alphonse Allais.

Le Captain Cap, de son vrai nom Albert Caperon, est un personnage qui a son franc-parler et affirme : « la bureaucratie, c'est comme les microbes : on ne parlemente pas avec les microbes. On les tue ! ». Son apparition est prétexte à fournir des recettes de cocktails.

Francisque Sarcey, critique théâtral du journal le Temps et personnification du « gros bon sens » bourgeois, est souvent cité dans les contextes les plus loufoques (la « victime » ne s'en formalisait pas, et se réjouissait même d'être imitée -Allais signait volontiers de son nom- par un écrivain aussi spirituel. Un autre auteur lui ayant emprunté le procédé, il tint à mettre les choses au point : Deux personnes seulement à Paris ont le droit de signer Francisque Sarcey : Moi-même d'abord, et Francisque Sarcey ensuite).

Dans plusieurs nouvelles, Alphonse Allais ridiculise, sous couvert de les louer, les thèses de l'économiste Paul Leroy-Beaulieu, adepte du protectionnisme.

Il ne se prive pas de mettre en scène François Coppée, Loïe Fuller, Liane de Pougy, Cléo de Mérode, Paul Déroulède et d'autres gloires de la Belle Époque.

Alphonse Allais et Éric Satie sont nés à quelques mètres de distance, dans la même rue de Honfleur. Ils se sont rencontrés au cabaret le Chat noir. Alphonse Allais avait surnommé le musicien Ésotérik Satie.

En juillet 2005 le Premier ministre français Dominique de Villepin emploie, au cours d'une conférence de presse, l'expression « patriotisme économique ». La paternité de cette expression revient à Alphonse Allais qui l'emploie dans une nouvelle publiée dans « Deux et deux font cinq ». Patriotisme économique. Lettre à Paul Déroulède. Il brocarde joyeusement les thèses du patriotard.

Principaux ouvrages

Il nomma un de ses ouvrages Le parapluie de l'escouade pour deux raisons : il n'y était question de parapluie d'aucune sorte, et le cas de l'escouade, unité de combat si importante, n'y était évoqué à aucun moment (Boris Vian retiendra la leçon pour son titre l'automne à Pékin). Quelques lecteurs grincheux ayant protesté, il intitula son volume suivant : Pour cause de fin de bail en justifiant l'opportunité du titre par le fait que son bailleur lui signifiait son congé à la fin du mois.

Anecdotes

L'Association des authentiques amis d'Alphonse Allais (AAAAA) est une organisation regroupant des personnes qui apprécient l'humour d'Alphonse Allais. Elle a son siège au Petit Musée d'Alphonse, à Honfleur.

La tombe d'Alphonse Allais au cimetière parisien de Saint-Ouen, a disparu en 1944 sous les bombes de la R.A.F. Ses cendres « virtuelles » ont été transférées à Montmartre en 2005.

Chaque samedi après-midi, des visites gratuites du Petit musée d'Alphonse (laboratoire des potards Allais) ont lieu dans l'arrière-boutique de la pharmacie du Passocéan de Honfleur, lieu de naissance d'Alphonse Allais. C'est le plus petit musée du monde, dont le conservateur-guide officiel-homme d'entretien (CGHE) est Jean-Yves Loriot, réincarnation clandestine du grand humoriste.

 

 

 

 

 

André Antoine

André Antoine, né à Limoges (Haute-Vienne) le 31 janvier 1858 et mort au Pouliguen (Loire-Inférieure, actuelle Loire-Atlantique) le 19 octobre 1943, est un acteur, metteur en scène et directeur de théâtre français. Il est considéré comme l’inventeur de la mise en scène moderne en France.

 

Biographie

Le Théâtre Antoine, boulevard de Strasbourg

Né à Limoges en 1858, André Antoine est élève au lycée Condorcet, puis employé à la Compagnie du gaz.

Candidat malheureux à l'entrée du Conservatoire national supérieur d'art dramatique de Paris, il devient comédien dans une troupe amateur, puis et fonde dans l'ancienne Comédie parisienne, le Théâtre-Libre en 1887, un mouvement théâtral novateur visant à ouvrir la scène à de jeunes auteurs, à un style de mise en scène et de jeu d'acteurs en rupture avec le théâtre de boulevard.Le courant théâtral s'ouvre aux écrivains du courant naturaliste français , mais aussi aux auteurs dramatiques scandinaves . Sur son modèle, des théâtres libres se créent à Londres, à Munich et à Berlin. Proche d'Émile Zola, il prône un théâtre populaire et social, appliquant les principes du naturalisme à l'art dramatique et la mise en scène. Il fait découvrir en France des auteurs tels que August Strindberg, Léon Tolstoï et Henrik Ibsen. Il monte également des pièces ou des adaptations de romans de Zola, Daudet, Balzac, puis Jules Renard (Poil de Carotte) et Henry Bernstein (Le Marché).

Dans ses mises en scène, les comédiens doivent vivre leurs personnages. Il insiste sur l'importance de la gestuelle et libère le jeu d'acteur des conventions et du cabotinage, moins déclamatoire pour plus de naturel. Il veut donner au spectateur l’impression d’assister à une « tranche de vie » en s'appuyant sur des costumes et des décors modernes et réalistes jusque dans les moindres détails. Il joue avec l'éclairage, installant l'électricité pour des jeux de lumière inédits, adoptant l'obscurité wagnérienne pour la salle. La présence de vrais morceaux de viande pour Les Bouchers en 1888 fait d'ailleurs scandale. Reprenant la théorie du quatrième mur instaurée par Diderot[1], il donne une grande importance au rôle du metteur en scène, qui passe du statut de technicien à celui de créateur.

En 1897, lors de son installation dans la salle des Menus-Plaisirs, sous le nom de Théâtre Antoine, le style théâtral prend l' allure d'une provocation esthétique calculée, soutenue par le snobisme du Tout-Paris[2], ce qui le pousse à refuser Maurice Maeterlinck, parce qu'il mise essentiellement sur le réalisme scénique. Les œuvres de François de Curel ou d'Eugène Brieux laisseront moins de trace que celle des Tisserands de Gerhart Hauptmann, de la Puissance des ténèbres de Tolstoï ou des grands drames de Shakespeare[2].

En 1906, il prend la direction du théâtre de l'Odéon (il l'avait dirigé seulement deux semaines en 1897) et monte alors dans un souci de reconstitution historique, des textes classiques de Corneille (dont il reconstitue la première représentation du Cid aux chandelles), Racine, Molière ou Shakespeare. En sept ans, il monte 364 pièces, soit une moyenne d'une par semaine[3], lançant dans ses « soirées d'essai » de jeunes auteurs comme Georges Duhamel ou Jules Romains.[2] Il est à l'époque le directeur de scène du futur réalisateur Léonce Perret.

Lourdement endetté, il quitte le théâtre de l'Odéon en 1914 et se tourne vers le cinéma[2]. Il réalise entre 1915 et 1922, plusieurs films sous l'égide de la Société cinématographique des auteurs et gens de lettres de Pierre Decourcelle, adaptant des œuvres dramatiques ou littéraires, comme La Terre, Les Frères corses et Quatrevingt-treize. Là encore, il adopte les principes du naturalisme en donnant de l'importance au décor naturel, comme « éléments d’un réel déterminant les comportements de ses protagonistes »[4], et en recourant à des acteurs non professionnels qui ne sont pas « ligotés dans les anciennes formules de théâtre » [5]. Pour Jean Tulard, son approche littéraire et sa réputation participe à « donner au cinéma ses lettres de noblesse »[6]. Influençant Mercanton, Hervil et Capellani, il est « un peu le père du néoréalisme »[6].

Le renouveau de la mise en scène qu'il a initié se poursuit sans lui, Jacques Copeau[7] et le Cartel des Quatre (Charles Dullin, Louis Jouvet, Gaston Baty et Georges Pitoëff), se plaçant dans un courant modernisateur également, mais « antinaturaliste ».

Il conclut sa carrière comme critique de théâtre et de cinéma à partir de 1919 et pendant vingt ans, hebdomadairement dans L'Information, plus sporadiquement dans Le Journal, Comœdia et Le Monde illustré[8], et publie ses souvenirs : le Théâtre 1932-1933[8].

Il aura dominé la scène française jusqu'à la réaction anti-naturaliste de Jacques Copeau ou du Cartel des Quatre.

Ouvrages

Filmographie

en tant que réalisateur

 

Il meurt frappé d'une embolie pulmonaire, consécutive à une phlébite pour laquelle son médecin lui ordonna de rester au lit pendant six mois. Négligeant cette recommandation, il va au café, comme tous les jours et à un ami qui le raccompagne à son domicile, il fait sa dernière plaisanterie : « Demain je serai mort ! Vous trouvez ça drôle, mais moi je ne ris pas. Demain, je serai mort ! » Comme il l'avait annoncé, il meurt le lendemain matin, le 28 octobre 1905.

Il nous reste de lui l'image d'un homme à l'humour acide et un spécialiste de la théorie de l'absurde. Ses travaux scientifiques sont moins connus (recherches sur la photographie couleur et dépôt d'un brevet pour du café lyophilisé, ainsi que des travaux très poussés sur la synthèse du caoutchouc)

Il a fait partie du mouvement Fumiste, était membre du club des Hydropathes, fut un pilier du cabaret le Chat noir dont il dirigea la revue et présenta de fameuses toiles monochromes, Combat de nègres dans une cave, pendant la nuit, Récolte de la tomate sur le bord de la mer rouge par des cardinaux apoplectiques, etc.) au salon des Arts Incohérents [1] Alphonse Allais a composé des centaines de contes humoristiques, tous ou presque écrits dans l'urgence. Poète autant qu'humoriste, il a cultivé entre autres le poème holorime, c'est-à-dire constitué de vers entièrement homophones, où la rime est constituée par la totalité du vers. Exemple :

« Par les bois du djinn où s'entasse de l'effroi,
Parle et bois du gin ou cent tasses de lait froid. »

ou encore :

« Alphonse Allais de l'âme erre et se f... à l'eau.
Ah ! l'fond salé de la mer ! Hé ! Ce fou ! Hallo. »

Il sait à l'occasion se moquer de lui-même, dans le vers suivant :

« Ah ! Vois au pont du Loing : de là vogue en mer Dante.
Hâve oiseau pondu loin de la vogue ennuyeuse »

suivi du commentaire de bas de page : « La rime n'est pas très riche, mais j'aime mieux cela que de sombrer dans la trivialité. »

Son art de tirer à la ligne était proverbial. Il est vrai qu'il faisait même cela avec esprit : « Il fait chaud ici, permettez que j'ouvre une parenthèse. »

Commenter cet article